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17 novembre 2013

Louis Chédid : interview pour Deux fois l'infini et ses 40 ans de carrière

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De Louis Chédid, il est souvent question sur mon blog… je l’ai interviewé maintes fois, ainsi que sa descendance, fils et fille.  Chédid père fait partie de mon panthéon musical depuis la fin des années 70. Je connais son œuvre parfaitement et l’apprécie beaucoup humainement.

A l’occasion de la sortie de son nouveau disque, Deux fois l’infini et l'intégrale célébrant ses 40 ans de carrière, une nouvelle rencontre s’imposait donc. Ainsi fut fait le 1er octobre dernier dans un bar un peu arabisant de la capitale. 

Avant de lire l’interview, voici ma chronique de l’album écrite pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2013).

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louis chédid,deux fois l'infini,40 ans de carrière,interview,mandor,scoopInterview :

On s’était rencontré pour le précédent album On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime, qui a été un grand succès. Ça vous a surpris ?

Le succès d’un de mes disques m’étonne toujours. Il faut systématiquement s’attendre au succès, à l’insuccès ou au semi-échec. Évidemment, je préfère quand ça marche. Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Louis Chédid ou untel et untel que les choses sont acquises. Qui que vous soyez, vous avez des hauts et des bas parce que vous êtes plus ou moins en phase avec le public. Parfois, vous faites ce que vous considérez comme votre meilleur album et vous ne touchez pas les gens. Il peut y avoir des circonstances qui font que vous arrivez au bon endroit et au bon moment. Parfois le contraire.

Pourquoi avoir intitulé cet album ainsi ?

J’ai fait la comédie musicale Le soldat Rose. Alors que j’enregistrais l’album, un jeune chanteur de la troupe me demande comment j’allais l’appeler. Je lui réponds « seize », puisque c’est le 16e album. Il me répond aussi sec que seize, c’est deux fois l’infini, deux fois huit. J’ai trouvé l’idée subtile et sublime. À cette époque, je n’avais que 15 chansons. J’en parle à Marc Thonon (boss de TôtOuTard) qui adore l’idée… j’avais une musique que j’adorais et du coup, j’ai fait une chanson sur ce sujet et je l’ai intitulé « Deux fois l’infini ». Du coup, ça m’a fait seize chansons. C’était juste une belle coïncidence.

"Deux fois l'infini" en version live pour Le Figaro.TV.

Pourquoi, à chaque album, changez-vous de musiciens et de réalisateur ?

Pour moi, chaque disque est une aventure différente et je trouve que c’est important de se remettre en question. À chaque album et à chaque tournée, je change d’équipe parce que j’ai besoin de travailler avec des gens qui redécouvrent mon répertoire et ma façon de travailler. Ça me stimule. Je n’ai pas envie de partir avec des musiciens qui connaissent par cœur mon répertoire. Celui qui ne pense pas comme ça, il est mort. On repart à zéro à chaque fois. Pour un artiste, rien n’est jamais acquis, alors il faut savoir se renouveler.

Savez-vous quand une chanson est réussie ?

Je n’ai aucun jugement sur ce que je fais. Je fais, c’est tout. Après, je travaille avec des gens qui écoutent quand tout est maquetté et qui me donnent leur sentiment et leur avis. Je ne jette aucune de mes chansons parce que, parfois, j’ai failli en jeter qui sont devenues des tubes. Je me méfie énormément de moi. Il n’y a pas plus critique sur son propre travail qu’un auteur compositeur interprète. Aucune critique au monde ne peut égaler la sienne.

"Si tu veux de moi" version live pour Figaro.TV.

Il y a des musiques très électroniques où on sent qu’il y a la grosse machinerie derrière et des chansons acoustiques guitare-voix très simples.

Quand on commence un disque, il ne faut pas partir en se demandant ce que l’on va pouvoir faire d’original ou de nouveau pour que ça plaise encore aux gens. Comme je n’ai pas la formule pour que ça plaise, je fais exactement ce que je sens et ce dont j’ai envie. Plus on est en harmonie avec soi même, plus on est heureux de faire les choses, on a une chance de toucher les autres.

Pourquoi avoir décidé de jouer tous les instruments dans cet album ?

C’était un retour aux sources. J’ai souvent fait ça au début de ma carrière, avec les moyens du bord. Il n’y avait pas de Pro Tools ni de MIDI. J’ai trouvé amusant, après 16 disques, de revenir à ce procédé avec les moyens d’aujourd’hui. Si j’aime jouer à la guitare en acoustique, j’adore et maîtrise l’informatique musicale, donc, je me suis régalé à combiner les deux.

Il y a un nouveau venu à la réalisation, Samy Osta.

Il avait réalisé l’album de Rover. Et justement, Rover, tout comme moi dans cet album, joue tous les instruments. Donc, il est sensible à cette manière de travailler. On a sympathisé immédiatement. On a passé du temps en studio et ça a tout de suite fonctionné.

Clip officiel de "Scoop".

Votre premier single, « Scoop » a exactement le même thème que « Le cha cha cha de l’insécurité » : les médias qui mettent en avant constamment l’insécurité. C’est amusant de prendre le même sujet, mais d’en faire une chanson avec un angle différent ?

Oui. C’est ce que nous faisons tous. Moi, en tout cas, c’est un sujet de préoccupation, donc, j’en parle. Et ça m’amuse de faire des chansons graves avec une musique ludique. Une chanson comme « Anne, ma sœur Anne », ne serait jamais passée avec une musique qui aurait paraphrasé le texte ou qui aurait été de la même « humeur », très militante et très premier degré. Je crois sincèrement que tout le monde s’en serait foutu.

Il y a des chansons sociétales, des chansons d’amour… des chansons « concernées ». Quand on a déjà tout chanté, où puise-t-on l’inspiration?

Aujourd’hui, l’info est partout. Qui ne va pas sur internet aujourd’hui ? À part Alain Souchon (rire). Moi, je n’ai pas de télé, mais je suis au courant de tout. On est envahi de faits divers. On a même l’impression qu’il n’y a plus que ça.

Il y a des chansons de départs. Parfois, je n’ai pas compris si vous évoquiez des personnes décédées ou une fin d’histoire d’amour…

Pour moi c’est pareil. Pour certaines personnes, la fin d’une histoire d’amour, c’est une séparation aussi puissante que la mort.

L'EPK de Deux fois l'infini... à regarder en complément de cette interview.

louis chédid,deux fois l'infini,40 ans de carrière,interview,mandor,scoopQuand on vous rappelle que vous avez 40 ans de carrière, trouvez-vous ce chiffre vertigineux ?

Non, pas vraiment. C’est abstrait pour moi. Quand j’ai commencé en 1973, j’étais persuadé que je ne ferais que deux, trois disques… Ce qui est certain, c’est que je n’aurais pas aimé que l’on fête mes 40 ans de carrière s’il n’y avait pas l’actualité de ce dernier album. Je n’aurais même pas fait une intégrale. Je n’ai pas envie d’être un chanteur des années 80 et 90. Ça me plait d’être un chanteur contemporain et de continuer à faire des albums qui marchent et qui touchent les gens. Dans ma tête, je fais un nouveau disque comme si c’était le premier.

Vous êtes toujours aussi excité par ce métier ?

Oui, je me sens toujours débutant. Je ne me lasse pas de cette vie. J’ai toujours l’envie ancrée en moi. Je suis comme un gosse. Il y a quelques jours, je me suis acheté une nouvelle guitare, alors que j’en ai déjà plein et que je n’en ai pas besoin. J’ai tourné autour et j’ai craqué, je l’ai achetée. Tant mieux. Je ne me sens pas avoir 65 ans.

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Pendant l'interview...

Vous flippez à chaque sortie de disque ?

Oui. Ne croyez pas que je me crois invincible et sûr de moi. D’ailleurs, tous mes potes, les Souchon, les Voulzy ou les Jonasz, ils sont comme moi.

Vous êtes restés modernes.

Parce qu’on ne se dit jamais que c’est acquis. On se remet toujours en question.

Êtes-vous fier de votre carrière ?

Je ne veux pas faire le faux modeste. Je suis fier d’avoir mené ma carrière sans faire de compromis. Je n’ai jamais cédé au diktat de la mode du moment. Je sais toujours ce que je veux et je sais surtout ce que je ne veux pas. Je suis ma route en essayant de rester cohérent.

Avec cet intégral et ce nouveau disque, vous bouclez la boucle.

Oui, d’ailleurs, deux fois l’infini, ça forme une boucle. Il n’y a pas de hasard.

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Après l'interview, le 1er octobre 2013.

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