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08 avril 2013

Tonino Benacquista : interview pour Nos gloires secrètes

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(Photo : Le Dauphiné.com)

Interviewer Tonino Benacquista est un quasi-évènement pour un journaliste culturel tant l’auteur sélectionne ses interlocuteurs et livre ses entretiens au compte-goutte. Depuis la fin des années 80, il m’est d’ailleurs passé sous le nez un nombre considérable de fois. Allez savoir pourquoi, cette fois-ci, il a accepté de me recevoir à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Nos Gloires secrètes. Le rendez-vous s’est tenu dans les locaux de sa maison d’édition, Gallimard, le 20 mars dernier.

C’est un Tonino Benacquista prudent et observateur qui m’accueille. Puis, au fur et à mesure de l’interview, il se détend. (Et moi aussi).

Voici l’essentiel de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’avril 2013). Puis un petit plus pour le blog.

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Tonino-Benacquista1.jpgBonus mandorien :

(Suite de la précédente question)

Ça vous travaille ?

Dès que je lis un livre ou le héros est un bon et bien pensant, estampillé gentil, quand on me propose un type qui a tous les défauts avec un certain type de physique, répugnant,  je referme illico le livre. La vie n’est pas ça. Ce n’est pas ça. Ou alors, que l’on se débrouille pour m’y faire croire. L’important, au fond, c’est de proposer un personnage en laissant sa liberté aux lecteurs.

Avez-vous écrit ces 6 nouvelles dans le but d’en faire un recueil  ou existaient-elles avant ?

J’en avais pas mal qui existaient depuis un moment. J’ai un tiroir dans lequel j’ai des textes non publiés. J’ai retravaillé celles qui pouvaient correspondre à cet ouvrage de manière à ce que cela fasse un tout, qu’elles aillent dans un sens précis avec une thématique commune.

Un recueil de nouvelles, ça ne se vend pas aussi bien qu’un roman.

Le succès d’un recueil de nouvelles se fait sur la longueur,  sur un bouche-à-oreille, il faut que ça s’installe un peu, mais il y a un a priori sur la nouvelle en France.

Vous vous l’expliquez ?

Je pense que la France a été considérée comme le pays des Lettres et de la littérature pendant longtemps. Je pense que le vrai truc, la vraie consistance, c’est le roman. Par contre, les Anglo-saxons, les lecteurs d’Amérique du Sud, les Italiens adorent le format court. Ce qui est bizarre, c’est qu’une gloire française comme Maupassant en a écrit beaucoup. Moi, depuis quelques années, les auteurs qui m’ont marqué sont des auteurs de nouvelles.

Comment travaillez-vous ?

D’abord, il faut que je sois absolument sûr de la proposition que je vais faire et qu’elle soit le plus aboutie possible. Je ne me lance pas par hasard sur un récit, si je ne sais pas quelle va être sa structure, quelle va être sa fin précise et ce qu’elle dit aux lecteurs. Je connais presque la fin avant le début. Avant de me lancer dans un récit, je m’interroge pendant très longtemps sur sa légitimité.

Avant de vous rencontrer, j’avais l’image d’un auteur qui n’aime pas donner d’interview… un peu ours.

Parce que déjà, tout est dans le livre. À quoi bon surligner ? Quand je mets deux ans à écrire un roman et qu’on me demande  de résumer en 3 phrases ce pour quoi je l’ai écrit, j’ai l’impression que quelque chose à foiré. Je sais qu’on est dans un monde de communication et que je suis obligé de m’adonner à cet exercice. Et puis, je vais vous dire la vérité, en ce qui me concerne, écrire c’est pour ne pas parler.

Vous donnez extrêmement rarement des interviews et je crois pouvoir dire que pour beaucoup, vous êtes mystérieux.

Moi, j’aime bien les auteurs dont je ne connais pas la tête par exemple. J’aime bien la part de mystère en plus. Si je vois un auteur sur tous les plateaux de télé, ça dépoétise l’œuvre immédiatement. Kundera, par exemple, c’est la perfection. Pas une photo de lui, pas une interview. De temps en temps, il se montre pour faire une communication dans une université. Voilà, ça, c’est la perfection.

Pourquoi vous considérez-vous comme un écrivain récréatif ?

Parce que j’ai fait de la BD, du cinéma, du polar. Je préfère dire que je raconte des histoires, que je suis un conteur.

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Après l'interview, le 20 mars 2013, chez Gallimard.

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