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30 septembre 2013

Elsa Kopf : interview pour Marvelously Dangerous

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C’est le génial et prolifique Pierre Faa (tête pensante du trio pop Peppermoon) qui m’a parlé pour la première fois d’Elsa Kopf (il a très largement participé à l’élaboration de son deuxième album). Quand j’ai reçu Marvelously Dangerous, j’ai immédiatement été séduit. La jeune femme a un nom à consonance germanique pour une voix cristalline et des mélodies du sud. Elsa chante des amours espiègles et ensoleillés... Le 15 juillet dernier (quoi je suis en retard ???), Elsa Kopf est venue à l’agence…

Biographie officielle :

En 2011, elle nous a conté les plus belles de ses joies acoustiques dans un délicieux album, au croisement de la folk et du jazz. Elsa Kopf revient avec « Marvelously Dangerous », onze chansons nées dans le salon-studio de son ami de toujours, Pierre Faa. Voilà dix ans qu’elle fréquente l’architecte du trio Peppermoon avec l’envie réciproque d’écrire des chansons puis d’enregistrer.

elsa kopf,marvellously dangerous,interview,mandor,pierre faaOn connaissait Elsa Kopf pour la richesse de ses mélodies et de ses rythmes – conjuguant le swing, la bossa et le jazz – mais surtout pour la délicatesse de son timbre de voix. On retrouve toutes ces qualités dans les arrangements de Pierre Faa, qui les souligne de subtiles broderies digitales : claviers, boucles, échos, delays... 

Elsa chante en anglais, en français et en espagnol. Des langues qui l’ont accompagnée tout au long de sa vie, de Strasbourg où elle est née, à l’Argentine et l’Espagne où elle a vécu et retourne régulièrement. Trois palettes de vocabulaire et de sonorités dont elle se sert spontanément, sur lesquelles son timbre déploie toutes ses nuances. En bref, Marvelously Dangerous est un splendide herbier d’histoires nostalgiques et impertinentes, servies par des mélodies entêtantes.

Voici un medley de l'album, histoire que vous vous fassiez une idée...

elsa kopf,marvellously dangerous,interview,mandor,pierre faaInterview :

Comment as-tu débuté ?

Dès l’âge de 4 ans, j’ai souhaité devenir chanteuse. Ma mère, Joëlle Kopf, est parolière. Elle a notamment écrit dans les années 80 un tube qui s’appelle « Femme libérée » pour Cookie Dingler. C’était d’ailleurs le voisin du dessous et souvent, il y avait des fêtes avec plein de musiciens qui jouaient du piano, faisaient des bœufs dans une ambiance incroyable. J’ai vraiment grandi dans une ambiance de musique et ça m’a donné des idées très précises sur ce que je voulais devenir. Mon émission préférée était L’École des Fans et je me voyais y participer. C’était mon rêve, mon fantasme absolu (rires).

Une mère parolière, certes, mais pas musicienne.

Si. En fait, elle a fait des très belles chansons et elle ne les a jamais sorties. C’est dommage parce qu’à l’époque, pour sortir des chansons, il fallait avoir un label, des musiciens, payer des maquettes… enfin, c’était encore très compliqué. Et puis elle venait d’avoir deux enfants, elle vivait à Strasbourg, bref, elle n’avait pas tout pour faire avancer les projets. Elle a donc lâché le truc pour rester uniquement parolière. C’est moi qui continue à sa place…

Ta mère t’a incité à faire de la musique ?

Elle m’a inscrit à des cours de piano, mais ça ne me plaisait pas vraiment. Je n’avais pas non plus une voix très bien placée, donc je chantais très mal. À 15 ans, j’ai commencé en même temps la guitare et l’écriture de chansons. Dès que j’ai su faire deux accords, j’ai fait ma première chanson. Ensuite, je me suis écrit un répertoire.

Que pense ta mère de ce que tu fais ?

Elle aime beaucoup. Elle est ma plus grande fan, en toute objectivité évidemment (rires). On travaille parfois ensemble. On se met mutuellement sur des projets, parfois on écrit des chansons ensemble pour d’autres gens.

À un moment, tu es partie à Paris. Pour y faire quoi?elsa kopf,marvellously dangerous,interview,mandor,pierre faa

J’ai commencé à faire une école de musique tout en travaillant à côté. Un jour, j’ai rencontré un chéri qui était Argentin. Je suis donc partie avec lui en Espagne et en Argentine. J’ai fait mes petites expériences et je suis revenue en 2005. J’ai commencé à travailler sur mon premier album, Acoustic Joys et j’ai eu tellement de galères qu’il n’est sorti qu’en 2011.

La passion pour la musique argentine te vient d’où ?

Mon beau-père est argentin et depuis que j’ai 10 ans, je passe tous mes étés en Espagne. Donc, j’ai grandi avec Astrud Gilberto et  toute la musique sud-américaine. Ce sont de très beaux souvenirs d’enfance.

Du coup, tu refuses de choisir parmi dans toutes tes cultures.

Mon père est allemand, je chante donc aussi dans cette langue. Chaque langue a une certaine manière d’être appréhendée. C’est très intéressant.

Pierre Faa a écrit toutes les chansons en langue française et toi le reste.

On avait depuis longtemps fait des chansons avec Pierre et ce disque était l’occasion de pouvoir en faire quelque chose. J’écris aussi en Français, mais j’adore les textes de Pierre, alors je lui ai laissé la place. Ses chansons méritaient d’exister.

Clip de "Des enfants insolents".

elsa kopf,marvellously dangerous,interview,mandor,pierre faaRaconte-moi votre rencontre.

Il y a très longtemps on m’a parlé de lui en me disant qu’il fallait que je le rencontre. On s’est donc donné rendez-vous, on a bu un thé ensemble et on a discuté musique. On s’est beaucoup apprécié, puis je suis partie en Espagne faire ma petite vie. Quand je suis revenue en 2006, il y a eu MySpace. On avait chacun un pseudo, mais sans  savoir que l’un était l’autre, on s’est contacté tant nos univers respectifs nous plaisait. On était fait pour se rencontrer vraiment.

Pierre est une espèce d’alter ego ?

Ce serait prétentieux de dire ça. Il a une culture et une curiosité que je lui envie. Il me fait toujours découvrir des trucs incroyables. Des humoristes, des séries, des restaurants, des galeries d’art, des artistes… à chaque fois, il tombe dans le mille. Je m’inspire de lui, parce que c’est un bosseur, il fait tout tout seul. Il bosse beaucoup et est très indépendant… et ça j’aime bien.

Comment appelles-tu la musique que tu fais ?

De la folktronica. C’est un peu de la folk, mais avec de l’électronique.

Qui dirige qui ?

Personne. On fait ensemble. Quand je ne sais pas, c’est plus lui. En tout cas, il fait superbement ce que je déteste faire moi-même: le traitement sonore, la prise de son. Pour moi c’est de l’astrophysique et des mathématiques mis au milieu d’émotion, de rêverie et de poésie. Je le bénis parce qu’il a la méticulosité que j’aimerais avoir.

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Il parait que vocalement, tu n’es jamais contente. C’est vrai ?

Tout à fait vrai. Je dis toujours à Pierre qu’il faut refaire. Il ne m’a permis que trois prises par chanson. Mais, je me dis toujours quand je sors de studio que j’aurais pu mieux faire.

Il y a un moment où pourtant tu aimais bien ta voix…

J’aimais bien ma voix quand je faisais une voix mystérieuse de chanteuse sensuelle, mais quand je chantais des chansons pour toute la famille et devant tout le monde, j’avais une voix très haut perchée, voire de crécelle. Du coup, j’ai pris des cours de chant avec un grand ténor, qui d’ailleurs joue l’arbre qui chante dans le film Intouchables, Fabrice Mantegna. C’est le meilleur prof que l’on puisse avoir. On a fait un coaching intensif ensemble pendant 6 mois.

Tu dis beaucoup de choses dans tes chansons. Elles ne sont pas moralisatrices, encore moins démagos. Ouf !

Merci de le comprendre comme ça. Qui suis-je pour faire la morale ? Si ça peut se faire poser des questions aux gens, c’est très bien.

Mais la majorité des chansons sont des chansons d’amour poético-sarcastiques. Ça te va comme définition ?

C’est tout à fait ça. Je suis une fille assez fleur bleue et une éternelle incurable romantique. Mais il y a dans l’album des chansons un peu plus noires.

Clip de "Sugar Roses".

Est-ce que tes chansons te ressemblent ?elsa kopf,marvellously dangerous,interview,mandor,pierre faa

C’est complètement moi. C’est ma vie que j’essaie de mettre en beauté. Ce qui est bien avec la musique et avec les différents arts, c’est que toutes les galères qu’un artiste traverse deviennent des cadeaux. On peut en faire quelque chose. Le pire pour un artiste, c’est qu’il ne lui arrive rien.

Un artiste se met à nu. C’est compliqué parfois de se dévoiler devant des inconnus ?

Dans l’album, il y a certaines chansons que j’ai écrites et que je ne pensais pas mettre. Du coup, je me suis dévoilée à 100%. Par exemple, il y en a une que j’ai écrite pour dire à quelqu’un que je l’aimais, parce que je n’arrivais pas à lui dire en vrai. Maintenant que le disque est sorti, il va l’entendre… parfois, on se met dans des situations… Mais, évidemment, aujourd’hui, j’assume.

Il va falloir les chanter sur scène maintenant.

J’adore la scène. Bon, quand il y a de gros enjeux, je suis un peu traqueuse. J’ai horreur du moment avant de rentrer sur scène. Je me demande ce que je fais là. Après ça va.

C’est quoi, pour toi, le critère d’une bonne chanson ?

C’est si la chanson me reste dans la tête. Je me dis que si elle reste dans ma tête, elle restera dans la tête des autres personnes. Si elles ne passent pas le cap de me séduire moi pendant quelques jours, je la mets de côté ou je la retravaille ou je la laisse dormir quelques années.

C’est un album que vous avez financé sur un site participatif.

Je ne pensais pas du tout à ce système de financement au départ. C’est Pierre Faa qui m’a convaincue de la faire en participatif. Moi, je me disais que personne n’allait mettre de sous sur moi. On a présenté notre projet avec amour et on a récolté un peu plus de 5000 euros, ce dont nous avions besoin pour boucler le projet.

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Après l'interview...

Commentaires

voici une petite interview d' Elsa... bonne lecture

Écrit par : Jas | 01 février 2014

Les commentaires sont fermés.