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04 novembre 2013

Von Pariahs : interview pour la sortie de Hidden Tensions

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Hidden Tensions est le premier album des Von Pariahs, groupe rock venu du grand ouest. Après 4 ans de concerts rageurs et fulminants, voilà enfin couchées sur disque leurs chansons brûlots. Un album totalement maîtrisé, sans temps mort.

Le 12 septembre dernier, j’ai reçu à l’agence Théo Radère (Guitare), Sam Sprent (chanteur) et Marc-Antoine Riot (guitare).

von pariahs,hidden tensions,interviewBiographie d’Adrien Toffolet (que je ne connaissais pas, mais qui, après enquête Googlienne se révèle être Journaliste indépendant, ex-rédacteur en chef adjoint de Voxpop et cofondateur de DumDum.) :

En seulement quelques années d’existence, des concerts à la pelle, un EP avec deux tubes en puissance, « Someone New » et « Skywalking », sans oublier un passage triomphal par les Transmusicales 2012, les nantais des Von Pariahs ont déjà marqué les esprits.

Leur musique est en phase avec leur époque : un mélange de mélodies rock, punk, brutes et franches, qui rencontre la puissance des années 80, de la cold wave à la no wave en passant par le shoegaze. Le tout chanté d’une voix sincère et singulière en anglais – Sam, le chanteur, est originaire de Jersey. Bref, leur musique est celle d’une génération d’artistes qui, grâce au net, a digéré rapidement toute l’histoire de la musique pour mieux la disséquer, n’en retenir que le meilleur et composer de vraies chansons originales tournées vers l’avenir.

Sur scène, le groupe domine tout l’espace de sa présence, l’honnêteté transpire en chaque note et leurs morceaux prennent une forme encore plus intense, à la fois humaine et sauvage. Luz, dessinateur et grand amateur de rock, après les avoir vus en concert a même trouvé les mots justes pour qualifier le groupe : « Ian Curtis n’est pas mort, il se bourre la gueule à Nantes avec le plus prometteur des jeunes groupes français, les Von Pariahs, voix interpolesque et son Joy-Strokesien ! »von pariahs,hidden tensions,interview

Aujourd’hui, les 6 membres des Von Pariahs présentent l’aboutissement de tous leurs efforts : Hidden Tensions. Mixé par Stefan Brändström (Holograms) et enregistré aux studios Black Box par David Odlum (Tinariwen…) et au studio Odyssey par Michael Declerck, ce premier album a tout pour faire entrer les Von Pariahs dans l’Histoire du rock français : de vraies chansons, intelligentes et bourrées de rage. À l’image de la pochette d’Hidden Tensions, création de l’artiste plasticien Théo Mercier, ils jouent un rock fort, mais tout en sobriété. 

(Les Von Pariahs ont uploadé leur album sur Soundcloud... pratique pour écouter et partager.)

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Interview :

Êtes-vous tous arrivés en même temps au sein du groupe ?

Sam : Non. J’ai rencontré Théo à l’âge de 9 ans quand je suis arrivé en France. On n’était pas dans la même école, mais nous nous voyions au centre de loisirs de notre ville. Théo a fait quelques groupes avec Guillaume Cibard, notre batteur et un jour, il a eu envie de faire un projet de groupe pop rock anglais, de la britpop. Il y avait la copine de Guillaume, Mélodie, qui faisait de la guitare. Ils étaient trois, mais il manquait un chanteur. Théo me connaissant, sachant que je chantais un peu et qu’en plus j’étais anglais, m’a proposé de les rejoindre. Je les avais déjà vus sur scène, donc j’avais très envie de les rejoindre.

Live de "Gruesome".

Vous vous appeliez alors Fat Pandas. Rapidement, vous avez joué dans des petites salles de Fontenay-le-Comte.

Sam : Il n’y avait pas beaucoup d’endroits, mais il y avait notamment le Blues Bar, un bar assez rock’n roll. Après, on a surtout joué dans des fêtes de la bière.

Théo : Dans des bars des villes alentour aussi.

On apprend beaucoup dans ce genre d’endroit, notamment capter l’attention d’un public qui ne vient pas pour vous.

Théo : Effectivement, on se retrouve confronté à un public qui n’est pas forcément réceptif à ce que l’on joue. Ce sont des gens qui sont là plus par habitude que pour aller à un concert. Parfois, il y avait des familles avec des enfants en bas âge, alors que l’on joue un rock énergique. C’était un peu bizarre et pas toujours évident. En même temps, ça nous a permis de renforcer notre confiance en nous. On a appris à se donner à 100% sur chaque date, chaque concert. Peu importe le contexte.

Il y a 4 ans, Mélodie est partie et Marc Antoine, Hugo et Romain vous ont rejoint pour former les Von Pariahs. Vous avez évolué  musicalement…

Sam : L’évolution est perpétuelle et encore là aujourd’hui, mais notre identité s’est vraiment forgée à ce moment-là.

Théo : Le spectre d’influence était plus ou moins dessiné, après c’est vrai que nos influences sont difficilement définissables. On écoute beaucoup de musiques de beaucoup de styles différents.

Live (Nouvelles Scènes 2013) : "Skywalking".

Il y a des noms qui reviennent souvent quand on parle de vous. Von Pariahs, ce serait Gang Of Four qui se mixe avec Jesus And Mary Chain, Joy Division et Talking Heads. Ça vous fait plaisir ?

Sam : Ce qui nous fait plus plaisir, à vrai dire, c’est ce que ressentent les gens et ce que notre musique leur procure comme émotion. Après, on comprend très bien que le public ait besoin de références pour savoir le style qu’on a à peu près. Moi, les Joy Division, je les ai bien découverts après avoir vu en 2007 le film Control, qui relate la vie de Ian Curtis. Mais, je tiens à dire qu’on ne fait pas que de la cold wave, on a juste des influences. On joue un rock ouvert à plein d’autres univers.

Quand on vous voit sur scène, on est obligé de constater que vous êtes encore plus énergiques que dans votre disque Hidden Tensions.

Théo : Un groupe, c’est avant tout un groupe de live, sinon, ça n’a aucun intérêt. La musique est faite pour être vécue en réalité. Le disque est une technologie qui a permis au groupe de pouvoir s’élargir à un public plus grand et c’est aussi un univers à part entière parce qu’il y a la production qui rentre en jeu. Il n’en reste pas moins que je pense qu’on ne connait pas vraiment un groupe si on ne la pas vu au moins une fois en live.

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(Photo : Mc Nema)

À quel moment, vous êtes-vous rendu compte que le public commençait à s’intéresser à vous ?

Sam : Le vrai déclic au niveau du public, c’était il y a 5 ans, quand nous nous sommes basés sur Nantes. On a eu plus d’opportunités de jouer. Il y a pas mal de lieux et d’associations qui ont envie de programmer de jeunes groupes. Je crois que notre première date, c’était à une Fête de la Musique, dans un bar blindé. Ça s’est super bien passé.

Théo : À partir de ce moment-là, notre nom a commencé à circuler. Les gens ne s’attendaient pas à voir des petits vendéens débarquer avec ce genre de musique. On a toujours aimé être les outsiders et ça nous a toujours réussi. L’année dernière, pour la première fois, le Printemps de Bourges organisait un prix récompensant une des 32 Découvertes. Personne ne nous attendait, et au final, on a gagné ce prix.

Remporter ce genre de Prix, ça rassure et donne de l’énergie ?

Sam : On a toujours cru en notre musique

Théo : Croire en notre groupe, ça a été assez naturel. C’est une lapalissade de dire que si tu n’es pas bien dans ta peau, si tu ne sais pas où tu vas, ça devient plus compliqué. Nous, on s’est trouvé, on a été dans une cohésion assez immédiate. Depuis que les Von Pariahs existent, on a conscience que c’est l’aventure de notre vie.

Clip de "Still Human".

Vous avez la niaque, ça se sent…

Sam : C’est la vie quoi ! Il faut se battre.

Vous êtes six. C’est beaucoup… ça se passe bien la vie en communauté ?

Sam : C’est super enrichissant parce qu’on a des personnalités très différentes et atypiques.

Théo : On se connait tous depuis qu’on est ado. On s’est retrouvé par rapport à des goûts musicaux. On ne s’est pas vraiment choisi, ça s’est imposé comme ça. La chance qu’on a eue dans notre vie, c’est d’être tout de suite ensemble et que ça fonctionne.

Il y a une hiérarchie dans votre groupe ?

Théo : Il y a une grosse hiérarchie même. Je compose tous les instruments des morceaux, ensuite le groupe joue le fruit de mon travail et y apporte finalement sa richesse de jeu. Chaque musicien va donner une âme aux parties que j’apporte. Il y a une cohésion si forte entre nous qu’on ne sait même pas d’où elle vient. Jouer ensemble nous transcende, on ne peut pas expliquer d’où ça vient.

Et c’est Sam qui écrit les textes. Ca aussi, c’est bien déterminé.

Sam : Je chante mes propres textes et il ne peut en être autrement.

Je sais que tu écris les textes sur la musique que t’apporte Théo, jamais le contraire.

Sam : Sur sa musique, je créer la ligne de chant, puis les paroles. Nous procédons toujours ainsi.

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(Photo : William Beaucardet)

Tout le monde s’accorde à dire que vos morceaux rappellent un peu ce que faisaient les anciens sus cités, mais que vous avez quand même votre propre style original et moderne.

Théo : Rien ne peut nous faire plus plaisir.

Votre musique est très mélodique, mais enrobée parfois de musique expérimentale.

Théo : Non. On n’incorpore pas des choses qui peuvent paraître plus expérimentales. On ne veut pas aller trop loin, il faut toujours clarifier son propos musical. C’est comme ça qu’on arrive à trouver la vraie essence du morceau qu’on veut développer.

Êtes-vous satisfaits à 100% de l’album ?

Théo : On ne s’imaginait pas poser sur l’album des chansons dont nous étions à moitié satisfaits. De la première à la dernière seconde, tout ce qui est présent sur ce disque est mûri et complètement abouti.

Sam : La grosse différence pour nous maintenant que le disque est sorti, c’est que les gens qui viendront nous voir en concert connaitront nos morceaux. Ça fait toute la différence.

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Après l'interview, le 12 septembre 2013 de gauche  à droite Théo Radère (guitare et compositions), Sam Sprent (chanteur et auteur) et Marc-Antoine Riot (guitare).

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