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15 juin 2013

Jules : interview pour Le sale gosse

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Je lui ai dit dès son arrivée à l’agence. Cela faisait très longtemps que je n’avais eu un coup de cœur immédiat pour un artiste. Une écoute de Le sale gosse dans son intégralité et hop ! J’ai adhéré à tout. La voix, les textes, ses mélodies d’une redoutable efficacité et une tête à la Docteur House. Difficile de ne pas inviter Jules pour faire sa connaissance. Le 29 mai dernier, l’homme est arrivé et il m’a plu humainement tout aussi rapidement que son œuvre.

Aujourd'hui était le jour idéal pour publier cette chronique. Jules est ce soir au Forum de Vauréal pour un concert exceptionnel où il aura "carte blanche"...

481708_4390482173783_691233095_n.jpgBiographie officielle,  hyper sérieuse et pas du tout drôle (et un peu tronquée, parce que bon, si la bio est plus longue que l’interview, on en sort plus.) :

Quand les filles de l’école se trémoussent sur les tubes pop des 80’s, Jules fume la pipe en se passant les disques de Serge Reggiani, Jacques Brel, Nino Ferrer, Bob Dylan, Renaud ou Goldman. La spirale de la défaite est enclenchée, impossible de faire demi-tour.
En 1988, il enfile une veste en velours et commence la musique avec deux frangins, Sam et Fred, qui deviendront les insupportables Ogres de Barback. Autant dire que ça ne s’arrange pas.

Jules navigue ensuite parmi plusieurs groupes. Il se met au service des autres pour pouvoir acheter du Viagra. Il alterne entre des plateaux télé noir et blanc au piano avec Julio Iglesias, et des sessions de bassiste avec des artistes aussi médiocres que Kent, Jacques Higelin, Bénabar ou Catherine Ringer, dans la variété comme dans le rock alternatif… De pire en pire donc.

Cela aurait pu s’arrêter là si Jules n’avait pas, alors, les deux pires idées de sa vie : Il commence à se couper les poils du nez, alors que, plus tu coupes, plus ça repousse. Mais surtout, il veut écrire ses propres chansons et les défendre sur scène. Oh le con…

Du coup, fiasco total : En 2007 il est élu artiste de son département par l’Adiam et le Conseil 314141_4374496934162_913011114_n.jpgGénéral du Val d’Oise. Il reçoit le soutien incongru (et jamais démenti depuis) du Forum, scène de musiques actuelles de Vauréal (95). Ensuite il est élu « Artiste découverte » à l’Estival de Saint-Germain (78), « Grand Prix du public », « Grand Prix du Jury » et « Prix Claude Lemesle » à « La Ruée vers l’Aure » de Bayeux. Il est également sélectionné comme « Découverte » au Festival ALORS CHANTE de Montauban.
Il a franchi toutes les étapes, tous les statuts labellisés, tous les cols du fémur.

Coup de bol, il se révèle être un véritable homme de scène. Le déambulateur plait aux fans et aux femmes. Jules s’entoure des meilleurs musiciens du monde sur un malentendu et se forge un public fidèle, conquis et sans cesse vieillissant… Les pauvres. Probablement le syndrome de Stockholm…

Aujourd’hui, Jules, c’est une centaine de concerts partout en France, dont la tournée "L’Homme le plus fort du Monde" produite par Béatrice Adnot et qui atteint son point d’orgue Bontempi en janvier 2012 lors d’une date au Divan du Monde épique et archicomble.

Jules-salegosse-visuel.jpgAllez comprendre… C’est aussi deux albums autoproduits : Les années douces et L’Homme le plus fort du Monde (avec 4 204 exemplaires vendus, sous la menace, à ce jour) et ce nouvel album qui vient de sortir sur le label Polychrone.

Un nouvel album, un nouveau spectacle, une nouvelle tournée… Le tout motivé par l’énergie du désespoir. Ne l’encouragez pas. Le type est père de famille. Faites ça pour ses gosses.

En plus « Variété alternative » ça veut rien dire.
Merci pour lui.

Avant l'interview, voici le premier clip tiré de Le sale gosse"

Interview :

C’est ton vrai deuxième album, je ne compte pas le premier autoproduit.

Le disque se vend de moins en moins, mais il reste un outil indispensable pour se faire connaître et trouver des dates de concerts. On a cru à Internet, mais c’est tellement saturé de ce côté-là qu’il faut quand même exister « physiquement ». Le numérique à ces limites aussi, vu que tout le monde balance tout et n’importe quoi. Ca devient plus compliqué de faire le tri en numérique que pour le disque physique.

Le tien, en plus du fond, il y a la forme. Il est très beau.

On avait déjà perdu entre le vinyle et le CD, alors maintenant, si on a même plus le CD… Ma pochette est inspirée de celles de Nino Ferrer et de Jacques Dutronc.

Teaser de l'album "Le sale gosse".

Tu as débuté à la fin des années 80 avec Sam et Fred des Ogres de Barback.

On a eu un groupe pendant 12 ans qui s’appelait Les minoritaires. C’est en allant voir avec Sam la Mano Negra à La Cigale en 1988 qu’on a pris une grosse claque. On avait 13 piges et on s’est dit qu’il fallait faire ça. Sam avait quelques bases, il jouait un peu de guitare. Son père était dans le groupe Il était une fois. Donc il a baigné dans cet environnement musical, contrairement à moi. Mes parents étaient mélomanes, mais pas du tout musiciens.

Vous faisiez quoi comme musique ?

Au début, c’était improbable. On avait un synthé et trois guitares, pas de batterie. Fred est arrivé plus tard avec l’accordéon… c’est une période bénie parce qu’on a trouvé des concerts partout pendant 10 ans. On s’organisait des tournées improvisées et on se payait nos vacances avec ça. On allait voir les mairies et c’était hyper simple.

Vous jouiez vos propres titres ou vous faisiez des reprises ?

Au début, on faisait des reprises et au fur et à mesure, on mettait nos chansons. C’était du rock alternatif, mais hyper maladroit. C’était clairement un joyeux bordel. On était fan de variété comme Goldman et on voulait être la Mano Negra. On n’était pas des brutes de technique, mais il y avait une telle énergie et une spontanéité sur scène que ça marchait. On avait 16 ans et on jouait parfois devant 3000 personnes.

"La bonne nouvelle",enregistré en live au Sax à Achères le 26 janvier 2013.

Après cette expérience, tu as joué dans d’autres groupes ?

J’ai joué dans un autre groupe qui s’appelait Mazette, mais il ne se voulait qu’amateur. Je jouais surtout pas mal pour les autres. Je faisais des plateaux télé. Pendant longtemps, par exemple, j’étais claviériste de Julio Iglesias. Je me souviens d’une émission mémorable sur M6 présentée par Virginie Efira et Magloire sur la culture gay. Julio était invité et je me souviens qu’il y avait deux mecs en slip qui se dandinaient dans une cage et moi j’étais au milieu avec mon petit clavier. C’était un grand moment. Mes premiers pas dans le show bizness étaient éclatants comme tu peux le remarquer.

Tu as bossé avec Polo aussi, l’ancien chanteur des Satellites.

C’est un super auteur compositeur. Il m’a fait rencontrer pas mal de gens, ce qui m’a permis de jouer très épisodiquement avec Bénabar, Catherine Ringer, Kent ou Jacques Higelin.

Jouer avec des gens comme ça, c’est énorme.

J’ai une qualité, c’est que je joue de tout, mais je ne joue rien de très bien. Je ne suis pas un très bon musicien, mais je joue du piano, de la guitare, de la basse, je chante, donc je peux faire les chœurs, et tout ça, pour les prods, dans des équipes réduites, c’est pratique. Souvent, j’ai remplacé des mecs au pied levé.

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Il y a un moment où tu t’es dit que tu allais faire ce métier sérieusement ?

Oui, mais c’était déjà mon métier. Ça fait bien longtemps que je vis grâce à la musique, mais à partir du moment où j’ai eu mon fils, j’ai restreint mes départs en tournée pour les autres artistes. Il y a 10 ans, juste avant que je commence Jules, on m’a proposé de faire la tournée d’Olivia Ruiz à ces débuts. J’ai refusé et c’est à ce moment précis que j’ai décidé de faire mes propres chansons pour décider de mes propres tournées. J’ai décidé de monter mon projet pour ne plus être tributaire des uns et des autres.

Quand tu as enfin créé tes chansons pour Jules, tu as créé le personnage qui allait avec ?

Oui, mais il est venu sans réfléchir. Je suis un « one man song », alors que je ne suis pas une grande gueule et que je suis même très discret dans la vie. Sur scène, oui, c’est un peu « docteur Jekyll et mister Hyde ». J’ai un principe. Je veux absolument dédramatiser  la fonction d’artiste. Je n’ai jamais le trac et j’ai envie que les gens se sentent vraiment proches très très vite. Parfois, ça me dessert, parce que j’ai peut-être tendance à briser trop vite la glace. Je fais un peu le sale gosse et le cabot.

a1812427807_10.jpgC’est marrant d’avoir un double ?

Aujourd’hui, ces deux facettes sont même devenues indispensables. Je suis devenu carrément schizophrène… Si je venais avec mon personnage civil sur scène, ça n’intéresserait personne. Moi, je n’aime pas aller voir des chanteurs sur scène qui s’excuse d’être là. Mon premier album s’appelait L’homme le plus fort du monde, ce n’était pas pour rien. Je me sens parfois l’homme le plus fort du monde. Quand je suis Jules, je me sens un peu invincible, alors que dans la vie,  je suis beaucoup plus mesuré.

Tu es taquin avec le public, quand même.

Oui, un peu. Pas trop ironique. Si, un peu aussi. Selon les soirs, selon comment je sens les choses, il n’y a pas de calcul. Ce qui me fait avancer, c’est que dans nos concerts à nous et lors de toutes les premières parties que nous faisons, on ne prend jamais de four.

Revenons à L’homme le plus fort du monde. Je sais que tu adores ce disque.

Il a beaucoup d’imperfections, mais il m’a permis de rencontrer tous les gens avec lesquels je travaille aujourd’hui, c'est-à-dire Le Vilain Orchestra, mon éditeur et producteur, ma tourneuse… je lui dois tout à cet album.

Et puis, il y a celui-ci, Le sale gosse. J’aimerai que l’on s’attarde sur la chanson, jean-jacques-goldman-mickael-jones-plus-belles-photos-concert_472246.jpg« Jean-Jacques ». Une chanson sur Michael Jones.

J’ai eu la chance de le rencontrer. On a fait ensemble un festival organisé par Gérald Dahan qui s’appelait « Rires et rock ». On a sympathisé assez vite. Moi, je suis vraiment fan de Jean-Jacques Goldman. C’est le mec qui m’a donné envie de faire de la musique. Je voulais faire Jean-Jacques Goldman, comme métier, quand j’étais petit. Quand j’ai rencontré son binôme de « Je te donne », je n’ai pipé mot de Goldman. Mais, je me suis rendu compte que ce type ne pouvait rencontrer quelqu’un qui n’ait envie de lui demander des nouvelles de Goldman. Michael Jones fait une carrière, des disques, des concerts et pourtant, il n’a d’autres choix que de vivre dans l’ombre du géant qu’est Goldman. Ce ne doit pas être évident. Ma chanson n’est pas méchante. Elle est même pleine de tendresse. On s’appelait souvent avec Michaël Jones. Pour L’homme le plus fort du monde, il m’a même donné des conseils. Depuis que je lui ai envoyé ma chanson, je n’ai plus aucune nouvelle. J’attends un appel de son psy qui va me dire que j’ai niqué 30 ans de thérapie.

Ce qui me fascine chez toi, c’est ton sens de la mélodie et de la chanson tubesque. « Mal barré » en est un exemple flagrant.

Ça vient de ma culture variété. Goldman, mais aussi Ferrer, Dutronc père.  Le mot variété est tellement beau… il est juste galvaudé à cause de la variétoche.

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Tu as une voix très grave qui ne correspond pas forcément à ta voix chantée. C’est curieux.

J’ai le syndrome du mec qui a fait beaucoup de concerts dans des conditions pas terribles. Souvent mes tessitures, je les prenais plus haut pour être sûr que l’on m’entende dans les rades où il m’est arrivé de chanter. Comme je me suis beaucoup forcé, mes tessitures sont devenues plus aiguës.

Il y a dans tes chansons autant d’ironie, de second degré, que de mélancolie et de tendresse. Tu es comme ça dans la vie ?

J’essaie d’être optimiste, mais j’ai souvent du mal. Je n’ai aucune nostalgie. Jamais. Je ne regrette pas quand j’avais 18 ans, ni qu’en j’en avais 30. Franchement, j’adore ma vie, même si parfois, mais ça me fait un peu flipper. J’ai un optimisme raisonnable mesuré et mélancolique.

Parle-nous du Vilain Orchestra.

J’ai une chance inouïe. C’est incroyable le talent de ces mecs-là. Je ne suis pas un grand musicien, je le répète, mais j’ai la chance de jouer avec des musiciens fabuleux. Ils sont aussi ingérables que talentueux. Ils ont une sorte de folie douce qui fait qu’il n’y a aucun concert pareil. À la base, ce ne sont pas des copains, ils ont été mes musiciens pour le disque, ils sont devenus des gens que j’aime bien. Des maillons essentiels à ma carrière actuelle. Ils m’amènent beaucoup artistiquement, mais attention, c’est moi le boss. La preuve, quel nom est écrit en plus gros sur la pochette ?

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Commentaires

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Écrit par : obtener iluminacion eficiente | 04 octobre 2013

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