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24 juin 2013

Sophie Maurin : interview pour la sortie de son album eponyme

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« Une cascade de notes qui s’épanche en un ruissellement d’arpèges, un piano ragtime, l’humeur bluesy d’un violoncelle, une voix féminine libre comme l’air qui fait le mur, vocalise, croise l’anglais et le français… » Ainsi est présenté le premier album de Sophie Maurin. L’impression de facilité, de légèreté, qui se dégage de ses chansons est pourtant trompeuse. Elle a minutieusement échafaudé ses arrangements, structuré son projet en soignant le moindre détail : toypiano, kalimba, clarinette, percussions en tous genres, ainsi qu’une splendide section de cuivres, swinguent ensemble ou séparément. La force de la chanteuse-pianiste est d’avoir réussi à rassembler un grand nombre de titres forts avec les auteurs et compositeurs qui l’accompagnent. Sophie Maurin redonne ses lettres de noblesse au terme de "pop". Pas de doute,  elle est promise à un grand avenir.

Ce soir la jeune femme se produira aux Trois Baudets dans le cadre des soirées KLAXON. L’occasion idéale de la découvrir.

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Sophie Maurin est venue à l’agence le 28 mai dernier. Un moment sympathique avec l’une des plus belles découvertes de la chanson française de cette année…

Interview :

Outre auteur-compositeur interprète, tu es aussi architecte.

J’ai réussi à jongler entre la musique et l’archi jusqu’à ma signature en maison de disque. Quand ça a commencé à se professionnaliser, je n’ai plus eu le temps de faire autre chose.

Mais, à la base, tu es spécialisée dans l’architecture de l’urgence.

Oui, je suis spécialisée dans tout ce qui lié aux risques parasismiques, inondations. C’est dans l’humanitaire. J’ai travaillé sur des camps de réfugiés en fait. C’est marrant que tu parles d’architecture…

Parce que cette activité se ressent énormément dans la structure de tes chansons.

On a réalisé cet album à trois avec Florent Livet et Jérémy Verlet et ils étaient très étonnés par ça. Je suis très distraite, mais j’ai un esprit très carré qui est certainement dû à mes études d’architecture. J’avais toujours besoin de noter tout ce que je voulais, quand je le voulais.

Clip officiel de "Far Away".

Dans chacune de tes chansons, rien n’est linéaire. Comme quand on voit un immeuble un peu bizarre, mais qui tient bien sur ses fondations.

Ça me plait bien comme comparaison.

Quand ta vie s’est-elle tournée à 100% vers la musique ?

J’ai eu la chance de commencer les cours de piano à l’âge de 6 ans. Avant cela, j’avais fait de l’éveil musical à la maternelle. Tu vois que ce n’est pas nouveau. J’ai appris les mots en même temps que les notes. Le piano, j’aimais beaucoup ça, en revanche les partitions beaucoup moins. Je n’étais pas très douée pour être honnête. Je n’aimais pas cela. Ce qui me permettait chaque année de passer dans la classe supérieure, c’était la lecture chantée. C’est quelque chose qui me plaisait et mes profs l’avaient remarqué. Ils m’ont proposé d’être l’accompagnatrice au piano de la chorale de mon école de musique, qui par la suite est devenue un conservatoire. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à faire du piano, chanter en même temps et prendre goût à ce jeu simultané entre le piano et la voix. C’est à ce moment-là aussi que j’ai commencé à composer et que mon goût pour la chanson s’est affirmé.

Quand tu as appris la musique, les codes t’ennuyaient.

Oui, mais il y a des morceaux sur lesquels très vite, tu pouvais te faire plaisir. Je voyais l’aspect ludique et je n’étais pas du tout travailleuse. Parfois, j’avais la partition sous les yeux, mais je faisais semblant de lire les notes, alors que c’est  à l’oreille que je recherchais les mélodies. J’ai eu la chance d’avoir un super prof qui m’a permis de faire du classique, mais aussi du boogie, du blues, des ragtimes parce que j’aimais beaucoup ça. 

Ton père, lui, était fan des Beatles. Il t’a transmis cette « passion ».

Il m’avait acheté toutes les partitions de John Lennon pour le piano, je travaillais donc aussi ça en même temps que le reste. La musique classique, elle n’a jamais été toute seule. Pour moi, il y avait un lien entre toutes les musiques.

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J’ai l’impression que tu t’es toujours sentie comme un poisson dans l’eau dès que tu jouais de la musique.

En fait, les premières années, j’avais une prof qui était assez méchante, du coup, ça me plaisait de jouer, mais je n’allais pas aux cours avec plaisir. À un moment, elle a quitté la direction de l’école de musique, dont elle était la directrice, et en CE2 ou CM1, je me suis retrouvée avec un nouveau prof et à partir de ce moment, il y a eu un déclic en moi. Il m’a fait confiance. Il m’a tout de suite fait faire des concerts, m’a fait passer des examens de fin d’année. Il m’a vraiment mis en avant et c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience et confiance du bonheur que j’éprouvais en faisant du piano. Vraiment, je le remercie encore une fois.

Après les études officielles, il se passe quoi pour toi ?

Je suis originaire du Var, en Provence. Après le bac, je suis venue à Paris, à la fois pour la musique et pour mes études. Pour gagner de l’argent et un peu pour m’amuser, je faisais des pianos-bars. Je jouais des reprises et des classiques, mais j’intégrais au milieu quelques compos personnelles. Mes premiers concerts avec uniquement mes chansons datent de 2008. Au départ, j’étais en formule piano voix, puis ensuite, j’ai été rejointe par une violoncelliste avec laquelle je faisais mes études et un percussionniste. En 2010, j’ai passé mon diplôme d’archi et dans la foulée, j’ai autoproduit un EP. Un 7 titres. Et c’est à partir de cet EP que les choses ont commencé à devenir sérieuses. J’ai eu des premiers rendez-vous avec des directeurs artistiques, j’ai eu des propositions de contrats d’édition.

À partir du moment où tu commences à constater que les professionnels commencent à s’intéresser à toi, j’imagine que tu commences à hésiter entre l’architecture et la musique.

C’est exactement ça. Cet EP, c’était un peu ma carotte pendant que je passais mon diplôme. Je me disais que si j’arrivais à l’avoir en 6 mois, je me donnerais l’opportunité de réaliser cet EP. Je me disais que si je rentrais dans la vie active en tant qu’architecte, il fallait qu’il me reste une trace de mon travail musical. Pour qu'à 60 ans, je puisse pouvoir réécouter ce que j’ai fait à 20 ans. Je me disais aussi qu'il pouvait tomber dans de bonnes mains, que ça me ferait un support à vendre après les concerts et une belle carte de visite. Au final, il a été un élément déclencheur de belles opportunités et le départ de plein de choses.

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Remise du diplôme Charles Cros " Coup de coeur 2013", le 9 mai 2013 par Alain Fantapié, le Président de l'Académie Charles Cros! (©Francis Vernhet)

Que se passe-t-il dans ta tête quand tu t’aperçois que "la sauce" commence à prendre?

Il y a une petite euphorie. Ça m’a donné confiance en moi. J’ai eu une bourse de la SACEM pour l’auto production, donc je me suis dit que je n’avais pas à rougir de ce que je faisais. Il doit y avoir quelque chose de pas trop mal dans mon travail. Mais, je remarque déjà à quel point tout est éphémère. Parfois, l’équipe avec laquelle je travaille et moi sommes enthousiastes, parfois déçus. Ça oscille d’un jour à l’autre selon les nouvelles que l’on reçoit. J’ai eu la chance de faire un album enregistré dans de bonnes conditions, mais tout reste à faire et je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir vivre de la musique. Je n’attends pas grand-chose parce que j’ai trop peur d’être déçue.

Parlons de ta voix. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle est exceptionnelle…

Je le raconte rarement, mais ma façon de chanter est due à un problème de cordes vocales que j’ai eu plus jeune. Un défaut qui, à moyen terme, allait me faire perdre ma voix. J’avais des cordes vocales qui, quand j’émettais un son, n’étaient pas complètement collées. Il y avait de l’air qui passait entre et qui les usait. J’ai dû faire toute une rééducation qui a duré un an pour apprendre à mieux placer ma voix parlée et chantée. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à chanter différemment de peur de perdre ma voix. J’ai même amplifié, je pense, tout ce que j’ai appris. Je l’exagère un peu, j’en suis certaine. Maintenant, je fais le travail inverse pour avoir du recul par rapport à ça. Si je hache et saccade les mots, je l’avoue aujourd’hui, c’est à cause de ça.  

L’atmosphère de ton disque est plutôt joyeuse, alors que tes textes ne le sont pas.

La majorité de mes chansons sont tristes. Quand je me mets au piano pour écrire ou composer, je suis toujours dans une mauvaise phase. Il y a quelque chose qui me dérange. Je suis triste, je suis dans un mood plutôt désagréable et le but, c’est de se servir de cette émotion pour créer quelque chose qui fait du bien. Au fond, je dois être un peu optimiste.

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Tu as écrit à peu près la moitié des textes.

J’ai de très bons auteurs aussi, je serais stupide de me priver de leur talent. Et, en règle générale, j’ai toujours des tonnes de musique en stock. Je suis moins prolifique au niveau des textes. Ce n’est pas du tout de la prétention, mais je suis plus douée en tant que musicienne qu’en tant qu’auteure. C’est la musique qui m’a amené à chanter. En revanche, le plaisir des mots et du texte, c’est venu beaucoup plus tard.

Je n’ai pas envie de parler de tes chansons. J’aimerais que les gens les découvrent vierges de tout commentaire.

Je trouve ça très bien. Moi parfois, je suis déçue d’en apprendre trop sur les prémices d’une chanson que j’aime. Le but, c’est qu’on puisse avoir plusieurs interprétations de mes textes et qu’on les ressente par rapport à l’état d’esprit qu’on a au moment où on les écoute.

Plus on écoute ton disque, plus on découvre des choses… il faut explorer toutes les différentes strates.

J’aime bien qu’on écoute mes chansons sans y  réfléchir, sans intellectualiser mes propos. Mais, j’aime bien aussi qu’on y revienne pour gratter et découvrir des choses inattendues musicalement, dans les textes et dans les arrangements. J’espère que l’on peut apprécier ce disque sans se prendre la tête, mais aussi en le découvrant intensément.

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Après l'interview...

Bonus: Comme Sophie Maurin vient d'obtenir les 4 clefs de Télérama (et que ça devient rare), je propose l'article de Valérie Lehoux.

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Commentaires

"Album éponyme". Donc la jeune fille s'appelle Sophie Maurin d'après son album, avant elle n'avait pas de nom. --> http://fr.wiktionary.org/wiki/%C3%A9ponyme

Écrit par : John dies at the end | 24 juin 2013

Quelle remarque intéressante! Merci de m'élever vers le haut.

Écrit par : mandor | 24 juin 2013

superbe interview

Écrit par : rdcf | 27 juin 2013

Personnellement, j'adore cette interview :) et je vous remercie de l'avoir publié !
Amélie

Écrit par : Amelie d'orga rachat | 11 octobre 2013

Une artiste que j'adore et bravo pour votre interview, elle est très bien menée

Écrit par : toutou | 21 janvier 2014

Très bonne interview

Écrit par : rachat-credit-entre-particulier.com | 27 janvier 2014

Super interview félicitation !

Écrit par : RCS | 01 mars 2014

Merci pour cette interview très intéressant. C'était un plaisir de le lire :)

Écrit par : choisir son matelas | 26 mars 2014

Vraiment sympa de nous faire partager cette interview !

Écrit par : Gay Marseille | 28 mars 2014

Vraiment très intéressant l'interview. Merci pour ce partage et vivement la prochaine :)

Écrit par : pret immobilier belgique | 01 avril 2014

C'est vraiment un article intéressant. c'était un plaisir de le lire même si c'est peu long ;)

Écrit par : actualités | 03 avril 2014

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Écrit par : rachat de credit hypothecaire | 06 avril 2014

C'était vraiment un très beau spectable

Écrit par : Max | 07 avril 2014

J'ai vraiment apprécié cette interview. Merci pour le partage

Écrit par : Max | 07 avril 2014

Magnifique interview

Écrit par : madagascar | 05 mai 2014

Merci pour le partage de cette interview

Écrit par : Coupette | 05 mai 2014

J'apprécie vraiment le talent de cette artiste et la beauté de sa voix.

Écrit par : Dressing | 06 mai 2014

Bonjour merci pour cette interview :)

Écrit par : htc m8 | 27 mai 2014

J adore vraiment cet artiste. Encore merci pour cet interview.

Écrit par : toutou | 31 août 2014

Les commentaires sont fermés.