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18 mars 2013

Les Garçons Trottoirs : interview pour Rien ne va plus

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Photo : P-mod - Make up : Sophie R.

Les Garçons Trottoirs sont des musiciens chanteurs qui donnent la pêche et qui rendent de bonne humeur. Leur énergie et leur sens du spectacle captivent ceux qui viennent les voir en concert ou dans la rue. Oui, parce que ce groupe, outre le fait qu’ils jouent sur de nombreuses scènes françaises, continue à jouer en acoustique dans la rue. Paul d'Amour (guitare, chant), Bruno Derpmann (contrebassine, guitare, chant), Fred Villard (cajon, chant) et Jean-René Mourot (accordéon, trompette, chant) sont passés à l’agence, le 6 février dernier pour me proposer leur deuxième album Rien ne va plus.

25013111.jpgBiographie officielle :

Les Garçons Trottoirs sont des musiciens du bitume. Ils partagent une volonté commune de bannir le matériel encombrant et de revenir à la base de ce qu'est la musique : prendre un instrument, jouer et chanter.

Fondé en août 2006, c'est dans la rue que le groupe forge son actif.

La force des Garçons Trottoirs est l'énergie avec laquelle ils captivent le public, des textes peaufinés, les voix, et surtout un grand sens du contact.

L'attrait de la scène et les invitations à s'y produire se faisant plus présentes, on les retrouve désormais en acoustique sonorisée ou non.

Les textes sont essentiellement en français et abordent des thèmes comme l'amour, la révolution, les mamans ou Jack l'Éventreur. Le style emprunte principalement à la pop, à la chanson, au blues, au cajun et au rock'n'roll. La particularité étant la part belle donnée aux voix et le choix des instruments...!

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De gauche à droite : Fred Villard, Bruno Derpmann, Jean-René Mourot et Paul d'Amour.

Interview :

Qu’est-ce qui vous a réuni ?

Bruno : En fait avec Paul, on a répondu à une commande d’un festival en 2006 pour jouer dans la rue. On a vite monté un répertoire et on a appelé quelques copains. On devait s’arrêter après la manifestation, mais étant donné que ça a plutôt bien marché, on a décidé de continuer. On a fait un album dans la foulée. On était 6 et c’était un peu le bazar. D’ailleurs, sur la durée, le bazar ne pouvait pas durer. Le fait de vouloir aller plus loin a scindé le groupe en deux. Paul et moi, on a appelé Jean-René à la rescousse à l’accordéon et on a tourné quelques mois comme ça. Bruno est arrivé en 2008. Cela fait 5 ans que ça dure et cette formule à 4 nous convient parfaitement.

Vous chantez tous et composez aussi.

Bruno : En général, la personne qui a composé la chanson en est le chanteur. Très vite, on peut se rendre compte qu’une chanson passe mieux quand tout le monde chante ensemble. Avec l’expérience, chacun sait où se poser dans une chanson par rapport à sa voix. On fait ça de manière assez naturelle.

Il est essentiel pour durer de bien s’entendre. Ce ne doit pas être simple tous les jours d’être sur la même longueur d’onde. Il faut être d’accord sur les textes

Bruno : Les textes sont faits avant qu’on les travaille ensemble. Souvent, ce sont ceux de Paul et de Bruno. C’est plus la sauce musicale et l’ambiance que l’on va faire ensemble, mais ça se passe toujours bien.

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(Photo : P-mod.)

Dans les arrangements des titres, tout est assez frontal… ça vous vient de la rue ?

Bruno : Oui, il faut être efficace immédiatement. La rue te forme à ce que l’énergie soit là en permanence et à faire en sorte de ne perdre qui que ce soit pendant la chanson. Il faut captiver l’auditeur et ne jamais le lâcher.

Quand lors d’une prestation, l’un de vous est fatigué, les autres le boostent ?

Paul : C’est un peu comme les cigognes qui migrent. Celles qui sont devant, quand elles sont fatiguées,  passent à l’arrière.

Vous ne vous produisez pas uniquement dans la rue, vous faites pas mal de scènes officielles et pas qu’à Strasbourg.

Bruno : On est content de sortir de nos bases, le Grand Est, l’Alsace Lorraine… on a fait quelques concerts à Lyon, à Rennes, à Marseille, à Angoulême.

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(Photo : Le Républicain Lorrain)

Vous faites participer le public lors de vos concerts. Disons que c’est pas mal interactif.

Jean-René : Quand on joue, on peut discuter avec les gens qui sont dans la salle. Même pendant les chansons. On aime qu’il y ait un échange entre eux et nous. Les faire participer, c’est la base du concert.

Paul : De toute façon quand on joue avec une poubelle, un cajon, une guitare et un accordéon, ça n’aurait pas de sens que l’on fasse un show à l’américaine. On ne va pas commencer à mettre des feux d’artifice et abuser d’un son et lumière de malade. Tout doit se faire humainement.

Mais si un jour, ça cartonne pour vous et que l’on vous donne les moyens de faire un spectacle avec pas mal d’argents…

Paul : Il y a des groupes comme La Rue Kétanou qui, malgré le succès, ne sortent pas de leur principe. Le peu de fois où on a essayé de changer la sauce, via des résidences, on s’est fait chier royalement. Nous, ce qu’on fait n’impose pas une réflexion intense, c’est plutôt de l’acte spontané. Avec notre répertoire, il faut que l’on s’amuse et que l’on soit en roue libre.

Bruno : Quand on arrive sur scène, notre rôle est de trouver une proximité avec les gens qui ferait que, si on était en train de jouer dans leur cuisine, ce serait pareil. Toute la difficulté, c’est que ça ne dépend pas que de nous. Le public y est aussi pour beaucoup.

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(Photo: Olivier Vax)

Vous faites parfois des premières parties. Le public qui ne vient pas pour vous doit être assez surpris…

Bruno : On arrive souvent sur des scènes d’artistes  qui ne nous ressemblent pas du tout.

Fred : Natasha St-Pier et Garou par exemple, on ne peut pas die que nous nageons dans les mêmes eaux. Il y a avait 3500 personnes et je pense qu’ils pensaient que la première partie allait être occupée par un groupe de variété. Ils ont vu 4 fous faire un concert acoustique et déménager en faisant n’importe quoi. Ils ne s’attendaient pas à ça, mais notre prestation a super bien fonctionné avec le public.

Vous êtes nus sur la pochette de votre deuxième disque. Ça a été compliqué à faire cette séance ?

Collégialement : non ! On avait fait faire de beaux costumes pour cette séance et voilà le résultat. Ce sont des photos qu’on a faites à la fin pour se détendre, pour rigoler et surtout pour les garder pour nous. On a réfléchi quelques minutes avant d’accepter que ce soit cette photo-là qui serve pour la pochette. On a pensé à la promo et au moment où on nous posera la question sur le pourquoi du comment d’apparaitre nu sur une pochette. On savait qu’on allait devoir se justifier.

Que souhaitez-vous avec cet album ?

Bruno : Le but premier c’est évidemment d’avoir un public plus large, autant en Bretagne qu’au Pays Basque. On a envie de jouer partout.

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(Photo : Thomas 'laroukss' Kalinarczyk)

Vous avez vendu 6000 exemplaires du premier album, juste dans votre région. Je trouve que c’est déjà beaucoup.

Paul : Ce sont des disques vendus à la fin des concerts, sans l’aide de personne. Ça nous a permis d’avoir un peu d’argent pour enregistrer celui-ci, « Rien ne va plus ». On a voulu passer le cap supérieur, on souhaite vivement que le public s’y intéresse. Je compare ça à un truc qui peut paraître con : c’est comme produire ses carottes et les vendre sur un marché et après, faire le choix d’une distribution nationale chez Leclerc. On joue une nouvelle carte, on  a pris des risques, on attend de voir ce qui va se passer.

Bruno : On essaie surtout de ne pas trop se prendre au sérieux.

En tout cas, on ne peut pas dire que vous soyez un groupe engagé…

Paul : Personnellement, je ne suis pas assez courageux pour tenir un engagement en chansons. Après il faut montrer l’exemple dans la vie. Quand je vois des artistes faire la morale dans les chansons et qu’un peu plus tard, je les vois poser dans les magazines bien habillés, j’ai envie de leur demander d’aller faire du bénévolat aux Secours Populaire au lieu de nous casser les pieds. Il faut être engagé dans la vie réelle. Je ne dis pas que l’art ou la musique ce n’est pas réel, mais je pense que l’engagement ne se fait pas là. L’engagement, c’est dans les actes. Et surtout, il faut une vie qui suit.

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Pendant l'interview...

Du coup, vous avez des textes plutôt légers.

Paul : On parle pas mal d’amour. On peut parler de politique en musique, mais il faut faire attention. Il faut garder un peu de neutralité. Ce sont des choses sérieuses, il faut prendre des pincettes.

Pourquoi faites-vous de la musique ? Pour détendre et faire rêver les gens ?

Fred: Moi, je me suis toujours senti utile comme ça. Quand on fait ce métier-là depuis 15 ans, parfois on a du mal à se trouver une légitimité. Il me semble que quand on monte sur scène et que les gens ont transpiré, qu’ils ont déliré parce qu’on s’est posé là et qu’on a joué, je pense que l’on fait un boulot pour la collectivité.

Bruno : Personnellement, je n’ai jamais rien fait d’autre. Ça m’a pris, j’avais 4 ans et je n’ai depuis, jamais songé à faire autre chose.

Jean-René : Moi, c’est pareil. Même si j’ai fait autre chose, la musique ne m’a jamais quitté. Je trouve tellement agréable de faire du bien aux gens, de les divertir, de les sortir de leur quotidien, de les faire rire ou même chialer. C’est assez jubilatoire.

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