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08 novembre 2013

Dry : interview pour Maintenant ou jamais

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dry,maintenant ou jamais,interviewÉvoquer Dry, c’est à la fois se souvenir de l’âge d’or du hardcore et évoquer l’actualité rapologique grand public. Le rappeur Dry, membre de la Mafia K’1fry, connu et reconnu pour sa discographie au sein du groupe Intouchable (qu’il forme avec Demon One) revient avec un troisième album qu’il a mis plus d’un an à réaliser, Maintenant ou jamais. Toujours signé chez Wati B, on constate que Dry n’a rien perdu de son flow et de sa technique… après plus de 15 ans de rap derrière lui, ce n’est pas franchement étonnant. Dry pose sur des prods plutôt enjouées avec des thèmes qui parlent à toutes les générations, mais principalement aux ados.
Comme à l’accoutumée, Dry a invité la Sexion D'Assaut sur un morceau. Le groupe avait déjà participé à l'enregistrement des deux précédents opus du rappeur, tout comme Maître Gims, qui impose son style sur le single "Le choix". Parmi les autres featurings, Shin Sekai, Tal, Kayna Samet, Amalya et Dr Berize. Entre autoportrait grinçant, sons festifs, morceaux très personnels ou hardcore.

Teaser de l'album Maintenant ou jamais.

Dry est venu me voir à l’agence le 21 octobre dernier…

dry,maintenant ou jamais,interviewInterview :

Ton nouveau disque est très éloigné de ce que tu faisais avec les groupes Intouchable et Mafia K’1fry. Tu es devenu plus « édulcoré ».

C’est la vie qui veut ça. C’est une question d’évolution. Après, il y a une chose qui m’a frappé quand je faisais les concerts avec la Sexion. J’arrivais avec mes morceaux et mes textes d’avant et je sentais bien que le public que j’avais en face de moi n’était pas très client de ce que je faisais. J’avais beaucoup de flow, beaucoup de débit, un argot assez spécial. Les jeunes qui m’écoutaient, me regardaient ne comprenaient pas tout de ma démarche. J’ai donc pris un peu de recul et j’ai essayé de comprendre comment il fallait que j’envisage mon prochain album pour toucher un maximum de personnes. Il fallait que je me déradicalise.

Tu as deux enfants. Ça calme son homme ?

Oui. Il se trouve qu’aujourd’hui, ils peuvent écouter ma musique. Ma mère aussi. Avant ce que je faisais était un peu gore, un peu hardcore. Mais, j’étais dans la rue, je ne menais pas la même vie. Aujourd’hui, c’est différent, je suis beaucoup chez moi. Je pourrais m’inventer une image, garder celle d’avant. Le mec qui fait la loi dans sa cité. Je ne suis plus ça, je n’interprète plus ça.

Ta réputation te précède. Tu n’as plus rien à prouver à quiconque ?

C’est intéressant de continuer à prendre des risques. Je dis juste : qui m’aime me suive et tant pis pour ceux qui ne m’aiment pas.

Clip de "On fait pas semblant" (feat Dr Beriz de l'Institut).

Tu n’as pas peur que les puristes de rap disent que tu t’es sérieusement adouci ?

Bien sûr, mais je ne fais pas de la musique pour eux. Je fais la musique que j’aime aujourd’hui. J’ai vu d’autres rappeurs changer, comme Oxmo Puccino, ça leur a bien réussi. Moi, je ne vois pas rapper ce que je rappais il y a 25 ans. Oui, c’est édulcoré, mais ma vie s’est édulcorée.

Il y a déjà une différence entre ton précédent album Tôt ou tard et celui-ci, Maintenant ou jamais.

J’ai plus osé dans le dernier. Je me suis beaucoup plus livré et j’ai beaucoup plus assumé mon chant. C’est un cap que j’ai enfin réussi à passer. On m’avait toujours dit que je pouvais le faire, mais je n’ai jamais vraiment eu confiance donc j’y allais avec des pincettes. Sortons de groupes comme Intouchable ou Mafia K’1 fry, j’avais un peu honte de mes capacités en solo.

En plus, tu chantes avec Maître Gims qui a une voix extraordinaire… tu n’as peur de rien dis donc ?

Lui, il m’a incité à chanter en me disant qu’il fallait que je prenne ce risque. Il était sûr que j’y parviendrais, ça m’a beaucoup encouragé. Mais, il n’y a pas que lui qui m’a bousculé pour que je tente la chose…

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Dry au Stade de France.

Tu as chanté au Stade de France et en première partie de Sexion d’Assaut partout en France. Ça te plait d’être sous la lumière grâce à Wati B ?

Ce n’est que du bonheur. Le problème, c’est qu’on s’habitue à tout ça. Il faut que je fasse attention. J’ai fait des tournées avec 113, avec Kery James aussi. Ça n’a rien à voir avec ce qu’il se passe aujourd’hui. Désormais, on réunit des familles et il y a beaucoup de monde. C’est magnifique, je t’assure.

Tu racontes ton envie de succès dans ton dernier disque.

Oui, parce que j’ai galéré. Aujourd’hui,  je suis encore là et je gagne ma vie. Pour finir, ce serait bien d’avoir un trophée.

Un trophée ? C’est quoi ?

Je ne sais pas au fond. Ma réussite, c’est ma continuité, mais je ne serais pas contre un disque d’or.

Clip de "En place".

Il y a plein de featurings avec que des artistes qui cartonnent, comme Maître Gims et Tal par exemple. dry,maintenant ou jamais,interview

J’ai toujours fait des morceaux avec les gens de Wati B. Après, avec Kayna Samet ou Amalya, une jeune femme qui a fait The Voice, ce sont des artistes que j’apprécie beaucoup. Quant à Tal, j’ai chanté sur son album, elle m’a rendu la pareille sur le mien.

Dans le rap, j’ai remarqué que, soit il y a beaucoup de solidarité, soit ça clashe sévère.

J’ai toujours pensé que dans le rap, il était extrêmement difficile d’y arriver seul. Même si on y parvient, ça ne dure pas longtemps. Si on n’y va en équipe, entre amis, on a plus de chance de durer.

Mafia K’1 fry a enregistré des maquettes. Est-ce que cela va aboutir à un album et est-ce que tous les membres comme vous, Rohf et Kery James en feront partie ?

Je pense qu’il y aura tout le monde sauf Rohf. Pour le moment rien n’est fait. Il y a quelques morceaux et l’envie, mais on se dit que ce serait dommage de ternir l’histoire. On a fait des bons albums qui sont devenus des disques d’or. Je crains un retour, car nous ne sommes plus beaucoup d’actualité et le rap change. Je vois bien ce que les gens aiment aujourd’hui. Ça n’a rien à voir avec ce que fait la Mafia K’1 fry. Si on sort un disque, il faut être au top, nous n’avons pas le choix. On ne veut pas faire un album pour faire un album.

Et un retour d’Intouchable ?

C’est exactement la même problématique. Si c’est pour faire moins bien, ça ne sert à rien de revenir de ce côté-là non plus. Il faut trouver des bons thèmes et une bonne cohésion entre Demon One et moi.

Comment vis-tu la sortie de Maintenant ou jamais ?

Je suis un peu angoissé par les résultats. Je suis confiant parce que c’est un bon album. Il est très ouvert. J’ai montré que sur chaque morceau il y a un style différent et que je m’en suis sorti sur chacun d’eux. Ce disque raconte une histoire avec un sens et un fil conducteur. Je n’ai en aucune manière transigé avec ce que je suis aujourd’hui.

Clip de "Bloqué".

Dans le clip de « Bloqué », on dirait que tu es un superhéros.

C’est marrant que tu utilises le terme de superhéros. Souvent pendant la tournée, je regarde mes collègues de Sexion d’Assaut ou quand je me vois sur scène en vidéo, seul face au public, j’ai l’impression qu’on est des superhéros.

Quand tu es sur scène devant parfois 10 000 personnes comme au Stade de France, on se sent comment ?

On se sent fort quand les gens vous aiment. Quand ils vous font ressentir qu’ils apprécient ce que vous faites. C’est une sensation que je ne retrouve nulle part ailleurs.

C’est dur de redescendre sur Terre après ?

Non. La vie nous rappelle toujours à son bon droit.

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Chifoumi avec Dry, après l'interview, le 21 octobre 2013.

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