Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Ayo : interview pour la sortie Ticket to the World | Page d'accueil | Orna Danecan (Anne Cardona): interview pour... un futur EP »

12 octobre 2013

Faby Perier : interview pour sa carrière et sa lutte contre le cancer

1074865_10201600685480121_1274722383_o.jpg

(Photo : Sylvie Pedroni)

Faby Perier et moi, c’est une longue histoire… de rendez-vous manqués. Depuis 2008, elle m’envoyait régulièrement des messages pour que nous nous rencontrions et qu’elle m’explique son travail. J’avais compris qu’elle interprétait une chanson qui évoquait son cancer. Je n’avais pas creusé et je dois dire que j’étais peu enthousiaste à l’idée de la mandoriser. La maladie, inconsciemment, me rebutait. Je ne me le suis pas avoué ainsi, mais au fond, mon refus venait de là. Et puis, un jour, le cancer a emporté ma sœur. Le cancer, je l’ai regardé en face en le traitant de connard. Ma mère, ma sœur… ça suffit comme ça !

L’homme est un sale égoïste, il s’intéresse à des trucs uniquement quand il est concerné.

Et Faby m’a recontacté une énième fois. J’ai approfondi mes recherches sur elle et j’ai compris qu’elle faisait beaucoup pour la lutte contre le cancer (du sein notamment). Et j’ai compris qu’il était temps de se croiser.

Ainsi fut fait à l’agence le 16 septembre dernier… 

(De plus, durant ce mois d’octobre, c’est l’opération Octobre Rose. Pour la 20ème année consécutive en France, la campagne de lutte contre le cancer du sein,  organisée par l'association "Le Cancer du Sein, Parlons-en !" vous propose de lutter contre le cancer du sein en vous informant et en dialoguant. Convaincre les femmes du rôle primordial du dépistage précoce et faire progresser la recherche, telle est la vocation de cette campagne et de l'Association. Pour en savoir plus, voir là. Faby Perier va beaucoup chanter pour Octobre Rose durant cette période. Voir ici)

1239907_591728957558184_953456560_n.jpg

Biographie officielle :

Ce n'est pas un hasard, si l'univers de Faby est empreint de la sensibilité d'une femme qui a croisé aux détours de rencontres les bouleversements de cette vie qui nous touche, nous surprend et à laquelle nous tenons tant.

Après une enfance bousculée, une éducation musicale plutôt classique où elle apprend le piano, le violoncelle et la guitare, Faby découvre la pop music et la chanson française grâce à des artistes de pianos-bars ; elle comprend alors que les textes sont aussi porteurs d'émotions.

En 2003, l'envie d'écrire devient de plus en plus présente et c'est avec sa sœur jumelle qu'elle écrira à quatre mains l'album "Authentique". Pourtant, cet album ne lui ressemble pas vraiment et l'envie de se retrouver seule devant sa page blanche se révèle à elle comme une évidence.

C'est ainsi qu'en avril 2008, son deuxième album Au nom de celles voit le jour. Un album résolument féminin où elle chante avec une tendresse perceptible, les femmes, l'amour, la vie, ses bonheurs, ses douleurs, de toute la puissance de sa sincérité.

Cet album n'aurait dû être que la réalisation de son rêve qu'elle voulait partager avec le public. Mais la vie en a décidé autrement... Elle apprend en avril 2008 qu'elle est atteinte d'un cancer. Pourtant malgré cette épreuve difficile, elle n'a de cesse que de croire en l'avenir pour atteindre ce rêve.

3775000068004.jpgSon troisième album Au fil de nos vies commence à se dessiner en 2009 et le premier "Ce matin-là" nait de l'annonce de sa rémission du cancer du sein, l'épreuve qu'elle a rencontrée. Au fil des interviews radio, des échanges sur la toile, ce titre est devenu l'emblème de toutes ces personnes qui se battent contre le cancer. Des internautes fans s'emparent de cette chanson-hymne, la partagent sur les réseaux internet et la font découvrir aux associations de lutte contre le cancer pour lesquelles Faby se mobilise également fréquemment.

Faby se mobilise toujours auprès des associations de lutte contre le cancer et est la marraine d'une association qui a pour but d'offrir des places de spectacles aux personnes qui ont rencontré l'épreuve du cancer.

DSC08441.JPG

Interview :

J’ai l’image de vous de « la chanteuse qui chante pour lutter contre le cancer », ce qui est parfaitement réducteur parce que vous chantez depuis 15 ans.

J’étais chanteuse de piano-bar. J’ai sorti il y a longtemps un premier album auto produit en 2003. Je l’ai écrit avec ma sœur jumelle et je ne m’y retrouvais pas du tout. Et en 2008, juste avant que j’apprenne que j’ai un cancer, j’ai préparé un album en auto production. Je n’ai rien fait avec parce que j’ai reçu l’album pressé au moment où je venais de me faire opérer d’un cancer du sein. Ce que j’avais écrit, du coup, n’avait aucun sens par rapport à ce que je vivais.

Alors, peu de temps après, vous avez écrit une chanson, « Ce matin-là », qui raconte votre histoire, votre cancer, et ce de manière frontale.

Je crois qu’il faut parler de sa maladie. J’ai essayé de toucher les gens en racontant comment j’ai vécu l’annonce du cancer. Quand je vois les campagnes à la télé, je trouve qu’elles ne sont pas touchantes et surtout, on n’arrive pas à se dire que ça peut nous arriver.

Le clip de "Ce matin-là".

De livrer sa vie en chanson, ça a été un exutoire pour aller mieux?

Ce n’est même pas ça. J’ai appris que j’avais un cancer au mois d’avril 2008, je suis rentrée à l’hôpital au mois d’octobre 2008 et j’ai appris que j’étais en rémission. En sortant de l’hôpital, j’ai libéré ce que j’avais dans les tripes. J’ai écrit cette chanson et, très vite, j’ai eu le besoin irrépressible de l’enregistrer en studio. Quand je l’ai enregistrée, je sortais de traitement, donc je n’avais pas beaucoup de souffle, mais j’ai toujours souhaité garder cette version-là.

Pendant les 6 mois où vous avez été malade, vous n’avez rien dit à personne.

Je me suis éloignée de tous quand j’étais en plein dans la maladie. Dès que j’ai su que j’étais en rémission, je me suis dit que j’allais communiquer sur cette maladie. Je me suis servie de ma condition d’artiste pour faire passer un message.

Beaucoup de gens ont apprécié cette chanson.

Beaucoup de femmes qui ont traversé cette épreuve considèrent que je suis leur porte-parole.. Elles voient que je suis encore là, bien vivante et que je fais des choses.

Vous allez bien ?

Je réponds toujours que je vais bien aujourd’hui. Avec toujours la peur au ventre.

Pour moi, votre nom est associé à la lutte contre le cancer. Vous n’avez pas peur d’être 1013515_10201466694730436_1770950096_n.jpgcataloguée ?

J’ai fait ce choix-là. Disons que ce choix s’est imposé à moi. Tant pis si c’est compliqué. Je suis une femme qui accepte les défis et qui va au combat. Après, ça devient compliqué de faire découvrir son univers en dehors de la lutte contre le cancer. Mais, les artistes sont parfois là aussi pour mettre sous les projecteurs des choses difficiles.

Vous n’avez pas peur que ce soit un peu anxiogène ?

Vous savez, dans mon répertoire, il y a des chansons qui parlent d’amour et des chansons qui parlent de la vie. De toute manière, la vie est plutôt anxiogène.

On a justement peut-être besoin d’en sortir, non ?

Quand on regarde quelqu’un comme Renaud, il n’a jamais fait des chansons qui étaient très gaies. Tout le monde connait Renaud et beaucoup l’aiment.

C’était plus des chansons sociétales, la maladie, ça fait peur.

Mes chansons ne sont pas faites pour faire peur, mais pour donner de l’espoir. J’ai écrit « Ce matin-là », par exemple, pour dire au gens que ça n’arrive pas qu’aux autres. Elle peut servir aussi aux associations qui luttent contre cette maladie et qui ont besoin d’une chanson. Elle est une sorte d’hymne. La ligue contre le cancer la reprend régulièrement…

581922_10201227116741136_2117017309_n.jpg

Que pensez-vous des chaînes féminines sur Facebook pour la prévention du cancer du sein. Celles où on donne la couleur de son string par exemple. Moi, ça m’exaspère, je me suis fait houspiller quand j’ai dit ça sur mon mur.

 Très honnêtement, je ne suis pas contre… On peut considérer que ça n’apporte pas grand-chose, mais si. Ça apporte l’échange.

Moi, j’ai contesté le fait que les hommes soient bannis de cette histoire-là.

Ça, c’est vrai que c’est un peu con parce que le cancer du sein touche aussi les hommes. Mais, mon avis est qu’on ne peut pas être contre quelque chose qui amène à la discussion.

Je trouve que c’est mieux d’être plus direct.

Oui, mais autour du cancer, les gens ont du mal à être directs. Le cancer est extrêmement tabou. On le voit bien ne serait-ce qu’en regardant la communication faite par certaines associations.

Revenons à vous. Psychologiquement, quand vous allez chanter là où il y a des malades, comme ça vous arrive souvent, ce n’est pas un peu lourd à porter, à voir, à supporter ?

C’est dur, mais si pour ces personnes malades ce sontt trois minutes de bonheur et d’espoir, c’est trois minutes de gagnées. J’ai choisi le fait d’être porte-parole, il faut que j’assume le fait que ce n’est pas toujours simple. Mais, je dois aussi préciser que cela me donne beaucoup aussi.

Vous êtes à l’origine de l’association  Au Nom de Celles.

Oui, on  organise des évènements, des spectacles avec le soutien d'artistes et de partenaires pour permettre d'offrir le divertissement aux personnes qui ont rencontré l'épreuve du cancer. On est à la recherche de salles de spectacles qui nous offrent des places de spectacles gratuits. On essaie de faire des évènements où je suis en avant et des évènements où il y a plusieurs artistes.

1383133_608634632534283_2020728050_n.jpg

Votre  4e disque va sortir bientôt, car je crois que vous avez trouvé le financement nécessaire sur Ulule.

En 32 jours la somme était réunie grâce aux internautes. Je suis en train de terminer l’album. J’espère qu’il sera pressé pour le 25 octobre.

Vous êtes la seule chanteuse a parler du cancer. Je sais que d’autres ont cette maladie et se taisent.

Je pense que c’est difficile à porter. On m’a dit plein de fois que je faisais une connerie d’en parler et que je foutais ma carrière en l’air. Moi, je pense qu’il faut parler de la différence et ne pas la cacher. Je suis une femme de combat, je viens de la DASS et j’ai un passé un peu lourd, alors je me moque de ce qu’on dit de moi.

Vous n’avez pas envie de poser les valises ?

Si, parfois. J’aimerais trouver quelqu’un qui s’occupe de moi pour que je puisse vraiment me consacrer à ma carrière artistique et aux messages que je veux faire passer. Je suis ma propre attachée de presse et je suis lasse de cela. J’en ai ras le bol parce qu’un artiste qui doit se vendre lui-même, c’est contre nature.  

DSC08447.JPG

Et un rendez-vous important, ce mardi...

1385391_10202210627648294_613849705_n.jpg

Commentaires

Bravo pour cette interview, François. On y retrouve la Faby que l'on aime, battante, sensible, sans langue de bois... une interview complète, remplie de liens très intéressants.... Bravo, bravo, bravo... Et merci pour Au Nom de Celles.
Sylvie Pedroni - Présidente d'Au Nom de Celles

Écrit par : Sylvie Pedroni | 12 octobre 2013

Merci pour cette mandorisation
Merci à toi Faby d'etre notre porte voix
L'univers musical de Faby est autre que cancer mais aussi cancer
cette chanson "ce matin là " est un hymne à la vie et peut etre reprise lors de plein d'épreuve differente.
on se retrouve le 25!!

Écrit par : Halize | 12 octobre 2013

je veux particulièrement mettre l'accent sur cette excellente idée qu'est l'association "au nom de celles" car apporter de la distraction, notamment par le biais musical est tellement important pour sortir du cadre de la maladie, des soins, des problèmes parfois rencontrés après cette épreuve. Et qui peut mieux le comprendre qu'une personne, qu'une artiste qui a rencontré cette maladie.

Écrit par : arlette | 13 octobre 2013

Les commentaires sont fermés.