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09 septembre 2013

Stéphane Haumant : interview pour Le jugement dernier

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Dans son premier thriller, Le Jugement dernier : l'énigme du Codex Lucis, le journaliste Stéphane Haumant (que les abonnés de Canal+ connaissent bien puisqu’il est le présentateur/producteur de Spéciale Investigation) entraîne le lecteur sur la piste d'un manuscrit Cathare qui annoncerait l'Apocalypse. Il raconte également, avec une plume alerte et précise, l’enquête d’un policier Américain et d’un journaliste Français qui se lancent à la recherche des coupables d’une série d'attentats ayant ensanglanté le Brésil, les États-Unis, puis le Japon.

Un très bon premier roman (1er du longue série ?).

Stéphane Haumant est passé me voir à l’agence le 19 juillet dernier…(Merci à Gilles Paris).

stéphane haumant,le jugement dernier,interview,mandor4e de couverture :

Des bombes sèment la terreur au Brésil, aux États-Unis, au Japon, en Inde. Pas des bombes ordinaires, mais celles du « Jugement dernier », des engins miniaturisés d'une effroyable efficacité ! Qui se cache derrière ces attentats et pourquoi sont-ils commis, causant des milliers de morts ?
Un policier américain et un journaliste français se lancent sur la piste des mystérieux coupables qui ne formulent aucune revendication.
Comment imaginer qu'ils devront remonter à un texte apocalyptique, le Codex Lucis des Cathares, pour identifier la source d'un complot vieux de neuf siècles et posant une question cruciale : l'humanité a-t-elle un avenir ?

L’auteur : 

Grand reporter, journaliste d'investigation, Stéphane Haumant est producteur de l'émission spéciale Investigation sur Canal +. Le Jugement dernier : l'énigme du Codex Lucis est son premier roman.

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Interview :

En lisant Le jugement dernier, on sent la patte du journaliste qui a fréquenté le terrain pendant des années. On voyage beaucoup dans ce roman.

Pendant une quinzaine d’années, j’ai été reporter donc je suis allé dans la plupart des pays que j’évoque pour y bosser. Je me suis effectivement inspiré de plein de souvenirs et d’anecdotes que j’ai vécues quand je suis allé dans ces pays. Je parle du Japon, du Brésil, de la Russie et de la plupart des pays d’Europe…

Quand on est journaliste, on a un style d’écriture bien particulier. On se doit d’être clair et concis. Dans un roman, il faut ça, plus du style. Le vôtre est-il venu naturellement ?

C’est totalement intuitif et empirique. J’avais une idée d’histoire en tête et je l’ai écrite sans me poser trop de questions. J’ai écrit spontanément dans un style peut-être un peu journalistique et sec, mais moi, ça me convenait bien. Je trouvais même que c’était cohérent avec ce que je voulais faire en termes de rythme et d’efficacité.

stéphane haumant,le jugement dernier,interview,mandorDu coup, il n’y a pas de fioritures. On ne s’ennuie jamais.

Je voulais écrire un livre comme on regarde un film d’action américain, que cela aille vite et rebondisse sans arrêt. Mais, je souhaitais aussi que derrière toute cette énergie, il y ait matière à réflexion. Je ne voulais pas de longues introspections de mes personnages, mais qu’ils n’existent que par ce qu’ils font. À travers ce qu’ils font, on comprend qui ils sont.

C’est un roman d’anticipation, dont l’action se situe dans 25 ans. Le monde que vous avez inventé ressemble tout de même au monde d’aujourd’hui.

Quand j’étais enfant, j’imaginais qu’en l’an 2000, il y aurait des voitures qui volent, que l’on vivrait dans des combinaisons en aluminium et qu’on mangerait des pilules. Finalement, 35 ans après, le monde est assez proche, à part quelques outils technologiques qui ont révolutionné nos vies. Donc je me dis que dans 25 ou 30 ans, la vie ne sera pas forcément très différente d’aujourd’hui et les angoisses des hommes seront probablement les mêmes.

Les questions existentielles de l’Homme restent les mêmes, vous avez raison.

Qu’est-ce que la liberté ? Comment doit-on organiser la société ? Les questions sur la vie, la mort… toutes ces questions n’ont pas changé et seront encore là dans 40 ans.

Je trouve ça intéressant de lire le livre d’un journaliste. Dans ce métier, il faut vérifier ses informations, être rigoureux, ne rien inventer…  alors que lorsque l’on est écrivain, rien de tout cela n’est obligatoire. Au contraire, c’est l’imagination, l’invention, la fantaisie qui priment.

99% de ce que je raconte dans ce livre est authentique. Après, le romancier que je suis a fait rentrer 1% de fantaisie et d’imagination, a tordu un peu le réel à la marge. Mais tordre à la marge permet d’inventer des choses totalement plausibles, qui pourtant n’ont pas existé. Je voulais que le lecteur, à chaque page, se demande si telle ou telle chose est vraie ou pas. J’ai voulu créer un jeu sur le vrai et le faux entre l’actualité et l’histoire.

Vous vous êtes amusé à écrire ?

Honnêtement, je pensais écrire ce livre en 3, 4 mois et ça m’a pris plutôt trois ans. J’ai découvert que le métier d’écrivain était un vrai métier et que c’était difficile. J’ai construit une sorte de puzzle. Ce n’est pas simple un puzzle. On place, on retire, on recommence, on hésite… Tout ça prend du temps, mais  une fois que le puzzle est fini, on est content.

Stéphane Haumant/Dan Brown, même combat ?stéphane haumant,le jugement dernier,interview,mandor

Il y a l’idée d’un grand complot qui régirait le monde. Dan Brown n’est pas le seul à l’avoir imaginé. C’est lui qui a fait le plus gros succès, mais il y a pléthore de livres avant lui et après lui sur ce sujet.

Croyez-vous à un complot mondial ?

Moi, pas du tout. Qu’il y ait des sociétés secrètes qui fassent du lobbying, qui travaillent, qui influencent, ça, il y en a un paquet, dont la plus célèbre est la Franc-maçonnerie. Après, qu’elles dirigent le monde, je n’y crois pas du tout. En revanche, ce qui me frappe, c’est que depuis 10 ou 15 ans, cette croyance-là est devenue une sorte de religion à part entière. À côté du catholicisme, du protestantisme, aujourd’hui il y a la théorie du complot qui mobilise quand même des dizaines de millions de gens. C’est une religion informelle qui n’a pas de gourou, mais qui, quand même, donne à tout un tas de gens, une grille de lecture du monde. Ca m’intéressait d’utiliser cette grille de lecture et de la confronter à d’autres, plus politiques, plus religieuses. Comme plus personne ne croit aux institutions, ni aux hommes politiques, on imagine qu’il y a quelque part des organisations secrètes qui changent le monde.  

Avec votre livre, vous confortez la théorie du complot, non ?

Déjà, on peut se dire que cette histoire se passe dans l’avenir, donc elle ne cherche pas à expliquer le présent.

Mais permettez-moi de vous dire qu’en vous lisant, on oublie un peu que l’action se situe dans 25 ans.

Oui, je sais. Alors, soit on peut se dire que mon livre est la preuve que la théorie du complot est vraie. Un peu comme a fait Dan Brown qui avait donné la clef de l’énigme de l’humanité à travers Jésus et la Bible. J’ai surtout voulu démontrer qu’avec un peu d’imagination et un peu de persuasion, on peut inventer tous les complots que l’on veut. Et qu’avec la théorie du complot, ce qu’il y a de formidable, c’est que l’on peut tout expliquer.

stéphane haumant,le jugement dernier,interview,mandorVous parlez du Trésor des Cathares. Le fameux trésor est en fait  un livre, le Codex Lucis (le livre de la lumière) qui révèle le secret des origines de l’homme. Rien que cela !

Tout ce que j’évoque dans ce livre à ce sujet sont des thèses, des hypothèses. Celles qui existent ne sont pas plus crédibles que celle que je rajoute. L’imaginaire de l’homme se nourrit de ces mystères historiques qu’il tourne dans tous les sens pour essayer de comprendre ce qui se cache en dessous. Je m’en suis servi et je me suis amusé avec.

Vous mettez en scène un journaliste français et un flic du FBI qui enquêtent chacun de leur côté sur la même affaire et qui finiront par se rejoindre. Journaliste et policier, c’est un peu le même métier finalement.

Ce sont les deux faces d’un même métier en tout cas. Les deux enquêtent, les deux cherchent la vérité, mais pas pour les mêmes raisons.Ca m’amusait de les mettre en parallèle parce que ce sont des professions qui se côtoient, mais qui travaillent de façon différente. Le journaliste est sur le terrain, il rencontre des gens. Il fait son enquête un peu au ras des pâquerettes. Le flic, lui, a accès à des documents officiels, des réunions importantes à la Maison Blanche par exemple. Eux aussi sont à deux niveaux de lecture du monde et de collecte d’indices très différents, mais ils vont parvenir au même point d’arrivée. Les journalistes ont une liberté d’action qui fait qu’ils trouvent des choses que les flics ne trouvent pas forcément.

Le flic Balthazar est un peu rentre-dedans quand même. Il n’attend pas toujours les autorisations officielles…

Il y a des gens qui sont mus par une espèce d’énergie qui, dans la quête de la vérité, peut devenir un peu extrême. Sur certaines enquêtes un peu exceptionnelles, on peut aller très loin et donc se bruler les ailes. Cette enquête-là ne pouvait se mener en respectant toutes les règles. Pour un journaliste, c’est un peu une seconde nature de louvoyer avec les règles, c’est plus rare du côté des institutions. Il arrive que des flics ou des juges aussi sortent des cadres et des règles du jeu juridiques parce qu’ils pensent que c’est la seule façon de toucher la vérité après  laquelle ils courent parfois depuis des années.

Vous-même, avez-vous pris beaucoup de risques professionnels ? Je parle d’avant la présentation de Spéciale Investigation ?

Je n’ai jamais été reporter de guerre, donc je me suis très rarement retrouvé dans des situations où ma sécurité physique était en jeu. Après, de ne pas tout à fait respecter les consignes étiquetées par les autorités ici ou là, c’est fréquent et ça fait partie du jeu. Si on veut sortir des infos et avoir un discours qui ne soit pas un discours officiel, on est obligé en permanence de sortir des cadres. Par nature, notre métier exige que nous soyons tous des francs tireurs.

stéphane haumant,le jugement dernier,interview,mandorVous n’êtes aujourd’hui plus sur le terrain. Vous présentez et dirigez Spéciale Investigation… c’est autre chose comme vie.

Je créé une ligne éditoriale. On reçoit beaucoup de projets, il faut en garder 40 par an, les accompagner… En gros, mon équipe et moi choisissons les sujets, on les initie, on peut intervenir en cours de tournage, on aide le journaliste à mettre en forme de la façon la plus efficace, pédagogue, claire et en même temps la plus haletante possible s’il éprouve des difficultés. À la fin, c’est un travail collectif et on essaie de faire accoucher le mieux possible le bébé. Une enquête c’est une matière assez complexe à mettre en forme. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte.

Avec ce livre, vous vous faites interviewer. Soudain, vous êtes de l’autre côté de la barrière…

C’est plus difficile pour moi de parler de mon livre que de parler de l’émission. Parler de l’émission, c’est parler de films faits par d’autres. J’y mets une certaine distance. Je suis à l’aise sur les problématiques liées à mon métier. Parle du livre, c’est parler un peu de soi. C’est moins facile, mais je me lance quand même.

Il y a aura une suite à ce livre?

Oui, je l’écris en ce moment. L’histoire de ce livre se clôt, mais elle peut se rouvrir. J’ai des personnages secondaires qui pourraient avoir des rôles plus importants dans le second.

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