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07 octobre 2013

Julien Blanc-Gras : interview pour Touriste et Paradis [avant liquidation]

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(Photo : Fred Kihn)

Julien Blanc-Gras, je le lis depuis longtemps (depuis son premier roman, en fait). Je le croise parfois (nous avons des amis communs). Il m’arrive même de le mandoriser (enfin, juste une fois avant cette chronique-là). Ce journaliste-auteur est un garçon éminemment sympathique et doué dans ce qu’il entreprend. Il est en train de se faire un nom à la fois dans le journalisme et dans le monde littéraire français.

Cet été, je suis parti en vacances avec ses deux derniers livres, Touriste (en poche) et le plus récent, Paradis [avant liquidation]. Je me suis tout bonnement régalé. Julien Blanc-Gras m’a passionné, amusé, fait éclater de rire parfois et surtout fait voyager.

Le 27 août dernier, il est venu me faire une petite visite à l’agence, dans le but original de répondre à quelques savantes questions. Merci à lui.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorDescription de Paradis [avant liquidation].

« Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition. Perdu au milieu de l'océan Pacifique, ce petit paradis semble promis à l’engloutissement par le changement climatique.
J’ai organisé ma vie autour d’une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays en plus. Ce qui se profile ici, c’est un pays en moins. Je dois m’y rendre avant qu’il ne soit rayé de la carte. »

Au bord de lagons de carte postale, le journaliste écrivain entraine le lecteur dans ses péripéties cocasses ou dramatiques, narrées avec son écriture élégante, son humour et sa justesse de ton habituel, entre distance et empathie. On rencontre les pêcheurs et les présidents, les missionnaires et les ivrognes, les expatriés et les candidats au départ. Autant de fragments qui composent un tableau de ce paradis en sursis, confronté à un défi sans précédent. Peuplées depuis 3000 ans, les Kiribati devront-elles déménager pour survivre ?

Un éclairage inédit sur cette contrée méconnue, éloignée de la mondialisation et pourtant aux avant-postes de la menace climatique.

Description de Touriste.julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandor

« On compte environ 200 états souverains. On vit à peu près 30000 jours. Si l'on considère l'existence sous un angle mathématico-géographique, on devrait passer 150 jours dans chaque pays. Il faut se rendre à l'évidence. Je dois aller dans tous les pays du monde. Je ne trouverai pas le repos dans l’immobilité.
Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage.
Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit.
Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d’être futile. De s’adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire.
Le touriste inspire le dédain, j’en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C’est un cliché qui résulte d’une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu’un. »

Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe. Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

Avec ce roman géographique, Julien Blanc-Gras nous propose  une esthétique du voyage simple, aventureux, drôle et intelligent.

L’auteur :

Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Il a publié trois romans au Diable vauvert, Gringoland, qui conte un périple latino-américain, lauréat en 2005 du festival du premier roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura ; Comment devenir un dieu vivant en 2008, une comédie apocalyptique déjantée ; et Touriste, un récit de voyage curieux, surprenant, malicieux.

Il a séjourné aux îles Kiribati à l'automne 2011 pour réaliser son dernier livre, Paradis [avant liquidation].

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorInterview :

Dans ces deux livres, racontes-tu toujours des histoires vraies ?  

C’est différent d’un livre à l’autre. Touriste est un roman basé sur mes voyages et des histoires que j’ai vécues. Parfois, je modifie un peu le trait, je modifie les personnages. Je me permets un peu de fiction, parce que c’est indiqué sur la couverture : roman. Bon, c’est quand même vrai à 95%. Quant à Paradis [avant liquidation], il s’agit d’un récit. La contrainte que je m’étais donnée était que ce soit plus journalistique. Donc, tout est vrai. Le nom des personnages, les dialogues, les situations.

Au début de Touriste, tu racontes que quand tu étais jeune tu regardais les cartes en te disant que tu allais un jour vérifier si tout était réellement comme ça.

J’ai une passion de la géographie depuis que je suis enfant. J’avais un ballon gonflable avec la carte du monde, mais j’avais surtout la carte du monde affichée à côté de mon lit et je m’endormais en la regardant. Ça me faisait complètement rêver.

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Tu écris: « Je voyageais en cherchant un sens à ma vie, et ça avait marché. J’avais trouvé un sens à ma vie. » Quand as-tu su que tu allais consacrer ta vie au voyage ?

Assez tardivement finalement. Après mes études. À 23 ans, j’ai fait un voyage au Mexique, que je relate dans mon premier roman Gringoland. J’étais parti pour quelques semaines pour voir un copain qui étudiait là-bas et, finalement, je suis resté un an. C’était la découverte du vrai voyage en solitaire en toute liberté. Je suis rentré de ce voyage, je me suis mis à bosser et très rapidement, j’ai compris que j’avais envie de voyager. J’ai donc organisé ma vie professionnelle dans ce sens et avec cette envie-là.

Tu es aujourd’hui payé pour le faire, tu as donc mené à bien l’ambition qui t’animait.

Oui. Maintenant, qu’on ne se méprenne pas. Je passe une grande partie de ma vie en France. Je pars beaucoup, mais je ne suis pas toujours en voyage, comme la lecture des livres pourrait le laisser supposer. Je fais à peu près 10 voyages par an. Parfois, c’est très court. 4 jours pour aller faire une interview ou couvrir un évènement.

Quand tu pars longtemps, tu es content de revenir chez toi à Paris.

Le retour fait partie du plaisir de voyager. On est soucieux de retrouver les proches et les gens qu’on aime. Et puis, on est content de retrouver un peu de confort. Quand tu n’as pas pris de douche chaude depuis deux semaines, tu apprécies la chose,  je t’assure.

Paradis [avant liquidation] est un livre palpitant et souvent drôle. La seule chose que je te reproche, c’est qu’il est très frustrant, car trop court.

Je le prends comme un compliment parce que ça veut dire que je n’ai pas ennuyé mon lecteur et c’est quand même mon souci principal. Je crois que nos temps de concentration ont diminué. Je pense continuer à écrire en format court. C’est une façon de garder l’intérêt du lecteur. De plus, des formats courts, c’est ce que j’ai envie de lire. Dans Paradis [avant liquidation], ce sont des petites séquences qui composent un tableau.

En lisant Touriste, on se dit que tu as de la chance. Tu voyages, c’est un beau métier. Le rêve absolu. Puis soudain, tu vas en Colombie et là, on se dit que ça doit être moins marrant… mais toi, rien ne t’arrête.

Est-ce que rien ne m’arrête ? Je ne sais pas. Pour la Colombie, j’allais voir un ami qui travaillait là-bas. J’essaie de dire que ce n’est pas si dangereux que ça, si tu fais attention. À l’époque, certes, c’était le pays où il y avait le plus d’homicides, mais ce n’est pas non plus un pays en guerre, donc c’était praticable. Si tu ne traînes pas dans les quartiers chauds la nuit, tu t’en sors. Après, quand tu aimes voyager, il ne faut pas être timoré. Et puis, il est bon d’avoir le frisson parfois. Se demander si c’est raisonnable d’aller dans un pays, ça fait aussi partie du plaisir de s’y rendre.

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Tu as besoin d’adrénaline ?

Le voyage, c’est aussi l’adrénaline de la découverte chaque jour d’un nouvel endroit, ce qui ne veut pas nécessairement dire « prise de risque ». Je ne suis ni un casse-cou, ni un aventurier. D’ailleurs, c’est aussi pour ça que j’ai appelé ce bouquin Touriste. C’était une forme d’humilité. Je voulais faire un livre de voyage, je me suis dit que je n’étais pas un explorateur, pas un aventurier, pas correspondant de guerre, alors je suis quoi ? Bon, ben touriste quoi ! Pour moi, le touriste au singulier du titre, c’est le narrateur.

Mais, c’est évidemment un peu ironique Julien.

L’ironie, c’est un peu ma façon de voir et de décrire le monde. Je l’applique aux autres, je l’applique au narrateur et à moi-même.

Tu n’as rien contre les vrais touristes, même si tu en as raillé quelques-uns dans Touriste.

J’ai un peu grossi le trait pour faire des situations que je raconte quelque chose de drôle. Je dis bien que chacun voyage comme il veut. Je n’ai de mépris pour aucune forme de tourisme. Je ne fais jamais la leçon à quiconque. Si monsieur et madame machin veulent aller en club vacances à Djerba pour se reposer le cerveau au soleil, je ne vois pas au nom de quoi je critiquerais ça. Ce n’est évidemment pas mon truc, mais je respecte ce genre de souhait.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTa méthode de découverte quand tu vas dans un pays, c’est le pifomètre. Tu vas quelque part au gré des hasards et des rencontres.

Ça dépend. C’est un mélange d’improvisation et de préparation, en fait. Pour les deux livres, la démarche est différente. Pour Paradis [avant liquidation], je suis parti dans un pays en sachant que j’allais écrire un livre dessus. C’était un acte délibéré, volontaire, prévu. Je savais que c’était un travail compliqué, donc j’ai fait un travail  de journaliste avant de partir. J’ai enquêté, je me suis documenté, j’ai pris des contacts en amont, j’ai pris des rendez-vous. En gros, je suis allé en reportage. Touriste, c’est une compilation des différents voyages que j’ai faits au fil des années. Il y avait des voyages qui étaient à but professionnel, d’autres à but personnel. Quand je voyage tout seul, je pars avec mon sac à dos, un peu à l’improviste. Souvent j’arrive dans un pays, je n’ai pas réservé de chambre d’hôtel pour le soir et puis « on verra bien ». Le côté « on verra bien ce qu’il va se passer » est souvent déclencheur de nombreux évènements.

Ce n’est pas inconséquent, voire dangereux d’agir ainsi ?

Il faut être ouvert à toutes les possibilités en tout cas. Quand je voyage, je veux qu’il m’arrive des trucs, comme ça, accessoirement, je peux les raconter dans des bouquins, et puis surtout les vivre. Il faut avoir envie de découvrir des choses que tu ne connais pas. Le moteur, c’est évidemment la curiosité. C’est un cliché de chez cliché, mais en voyage, tu t’enrichis au contact de l’autre.

Quand tu vis des trucs pas très sympas, je suis sûr que tu te dis « ce n’est pas grave, je vais pouvoir le raconter dans un livre ».

Exactement. Ça m’arrive souvent. Dans le voyage, il y a le plaisir de vivre au premier degré le truc et aussi le plaisir de le raconter. Il y en a qui font une soirée diapo, moi je fais des livres. L’envie de partager avec tes amis ou le lecteur participe beaucoup au fait d’aimer voyager.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTu as souvent écrit des livres burlesques, mais comme ces deux derniers sont ancrés dans la réalité, ils me touchent plus.

Dans Comment devenir un dieu vivant, on voyait bien que c’était fou fou, qu’on n’était plus dans le réel. Il était impossible de s’identifier, de s’imaginer à la place du narrateur. Dans Touriste, si. J’ai reçu pour ce livre des tas de témoignages de personnes qui m’ont dit qu’ils avaient vécu quasiment les mêmes situations, les mêmes aventures. Moi, ça me fait plaisir que le lecteur s’identifie. Je vais rester dans ce genre de livre un long moment parce que ça créé du lien avec les gens. J’écris aussi pour cela.

Parlons du petit dernier, Paradis [avant liquidation]. Ce n’est donc pas du tout la même démarche que pour Touriste.

C’est à peu près la même personne, le même narrateur. Dans Touriste, c’est quelqu’un qui est très proche de moi, dans Paradis [avant liquidation], c’est moi à 100%. Je te le disais tout à l’heure, c’est le même principe de voyage et de découverte, sauf que cette fois-ci, c’est dans un but précis, sérieux, rigoureux et journalistique… mais en ajoutant un style et un ton pour rendre l’enquête littéraire.

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

J’ai vu passer cette dépêche AFP et j’ai trouvé que c’était complètement dingue. Un pays qui envisage sa propre disparition physique, c’est du jamais vu ! Ça m’a trotté dans la tête et je me suis organisé pour aller dans la République des Kiribati. Ce n’était pas simple. C’est loin, c’est cher, il faut se dégager du temps. Et je ne le regrette pas!

Tu es parti combien de temps ?

Six semaines.

Les habitants étaient un peu méfiants parce qu’ils ont vu passer d’autres journalistes. Ils étaient comment avec toi ?

La plupart m’ont ouvert leur porte très gentiment.

Ils sont « très serviables, mais pas efficaces », je te cite.

Ils mettent du cœur à tenter de te rendre service, mais ils n’y parviennent jamais.

Sur un planisphère, ce pays est à peine visible à l’œil nu. Sa surface terrestre ne couvrejulien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandor même pas celle d’un département français, mais on pourrait faire rentrer l’Inde dans son espace maritime. La République des Kiribati est à la fois un des plus petits et un des plus grands pays. Une aberration géographique à laquelle tu n’as pas pu résister.

Ça a fasciné mon côté malade de la géo. C’est un endroit unique au monde pour toutes les raisons évoquées tout à l’heure. Il était impossible pour moi de faire l’impasse sur ce pays.

Tu dis que choisir de faire cette enquête est un mauvais choix stratégique. Difficile de trouver moins branchés que les Kiribati.

Je pensais vraiment ça. Choisir le changement climatique comme thème de livre n’était à priori pas non plus une idée fédératrice. Ce n’est pas un sujet très sexy. Moi-même, avant de me pencher en détail sur le sujet parce que j’allais le traiter dans ce bouquin, ça ne me passionnait pas des masses. Les thématiques écologiques ne passionnent pas les foules, il faut le reconnaître.

Il y a des moments sérieux et rigoureux et puis parfois, ça part en live, ce qui est plutôt ta marque de fabrique. Il y a un doux mélange des deux.

Moi, j’aime écrire des livres informatifs et plaisants. Je ne veux surtout pas être dans le pédagogique et le pontifiant. Là, le but était de faire un portrait d’un pays.  Donc, pour le comprendre, puisque personne ne le connait, il fallait des données précises. Il faut donner de l’info, donc toute la difficulté de l’exercice était que ce livre ne fasse pas article de journal, essai ou thèse. Dans des chapitres courts, j’ai sélectionné les informations pour qu’elles soient digérables sans être ennuyeuses.

Habituellement, les catastrophes naturelles sont soudaines et violentes. Les Kiribati, eux,  expérimentent la catastrophe au ralenti.

On ne trouve ce phénomène que là-bas. Mine de rien, ce petit pays que personne ne connait à plein de caractéristiques uniques qui font une bonne trame littéraire pour écrire un livre.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorTu mets en scène le narrateur et ça, j’adore !

Il faut toujours trouver l’équilibre et la distance que tu prends avec ton sujet. Je me mets en scène quand ça peut être rigolo ou que ça explique les conditions du reportage, donc que ça permet de comprendre aussi le pays.

Est-ce qu’il t’arrive de te demander ce que tu fous là ?

Je me régale du « qu’est-ce que je fous là ? » Plus la situation est incongrue, plus je me dis que c’est absurde d’être là, plus j’ai une jouissance à ça. Encore une fois, je jubile, car je sais que je vais pouvoir écrire des pages intéressantes pour un livre.

Pourrais-tu vivre sans voyage ?

Je ne pourrais absolument pas rester à Paris tout le temps. Je deviendrais fou. J’ai besoin de mon espace, d’horizons nouveaux, de liberté, d’ouverture. J’estime que j’ai une chance folle de pouvoir faire ça, dans d’assez bonnes conditions en plus.

Julien Blanc-Gras, finalement, c’est un écrivain voyageur ?

Ça me va. Je voyage et j’écris des livres de voyage. Je trouve ça cool comme terme. Je lis aussi parfois, « écrivain globe-trotter ». Mais, je me considère avant tout journaliste.

Tu te sens écrivain quand même ?

Oui, par la force des choses. Je publie des livres et les gens m’appellent comme ça. Mes deux métiers de journaliste et d’auteur, plus le temps passe et plus ils se croisent et se rejoignent. Notamment dans Paradis [avant liquidation].

Paradis [avant liquidation] et Touriste ont nettement mieux marché que tes précédents livres…et ils ont obtenu beaucoup de presses,  j’imagine que tu es ravi.

Ça fait super plaisir. Si tu écris, c’est pour être lu. Il ne faut pas faire attention à ça, mais je n’y suis pas insensible.

Je te connais, tu es loin d’avoir un ego surdimensionné, mais est-ce que ça touche l’ego quand même ?

Évidemment. Il faut de l’ego pour écrire, quand même. Juste, il faut trouver l’équilibre délicat entre mégalomanie et humilité.

julien blanc-gras,touriste,paradis avant liquidation,interview,mandorQuand tu interviewes Bret Easton Ellis, comme tu viens de le faire pour Le Monde (à lire ici), tu te sens encore romancier ?

Pour le coup, je suis dans ma peau de journaliste du Monde qui va interviewer un écrivain. C’est moi qui pose les questions. Je ne mélange pas les genres dans cet exercice.

Il savait que tu écrivais ?

À la fin de l’interview, on a bu un verre, on a diné… c’était un peu plus informel, donc je lui ai dit que j’écrivais des livres. Je crois qu’il n’en avait rien à foutre (rires).

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Après l'interview, le 27 août 2013.

A lire, un article très intéressant publié sur le site Rue89, la semaine dernière.

La page Facebook du livre Paradis [avant liquidation].

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