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10 avril 2013

Sarah Zeppilli: interview pour son EP.

Sarah Zeppillli

J’ai reçu récemment, un EP pop élégant contenant des chansons légères (ou un peu moins). Interprétées par une voix douce, sensuelle même. Des histoires qu’on devine parfois personnelles, mais qui tendent vers l’universel. Entre délicatesse et douce nostalgie. Je ne voulais pas que vous passiez à côté, alors j’ai demandé à Sarah Zeppilli de venir à l’agence avant son concert aux Trois Baudets, le 24 avril prochain.

L'interview s'est tenue le 6 mars dernier.

sarah zeppillliBiographie :

Après un parcours  atypique (école de communication, cours de théâtre, petits boulots divers, passage en agence de pub...), Sarah Zeppilli décide de ne se consacrer qu'à l'écriture et à la musique. Le voyage commence en Inde où elle prend ses premiers cours de chant (2002). Puis en rentrant de ce voyage de 3 mois, la chanteuse lyrique Cécile Leray lui fait découvrir son instrument, le souffle, la technique vocale. Ensuite à travers le Brésil en participant aux ateliers de l’exubérante chanteuse Monica Passos. La carrière musicale de Sarah Zeppilli peut commencer.

Quelques années après, on a pu découvrir sa voix à l’occasion de diverses collaborations musicales : bandes originales de films ( Une aventure new-yorkaise d’Olivier Lécot, Le petit marin de Stéphanie Vasseur), nombreuses musiques de pub et collaborations d’album (Diassibo Tchombiano, Orwell). Aujourd’hui, c’est avec un projet personnel ambitieux de chansons intimes qu’elle nous offre les clés de son univers.

sarah zeppillli

Interview :

Tu as eu deux grands-parents musiciens de jazz. Tu as commencé à chanter du jazz. Ça te paraissait naturel d’aller vers ce que tu connaissais ?

Oui, c’était un gout personnel et commencer par ce que l’on connait bien me paraissait logique. Mon côté artistique s’est d’abord exprimé par le théâtre, mais, bon, j’étais une piètre comédienne. C’est en allant voir des concerts que je me suis dit : « mais quel bonheur ce doit être d’être sur scène et de chanter ». Ça m’a paru plus intense que de jouer la comédie. En plus j’adorais chanter… depuis toujours. Je saoulais mon entourage à chanter constamment.

A un moment, il fallait que des professionnels t’aiguillent un peu ?

J’ai toujours fait des choses qui tournaient autour de la conscience du corps parce que chanter c’est beaucoup avoir conscience de son corps, conscience de ce qu’il se passe physiquement. En faisant du théâtre, on faisait beaucoup de relaxation, aujourd’hui, je fais beaucoup de yoga.

Oui, parce que la voix, ce n’est pas que la gorge.

Ce n’est surtout pas la gorge. Tout ça, c’est un masque, il y a des résonateurs.  Enfin, c’est un peu trop abstrait pour que je puisse t’expliquer ici, mais c’est passionnant d’aller à la découverte de ce processus. C’est important d’être guidé par quelqu’un qui a conscience de tout ça.

sarah zeppillli

Ta voix, tu as intérêt à savoir t’en servir. Tu es aussi comédienne voix. Tu fais beaucoup de publicités. (Vous pouvez en écouter certaines là !)

Je fais plein de voix pour la radio, la télé, des répondeurs téléphoniques. J’adore cette activité.

Tu as déjà sorti un EP en 2008, Chansons polaroïds, mais tu ne revendiques pas ce disque comme tel.

C’était juste des maquettes qui ont été masterisées par Discograph pour un concours qui s’appelait « En français dans le texte », que j’ai remporté. Après, j’ai fait des featurings pour d’autres albums. Ça fait un moment que je tourne, mais ce disque est vraiment le premier pour moi.

Tu fais aussi de la musique de film.

Oui, pour le moment pour deux courts-métrage et un long métrage. Un long métrage d’Olivier Lécot, Une aventure New Yorkaise. Un joli film qui est passé sur Arte. On a bossé avec Timothée Régnier, que l’on connait maintenant sous le pseudonyme de Rover. D’ailleurs, sa chanson « Aqualast », la première fois qu’elle est sortie, c’était sur la bande originale de ce film. Sur cet album, je chante deux chansons avec son frère. Lui, accompagne désormais Barbara Carlotti.

Tu travailles seule pour composer ?

Oui parfois. Et parfois, il y a certaines chansons qui sont co-composées. Je connais mes limites, même si j’essaie toujours d’aller au-delà.

Sarah Zeppilli en concert aux Trois Baudets le 24 avril 2013

sarah zeppillliJe trouve que tu as un sens prononcé de la mélodie.

Pour moi, c’est hyper important. Les premières chansons que j’ai composées, je les ai composées en chantant, sans instrument. Souvent, la mélodie vient en premier. Il m’arrive de voir mes musiciens, je chante un truc et ils me posent des accords dessus.

Il y a un orchestre de 30 cordes dans ton disque. C’est énorme.

Oui, j’ai fait un appel à contributions à mes proches et une personne à financé l’orchestre de 30 cordes. Merci à elle !

Tu as un joli univers, musicalement mélancolique.

Je revendique cet aspect mélancolique même si chaque personne à plein de facettes. Je chante avec une certaine douceur et une joie de vivre.

Cet EP, c’est pour dire : voilà ce que je suis capable de faire ?

Oui, même si le résultat final sera l’album qui est presque terminé. Je l’autoproduis donc ça prend du temps. Il manque une chanson et il nous reste tout à mixer. Je me suis entourée de deux musiciens pour le réaliser: David Berland, et Pascal Rodde. J’ai eu la chance de pouvoir bosser avec Philippe Entressangle (Cali, Keren Ann, Olivia Ruiz) à la batterie, Franck Bedèze pour les basses/ contrebasses ou Julien Chirol ( Feist) pour les cuivres avec Nicolas Giraud .

Enregistrement du 1er album de Sarah Zeppilli

Les gens qui l’ont écouté ont l’air d’avoir été charmés par ces chansons.

On ne peut pas plaire à tout le monde, mais c’est vrai que les premières appréciations lues sur Internet sont encourageantes. Nous sommes nombreux à faire ce métier et à le faire bien, alors c’est rassurant de lire des choses positives.

Tu produis cet album seule, il faut le préciser.

Oui. Après tu n’as pas les mêmes moyens pour la promo qu’un label. En même temps, parfois, tu signes sur un label et le disque ne sort pas. Au moins, là, je suis maître à 100%. J’ai un éditeur qui me soutient. Une autre personne qui s’occupe un peu de moi, un peu manager. Sinon, je suis un peu toute seule en effet.

Les musiciens et réalisateurs ont été généreux avec toi.

Oui, je me sens d’ailleurs redevable. Ce disque doit exister. On doit en parler. Ne serait-ce que pour les musiciens qui se sont engagés dessus. David Berland, par exemple, s’est donné jour et nuit durant plusieurs semaines, plusieurs mois même. Ça me met une petite pression supplémentaire et en même temps ça me booste.

Clip non officiel de "J'avais oublié Paris".

sarah zeppillliTu aimes la scène, plus que tout.

Oui, j’ai envie de parcourir la France entière. Ce n’est pas facile, surtout quand tu as un répertoire comme le mien. Assez doux. J’avoue que je ne fais pas danser les gens en concert, par contre, je les fais chanter.

Comment convaincre le public, dans cette masse d’artistes talentueux qui existent, d’aller à la découverte de ton œuvre ?

On est tous différents avec un univers différent à offrir. Plus tu es conscient de ce que tu as à proposer, plus tu es limpide, plus les gens eux-mêmes y voient clair. Il faut les happer, les charmer.

Tes origines italiennes viennent de ton grand-père qui était italien. Tu te sens un peu italienne ?

Oui.

Dans quoi ?

Dans l’appétit. Dans l’appétit de la vie et des pâtes (rires). Plus sérieusement, je me sens italienne dans ma méridionalité, dans mon besoin de soleil, dans mon envie de famille, d’être avec mes amis, dans une envie de tribu.

Tu as besoin d’être entourée tout le temps ?

Non, j’ai besoin d’un équilibre entre ma solitude et être proche des gens que j’aime. J’adore être seule et j’ai besoin des autres aussi.

Tu chantes pour donner du bonheur aux autres ?

Oui. Et j’ai aussi besoin de raconter des histoires qui partent toujours d’une émotion que je ressens. Elles peuvent être liées à des choses extérieures qui me touchent ou à des choses que je vis. Ensuite, l’imaginaire s’en mêle. Après, je me permets de relier les choses qui ne sont pas forcément liées ma propre vie. Ensuite, j’ai envie de partager les émotions et j’ai envie de faire naître d’autres émotions chez les gens. C’est une façon de leur parler.

sarah zeppillli

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