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28 mars 2013

Mallock : interview pour Le cimetière des hirondelles

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Jean-Denis Bruet-Ferreol, dit Mallock, a sorti il y a quelques semaines (le 10 janvier dernier) un thriller proprement hallucinant, Le cimetière des hirondelles (Fleuve Noir) Pour la troisième fois, Mallock, que je considère comme l’un des meilleurs auteurs français de thriller, est mandorisé (la première ici, pour Le Massacre des innocents et la deuxième , pour Les visages de Dieu). Encore une fois, je ne comprends pas le silence qu’il y a autour de lui, mais bon. Disons, qu’on ne peut pas dire qu’en France, on passe notre temps à chercher les nouveaux talents. Bref, je me comprends.

9782265097469.JPG4e de couverture :

Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué... C'est l'unique réponse qu'obtient le commissaire Mallock lorsqu'il interroge Manuel Gemoni, homme honnête et sans histoire, parti un matin à l'autre bout du monde pour assassiner un vieillard qu'il ne connaissait même pas.

Que s'est-il passé dans la tête ou dans la vie de ce jeune papa, professeur d'université, étranger à toute forme de violence ? À quoi bon, pour Amédée Mallock, persister à mener cette enquête alors même que l'on sait avec certitude que Manuel est coupable ? Et comment parvenir à l'impossible : l'innocenter ?

Aux confins du possible, entre l'humidité hostile d'une jungle tropicale et un Paris englouti sous la neige, on retrouve dans Le Cimetière des hirondelles579049_513396472039470_116507667_n.jpg Amédée Mallock, commissaire visionnaire qui, bien que misanthrope, n'a jamais cessé de lutter contre l'iniquité foudroyante du monde...

L’auteur :

Jean-Denis Bruet-Ferreol, qui se cache sous le pseudonyme de MALLOCK (nom de famille du commissaire de sa série de thrillers littéraires) a passé 20 ans dans le milieu de la publicité. Il est peintre, photographe, designer, inventeur, directeur artistique, compositeur et, bien entendu et avant tout, écrivain. Depuis 2000, il ne se consacre plus qu'à sa carrière de peintre numérique au travers d'expos et d'édition de livres d'art, et à celle d'écrivain, notamment de romans policiers.

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Interview :

Tes romans vont être traduits dans de nombreux pays… et en France toujours pas de notoriété conséquente. Je t’ai toujours dit qu’elle viendra par les autres pays. La France suivra après.

En ce moment, il y a plein de gens qui pourraient jouer les découvreurs. Des gens qui ont de l’influence, mais non, ils parlent toujours des mêmes. Ce n’est pas de l’aigreur d’en avoir marre de lire ou de voir chaque année les mêmes auteurs, les 10 premiers, Nothomb et compagnie. Les journalistes font des articles sur les meilleures ventes actuelles. Ont-ils besoin que l’on parle d’eux ? Pour un journaliste littéraire, c’est absurde comme métier s’ils ne cherchent pas à découvrir les nouveaux talents.

Tes précédents ressortent chez Fleuve Noir.

Mon but, c’est de ressortir Le massacre des Innocents en grand format, dans une version que j’ai retravaillée cet été. Tous ceux qui l’ont lu dans sa première version m’en parlent encore. Il s’est vendu à un peu plus de 1000 exemplaires, c’est un peu comme s’il n’était pas sorti. Dans le même temps, Les visages de dieu ressortirait en Pocket. J’attends leur accord là-dessus, mais cela me semble très logique. Si ce n’est pas fait dans ce sens-là, ce sera le bordel.

DSC07267.JPGTu écris sous le nom de ton personnage, Mallock.

Ça amuse les gens. Mais ce n’est pas la première fois. San Antonio,  par exemple, est le cas le plus connu. Je m’appelle Mallock et mon héros s’appelle le commissaire Amédée Mallock. Quelque part, j’essaie de faire une distanciation, mais ça ne marche pas, les gens m’appellent Amédée. Ça donne un rapport affectueux avec les gens que je rencontre, je trouve.

Même moi, je t’appelle ainsi alors qu’on se connait dans la vie. Je ne t’appelle jamais Jean-Denis.

Ah bon ? Je n’ai pas fait attention. Plus ça va, moins je mets de distance réelle entre les qualités et les défauts de mon personnage et moi-même. Il réagit comme moi, si ce n’est que je lui donne des compétences de policiers que je suis loin d’avoir.

Tu bois moins d’alcool et tu fumes moins que lui ?

Oui. Maintenant. Avant, j’étais pire que lui. Aujourd’hui, il m’a rattrapé.

Tu prenais des trucs bizarres, qui rendent heureux, si tu vois ce que je veux dire ?

Non, je n’en ai jamais pris.

Amédée Mallock, c’est ce qui lui permet d’avoir des visions.45808_501837599862024_1608850208_n.jpg

Moi, je n’ai jamais eu besoin de ça. J’ai l’impression d’être tombé dans l’opium quand j’étais petit. Mon imagination est débordante et elle part dans tous les sens. Je n’ai pas besoin de substance pour être complètement chtarbé. L,

Mais, tu as des visions aussi ?

Ce ne sont pas vraiment des visions. C’est une forme de raisonnement qui te permet d’arriver à un résultat qui peut paraître magique aux autres. Mais, c’est juste l’habitude que tu as eue de réfléchir, de synthétiser d’une certaine façon. Et il est certain aussi que quand tu es bloqué, un peu d’alcool te débloque. C’est évident pour l’écriture.

Cette technique d’analyse que tu as, cet esprit de synthèse ne te viendraient-ils pas de la pub, univers dans lequel tu as traîné tes guêtres pendant plus de 20 ans ?

Si, c’est une évidence. Je voulais être indépendant, je me suis donc mis freelance et par la même occasion en danger. Pour réussir, il fallait que je sois meilleur que les équipes internes, du coup, on m’appelait en renfort et on me demandait de trouver un truc que les gens n’avaient pas trouvé. Au début, j’avais des techniques… tableaux sémantiques, des machins, des bidules et après, petit à petit, c’est devenu naturel. Quand on me demandait un logo ou un slogan, le temps qu’on me les demande, je les avais déjà en tête. C’est une mécanique.

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Le cimetière des hirondelles est certainement ton roman le plus surnaturel.

Manuel Gemoni traverse le monde parce qu’il a aperçu à la télévision un visage. Cette personne-là, il a l’envie irrépressible de la massacrer. Il ne sait pas pourquoi. Il essaie de penser à autre chose, mais il ne peut pas. Il va tout faire pour identifier sur une vidéo le lieu où ça se passe. Dès qu’il le sait, il quitte femme et enfant, va à Saint-Domingue et n’aura de cesse de vouloir l’assassiner. Aux policiers qui viennent l’arrêter, il va leur dire : « je l’ai tué parce qu’il m’avait tué ». Le roman va consister à prouver la parfaite véracité de cette phrase énigmatique.

Ce Manuel Gemoni est le frère de Julie, une des principales collaboratrices du commissaire Mallock.

C’est ce qui justifie que Mallock daigne sortir de chez lui. C’est un gros ours qui, habituellement, n’aime pas du tout voyager, qui aime bien son confort, qui aime bien sa caverne et tous les joujoux qu’il a dedans qui lui permet de ne pas trop angoisser. Le fait de partir, ça lui fait toujours très peur.

64363_515771195135331_1453257420_n.jpgPourquoi aimes-tu ajouter du surnaturel ?

Quand j’étais jeune, vers 18 ans, j’allais dans une librairie et j’achetais tous les livres de la collection Présence du Futur. Il y avait Asimov, Bradbury, Lovecraft et K. Dick. Ce n’était pas seulement de la science-fiction, il y a avait de la poésie et de la fantasy. J’ai l’impression que dans le label « thriller », on trouve aujourd’hui cette même largeur d’esprit. Dans ce que j’écris, le thriller me permet de toucher le fantastique. Le fantastique étant l’hésitation entre l’étrange et le merveilleux. A la fin de mes romans, tu le sais, il y a toujours le rationnel qui arrive.

Tu adores balader le lecteur là où il ne s’y attend pas.

C’est même une forme de sadisme. J’y pense parfois en écrivant. J’aime bien faire quelques entourloupes aux lecteurs.

Ce livre est dédié à ton oncle, Jean-François Lafitte.

Oui, il est mort à la guerre à l’âge de 24 ans en 1940. Je me suis inspiré de lui pour le personnage essentiel de ce roman, mais dont je ne peux pas parler là. Mon oncle n’a pas voulu se rendre. Il était blessé à la jambe. Il a dit : « un officier français ne se rend pas ». Il n’a pas eu le temps de finir sa phrase qu’il a reçu une balle dans la tête. Cet homme était un écrivain, un pianiste, un type super joyeux qui faisait rire tout le monde.

Tu as retrouvé des manuscrits de lui ?

Oui, c’est horrible. J’ai retrouvé des lettres et des cartes. Quand on ne sait pas que c’est lui, on reconnait mon écriture et ma façon de parler. Mon fils est tombé dessus un jour, il m’a demandé si c’était moi qui avais écrit.

Tu es peut-être sa réincarnation.

En tout cas, je suis la réincarnation sentimentale de Jean-François. Quand je voyais des gens qui l’avaient connu, ma mère, ma tante, des amis, ils me regardaient et une fois sur 10, ils se mettaient à pleurer.

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Pour finir, c’est quoi pour toi la noblesse de l’écriture ?

Faire voyager, raconter une histoire et passionner son lecteur. Ne pas se contenter d’un scénario déjà écrit, mais de lui faire cadeau d’un conte, un conte merveilleux, un conte que personne n’a encore jamais raconté. Il faut raconter son histoire dans une forme littéraire respectueuse de la langue. C’est très difficile d’équilibrer la forme et le fond. Moi, j’ai un orgueil d’écrivain, je le reconnais volontiers.

Dans ton prochain roman, tu nous fais voyager dans le temps.

Il se déroule sur 6 siècles. Je vais jusqu’au 14esiècle. Il devrait s’appeler Cœur corneille. C’est sur un tueur en série qui coupe et découpe tout ce qui dépasse et ce qui n’est pas important. Mais j’en ai un autre qui s’appellerait Lunatic Tango qui sortirait avant. Pour l’instant, je ne peux rien dire de plus…

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Pour en savoir plus... une interview filmée.

Commentaires

J'ai trouvé Mallock, un peu par hasard, appréciant d'abord le visage de l'écrivain. C'était il y a 8 jours. Depuis, j'ai recherché tous ses livres, avalés dans la foulée
Pas moyen de les lâcher...

Dire qu'il va falloir attendre le prochain...

Écrit par : POSLUSZNY | 09 mai 2014

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