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14 novembre 2013

Julien Doré : interview pour LØVE

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Ne vous y trompez pas, le nouvel album de Julien Doré,  LØVE, ne veut pas dire amour. C'est en réalité la traduction danoise de « Lion ».  Ce troisième opus, qui succède à Ersatzt et Bichon, ne parle pas d'amour (quoique) mais plutôt de la perte de l'amour, de l'après, du manque… Entre ballades électros et chansons pop orchestrales, cet album enregistré avec ses amis de longue date, des musiciens qui le connaissent depuis longtemps, est à la fois grave et sensible. Ce lion-là nous fait rugir de plaisir. Autant dire que j’étais content d’aller une nouvelle fois à sa rencontre (mandorisations précédentes ici).

Le 2 septembre dernier, je suis allé à sa rencontre dans sa maison de disque, Sony.

julien doré,lØve,interview,mandorInterview :

Jusqu’au dernier moment, à l’instar d’un Voulzy, tu fignoles cet album. Tu es un besogneux ?

L’essentiel pour moi est de bien finaliser les chansons parce qu’elles sont extrêmement importantes pour moi. Quand on en a choisi pour figurer dans un album, on a envie que les dernières choses auxquelles on pense soient respectées. Vu que je n’ai travaillé qu’avec des potes pour ce disque, dont le réalisateur Antoine Gaillet que je connais depuis super longtemps, on pouvait se voir très vite, se comprendre très vite et modifier ce que je souhaitais. Tout a été simple dans le processus de l’enregistrement, comme si tout était une évidence. Je venais de finir la tournée en décembre et j’ai commencé à écrire. Autour de moi se sont greffés mes meilleurs amis, Darko, Baptiste Homo, Clément Agapitos. Ils sont venus et on a cocomposé sur mes textes. On a avancé comme ça. Je savais quel studio était idéal, je savais qu’il fallait que l’on parte dans le sud. Tout c’est fait sans réfléchir vraiment…

Tu as écrit ce disque après une rupture, du coup, les textes sont plutôt dans la tristesse,julien doré,lØve,interview,mandor  contrairement à la musique. Tu aimes ce genre de contraste ?

Pour moi, c’est plus la rupture avec le deuxième album qui est important. En écrivant mes premiers textes, j’avais l’impression que ce que j’avais écrit musicalement venait envelopper mes propos de la même façon. Pour ce nouveau disque, la première chose que j’ai précisée à mes gars, c’est que je voulais que ça groove. Je voulais qu’il y ait des lignes de basses, que la batterie soit rapide et je voulais aussi que l’on puisse danser sur mes textes qui évoquent des souvenirs et une histoire d’amour  aujourd’hui terminée. Je trouve que toute la première partie du disque à une espèce d’équilibre dans la production qui est assez fraîche, assez solaire et assez dense.

Tes albums sont toujours plus doux que ce que tu fais sur scène.

Mon dernier spectacle était vraiment étudié,  presque théâtral. Quand j’écoute un artiste, j’aime bien que ses chansons soient musicalement légèrement différentes sur scène que sur disque. J’aime bien quand il y a une recherche, l’idée de prolonger des choses, couper, modifier, étonner… Mes musiciens et moi, très vite, on s’éloigne des versions du disque, mais on garde le fond.

LØVE est un disque plein d’espoir ?

J’ai voulu dire dans mes chansons que quelque chose qui a existé sera toujours là en nous. Autant faire appel aux plus beaux souvenirs pour décrire ces choses-là. C’est le thème d’une chanson comme « Paris-Seychelles » par exemple. Dans ce sens-là, c’est vraiment le disque que je voulais faire.

Clip de "Paris-Seychelles".

julien doré,lØve,interview,mandorIl y a une unité musicale dans ce disque, même s’il y a des changements de rythme.

C’est parfaitement juste et c’est la première fois que j’y parviens. Encore une fois, ça a été possible parce que j’ai bossé avec mes potes de musique, très proches. Le soleil a été emmené par le lieu où on a enregistré, par les lignes de basses écrites par Clément et par Darko. Je savais que le soleil viendrait de cette façon-là. J’ai aussi focalisé sur l’écriture de mes textes et j’ai gardé une ligne de conduite dans mes mots. En fait, j’ai essayé de simplifier mon écriture. Tous ensemble, on a réussi à trouver l’équilibre qui est celui que l’on a dans la vie. L’amitié sert beaucoup en musique.

Trouvais-tu que ton écriture était trop complexe ?

Le deuxième album a été celui où j’ai décidé de me faire confiance sur mes textes. J’adore écrire en français. Pendant cette période-là, j’ai même écrit pour Julien Clerc ou Françoise Hardy. Dans mes tous premiers textes, j’étais plus dans l’écriture automatique et j’avais la sensation de mettre trop d’images. Je suis aujourd’hui plus clair et plus premier degré.

La chanson « Corbeau blanc », je me suis demandé si c’était du premier ou du deuxième degré, par exemple. Je ne savais pas si tu évoquais un suicide ou la fin d’un concert où l’on se dit au revoir…

En ce moment, je pense plus à la fin des concerts, mais quand je l’ai écrite, c’était plus dans ce que tu imaginais. Ce texte-là s’est imposé tout seul. D’un coup.

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Parlons de duo. Il y en a un avec Micky Green, « Chou wasabi ».

Cette chanson, je l’ai écrite en sachant que je voulais faire un duo assez simple. Une espèce d’histoire d’amour avec un ping-pong verbal. J’ai pensé hyper vite à Micky parce que l’on s’était croisé pas mal de fois quand j’étais en promo pour mon premier album. Elle sortait le sien au même moment. Je lui ai envoyé une première version, mais je tenais à ce qu’elle écrive aussi ce qu’elle allait interpréter. C’est elle qui a écrit son couplet en Anglais.

« Habemus Papaye » est, lui, interprété avec les Brigitte. Une collaboration discrète. Elles font juste les chœurs.

C’était autant leur volonté que la mienne. J’aimais bien le fait d’être au centre avec une voix basse et qu’elles chantent de manière angélique, enveloppante, respectueuse et assez sexy. J’aime beaucoup leur voix.

Je suis très fan d’Arman Mélias (mandorisé là). Il a écrit 3 chansons pour cet album, tu n’en as retenu qu’une, « Mon apache ». julien doré,lØve,interview,mandor

Il y a un vrai échange entre nous. Nous avons coécrit une chanson sur son dernier album, « Pompéi » et c’est pour moi une sacrée marque de confiance. Ce que j’aime aussi chez lui, c’est notre échange sur scène. C’est fort. Le voir responsable de son projet musical personnel, en l’assumant en tant que leader, et voir ce qu’il est capable de lâcher pour moi à la guitare et aux chants sur scène, ça me touche. Il repart avec moi sur scène pour la tournée. Pour ce disque-là, il m’a encouragé fortement à affirmer mon écriture en français. Il a souhaité que ce soit mes mots que j’interprète enfin.

Toutes les chansons s’imbriquent parfaitement  les unes dans les autres. Le choix de l’ordre des chansons, c’est comme quand on fabrique un puzzle?

C’est encore plus compliqué. On assemble tout doucement les choses dans un premier temps, puis on les défait en studio, pour les refaire ensuite. C’est un puzzle qu’on fait et refait bien quatre fois avant de décider comment l’encadrer. Et puis sur scène, on va défaire tout ça. Une chanson est vivante, un disque se doit d’être malléable une fois qu’il prend vie devant le public.

A chaque fois que je te croise, je te sens impatient.

C’est marrant ce que tu me dis parce que c’est ce que je pense de moi et tout le monde me dit le contraire. Les gens me disent que j’ai une grande patience. En fait, je suis impatient, notamment avec tout ce qui me fait chier.

Quoi, par exemple ?

Toutes les parties liées à des codes à respecter dans l’industrie de la musique et du disque. Il faut aussi faire attention avec internet, avec la télévision et tant mieux. C’est nécessaire de prévoir les choses et de ne pas faire n’importe quoi. Quand j’étais aux Beaux-arts, je faisais un truc, ensuite, je passais à autre chose, là, c’est plus compliqué.

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Trois photos prises lors de l'écoute "privée" du 3 juillet dernier de quelques titres de LØVE.

julien doré,lØve,interview,mandorLe 3 juillet dernier, tu as fait écouter cinq extraits de ton disque au Studio de la Seine, en ta présence, à quelques journalistes triés sur le volet… dont moi, merci. Ce n’est pas gênant d’être là et de regarder les journalistes découvrir tes nouveaux morceaux ?

Ce n’était pas un poste de surveillance pour voir comment les journalistes réagissent. Pour moi, c’est plutôt respectueux d’accompagner son travail, surtout quand il est encore en chantier. C’est peut-être con, peut-être désuet, mais c’était une évidence pour moi. Je ne vois pas qui pouvait venir à ma place. Moi, je trouve ça normal de défendre un projet nourri de bonnes ondes et dont je suis fier.

Est-ce que c’était aussi un moyen de vérifier qu’on est sur le bon chemin ?

 Ce serait hypocrite de dire l’inverse. J’avais envie d’être là parce que c’est ma voix, mon travail et que c’était le fruit d’un long processus. Ça m’a rassuré que des gens comme toi viennent me dire ce qu’ils en pensaient après. Je me souviens, toi, tu m’avais parlé de « Corbeau blanc ».

Tu as une chanson qui t’importe plus que les autres, toi ?

J’aime énormément « Paris-Seychelles » parce que pour moi cette chanson est le soleil du disque. J’aime aussi beaucoup « On attendra l’hiver » et « Corbeau blanc ».

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Après l'interview, le 2 septembre 2013.

Commentaires

Merci pour ce magnifique album, un pur moment de bonheur à chaque écoute.

Écrit par : sandrine | 21 novembre 2014

Un artiste pur comme on en voit peu, un chanteur qui ne déçoit pas car il est exigeant avec lui même . C'est un régal que de l'écouter.

Écrit par : angel | 22 novembre 2014

je viens de découvrir Corbeau blanc, là je suis émerveillée, par la musicalité, un peu style Christophe, mmon morceau préféré apres, on attendra l'hiver, j'adore ce style la musique m'emporte, les yeux fermés, nous sommes le 24 12 2014 je suis seule , mon fils dort, et cette chanson, me donne de la réflexion, je vous espère à nouveau avec de telles morceaux, car j'aime + que bcq.

Écrit par : corrine | 24 décembre 2014

Du pur bonheur

Écrit par : Martine BARREYRES | 31 janvier 2015

Mon petit mari est revenu avant hier avec ce magnifique album, j'écoute en boucle, je l'emmène en voiture, et je suis bercée par cette musique et ces mots absolument magnifiques.
J'aime aussi quand je suis seule, m'y plonger dedans ...
Corbeau blanc m'a scotchée, la musique et la voix de Julien me transporte ...
Si jamais vous croisez de nouveau la route de cet attendrissant personnage, dites lui o' combien ses chansons sont d'un réconfort, d'une extrême beauté, et d'une poésie qui fait du bien à l'âme ...
Merci et très belle journée à vous
Christine

Écrit par : Christine | 13 mars 2015

j ai été au concert à roubaix au colisée ce 30/3/15 suis arrivé avec un état d'esprit de découverte sans a priori , je connaissais les titres radios que j aimais bien mais pas l album "love" et la sur scène c'est la claque !!!! un showman sous anabolisants des musicos de folie des titres d'une intensité et d une profondeur (cf corbeau blanc , mon apache , les bords de mer..).
alors maintenant plus d a priori ....suis fan :)

Écrit par : greg dorch | 31 mars 2015

Quel magnifique album et personnage vous êtes ! Je fais malheureusement parti des hommes qui aiment leur femme au plus profond de leurs entrailles, c'est alors que la musique du corbeau blanc est d'une profondeur bien plus puissante que l'on puisse imaginer. Merci pour vos textes.

Écrit par : Frédéric | 24 avril 2015

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