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13 octobre 2013

Orna Danecan (Anne Cardona): interview pour... un futur EP

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Orna Danecan, (Anne Cardona) fait partie d’une mouvance d’artistes que j’aime beaucoup. Exigeante et qualitative. 

Avant, Anne Cardona, c’était des textes malins, malicieux, poétiques, qui parlaient à tout le monde. Aujourd’hui, Orna Danecan, c’est une nouvelle chanteuse, un autre style (voire biographie ci-dessous). Mais elle vise toujours là où ça fait mal parfois, là où ça fait du bien souvent. Ce qui est sûr, c’est que ses chansons font mouche toujours.
Pour écouter quelques nouvelles chansons, cliquer là !

J’ai reçu Anne Cardona pour me parler de son double Orna Danecan le 1er juillet dernier.

Biographie officielle :

Orna Danecan a une voix. Grave. Élégante. Singulière. Théâtres, télé, radio, depuis toujours sa voix lui montre la voie.
Ballades pop ou folk sombre, accompagnées de violoncelle et de guitares twang, la musique d’Orna, onirique, mêle mélancolie et délices d’une enfance effacée.
On pense à Mazzy Star, Jesse Sykes, Rufus Wainwright ou Lee Hazelwood.
Écriture enfantine ou crépusculaire, Orna Danecan ne sacrifie pas les mots et les intègre harmonieusement à ses influences musicales folk rock anglo-saxonnes.

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Interview :

Tu m’as envoyé une maquette. Habituellement, je ne mandorise pas sur maquette, mais là, j’ai vraiment beaucoup aimé. Tu es donc l’exception qui confirme la règle.

Il y a six titres. Le premier, qui est censé être un single, « L’homme de ma vie d’en ce moment », est plus produit, mais les autres sont volontairement épurés. Il n’y a que guitare, violoncelle, voix. Je vais évidemment faire un EP dans les mois qui viennent et il sera plus produit. Cette maquette est juste un outil de démarchage.

Tu as fait pas mal de scènes. Les Trois Baudets et le Divan du Monde par exemple l’année dernière avec tes nouvelles chansons.

Oui, mais j’ai fait beaucoup de concerts avec mon ancien projet et donc, avec mon ancien nom, qui est mon vrai patronyme, Anne Cardona. Pour ce nouveau projet, c’est encore un peu neuf, tout est en train de se préparer en fait.

Changer de nom, d’ailleurs, ça ne brouille pas un peu les pistes pour ceux qui te suivent depuis Anne Cardona ?

Tu sais, je pense que je les ai perdus. Ça faisait deux ans que je n’avais pas fait de scène, donc mon public, pas très nombreux à la base, a dû m’oublier.

532035_173323419492143_592117076_n.jpgPourquoi as-tu changé de nom ? J’insiste parce que ce n’est pas d’une logique implacable.

J’avais fait beaucoup de scènes, gagné des tremplins, obtenu pas mal d’articles dans la presse, ça, c’est le côté positif. Mais, j’avais fait aussi une grosse vague de démarchage dans les maisons de disques, les labels, les éditeurs, les tourneurs et, je vais être franche avec toi, j’ai eu zéro réponse. Ce n’est pas aussi simple que ça, il y a eu des opportunités qui ont capoté, des promesses non tenues… bref, comme ça arrive à plein de jeunes artistes. Ça m’a totalement déprimée et j’ai pris la décision de tout arrêter. Comme je suis bilingue, un peu plus tard, je me suis mis à écrire et composer en anglais. Comme ce que je composais musicalement était fondamentalement différent, j’ai décidé de changer de nom. Mais entre temps, je suis revenue à mes premiers amours, les textes en français, mais je ne pouvais déjà plus rechanger de nom une troisième fois (rires). Je vais essayer de garder celui-là longtemps.

Orna Danecan, ça sonne irlandais.

Ce n’est pas un hasard. J’ai passé énormément de temps de ma vie en Irlande. C’est d’ailleurs là où j’ai appris à parler anglais. Bon, tu l’avais compris, accessoirement, c’est une anagramme d’Anne Cardona. J’ai fait mon Boris Vian.

D’où te vient ta culture musicale ?

Mes parents m’ont un peu aidée, mais globalement, je me l’ai acquise seule. Mais, je n’ai pas une culture musicale incroyable. Je suis assez monomaniaque en fait. Cette année par exemple, j’ai écouté trois, quatre albums, mais en boucle. Je les connais par cœur, note par note. Par exemple celui de Sharon van Etten. Une Américaine folkeuse qui a beaucoup travaillé avec The National. C’est d’ailleurs Aaron Dessner, guitariste et clavier du groupe, qui a réalisé son disque. Si je dois t’en citer un autre, un français, celui de Camille, Ilo Veyou. Bon, il y en a d’autres… mais pas des masses.

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Tes textes, de drôles dans ta première partie de carrière de chanteuse, sont devenus plus grinçants et mélancoliques.

Je me suis sans doute assagie. Avant, je faisais plus rire les gens, parce que le rire, c’est un super mode d’adhésion. Mais à un moment, j’ai remarqué que j’en avais marre de faire rire. Je pense que je masquais mes faiblesses par ça. Dans la vie, je ne dis pas que je suis une fille sinistre, mais je suis plus mélancolique qu’hilarante. Ce n’est pas pour rien que j’ai travaillé avec Bertrand Louis pour la réalisation d’un disque. C’est l’un des artistes les plus talentueux de notre génération, mais ce n’est pas le plus drôle. Je vais peut-être ramer un peu plus pour faire venir les gens à mes spectacles, mais en tout cas, je me sens mieux dans mes chansons d’aujourd’hui.

Sur scène, tu es réceptive à ce qu’il se passe dans le public.562183_166953813462437_942766058_n.jpg

Oui, je sens quand ça marche et quand ça ne marche pas. Tu sais, je vois très mal, j’ai une maladie aux yeux. Du temps où je faisais du théâtre, c’était dur parce que je voyais le public, mal parce que c’était dans le noir,  mais maintenant, je ne vois rien réellement. Ça m’aide pour le trac, du coup, mais en revanche, il y a des trucs que je ne perçois pas. Je ne vois pas les gens dans la salle, je vois à peine mes musiciens… La perception, pour moi, est de l’ordre du feeling auditif.

En enquêtant sur toi sur Internet, je suis tombé sur une page où on peut écouter plein de pubs avec ta voix. Ce n’est pas un pan de ta vie que tu caches, on peut donc en parler.

Ça fait quinze ans que je fais des voix de pubs. Je fais tout sauf du doublage. C'est-à-dire du documentaire, de la bande-annonce, de la pub, des films institutionnels. C’est avec ça que je mange.

Depuis un an, tu animes aussi une émission de télé pour la chaîne Voyage, une chaîne du câble.

Je suis allée en Islande, au Cambodge, en Guinée-Bissau, en Roumanie, en Bolivie. À chaque fois, je pars 15 jours. Ces émissions seront multi diffusées cet hiver.

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Tu as fait le cours Florent, et donc aussi du théâtre. Tu es vraiment pluridisciplinaire.

Quand j’étais gamine, je voulais être actrice. C’était donc cette activité mon premier cheval de bataille, j’ai donc fait ça pas mal de temps au théâtre et à la télé. A un moment, je me suis inscrite à l’école ATLA et après au Studio des Variétés.

Tu avais des textes depuis pas mal de temps.

Oui, donc avec un ami, on a monté un répertoire piano-voix. Je me suis carrément prise au jeu, mais au départ, ce n’était pas ça que je voulais faire.

Que vas-tu faire à présent que cette maquette existe ?

Je suis en train de chercher des réalisateurs pour faire un EP. Je rencontre des gens dont j’ai envie, mais il faut qu’ils aient envie de moi également. Il faut que financièrement on puisse trouver un accord et souvent, les gens dont j’ai envie sont des gens chers. Donc, ce n’est pas simple. Mon idée est quand même de produire un EP pour que plus personne ne puisse me dire : « c’est chouette tes chansons, mais je ne sais pas exactement où tu vas. »

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Commentaires

Vu dans une émission ce soir 28 avril 2014, sur la chaine Voyage, présentant la Roumanie, ce visage m'interpellât. Une photo de 2003 au Maroc d'une jeune fille, vous ressemble assez, mais peut-être est-ce une coïncidence ou un sosie assez bien réussi. Dommage que je ne puisse pas joindre la photo à ce message.

Écrit par : QUENON Philippe | 28 avril 2014

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