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29 avril 2013

MeLL : interview pour Relation Cheap

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(Photos en noir et blanc : Emma Picq)

Quoi ? MeLL se serait « assagie » ? Pas vraiment, juste, sa voix se fait dorénavant plus douce et ses compositions un peu moins énervées. Mais, son esprit punk des débuts, lui, est bel est bien resté intacte.

Son 5e album, qui laisse une grande place à l’introspection et aux histoires d’amour un peu dérisoires, « Relation Cheap », sort précisément aujourd’hui (29 avril 2013). Et le 15 mai, elle présentera son nouvel opus sur la scène des 3 Baudets à Paris. L’occasion était belle de la rencontrer… pour la première fois, d’ailleurs. (Merci encore une fois à Flavie Rodriguez).

mell,relation cheap,interview,mandorBiographie officielle (écourtée, mais visible en intégralité ici) :

MeLL n’est pas du genre à faire comme tout le monde… Son premier album, Mon pied en pleine face, sorti en 2003, donne le ton. Elle crée un nouveau genre artistique « la chanson décoiffée » : un rock à mèche folle, pas très loin du punk alterno et de la chanson française, aux textes ciselés et incisifs.  Voitures à pédales (2005) et C’est quand qu’on rigole  (2007) la font entrer au Panthéon des auteurs-compositeurs-interprètes qui disent ce qu’ils pensent et qui pensent ce qu’ils disent. Son franc-parler et son attitude rentre-dedans séduisent Christian Olivier des Têtes Raides qui n’hésite pas à collaborer le temps de deux albums dont Western Spaghetti. Elle se renouvelle, se réinvente et se met perpétuellement en danger.

Pour son nouvel opus Relation Cheap, elle repart avec une nouvelle équipe qui lui permet d’expérimenter l’introspection. Car c’est en solo avec sa plume et sa guitare électrique qu’elle va cette fois explorer l’amour, l’intimité, les love songs et les slows, le tout branché sur du 220 Volts.

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(Photo : Emma Picq)

Interview :

Au-delà ta carrière personnelle, je te vois collaborer avec pas mal d’autres artistes. Récemment encore avec Louis Ville ou Céline Ollivier.

Je travaille avec des gens avec qui, humainement, ça se passe bien. Céline, par exemple, c’est une amie depuis 18 ans ; à peu près. Louis, on se connait aussi depuis longtemps parce que nous sommes de la même région. Il m’a beaucoup soutenu au début. Il avait déjà une carrière et des albums derrière lui. Là, je travaille avec Karimouche sur son prochain album. C’est vraiment une histoire de rencontres.

Tu adores travailler avec les autres, en fait.

J’aime beaucoup. J’ai découvert ça en 2008. Je suis partie faire un atelier d’écriture au Québec pendant 15 jours. J’ai rencontré une chanteuse anglophone canadienne qui m’a dit qu’elle adorait mon son de guitare. Trois mois après, elle avait une tournée aux États-Unis. Je suis donc partie à Nashville, à Memphis, en Floride,  à La Nouvelle-Orléans pour jouer. Je me suis rendu compte que j’ai adoré être en retrait. Je prends tellement de plaisir à jouer de la guitare que je me fous de chanter ou pas. Ça m’a aidé aussi à mieux saisir la place des musiciens au sein d’un groupe. Je suis devenue une leadeuse de groupe cool qui donne une belle place à mes musiciens quand je suis en concert en mon nom. Mais, tu sais, j’ai eu aussi une belle expérience de merde. Je sais aussi ce que c’est que d’être maltraitée en tant que musicienne.

Pas de nom, évidemment…

Pas de nom. Mais, il se reconnaîtra, je pense.

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(Photo : Marylène Eytier)

Quand on enquête sur toi, on découvre que tu as fait tes premières scènes en 2000. On ne trouve rien de ce que tu as fait avant. Pourtant, j’aime bien savoir comment on décide de devenir musicien et d’y consacrer sa vie…

Il y avait une guitare à la maison, parce que mon père gratouille un peu, et il nous a toujours chanté des chansons. Des Beatles à Julos Beaucarne. J’ai d’ailleurs récemment retrouvé une photo de mes parents, à la fin des années 70, où ils jouaient de la guitare tous les deux.

Quel a été ton premier contact avec une guitare ?

A 8 ans, j’avais pris la guitare paternelle  (d’un luthier vosgien). Je sautais sur le lit, le son d’une des chansons les plus électriques des Beatles à fond et je me regardais dans la glace. Et j’ai cassé la guitare en deux. Je me suis dit que ça avait l’air cool d’être chanteuse de rock.

Tu as débuté comment à Nancy ?

Quand j’étais pré ado et ado, ma principale activité à cette époque-là était de faire du handball. Je suis rentré en sport étude de cette discipline sportive. J’étais en équipe de France des moins de 18 ans. Et puis, un jour, en terminal,  je me suis blessée. Mais, j’étais déjà attirée par la musique. Elle provoquait en moi des émotions particulières. Un peu plus tard, j’étais assez fan de Courtney Love. Je trouvais chouette, une nana qui donnait tout, sans aucune limite. J’ai dû découvrir PJ Harvey à la même époque. J’ai fait un transfert. J’aurais aimé être elles à ce moment-là.

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(Photo : Marylène Eytier)

Puis, tu as commencé à jouer de la guitare dans la cour d’école.

Oui et je me faisais toujours engueuler parce qu’il fallait que j’aille réviser mon bac. J’ai fait mon premier concert deux mois après l’avoir obtenu.

Dans quelle circonstance ?

Justement, dans un gros concours de circonstances. Je ne m’étais jamais dit que, toute ma vie, j’allais être intermittente du spectacle, je chanterais des chansons, j’allais faire des albums. J’avais juste 4 chansons, je faisais quelques reprises, rien de terrible quoi ! C’était un pari avec une amie qui était peintre. Le pari c’était que si elle trouvait un endroit pour exposer, il fallait que je joue au vernissage. Au vernissage, j’ai rencontré mon premier bassiste. Il avait un studio d’enregistrement. On a donc commencé à enregistrer, ensuite on a monté un groupe… Ça n’a pas été plus compliqué que ça. Il n’y a eu aucun calcul de départ. Une passion a pris le pas sur l’autre. Je n’ai jamais repris le handball. Je me suis retrouvée à 17 ans dans des bistrots avec plein de musiciens bien plus âgés que moi… des vieux de 30 ans (rires). J’ai joué tout de suite avec des gens qui avaient de l’expérience. Je me baladais tout le temps avec ma guitare, c’était même un problème pour moi parce que, sans elle, je n’arrivais pas à communiquer.

Tes parents devaient être contents. J’ironise…

Au début, c’était un peu chaud. Mais, parfois, c’est un peu con le destin. Quand tu es en terminal, tu dois faire trois choix de direction. Premier choix, c’était une école d’ingénieur. J’adorais la chimie, j’ai fait un bac scientifique. Deuxième choix, c’était Khâgne-hypokhâgne. Troisième choix, c’était un BTS de son pour devenir « technicien du son ». J’ai raté le concours d’entrée à l’école d’ingénieur de 4 points. Khâgne, ils m’ont refusé à cause de mon dossier de comportement. BTS son, pareil. Je me suis retrouvée avec rien. À la rentrée, je me suis donc inscrite en Fac de philo, comme tous les jeunes qui ne savent pas quoi faire. Ma mère est psy, je pensais aussi que ça pouvait m’aider. J’y suis restée 6 mois.

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Et puis, tu as tout arrêté pour ne faire que de la musique.

J’ai vécu le besoin de faire de la musique comme une urgence. J’avais besoin de sortir des trucs pour me libérer. La musique, c’était une excuse. En plus, je ne savais pas chanter. Aujourd’hui, la musique est moins une excuse. Dans mon nouvel album, je pense pouvoir dire que c’est un tournant à ce niveau-là.

La musique est plus importante que les textes. C’est ce que tu me dis ?

Disons qu’il y a un équilibre entre les deux. J’ai beaucoup bossé la musique et je voulais arrêter de me prendre pour une poétesse que je suis la seule à comprendre. Une poétesse de comptoir finalement. Je voulais que les mots sonnent et surtout que le propos soit plus clair. Réussir à être plus dans le premier degré est difficile pour moi.

Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur de cette volonté de faire plus clair ?

On me disait que je faisais souvent des jeux de mots, parfois un peu potaches. Je ne pouvais pas m’en empêcher, sinon j’avais l’impression de m’emmerder quand j’écrivais. Il fallait que je me fasse rigoler. Je pense aussi que j’ai évolué par rapport à mes influences, à ce que j’écoute aujourd’hui. J’écoute énormément de musiques différentes. Un album est le fruit de ce que tu as vécu et écouté les deux précédentes années. Moi, j’ai écouté notamment de la new wave française et de la variété française des années 60.

Le yéyé ?

Plus les gens qui faisaient le garage yéyé, comme Dutronc, des gens comme ça. Dans mon album, il y a des clins d’œil à ses années-là. Ma guitare est assez surf.

Ta façon de jouer de la guitare est devenue, ces dernières années, un peu plus « américaine ».

Oui. Les influences fifties du rock’n’roll. J’aime bien les sons de cette époque-là.


MeLL - Un pied dans le vide - Clip officiel par ArtdistoVideo

Ton album sonne différemment de la production française d’aujourd’hui, du coup.

Les boites à rythmes et les claviers sont vraiment eighties et les guitares rappellent les sixties. Ça donne ce curieux mélange.

Tu as repris « Succès fou » de Christophe dans une version personnelle exceptionnelle, je trouve.

Si c’était un mec qui l’avait reprise, je pense que ça n’aurait eu aucun intérêt. Christophe chante cette chanson admirablement. Il a interprété cette chanson avec subtilité grâce à son côté dandy décadent assez fin. En tant que fille, reprendre ce titre me paraissait assez décalé pour tenter l’expérience. C’est la première fois que je mets une reprise dans un de mes disques.

Il y a une constante dans tes textes. Tu chantes l’amour avec beaucoup d’ironie.

J’ai appelé mon disque Relation Cheap parce que je trouve qu’il y a foutage de gueule dans les relations. Je me moque des relations légères, vécues comme le reste de notre époque, rapidement et sans état d’âme, de la surconsommation d’amour, et de tout ce qu’on jette : les relation(s) cheap, donc. En vrai, cette volonté de faire ce disque était une ode aux relations profondes et ancrées. Je suis fidèle en amour et en amitié quand j’aime vraiment. En vrai, je suis une romantique à fleur de peau, mais je ne peux pas l’écrire.

Tu as beaucoup plus parlé de toi dans tes premiers albums. Moins dans celui-là.

Il est un peu plus léger, en effet. Ce disque n’est pas très autobiographique. Je me sens mieux avec ce que je fais musicalement et textuellement aujourd’hui.

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Tu as fait 5 albums en 10 ans, c’est beaucoup, je trouve.

J’ai eu la chance d’avoir eu les opportunités d’en faire sans trop de difficultés, d’avoir un label, des gens qui croient en moi et qui ont envie de bosser sur le projet.

J’aimerais aborder l’aspect littéraire de ta vie. Tu as sorti 3 livres. De la poésie.

Les deux premiers, La Reine des Guenons et Qultures, c’est ce qu’appelle Boris Vian de « la fausse poésie ». Il n’y a pas grande prétention là dedans, parfois ça rime, parfois ça ne rime pas. Ce sont juste des textes courts, souvent écrits quand j’étais sur la route. Le dernier, Lucky Looser, est un texte un peu plus long, mais qui reste une nouvelle poétique. Tu peux la lire de A à Z, ça fait une histoire et tu peux le mettre dans tes toilettes et l’ouvrir à n’importe quelle page, tu y trouveras quelque chose à retenir. Tout se lit indépendamment.

Ton premier disque, Mon pied en pleine face, date de 2003.

Eh !!! Mais, c’est donc mes 10 ans de carrière ! Je n’avais même pas remarqué. Il faut que je fasse une fête ! Allez, champagne !

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28 avril 2013

Saule : interview pour Géant

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Saule est un géant. Il mesure 2 mètres, mais est surtout grand par le talent. Ses deux premiers albums, Vous êtes ici et Western, sortis en 2006 et 2009, ont reçu une flopée de critiques élogieuses et de récompenses dans son pays natal, la Belgique. Mais pas vraiment en France.

Après avoir croisé la route de Dominique A sur le disque précédent, c'est Charlie Winston qui l'a pris sous son aile pour son troisième disque, Géant.

Juste avant d’aller enregistrer Taratata quelques heures plus tard, Saule a fait un crochet à l’agence. C’était le 26 février dernier et ce fut un bon moment…

saule,géant,charlie winston,interview,mandorBiographie officielle :

Bien sûr, Saule a déjà publié deux albums très réussis qui lui ont assuré une petite place dans le cœur du public. Mais Géant est un nouveau départ, une bouffée d’air frais qui extirpe le chanteur de l’atmosphère un peu confinée de la « nouvelle chanson française » pour le voir explorer de nouveaux territoires, au confluent de deux cultures qui s’ignorent trop souvent : le rock anglo-saxon de ses premières amours musicales adolescentes (Jeff Buckley, Radiohead) et la chanson de qualité dans laquelle il baigne depuis sa plus tendre enfance (Brassens, Gainsbourg).
Réalisé par Charlie Winston, Géant est un album libéré, sur lequel Saule se lâche et trouve enfin sa voie, unique et originale, mais aussi sa voix, sublime et ensorcelante.

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Interview :

Comment avez-vous connu Charlie Winston ?

Ça s’est fait de manière instinctive. On s’est rencontré dans l’émission Le pont des artistes sur France Inter. Je l’ai vu sur scène et j’étais fan de son titre « Like a Hobo », mais je ne connaissais pas le reste de son premier album. J’ai pris une vraie claque musicale et en plus, je me suis rendu compte que  le mec derrière était super cool et ouvert. Humainement, tu ne peux que l’aimer. On est devenu potes immédiatement.

Teaser de l'album Géant.

C’est même lui qui vous a proposé de réaliser cet album.

C’est assez marrant comme parfois, les choses te tombent du ciel sans les avoir calculé. Je lui avais juste demandé que l’on chante une chanson ensemble. Je lui ai dit, innocemment, que je ne savais pas encore qui allait réaliser le disque,  parce que, de par la demo qui existait, je savais que j’allais avoir besoin de quelqu’un qui s’y connaisse en musique pop anglophone. Il m’a presque interrompu pour me dire que ça l’intéressait. Je suis tombé des nues.

La direction musicale de ce troisième album, elle vient de vous, pas de lui.

Oui, elle était déjà discrètement présente sur le second, mais je n’étais pas allé au bout de ce que je voulais faire. Il y avait un truc un peu plus sombre que ma personnalité à moi et donc, j’avais envie de m’ouvrir à quelque chose de plus lumineux. J’avais besoin d’évoluer  aussi musicalement, aller plus loin.

Le clip de "Dusty Men" (feat. Charlie Winston)

Le sombre est encore là, mais dans les textes, plus du tout dans la musique.

J’aime ce contraste-là. Le côté mélancolique dans l’écriture et le côté plus enjoué dans la musique.

Est-ce que d’album en album, vous parvenez à vous raconter. Je me souviens qu’au départ, vous étiez très pudique.

Je crois que chaque album me rapproche de moi même. J’ai décidé de moins me brimer, me brider dans l’écriture. Pour mon deuxième album, mon label français me disait d’arrêter de tabler tout sur l’autodérision, qui est très belge, pour aller plus vers un côté classieux. Ce que j’ai fait. Ils me parlaient tout le temps de Bashung, de Dominique A, des artistes de cette veine-là. Pour ce troisième album, j’ai décidé de ne plus montrer uniquement cette facette-là. J’ai souhaité qu’on arrête de vouloir me cataloguer dans une case alors que je ne suis pas comme ça dans ma vie, dans ma personnalité.

C’est dur de s’extirper des gens qui vous font confiance et qui s’occupent de vous.

Oui, parce qu’en même temps, chacun donne son avis et tu ne sais plus toi-même où tu veux aller vraiment. Si je me raccrochais à tout ce qu’on veut que je sois, je serais une girouette permanente. A un moment, il faut dire stop. Le matériau, c’est moi, donc je vais m’écouter.

Du coup, Géant est l’album qui vous ressemble le plus ?

Oui, je pense. Le premier était très perso aussi, mais celui-ci est plus proche de mes influences musicales réelles. Le premier, j’étais même parti dans un délire très minimaliste. Mais, j’ose dire que ce troisième est le grand frère du premier quand même.

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Il y a une chanson dans Géant qui s’intitule « L’économie des mots ». Ce qui m’a frappé, c’est aussi cette évolution dans votre écriture. Elle est plus précise, plus ciselée, plus épurée.

J’ai voulu donner plus de part à la musique. C’est une grosse discussion que j’ai eue avec Charlie pendant l’enregistrement de l’album. Lui est arrivé au moment où j’avais déjà tout écrit, un peu pour faire le choix des titres. J’avoue qu’il n’a pas hésité à me donner deux trois challenges. Un des challenges était justement l’économie des mots. C’est lui qui a employé ce terme que l’on n’utilise pas en français. Il me demandait de faire des chansons dans lesquelles je devais mettre moins de mots.

Pour travailler, vous vous êtes enfermés dans une maison. Vous étiez en vase clos.

C’est aussi ce qui a fait caisse de résonnance à l’amitié qui est en train de naître. On a passé un mois tous les jours ensemble. On avait nos chambres l’une à côté de l’autre, on mangeait ensemble tout le temps… en fait, l’ambiance qu’il y avait pendant la conception de l’album transpire sur le disque.

C’est en tout cas la première fois qu’il réalise un album officiellement pour une autre personne. On reconnait bien sa patte, d’ailleurs.

Oui et non. Quand on écoute Dusty Men, les gens me disent qu’ils reconnaissent clairement son style, alors que c’est moi qui l’ai écrit. C’est ça qui est génial, j’ai voulu faire du Winston et j’y suis parvenu. Lui, a tenté de respecter mon univers et je trouve qu’il a réussi aussi. Nos univers sont devenus complémentaires. Ils se sont enchevêtrés. On a des goûts communs qui coïncident beaucoup et c’était très rare qu’en studio, on ne soit pas d’accord. Il n’y avait aucune forme d’ego entre nous, nous étions là au service de la musique.

Deuxième single de l'album Géant, "Chanteur bio".

Sur pas mal de chansons, vous avez manié l’art de l’autodérision à son paroxysme.

Il y a une forme d’amour propre là dedans. Dans l’autodérision, on s’aime quand même au moins un petit peu. On apprend à rire de soi parce qu’on s’aime bien. « Le bon gros géant » en est l’exemple parfait. Certains journalistes m’ont demandé si j’avais écrit cette chanson pour régler mes comptes avec la nature. Quand j’étais plus jeune, en fait, je n’en ai pas souffert. Mes potes me vannaient en m’appelant « paratonnerre ». Vous savez, à l’adolescence, il y en a qui était boutonneux, et bien moi j’étais grand. Chacun son problème. Je suis passé par une phase d’acceptation, mais j’ai eu la chance de faire des études de théâtre. Au conservatoire, la première chose que l’on t’apprend, c’est d’être à l’aise sur un plateau.

La perception qu’ont les gens d’une chanson, c’est quelque chose qui vous fascine ?

C’est dingue. Sur le premier album, il y a une chanson qui s’appelle « Si (S’il ne me restait qu’un seul jour) ». Je l’avais écrite très égoïstement parce que depuis que je suis môme, j’ai peur de la mort. C’était une chanson médicament qui m’avait permis d’exorciser toutes les peurs que j’avais en moi par rapport à ça. Quand j’ai vu la portée de cette chanson, j’ai trouvé ça complètement ahurissant. Des gens atteints d’un cancer me disaient qu’ils écoutaient cette chanson tous les jours et que ça les aidait à tenir debout. Ça fait presque peur. Je me suis rendu compte que tu pouvais écrire une chanson très personnelle, mais que cela n’empêchait pas de toucher à l’universalité. 

Le clip de "Si (s'il ne me restait qu'un seul jour)".

Dans ce nouveau disque, j’ai l’impression qu’il ya pas mal de morceaux susceptibles de devenir des tubes.

C’est ce que l’on me dit. C’est une belle leçon pour moi. Je remarque que j’arrive à faire des titres tubesques quand je ne réfléchis pas à cela et que je laisse mon instinct agir, créer. « Dusty Men », c’est une chanson complètement instinctive que j’ai écrite en quelques minutes et au dernier moment.

Moi, j’aime votre voix. Elle part vite dans les aigus. J’adore.

Ma plus grande idole reste Jeff Buckley. Avant de chanter en français, je chantais dans un groupe de rock dont les influences étaient clairement Buckley et Radiohead. C’est à ce moment que j’ai appris à explorer ma voix dans les aigus. Vu le physique que j’ai, c’est plutôt un bon contraste.

Je sais que vous travaillez sur ce qui pourrait s’apparenter à une comédie musicale.

C’est un conte musical. Je suis à la lisière du théâtre et de la musique. J’espère concrétiser ce projet qui me tient réeellement à coeur. Il me permettra enfin d'allier mes deux activités artistiques préférées.

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Après l'interview le 26 février 2016, à l'agence.

27 avril 2013

Gaël Faye : interview pour Pili Pili sur un Croissant au Beurre

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gaël faye,pili pili sur un croissant au beurre,interview,mandorGaël Faye, auteur-rappeur franco-rwandais, est la moitié du groupe Milk Coffee & Sugar. Depuis toujours, il aborde les thèmes de l’exil, du métissage, de la domination et du génocide. Pour ce premier album solo, Pili Pili sur un Croissant au Beurre, réalisé par Guillaume Poncelet et enregistré entre Paris et Bujumbura, Gaël Faye raconte sa propre vie avec nostalgie, indignation et tendresse. Il nous dit tout sur son enfance entre le Burundi et la France, son rapport au hip-hop, ses amours et ses combats. Il y a du rap bien sûr, mais teinté de soul, de jazz parfois et de world music. Ne passons pas sous silence la participation de Tumi Molekane (MC sud africain de Tumi & The Volume), Ben l’Oncle Soul et la voix unique de Bonga (icône de la musique lusophone). On va beaucoup entendre parler du sensible Faye en 2013. Ce sera mérité.

Le 13 février dernier, l’artiste a fait un petit détour par l’agence pour m’en dire un peu plus…

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gaël faye,pili pili sur un croissant au beurre,interview,mandorInterview :

Tu es né en 1982 au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français. Le 1er avril 1995, à treize ans, tu quittes malgré toi ton pays natal, en proie à la guerre, pour rejoindre la France.

Ce n’est pas un drame pour moi, c’est une trajectoire de vie. Au moment où je quitte le Burundi, il vient d’y avoir un génocide au Rwanda, le pays de ma mère. Elle faisait partie du camp des génocidés. Énormément de membres de notre famille, cousins, cousines ont été décimés. J’ai quitté le Burundi alors que ceux qui restaient allaient vivre dans la guerre pendant plus de 10 ans. La France, c’est ma porte d’exit. Tu te dis : « c’est difficile ce que je vis » et très vite, tu ajoutes « n’en fait pas une montagne ». Je me refuse de dramatiser ma situation… d’autres sont restés et on souffert.

Tu as grandi plus vite avec cette « trajectoire » ?

Quand je suis arrivé en France, j’avais 13 ans. En 4e, je voyais bien qu’avec les gamins français, je ne faisais pas partie du même monde, je n’avais pas vécu la même chose. Je sortais de deux ans de guerre et ma famille et moi étions très marqués par la politique, mais concrètement. Chez nous, ce qu’un politicien disait avait une incidence immédiate sur notre vie personnelle. J’avais une maturité différente, c’est clair, mais j’en ai beaucoup souffert. Je  n’avais pas les mêmes repaires que les autres.

Comment tu réagis envers les gens qui s’énervent ou s’engueulent pour des broutilles par exemple ?

Pendant longtemps, ça ma vraiment beaucoup agacé. Il y a un morceau qui s’appelle « Charivari » dans lequel je dis : « rien à foutre de ta vie naïve ». C’est presque arrogant et méchant. Quand je racontais mes problèmes, souvent on me disait que mes trucs d’Africains, il fallait que j’oublie. Je me suis pris ces réflexions dans la face par des copains de mon âge, qui eux pleuraient quand ils n’avaient pas le jouet espéré. J’avais un peu les boules par rapport à tout ça. L’écriture m’a beaucoup calmé et aujourd’hui, à 30 ans, je peux comprendre qu’une souffrance soit personnelle. Il n’y a pas de hiérarchie dans la douleur. Je peux comprendre que quelqu’un soit terrassé parce qu’il a perdu son chihuahua.

Medley de l'album Pili Pili sur un Croissant au Beurre.

Tu écris depuis l’âge de 13 ans… tu as eu le temps de parfaire ta plume.

C’est vrai que ça fait longtemps que je malaxe la langue. Ce que j’aime dans le rap, c’est le flow. Cette manière de glisser avec des mots. Tu as une métrique. Avec ce flow, j’essaie d’apporter le fond, la forme et le sens.

Pourquoi as-tu commencé à écrire ?

A un moment donné, j’ai eu l’impression de me heurter au silence des autres et à ma propre impossibilité à formaliser ce que j’avais en moi. Parce exemple, encore aujourd’hui, j’ai toujours du mal à dire aux gens autour de moi que je les aime. Je ne m’exprime pas facilement par la parole, je préfère me cacher derrière un texte. Et dans le texte, pourtant, je vais tout dire. On pourrait considérer que c’est de l’impudeur, alors que c’est au contraire de la pudeur. Tout est maîtrisé et contrôlé.  

Clip de "Je pars".

Dans un premier album, est-ce que l’on donne tout ? Est-ce qu’à un moment, tu t’es dit, voilà, je ne peux pas aller plus loin...

Je me disais que cet album allait me permettre de tourner la page. Maintenant qu’il est sorti, je me dis que ce n’est pas la page, mais c’est un livre que je ferme. Ce livre-là, j’ai envie de le rouvrir plus tard.

Tu vas pourtant aller le défendre sur scène, en promo… tu n’es pas prêt de fermer ce livre.

C’est ce qui est compliqué avec un album. Quand je suis en live, je revis les choses. Il y a ce moment que je suis en train de donner avec des gens uniques dans la salle. C’est un instant. L’album, lui, est figé. C’est pour ça que j’ai du mal à l’écouter. A un moment donné, j’ai figé des souffles, l’articulation, des prises de respirations… je ne l’aurais peut-être pas fait de la même façon à un autre moment.

Tu es un solitaire quand tu crées, par contre, sur ton disque, tu es accompagné de 28 musiciens.

C’est énorme et je ne pense pas que je le referai demain la veille (rire). Ça a été compliqué à tout gérer, d’autant plus que cela a été fait en indé total. On a eu la chance, une fois que l’album était terminé, de trouver le partenaire idéal, Motown France, mais il ne faut pas oublier que c’est un album qu’on a fait tout seul sur 10 ans. En plus, à la base, je suis un rappeur, je ne suis pas un musicien. Je n’ai pas le langage pour expliquer ce que je veux aux musiciens. Ça a été une grosse aventure avec plein d’obstacles sur le chemin.

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Revenons à la littérature. Tu lis peu de romans, mais par contre, beaucoup de poésies.

Les poètes que j’ai beaucoup lus sont Léon-Gontran Damas, René Depestre, Aimé Césaire, mais aussi Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire, René Char.

On dit de toi que tu es aussi un poète. Terme que tu réfutes.

J’ai une trop haute opinion de cette « fonction ». C’est un peu comme Arthur Rimbaud, un poète doit avoir une soif d’absolu total. Rimbaud, il ne pensait pas au marketing et à toutes ces choses-là.

Mais, l’époque à changé. Qui sait ce qu’aurait fait Rimbaud ? Peut-être aurait-il tweeté comme un fou.

Je ne sais pas.

Clip de "Petit pays".

Et écrire un livre, ça te tente ?

J’ai des velléités à tenter d’écrire quelque chose qui ressemble à un roman. Je ne veux pas dire que je suis écrivain, je ne veux pas dire que je fais de la littérature. J’ai poussé les études très loin et j’ai beaucoup travaillé parce que je considérais que la musique, pour moi, ce n’était pas possible. J’étais bloqué par l’album de Lauryn Hill et par quelques autres géants du hip-hop. Je me demandais ce que j’allais faire derrière. Récemment, j’en parlais avec mon guitariste, Sacha et il m’a répondu que s’il n’y avait que l’Everest, on s’emmerderait. Heureusement qu’il y a aussi les Alpes, les collines… Pour l’instant, j’essaie juste de faire exister des choses qui sont en moi. Mais, je ne peux pas m’autoproclamer poète, écrivain, ce sont des choses que je mets ailleurs.

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23 avril 2013

Quentin Mouron : interview pour Notre-Dame-de-la-Merci

quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égouts

Plusieurs ami(e)s vivant en Suisse m’avaient alerté sur le talent hors norme d’un jeune auteur de 23 ans. Puis son éditeur, Olivier Morattel, m’a également contacté.

Peu de temps après, j’ai reçu les deux livres de Quentin Mouron. Et je les ai dévorés d’un trait. De deux traits en fait.

Le nouveau, Notre-Dame-de-la-Merci, raconte sur une période de 24 heures les destins croisés de trois personnages singuliers. Pour observer et décrypter ces personnages médiocres, Quentin Mouron est à la fois metteur en scène et spectateur de ce huis clos. Impressionnant.

Son premier roman, Au point d’effusion des égouts, publié l’année dernière en Suisse, a rencontré un succès en librairie et reçu un accueil plus que favorable de la critique. L’auteur y racontait son voyage à Los Angeles et à Vegas, dans un style franc, à la fois drôle et mélancolique.

Le 22 mars dernier, de passage rapide à Paris, Quentin Mouron est venu à l’agence. Et le courant est passé immédiatement.

Les deux livres :

quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égoutsAu point d’effusion des égouts :

Roman d'aventures au sens le plus général du terme - aventure amoureuse, sociale, existentielle. Tendre et profond, drôle et sombre, ce livre présente les pérégrinations d'un jeune homme d'à peine vingt ans «tombé du ciel» dans la mégapole de Los Angeles.
Avec ce premier effort, Quentin Mouron offre une vision neuve et décomplexée de l'Amérique d'aujourd'hui, après que les fards du rêve américain ont achevé de se dissoudre.

Au point d'effusion des égouts est porté par le style unique et résolument novateur de l'auteur, par sa rythmique implacable, et sa puissance d'évocation renvoyant parfois à de la poésie en prose.

Quentin Mouron, écrivain canado-suisse, est né le 29 juillet 1989 à Lausanne.

Notre-Dame-de-la-Merci :quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égouts

Notre-Dame-de-la-Merci est un village de la forêt québécoise. Au cœur de l'hiver, trois personnages se dévoilent dans leurs solitudes avec l'éclairage périodique du narrateur spectateur. Deux hommes, une femme, triangle amoureux éternel. Odette, femme singulière qui a logé quelque temps en prison, veuve d'un mari Hells Angels qui a prouvé que le ridicule pouvait tuer, continue de vendre quelques enveloppes remplies de cocaïne. Daniel étouffé par sa mère a vu ses femmes disparaître en lui laissant enfants, déneige la semaine et amoureux d'Odette a accepté de distribuer discrètement son courrier. Reste Jean, la figure du mal, qui fantasme ses sales coups, peine à ravaler sa violence et rêve d'un départ vers des cieux plus ensoleillés. Les trois destins sont liés, l'issue connue, et rien de les fera dévier, ils le savent, le lecteur le sait comme le narrateur et l'auteur, et pourtant, malgré cette impuissance partagée, l'espoir subsiste. Drame de la vie, drame de la solitude, drame contemporain, triste drame, une noirceur maîtrisée par une vraie écriture et une construction originale. À découvrir absolument.

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quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égoutsInterview :

Avec Joël Dicker (mandorisé là), tu es considéré comme le deuxième phénomène littéraire suisse. Du coup, on vous associe pas mal, bien que vous n’ayez pas du tout le même genre d’écriture.

Ça me fait plaisir parce que nous avons un bon contact tous les deux. On s’est connu au Salon du livre de Genève il y a un an. Le seul point commun que l’on nous a trouvé, c’est d’être assez jeune. Les « anciens » que je croise me font comprendre qu’il y a longtemps qu’il n’y avait pas eu cette sorte d’engouement pour de nouveaux auteurs.

Comme si une nouvelle école se formait ?

Un peu, oui. Je pense que les gens attendaient qu’il se passe quelque chose de neuf. Ce qui ne veut pas dire que de bons livres ne sont pas sortis depuis longtemps. C’est notre esprit, notre façon de faire qui est peut-être différent. Je suis binational, Joël aussi sauf erreur. On amène peut-être une sorte d’exotisme, je ne sais pas. C’est difficile d’expliquer le focus, cette sorte de buzz, qu’il y a actuellement sur nous.

Parlons d’abord d' Au point d’effusion des égouts.  Un livre très original dans l’écriture, des phrases hyper courtes de trois ou quatre mots maximum.

Ça s’est fait naturellement. En le relisant, je l’ai découvert moi aussi. En plus j’aime Proust, alors, ce n’est pas par amour des phrases courtes que j’ai choisi cette forme. Ça s’est fait naturellement. Je pense que l’unité dans mon texte, c’est l’auteur qui la donne et après le lecteur la reconstitue de manière finalement un peu plus artificielle et analytique. J’ai écrit quatre ou cinq versions antérieures de ce roman. L’écriture n’était pas la même. C’était moins rythmé. Le contenu et le style étaient différents.

Dans ce premier roman, le narrateur, toi, tu ne le caches pas, part seul en Californie. Il quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égoutsva vivre des péripéties complètement dingues. On a l’impression qu’ils sont tous mabouls dans cette région-là des États-Unis. Notamment ta cousine.

Elle existe en partie. Elle n’a pas les mêmes névroses. Quand je suis arrivé à Los Angeles, j’ai débarqué chez cette cousine que je connaissais très peu. J’ai utilisé le milieu dans lequel elle était baignée. Il y a quelque chose de caricatural dans la manière de vivre des gens que j’ai rencontrés. Je me suis contenté  d’appuyer, d’exagérer leurs travers. Pour mes livres, comme beaucoup d’auteurs,  je prends toujours des éléments de la réalité, je capte des traits distinctifs des uns et des autres et je les mêle à l’imaginaire.

Tu traites durement tes personnages… tu as l’air pourtant si poli, gentil, souriant.

On m’en fait la remarque assez souvent. Je pense avoir un naturel assez sympathique,  après, ça dépend qui est en face de moi et comment la personne se comporte. Si j’écris ce que j’écris, c’est peut-être une façon de se défouler, de se décharger, je ne sais pas. Je suis plus dur dans mes pamphlets que dans mes romans, je trouve. Dans mes romans, il y a toujours un peu d’espoirs et tout le monde n’est pas irrécupérable.

C’est quand même bien noir.

Ça ne me dérange pas de peindre des choses assez noires, mais je n’ai pas envie de tomber dans une surenchère gratuite où il faut mettre un maximum de sang et de scènes macabres pour essayer de capter le lecteur.

Il m’est arrivé de sourire franchement dans les deux livres que j’ai lu de toi.

Je montre la faiblesse de l’homme en général, de certains individus en particulier, avec parfois de l’humour, parce que finalement, ces personnages peuvent être drôles. L’un n’exclut pas l’autre.

On frise d’ailleurs le burlesque parfois.

Je me base toujours sur ce que j’ai devant les yeux. Encore une fois, peut-être que je surligne un peu.

quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égouts

Tu as écrit ton premier livre, Au point d'effusion des égouts, parce qu’il fallait que tu prouves quelque chose à quelqu’un. À une fille en particulier.

Oui. Mais, je l’ai encore vu la semaine dernière et elle ne sait même pas que c’est pour elle que je l’ai écrit. C’est pourtant elle qui a fait que j’ai voulu écrire tôt et publier tôt aussi. Une fille fait vraiment faire n’importe quoi (rires).

Dans Notre-Dame-de-la-Merci, j’ai  presque l’impression que ce n’est pas le même auteur.

Ce n’était pas une volonté de faire différent. Au début, je voulais écrire une sorte de tome 2 d’«Au point d’effusion des égouts » et j’avais l’impression de récidiver, de me livrer à une parodie de moi-même. J’ai donc décidé de reprendre certains thèmes qui m’ont obsédé dans mon premier livre, qui m’obsèdent pour celui-là et qui continueront à m’obséder pour les prochains.

quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égoutsQuels sont ces thèmes ?

L’insuffisance de l’homme à être ce qu’il aimerait être. L’incapacité d’être compris d’une part, et d’être aimé. L’incapacité de s’accomplir.

Parlons des personnages. Il y a Odette, qui vend de la coke, Daniel, le déneigeur amoureux transi qui aime Odette, et  Odette qui aime Jean, qui lui est une ordure et qui s’en fout.

Ils sont pris par des émotions sur lesquelles ils n’arrivent pas à mettre de mot. Évidemment, il y a un peu de théâtralité. On convoque des personnages pour une durée déterminée sur un décor. Ces gens qui n’ont rien à faire ensemble, si ce n’est qu’ils se trouvent géographiquement au même endroit et qu’ils se rencontrent, entraînent des implications qu’on ne mesure pas toujours, qu’eux-mêmes ne mesurent pas non plus et qui sont extrêmement fortes. Et qui finissent par se dégonfler à la fin.

Ils sont tellement lâches qu’ils n’arrivent même pas se faire du mal jusqu’au bout.

Ce sont des ratés jusqu’au bout.

quentin mouron,notre-dame-de-la-merci,au point d'effusion des égouts

Tu écris un nouveau livre dans lequel tu mets en scène un éditeur genevois. Ça pourrait être le tien, Olivier Morattel.

Il pourrait se reconnaître. Non, je plaisante. J’ai créé un type aigri et cynique, tout le contraire d’Olivier finalement.

Je sais que tu vis avec tes textes longtemps en toi. Tu ne lâches rien tant qu’il n’est pas fini.

Je ressens le personnage, je vois là où il veut se diriger, ce qui peut lui arriver ou ne pas lui arriver. Il m’arrive de penser tout le contraire à une issue de roman pendant plusieurs mois et de changer au dernier moment.

Il y a des écrivains qui expliquent qu’ils créent leurs personnages et après, qu’ils ne dominent plus du tout là où il voulait aller. Comme s’ils faisaient leur vie indépendamment de l’auteur.

Moi, je sais rarement où je vais. Je suis plus dans des romans d’idées et d’obsessions que dans des romans à suspens ou à trames. Chez moi, à un moment ça devient organique et donc, un peu flou. Je vis en même temps que le personnage, je découvre ce qui lui arrive, je souffre ou je me marre pour lui. C’est parfois même intense.

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21 avril 2013

CD'Aujourd'hui : Lara Fabian pour "Le secret"

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Lara Fabian n’est pas ce que j’écoute dans la chanson française. Je ne suis pas précisément amateur des chanteuses à voix. Mais, je ne l’avais jamais rencontrée. Et je n’aime pas ne pas avoir rencontré une artiste aussi populaire. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Bref, le 2 mars dernier, pour CD’Aujourd’hui, l’occasion m’a été donnée d’interviewer la chanteuse à l’occasion de la sortie de son album Le secret. Je l’ai d’ailleurs chroniqué pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté des mois d’avril-mai 2013.

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Lara Fabian est arrivé sur le lieu du tournage avec pas mal de monde, dont un attaché de presse, une maquilleuse, un garde du corps et 4 autres personnes dont je n’ai pas déterminé les fonctions.

Elle, très souriante et sympathique, ne s’est pourtant pas comportée en diva. Juste en professionnelle à la notoriété quasi mondiale.Il y a une nuance.

Voici donc le fruit de ses deux heures passées ensemble pour CD’Aujourd’hui (diffusé le 15 avril dernier).

Les photos de la session acoustique de Deux "ils" deux "elles".

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Après l'interview...

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20 avril 2013

Marc Molk : interview pour La disparition du monde réel

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Marc Molk est un peintre dont la réputation n’est plus à faire. L’artiste est aussi écrivain. Dans son précédent roman, Pertes Humaines (Arléa, 2006) il faisait le décompte inattendu des amis perdus au fil des ans sous forme de fiches. Dans La Disparition du monde réel (Buchet/ Chastel)  il raconte des couples qui se font et se défont dans un mas provençal, un été. Évidemment, ce résumé est un raccourci honteux. Ce roman est bien plus que cela. Marc Molk a écrit une fiction, qui n’en est sans doute pas tout à fait une, par petites scènes et courtes digressions.

Un roman amer et léger, ce n’est pas le seul paradoxe de ce roman.

Marc Molk est venu à l’agence le 21 mars dernier.

9782283026113.jpg4e de couverture :

Dans un grand mas provençal, une bande d’amis passe un nouvel été. Les vacances se terminent, la quarantaine est là, l’amitié tire sur la corde. Malgré l’humour et l’ivresse, le désenchantement gagne. Comment échapper à la tristesse des choses auxquelles on ne croit plus ? L’amertume fait-elle de nous des orphelins ?
Sous la familiarité estivale pointent cauchemars et bad trips : quand les peurs et les fantasmes prennent le dessus, voilent les évidences et font vaciller le simple sentiment de réalité.

« Plus tard dans la journée, quand elle sera partie, vous jouerez la première Gnossienne d’Érik Satie, selon votre cœur qui ne bat plus. Vous vous direz que, sans ce romantisme gras et collant au fond de vous, rien n’aurait raté comme cela. Le romantisme, voilà bien ce dont il faudrait expurger le monde. »

Biographie (tiré du site de D-Fictions.fr) :marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandor

Né en 1972, Marc Molk est peintre et écrivain. Il a commencé par abandonner sa thèse en philosophie : La fonction phénoménologique de la représentation picturale, afin de peindre pour de bon. Plusieurs années s’ensuivirent où il fut tour à tour graphiste, surveillant de collège, assistant de galerie et cobaye pour l’industrie pharmaceutique. Après avoir détruit la presque totalité de ses premières toiles, il n’a pas réussi à détruire les suivantes qui ont fait l’objet d’expositions en France et à l’étranger. Il a articulé certaines de ses peintures à des performances, réalisé des vidéos plutôt intimistes et il est l’auteur de Pertes humaines, une fiction expérimentale (Arléa, 2006). Il a participé aux ouvrages collectifs : marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandorCollection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches (Intervalles, 2009) et 100 monuments 100 écrivains / Histoires de France (Patrimoine-CMN, 2009) ainsi qu’à la monographie de Kimiko Yoshida, Là où je ne suis pas (Actes Sud, 2010). Son premier catalogue monographique, Ekphrasis, une peinture en fictions, sort au Label Hypothèse en coédition avec les Éditions D-Fiction pour la version numérique. Aujourd’hui, des expositions collectives ou personnelles lui sont régulièrement consacrées ; la dernière en date, « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer », s’est tenue à l’automne 2012 à la galerie Da End dans le 6e arrondissement de Paris.

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Interview :

En lisant ton livre, j’ai remarqué que tu as de la distance par rapport à ce que tu racontes. Que tu es un peu ironique dans l’observation des gens et plus généralement du monde dans lequel nous vivons.

Je ne sais pas parce que je ne m’en rends pas compte, mais ce qui est certain, c’est que je me sens presque obligé de rire, sinon, j’ai peur d’être rattrapé par l’esprit de sérieux. C’est plus une sorte d’antidote à une certaine mélancolie. J’ai d’ailleurs l’impression que tout le monde est mélancolique sauf qu’il y en a qui le disent et d’autres qui ne le disent pas.

Tu as écrit un livre dramatique, mais il m’est arrivé de sourire franchement.

Je me suis rendu compte qu’il y avait dans mon livre une dimension un peu acide que j’avais sécrétée sans vraiment m’en rendre compte. Je me suis dit que si je voulais aller assez loin dans une sorte de lyrisme et de discours de romantisme et de complaisance subjective et narcissique, sans être illisible tellement c’est insupportable, il fallait que je rajoute comme un trait de citron, comme dans un plat trop gras, donc de l’humour. Cet ingrédient dans la phrase fait passer un certain chaloupement romantique plus large qui sans cela paraitrait mièvre, voire niais. L’acide est comme un passeport pour que mon discours puisse devenir public.

On ne s’ennuie jamais dans ton livre. Il est rythmé et sans fioriture textuel, ce qui est rare dans un livre qui n’est pas un roman d’aventures.marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandor

C’est de l’action intérieure. Je voulais montrer que je pouvais écrire sur 150 pages d’un bloc. Mais au final, comme dans mon premier livre, j’écris toujours par module. Il y a quelque chose qui m’a un peu libéré récemment en lisant le livre de Stephen King Écriture, mémoires d’un métier. Il dit : « En fait, si vous voulez écrire un roman, il ne faut pas que vous ayez en tête, comme brique élémentaire la phrase, mais le paragraphe ». Jusqu’à cette lecture, je pensais le contraire. Moi, j’écris des modules et après je les place.

L’action de ton livre se situe dans un grand mas provençal, un été. Une bande d’amis quarantenaires s’y réunit depuis des années. C’est inspiré de faits et de gens réels.

C’est un mélange. Il n’y a pas d’explication unique. J’ai utilisé certaines personnes comme des marionnettes, j’ai utilisé des souvenirs réels, j’ai changé des prénoms, j’ai rajouté des gens qui n’étaient pas là cet été précis, mais qui auraient dût l’être. Mais enfin, les gens qui sont dans ce roman sont quand même des gens que je connais. Je me suis rendu compte que dès que j’essayais d’imaginer quelque chose, ça sonnait creux pour moi, alors que si je prenais quelqu’un que je connaissais, dans ma tête, je pouvais le mettre dans n’importe quelle situation, je savais comment il allait réagir. Avec des réactions pas du tout téléphonées, mais des réactions originales. J’ai des amis qui ne veulent pas entendre parler du livre, tu sais.

Il faut dire que tu n’épargnes personne.

Personne, mais le narrateur non plus. Et puis ce sont mes amis et ce ne sont pas tout à fait eux.  J’ai une devise : nul n’est à l’abri du prochain manuscrit. Mes amis savent à quoi s’en tenir. Je leur téléphone, je leur demande comment ils veulent que je dissimule leur nom. Les vrais problèmes, je ne les ai pas avec mes amis de plus de 20 ans, mais avec la périphérie, les familles de mes amis qui eux ne savent pas le lien d’amour qu’il y a entre nous. C’est toute la population indirecte qui est très blessée par ce type d’écriture.

marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandorMais ce que tu écris n’a quand même rien à voir avec une Christine Angot par exemple.

Je pense que je suis, dans l’autofiction, très prudent et délicat. J’intègre parfaitement l’idée qu’il y a des choses à cacher. Je me sentirais plus proche de quelqu’un comme Camille Laurens qui ne se sent pas le droit de tout dévoiler.

Que s’est-il passé pour que tu décides d’écrire sur cet été-là ?

D’abord, cet été a bien eu lieu, certes, mais j’ai quand même changé beaucoup de choses. Pour moi, en terme de déniaisement, il y a eu un avant et un après cet été. Je me suis senti plus affranchi après. En fait, dans ce que j’ai raconté, j’ai rassemblé des évènements de plusieurs étés. J’ai mis des choses qui étaient des inquiétudes, soit de mes amis, soit de moi. J’ai fait arriver des choses qui ne sont pas arrivées.

Est-ce qu’il faut assumer un texte de ce type ? Y a-t-il eu des conséquences concrètes ?

Le livre, c’est comme un statut Facebook. Les gens l’interprètent et sur la quantité de gens qui le lisent, il y a toutes les réactions. Il y a le fasciste de droite, le fasciste de gauche qui arrive en croyant savoir ce que tu penses, ce que tu as fait et qui te condamne soit au goulag, soit à la chaise électrique. Tu as les amis qui t’interrogent en message privé pour te demander pourquoi tu as écrit ci ou ça. Écrire un texte s’assume dans le sens où on essaie de répondre au coup par coup à chaque interrogation exprimée. Mais j’ai remarqué que plus on répond, plus le malentendu grandit…

Oui, c’est compliqué.

En plus, moi, je suis plus sur la mise en scène des discours. Je ne suis pas certain d’avoir un corpus dans une armoire (j’ouvre mon armoire normande, voilà ce que je pense, je regarde et je referme). Ca change, j’évolue, je réfléchis. Au fond, je ne peux pas dire ce que je pense. Par contre quand je vois un discours qui a une force, une esthétique, je me dis « récupération ». J’attribue ce discours à un personnage pour qui il est le plus est cohérent. Les idées que j’exprime ne sont pas nécessairement mes idées. Ce sont juste des idées stimulantes. C’est une razzia sur l’intensité.

marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandorLa structure de ton livre a changé en cours d’écriture.

Au début, mon texte avait la forme d’un quizz Marie Claire. Ca commençait par une question et il y a avait trois choix de réactions à la situation. J’ai abandonné cette forme parce que j’avais l’impression d’écrire « un livre dont vous êtes le héros ». Je voulais rester dans la métaphore du quizz de l’été. Ca ne fonctionnait pas trop, je ne voulais pas rentrer dans quelques choses d’extrêmement complexe.

Tu as travaillé longtemps pour que ton texte trouve sa forme souhaitée ?

J’ai travaillé sur une longue durée. À peu près deux ans, alors que j’avais déjà la masse du texte. En fait, il a été polit longtemps.

Tu analyses un peu la bassesse de la vie quotidienne, les petites lâchetés de chacun. Il y a aussi des considérations sur l’acte sexuel. Il n’y a rien d’anodin dans ce livre.

En fait, j’avais une angoisse quand je mettais des passages... comment dire ?  Non pas sociologiques, mais un peu théoriques. J’avais peur de tomber dans la gravitation de Houellebecq. C’est lui qui a imposé la possibilité d’inclure des intermèdes théoriques dans une fiction. Je ne voulais pas de juxtapositions abruptes, donc ces théories sont intégrées soit à travers des lettres, soit à travers des discours de personnage. Au final, je pense que c’était important pour la consistance du texte.

La disparition du monde réel est une expression prise à Jean Baudrillard.marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandor

Il y a cette idée d’un narrateur qui s’est décollée de la sensation de réalité. C’est peut-être de la dépression, je n’en sais rien. Tout lui paraît plus ou moins en toc. Il continue de vivre, mais avec un léger décalage.

Tu aimes mettre un coup de pied dans la fourmilière dans les arts que tu pratiques, la peinture et l’écriture.

Beaucoup des réflexions sur la création que j’ai pu utiliser dans l’écriture me viennent de réflexions sur la peinture. Je me suis rendu compte qu’en fait, les questions sur la création sont transversales. Tout ce qu’on peut avoir dans la tête va conditionner ce que l’on fait.  Au début, à 20 ans, je voulais faire quelque chose de totalement neuf, je voulais révolutionner l’Histoire de la peinture! Lentement, ça a été remplacé dans ma tête par un impératif d’idiosyncrasie. Idiosyncrasie est un mot un peu laid et en même temps intéressant. On reconnait le mot « idiot » et donc, d’une certaine manière, ça rend humble. L’idiosyncrasie, c’est ce qui touche à notre singularité propre. Chacun de nous est unique, j’ai donc souhaité le plus possible être une personne singulière.

marc molk,la disparition du monde réel,interview,mandorPourquoi, toi qui as une certaine notoriété dans le monde de la peinture, t’es-tu lancé dans l’écriture aussi ?

En fait, j’ai fait des études de Lettres. Je savais que je voulais être peintre depuis petit, mais dans ma famille, il fallait nécessairement faire des études supérieures. J’ai fait Khâgne et Hypokhâgne. Je suis allé jusqu’en thèse de philo, mais je n’ai pas soutenu ma thèse. Après, je me suis retrouvé à l’armée, enfin, j’ai trouvé un moyen de me faire réformer en allant à l’hôpital psychiatrique. Bref, tout ce qui était littérature était quand même dans mon ADN. Plus tard, j’ai épousé une jeune fille qui écrit aussi, qui est même romancière, Eloïse Lièvre (mandorisée ici). Une Normalienne très portée sur la littérature. On avait tous les deux beaucoup de discussion sur ce sujet et un été, quand j’ai écrit mon premier roman, Pertes humaines, je l’ai envoyé à des éditeurs, comme une sorte de jeu, et en fait, contre toute attente,  il a été publié. Ensuite, c’est un engrenage.

Tu n’es pas le premier peintre qui écrit aussi, il me semble.

Il y en a même énormément. Parmi les plus connus Picasso, qui a écrit des pièces de théâtre, le Douanier Rousseau aussi, on connait les lettres de Van Gogh, il y a des écrits magnifiques de Matisse, il y a je ne sais pas combien de volumes de Dubuffet, le journal de Delacroix est énorme. Il y aurait quelque chose à faire sur les écrits de peintres. Bref, je ne suis en rien original de ce côté-là.

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19 avril 2013

Florent Mothe : interview pour son premier album Rock In Chair

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Florent Mothe vient de sortir son premier album, Rock In Chair, après l’aventure Mozart, l’opéra rock. Je l’ai rencontré pour Le magazine des loisirs culturels Auchan daté d’avril-mai 2013.

Florent Mothe est le chanteur de variété française qui monte. Son album, à peine sorti, se vend déjà très bien. Chez Warner, on se frotte les mains…

La voix unique de Florent Mothe se démarque de ce que l’on peut entendre habituellement en variété française. Les titres, tous en français, sonnent parfois comme de la pop britannique.

Jérôme Attal, Dove Attia, Ycare et Vincent Baguian (tous mandorisés) sont quelques-uns des auteurs présents sur ce disque.

Le chanteur est venu à l’agence le 15 mars dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune homme est extrêmement poli, sympathique et avenant.

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Le clip de "Je ne sais pas"

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Petit rappel : le premier grand succès de Florent Mothe, "L'assasymphonie", tiré de Mozart, l'opéra rock.

18 avril 2013

Emilie Marsh : interview pour La rime orpheline

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(Photo : Tristan Sébenne) 

Émilie Marsh a sorti le 25 mars dernier un album plein d’énergie et de poésie.

La pétillante fille aux cheveux rouges, qui passe sa vie à chanter, va pouvoir être entendue d’un plus large public. « La rime orpheline » est le 1er album en sortie nationale d’Émilie Marsh, financé aussi grâce au soutien de 87 membres du site participatif Ulule le 15 novembre 2012.

J’ai découvert la jeune femme au Pic d’Or de l’année dernière. Elle était accompagnée d’Étienne Champollion, son musicien/arrangeur et j’avais beaucoup apprécié leur prestation.

Une mandorisation s’imposait.

Le 18 mars dernier, Émilie Marsh est venue à l’agence.

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorBiographie officielle un peu traficotée:

Douceur qui désarme, audace qui désarçonne. Une présence, une voix qui sourit. Qui raconte, questionne. Une chanson symphonique, une pop lumineuse. Émilie Marsh.

À ses côtés, l’homme-orchestre Étienne Champollion (piano, guitare, accordéon, vibraphone, carillons en tous genres et instruments jouets). Un magicien. Arrangeur-architecte.

Émilie Marsh c’est un goût de la rencontre artistique, du mélange des genres où la chanson se confronte à une orchestration classique.

On a déjà pu voir le duo en première partie de bon nombre d’artistes.

Prix de l’Adami et Prix Edito-Musiques lors du tremplin Vive la reprise !, Premier prix jeunes talents de Châtillon (92), Prix de la musique SACEM du Pic d’or de Tarbes, Second Prix lors de la Truffe de Périgueux...

La rime orpheline, son premier album vient de sortir.

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Interview :

Quand je t’ai vu la première fois sur scène, à Tarbes au Pic d’Or de l’année dernière, j’ai tout de suite compris que tu avais été musicienne de formation. 

J’ai d’abord appris le piano et la musique dans une école de musique, puis très vite, ayant trouvé que les cours étaient un peu rébarbatifs, j’ai continué toute seule. J’avais envie de faire de la musique qui me plaisait.

Ce qui est bien, c’est que tu as de solides notions musicales.

Oui, surtout grâce au conservatoire de musique actuelle d’Aix en Provence. Là, tu fais du rock et de la chanson. Il y avait aussi des ateliers d’écriture. Ce n’est pas la même approche qu’en classique où tu as de la théorie et tu l’appliques après. Là, ça part vraiment de ta sensation, ton écoute et tu dois retranscrire ce que tu entends… au niveau outil, c’était chouette.

J’imagine que les ateliers de texte t’ont particulièrement intéressée…

Oui. Avant la musique, j’ai écrit des textes. Depuis que je suis gamine, j’écris plein de trucs. Des histoires, des poèmes, des projets de livre qui n’ont jamais abouti. C’est ensuite qu’en parallèle, j’ai commencé la musique. Un jour, j’ai allié les deux. Mais, je me suis rendu compte que ce que je préférais, c’est d’écrire des chansons.

Clip de "Je n'oserai jamais".

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorTu travailles avec Étienne Champollion depuis 2006. J’ai du mal à vous dissocier.

On se connait depuis que l’on a 15 piges. Quand on était ado, on avait participé à un concours de poésie nationale, « Poésie en liberté ». Nous étions lauréats tous les deux. Quelques années plus tard, on a décidé de faire de la musique ensemble. Émilie Marsh, c’est un projet qui est à mon nom, mais on toujours bossé ensemble. Ce qui est bien, c’est que tout est très clair entre nous. Il n’y a jamais de problèmes d’ego. J’écris textes et musiques et lui fait les arrangements. J’avais besoin d’écrire des choses en mon nom et les porter moi-même.

On entend parler de plus en plus de toi ces derniers temps, mais tu es sur scène un peu partout et très souvent depuis de 2006…

Oui, avec ce projet-là. Sinon, je faisais partie d’un groupe de pop rock quand j’étais au lycée. Je ne chantais pas encore, je jouais juste de la guitare et j’écrivais les chansons. Quand le groupe s’est séparé, j’ai décidé de chanter moi-même.

Tu n’as jamais fait de scène seule ?

Si, au tout début, mais en effet, pas très longtemps. Pendant un an, j’étais en piano-voix ou guitare-voix. Avec Étienne, on a essayé plein de formations. On a joué à trois, quatre, dix même pour un projet particulier… on est retourné en duo depuis deux ans. On s’est rendu compte que c’était finalement la bonne formule.

Vous avez fait bon nombre de concours, de tremplins musicaux… et parfois même, vous les remportez.

Sur scène, on est beaucoup plus fort et confiant quand on est tous les deux. Comme c’était l’année où on allait sortir l’album, c’était l’année où il fallait qu’on nous voie. S’exposer, se montrer aide à faire connaître le projet.

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(Photo : Tristan Sébenne)

Cet album est une belle carte de visite.

Oui, même si à l’heure actuelle, on existe beaucoup plus par la scène. Une sortie nationale d’un album te permet de te donner une meilleure visibilité.

Tu consacres ta vie à la musique.

Avec Étienne, on est intermittent depuis deux ans, donc on vit de la musique. C’est déjà un énorme palier franchi parce qu’il n’était pas évident.

Plusieurs chansons de ton album m’ont interpellé parce qu’elles ont des thèmes communs. Le doute, le non-passage à l’acte immédiat.

Mes chansons tournent beaucoup autour du manque, de l’absence, de la tension du désir.

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorIl y a une chanson qui s’appelle « Audace ». Cet album est audacieux. Tu dis les choses clairement, sans passer par différents filtres.

Mes chansons sont directes, mais en même temps, il y a des détours. J’aime le fait d’évoquer, de suggérer…

Il y a une chanson sur la transsexualité, Lady Boy.

Oui, celle-là est assez frontale, en effet. C’est une chanson très pop, que tout le monde peut chanter, toutes générations confondues. Les enfants l’adorent d’ailleurs, même si je sais qu’ils ne captent pas du tout le propos original. Une musique légère et des propos importants…  J’aime travailler ce genre de contraste.

Est-ce que cet album est impudique ?

Quelle drôle de question ! Ce disque dit pas mal de chose, mais je trouve que j’ai suggéré malgré un aspect qui peut paraître un peu frontal. Tu sais, dans cet album, je me déplace. Ce ne sont pas forcément des histoires que j’ai eues ou des gens que j’ai connus, mais ce sont des choses qui m’ont touché à un moment donné.

C’est bien de s’inventer son monde.

Ce sont forcément des choses qui ont résonné en nous en tout cas.

Le clip de "Vanille".

Dans « Vanille », la jeune femme qui chante est jalouse de son amoureuse.

En fait, c’est une personne qui attend que l’autre la regarde. Vanille, c’est l’image de la fille libertine et libre qui mène les autres en bateau. La personne que je chante est à la fois dans une souffrance et dans un désir de la garder. Quand on veut garder quelqu’un, malheureusement, on est prêt à accepter des choses qui ne nous ressemblent pas forcément, des choses qui peuvent blesser.

Ça fait du bien d’expulser des choses personnelles dans ses chansons ?

Je ne peux pas faire autrement, en fait.  Parfois, je suis obligé de dire les choses telles qu’elles sont, même si, je le répète, parfois j’emprunte des chemins de traverse pour les exprimer.

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17 avril 2013

Tatiana de Rosnay : interview pour A l'encre russe

021 Tatiana De Rosnay © David Ignaszewski-koboy.jpg

DSC07296.JPGTatiana de Rosnay est l’auteur français le plus lu en Europe et aux États-Unis. Sa belle aventure littéro-planétaire a débuté avec Elle s’appelait Sarah. En 2007, elle devient une star des lettres grâce à ce roman vendu à plus de 9 millions d’exemplaires dans 42 pays. Son douzième roman A l’encre russe  a pour origine une mésaventure subie par la romancière elle-même. Dans une très belle mise en abîme, ce livre raconte l’histoire d’un jeune homme, Nicolas Kolt qui, au moment de refaire sa pièce d’identité, découvre la véritable origine de son père mort en mer. À partir de cet événement, il va écrire un roman au succès planétaire. A l’encre russe vaut tant pour son intrigue que pour sa description du milieu littéraire.

J’ai beaucoup d’affection pour Tatiana de Rosnay et cela fait maintenant quelques années que nous nous connaissons. Je l’ai mandorisé de nombreuses fois.

Pour la sortie d’Elle s’appelait Sarah, pour une rencontre à la Fnac Val d’Europe à l’occasion de la sortie de Boomerang, pour une émission de télé sur le web, pour une projection privée d’Elle appelait Sarah, pour une rencontre avec des élèves de Provins et pour un Coca Light au soleil pour évoquer la sortie de La mémoire des murs.

Et, c'est elle qui a eu la gentillesse de préfacer mon livre, Les chroniques de Mandor.

Voici donc notre dernière rencontre. C’était le 19 mars dernier dans un bar situé près de chez elle. Une interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois d’avril-mai 2013)

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Le 19 mars dernier dans un bar parisien après l'interview...

10 avril 2013

Sarah Zeppilli: interview pour son EP.

Sarah Zeppillli

J’ai reçu récemment, un EP pop élégant contenant des chansons légères (ou un peu moins). Interprétées par une voix douce, sensuelle même. Des histoires qu’on devine parfois personnelles, mais qui tendent vers l’universel. Entre délicatesse et douce nostalgie. Je ne voulais pas que vous passiez à côté, alors j’ai demandé à Sarah Zeppilli de venir à l’agence avant son concert aux Trois Baudets, le 24 avril prochain.

L'interview s'est tenue le 6 mars dernier.

sarah zeppillliBiographie :

Après un parcours  atypique (école de communication, cours de théâtre, petits boulots divers, passage en agence de pub...), Sarah Zeppilli décide de ne se consacrer qu'à l'écriture et à la musique. Le voyage commence en Inde où elle prend ses premiers cours de chant (2002). Puis en rentrant de ce voyage de 3 mois, la chanteuse lyrique Cécile Leray lui fait découvrir son instrument, le souffle, la technique vocale. Ensuite à travers le Brésil en participant aux ateliers de l’exubérante chanteuse Monica Passos. La carrière musicale de Sarah Zeppilli peut commencer.

Quelques années après, on a pu découvrir sa voix à l’occasion de diverses collaborations musicales : bandes originales de films ( Une aventure new-yorkaise d’Olivier Lécot, Le petit marin de Stéphanie Vasseur), nombreuses musiques de pub et collaborations d’album (Diassibo Tchombiano, Orwell). Aujourd’hui, c’est avec un projet personnel ambitieux de chansons intimes qu’elle nous offre les clés de son univers.

sarah zeppillli

Interview :

Tu as eu deux grands-parents musiciens de jazz. Tu as commencé à chanter du jazz. Ça te paraissait naturel d’aller vers ce que tu connaissais ?

Oui, c’était un gout personnel et commencer par ce que l’on connait bien me paraissait logique. Mon côté artistique s’est d’abord exprimé par le théâtre, mais, bon, j’étais une piètre comédienne. C’est en allant voir des concerts que je me suis dit : « mais quel bonheur ce doit être d’être sur scène et de chanter ». Ça m’a paru plus intense que de jouer la comédie. En plus j’adorais chanter… depuis toujours. Je saoulais mon entourage à chanter constamment.

A un moment, il fallait que des professionnels t’aiguillent un peu ?

J’ai toujours fait des choses qui tournaient autour de la conscience du corps parce que chanter c’est beaucoup avoir conscience de son corps, conscience de ce qu’il se passe physiquement. En faisant du théâtre, on faisait beaucoup de relaxation, aujourd’hui, je fais beaucoup de yoga.

Oui, parce que la voix, ce n’est pas que la gorge.

Ce n’est surtout pas la gorge. Tout ça, c’est un masque, il y a des résonateurs.  Enfin, c’est un peu trop abstrait pour que je puisse t’expliquer ici, mais c’est passionnant d’aller à la découverte de ce processus. C’est important d’être guidé par quelqu’un qui a conscience de tout ça.

sarah zeppillli

Ta voix, tu as intérêt à savoir t’en servir. Tu es aussi comédienne voix. Tu fais beaucoup de publicités. (Vous pouvez en écouter certaines là !)

Je fais plein de voix pour la radio, la télé, des répondeurs téléphoniques. J’adore cette activité.

Tu as déjà sorti un EP en 2008, Chansons polaroïds, mais tu ne revendiques pas ce disque comme tel.

C’était juste des maquettes qui ont été masterisées par Discograph pour un concours qui s’appelait « En français dans le texte », que j’ai remporté. Après, j’ai fait des featurings pour d’autres albums. Ça fait un moment que je tourne, mais ce disque est vraiment le premier pour moi.

Tu fais aussi de la musique de film.

Oui, pour le moment pour deux courts-métrage et un long métrage. Un long métrage d’Olivier Lécot, Une aventure New Yorkaise. Un joli film qui est passé sur Arte. On a bossé avec Timothée Régnier, que l’on connait maintenant sous le pseudonyme de Rover. D’ailleurs, sa chanson « Aqualast », la première fois qu’elle est sortie, c’était sur la bande originale de ce film. Sur cet album, je chante deux chansons avec son frère. Lui, accompagne désormais Barbara Carlotti.

Tu travailles seule pour composer ?

Oui parfois. Et parfois, il y a certaines chansons qui sont co-composées. Je connais mes limites, même si j’essaie toujours d’aller au-delà.

Sarah Zeppilli en concert aux Trois Baudets le 24 avril 2013

sarah zeppillliJe trouve que tu as un sens prononcé de la mélodie.

Pour moi, c’est hyper important. Les premières chansons que j’ai composées, je les ai composées en chantant, sans instrument. Souvent, la mélodie vient en premier. Il m’arrive de voir mes musiciens, je chante un truc et ils me posent des accords dessus.

Il y a un orchestre de 30 cordes dans ton disque. C’est énorme.

Oui, j’ai fait un appel à contributions à mes proches et une personne à financé l’orchestre de 30 cordes. Merci à elle !

Tu as un joli univers, musicalement mélancolique.

Je revendique cet aspect mélancolique même si chaque personne à plein de facettes. Je chante avec une certaine douceur et une joie de vivre.

Cet EP, c’est pour dire : voilà ce que je suis capable de faire ?

Oui, même si le résultat final sera l’album qui est presque terminé. Je l’autoproduis donc ça prend du temps. Il manque une chanson et il nous reste tout à mixer. Je me suis entourée de deux musiciens pour le réaliser: David Berland, et Pascal Rodde. J’ai eu la chance de pouvoir bosser avec Philippe Entressangle (Cali, Keren Ann, Olivia Ruiz) à la batterie, Franck Bedèze pour les basses/ contrebasses ou Julien Chirol ( Feist) pour les cuivres avec Nicolas Giraud .

Enregistrement du 1er album de Sarah Zeppilli

Les gens qui l’ont écouté ont l’air d’avoir été charmés par ces chansons.

On ne peut pas plaire à tout le monde, mais c’est vrai que les premières appréciations lues sur Internet sont encourageantes. Nous sommes nombreux à faire ce métier et à le faire bien, alors c’est rassurant de lire des choses positives.

Tu produis cet album seule, il faut le préciser.

Oui. Après tu n’as pas les mêmes moyens pour la promo qu’un label. En même temps, parfois, tu signes sur un label et le disque ne sort pas. Au moins, là, je suis maître à 100%. J’ai un éditeur qui me soutient. Une autre personne qui s’occupe un peu de moi, un peu manager. Sinon, je suis un peu toute seule en effet.

Les musiciens et réalisateurs ont été généreux avec toi.

Oui, je me sens d’ailleurs redevable. Ce disque doit exister. On doit en parler. Ne serait-ce que pour les musiciens qui se sont engagés dessus. David Berland, par exemple, s’est donné jour et nuit durant plusieurs semaines, plusieurs mois même. Ça me met une petite pression supplémentaire et en même temps ça me booste.

Clip non officiel de "J'avais oublié Paris".

sarah zeppillliTu aimes la scène, plus que tout.

Oui, j’ai envie de parcourir la France entière. Ce n’est pas facile, surtout quand tu as un répertoire comme le mien. Assez doux. J’avoue que je ne fais pas danser les gens en concert, par contre, je les fais chanter.

Comment convaincre le public, dans cette masse d’artistes talentueux qui existent, d’aller à la découverte de ton œuvre ?

On est tous différents avec un univers différent à offrir. Plus tu es conscient de ce que tu as à proposer, plus tu es limpide, plus les gens eux-mêmes y voient clair. Il faut les happer, les charmer.

Tes origines italiennes viennent de ton grand-père qui était italien. Tu te sens un peu italienne ?

Oui.

Dans quoi ?

Dans l’appétit. Dans l’appétit de la vie et des pâtes (rires). Plus sérieusement, je me sens italienne dans ma méridionalité, dans mon besoin de soleil, dans mon envie de famille, d’être avec mes amis, dans une envie de tribu.

Tu as besoin d’être entourée tout le temps ?

Non, j’ai besoin d’un équilibre entre ma solitude et être proche des gens que j’aime. J’adore être seule et j’ai besoin des autres aussi.

Tu chantes pour donner du bonheur aux autres ?

Oui. Et j’ai aussi besoin de raconter des histoires qui partent toujours d’une émotion que je ressens. Elles peuvent être liées à des choses extérieures qui me touchent ou à des choses que je vis. Ensuite, l’imaginaire s’en mêle. Après, je me permets de relier les choses qui ne sont pas forcément liées ma propre vie. Ensuite, j’ai envie de partager les émotions et j’ai envie de faire naître d’autres émotions chez les gens. C’est une façon de leur parler.

sarah zeppillli

sarah zeppillli