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18 avril 2013

Emilie Marsh : interview pour La rime orpheline

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(Photo : Tristan Sébenne) 

Émilie Marsh a sorti le 25 mars dernier un album plein d’énergie et de poésie.

La pétillante fille aux cheveux rouges, qui passe sa vie à chanter, va pouvoir être entendue d’un plus large public. « La rime orpheline » est le 1er album en sortie nationale d’Émilie Marsh, financé aussi grâce au soutien de 87 membres du site participatif Ulule le 15 novembre 2012.

J’ai découvert la jeune femme au Pic d’Or de l’année dernière. Elle était accompagnée d’Étienne Champollion, son musicien/arrangeur et j’avais beaucoup apprécié leur prestation.

Une mandorisation s’imposait.

Le 18 mars dernier, Émilie Marsh est venue à l’agence.

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorBiographie officielle un peu traficotée:

Douceur qui désarme, audace qui désarçonne. Une présence, une voix qui sourit. Qui raconte, questionne. Une chanson symphonique, une pop lumineuse. Émilie Marsh.

À ses côtés, l’homme-orchestre Étienne Champollion (piano, guitare, accordéon, vibraphone, carillons en tous genres et instruments jouets). Un magicien. Arrangeur-architecte.

Émilie Marsh c’est un goût de la rencontre artistique, du mélange des genres où la chanson se confronte à une orchestration classique.

On a déjà pu voir le duo en première partie de bon nombre d’artistes.

Prix de l’Adami et Prix Edito-Musiques lors du tremplin Vive la reprise !, Premier prix jeunes talents de Châtillon (92), Prix de la musique SACEM du Pic d’or de Tarbes, Second Prix lors de la Truffe de Périgueux...

La rime orpheline, son premier album vient de sortir.

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Interview :

Quand je t’ai vu la première fois sur scène, à Tarbes au Pic d’Or de l’année dernière, j’ai tout de suite compris que tu avais été musicienne de formation. 

J’ai d’abord appris le piano et la musique dans une école de musique, puis très vite, ayant trouvé que les cours étaient un peu rébarbatifs, j’ai continué toute seule. J’avais envie de faire de la musique qui me plaisait.

Ce qui est bien, c’est que tu as de solides notions musicales.

Oui, surtout grâce au conservatoire de musique actuelle d’Aix en Provence. Là, tu fais du rock et de la chanson. Il y avait aussi des ateliers d’écriture. Ce n’est pas la même approche qu’en classique où tu as de la théorie et tu l’appliques après. Là, ça part vraiment de ta sensation, ton écoute et tu dois retranscrire ce que tu entends… au niveau outil, c’était chouette.

J’imagine que les ateliers de texte t’ont particulièrement intéressée…

Oui. Avant la musique, j’ai écrit des textes. Depuis que je suis gamine, j’écris plein de trucs. Des histoires, des poèmes, des projets de livre qui n’ont jamais abouti. C’est ensuite qu’en parallèle, j’ai commencé la musique. Un jour, j’ai allié les deux. Mais, je me suis rendu compte que ce que je préférais, c’est d’écrire des chansons.

Clip de "Je n'oserai jamais".

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorTu travailles avec Étienne Champollion depuis 2006. J’ai du mal à vous dissocier.

On se connait depuis que l’on a 15 piges. Quand on était ado, on avait participé à un concours de poésie nationale, « Poésie en liberté ». Nous étions lauréats tous les deux. Quelques années plus tard, on a décidé de faire de la musique ensemble. Émilie Marsh, c’est un projet qui est à mon nom, mais on toujours bossé ensemble. Ce qui est bien, c’est que tout est très clair entre nous. Il n’y a jamais de problèmes d’ego. J’écris textes et musiques et lui fait les arrangements. J’avais besoin d’écrire des choses en mon nom et les porter moi-même.

On entend parler de plus en plus de toi ces derniers temps, mais tu es sur scène un peu partout et très souvent depuis de 2006…

Oui, avec ce projet-là. Sinon, je faisais partie d’un groupe de pop rock quand j’étais au lycée. Je ne chantais pas encore, je jouais juste de la guitare et j’écrivais les chansons. Quand le groupe s’est séparé, j’ai décidé de chanter moi-même.

Tu n’as jamais fait de scène seule ?

Si, au tout début, mais en effet, pas très longtemps. Pendant un an, j’étais en piano-voix ou guitare-voix. Avec Étienne, on a essayé plein de formations. On a joué à trois, quatre, dix même pour un projet particulier… on est retourné en duo depuis deux ans. On s’est rendu compte que c’était finalement la bonne formule.

Vous avez fait bon nombre de concours, de tremplins musicaux… et parfois même, vous les remportez.

Sur scène, on est beaucoup plus fort et confiant quand on est tous les deux. Comme c’était l’année où on allait sortir l’album, c’était l’année où il fallait qu’on nous voie. S’exposer, se montrer aide à faire connaître le projet.

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(Photo : Tristan Sébenne)

Cet album est une belle carte de visite.

Oui, même si à l’heure actuelle, on existe beaucoup plus par la scène. Une sortie nationale d’un album te permet de te donner une meilleure visibilité.

Tu consacres ta vie à la musique.

Avec Étienne, on est intermittent depuis deux ans, donc on vit de la musique. C’est déjà un énorme palier franchi parce qu’il n’était pas évident.

Plusieurs chansons de ton album m’ont interpellé parce qu’elles ont des thèmes communs. Le doute, le non-passage à l’acte immédiat.

Mes chansons tournent beaucoup autour du manque, de l’absence, de la tension du désir.

emilie marsh,la rime orpheline,interview etienne champollion,mandorIl y a une chanson qui s’appelle « Audace ». Cet album est audacieux. Tu dis les choses clairement, sans passer par différents filtres.

Mes chansons sont directes, mais en même temps, il y a des détours. J’aime le fait d’évoquer, de suggérer…

Il y a une chanson sur la transsexualité, Lady Boy.

Oui, celle-là est assez frontale, en effet. C’est une chanson très pop, que tout le monde peut chanter, toutes générations confondues. Les enfants l’adorent d’ailleurs, même si je sais qu’ils ne captent pas du tout le propos original. Une musique légère et des propos importants…  J’aime travailler ce genre de contraste.

Est-ce que cet album est impudique ?

Quelle drôle de question ! Ce disque dit pas mal de chose, mais je trouve que j’ai suggéré malgré un aspect qui peut paraître un peu frontal. Tu sais, dans cet album, je me déplace. Ce ne sont pas forcément des histoires que j’ai eues ou des gens que j’ai connus, mais ce sont des choses qui m’ont touché à un moment donné.

C’est bien de s’inventer son monde.

Ce sont forcément des choses qui ont résonné en nous en tout cas.

Le clip de "Vanille".

Dans « Vanille », la jeune femme qui chante est jalouse de son amoureuse.

En fait, c’est une personne qui attend que l’autre la regarde. Vanille, c’est l’image de la fille libertine et libre qui mène les autres en bateau. La personne que je chante est à la fois dans une souffrance et dans un désir de la garder. Quand on veut garder quelqu’un, malheureusement, on est prêt à accepter des choses qui ne nous ressemblent pas forcément, des choses qui peuvent blesser.

Ça fait du bien d’expulser des choses personnelles dans ses chansons ?

Je ne peux pas faire autrement, en fait.  Parfois, je suis obligé de dire les choses telles qu’elles sont, même si, je le répète, parfois j’emprunte des chemins de traverse pour les exprimer.

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