Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Le Larron : Interview pour la sortie de Original | Page d'accueil | Prix Georges Moustaki 2013: résultats et point de vue sur la soirée »

25 février 2013

François Raoult : interview pour Vent de face

françois raoult,vent de face,interview,mandor

François Raoult est un chanteur dont j’avais beaucoup entendu parler par des amis communs. De plus, coïncidence, quelques-uns de ses paroliers ou compositeurs sont des artistes déjà mandorisés (dont j'apprécie le travail, donc). Un jour, son attachée de presse m’a contacté pour que je le rencontre. J’ai accepté sans hésiter parce que son disque, Vent de face, reçu quelques jours auparavant, m’avait enthousiasmé. Particulièrement sa voix et son sens de la mélodie. François Raoult est venu à l’agence le 4 février dernier. Et je dois dire que j’ai été impressionné par sa franchise… et sa gentillesse.

Extrait de la biographie officielle :
Fils de marin, élevé entre les mers du Sud et la mer d’Iroise dans le Finistère, François Raoult ne passera jamais deux années de suite dans la même école. Et pourtant bon élève: solfège, saxophone, bachelier, diplômé, s'ensuivront quelques années professionnelles à Londres et à Paris, avant de tout foutre en l'air pour rejoindre le courant qui l'appelle depuis toujours: chanter ! Tout ira très vite.
Évidemment, on se souvient de La Nouvelle Star, l'émission télévisée où il termine finaliste face à Luce.

françois raoult,vent de face,interview,mandorPuis la grande traversée avec ce premier album, réalisé à deux mains par Benjamin Constant et Benjamin Tesquet. Son premier album, Vent de face.

Treize titres qui couvrent les quatre hémisphères (Nord, Sud, droit et gauche) au gré des ressacs et des courants. Un disque sur l'héritage du temps d'avant et de ses ricochets dans la caboche d'un futur trentenaire. Un travail formé par la jeunesse, écrit entre la capitale et le Finistère : chez lui.
Si François Raoult est auteur, compositeur et que sa patte traîne tout au long de cet album, il a aussi choisi de ne pas voyager en solitaire et s'est entouré pour l'occasion de quelques plumes de la scène actuelle (Bertrand Soulier, Pierre Dominique Burgaud, David Scrima, Jérôme Attal, Benjamin Tesquet).

françois raoult,vent de face,interview,mandor

Interview :

Tu as commencé à Brest, bien avant que l’on te voie à La Nouvelle Star.

Mon père est un marin d’état, donc j’ai pas mal voyagé. La première fois que je me suis posé, c’était à Paris. J’avais 6 ans, et c’est à ce moment que j’ai commencé le saxo. J’en ai fait 10 ans. Après je suis retourné en Bretagne et j’ai fait de la musique dans un orchestre philharmonique. En 5e, j’ai fait partie de la chorale de mon lycée et de mon collège. J’y allais plus pour draguer les filles. Je n’avais pas encore de potes, j’ai un peu une victime (rires). En seconde, j’ai monté un groupe de rock, ce qui m’a bien aidé à m’intégrer socialement. Ça a marché plutôt pas mal. On a gagné des tremplins et enregistré un CD 5 titres. Il faudrait que je te fasse écouter ça, c’est assez immonde.

françois raoult,vent de face,interview,mandorJe sais qu’à cette époque, tu te demandais si tu avais une assez belle voix pour « faire » chanteur.

C’est vrai. Je voulais continuer dans la musique après le lycée, mais avec mes parents, on a passé un contrat moral. Il fallait que j’aie un bac +2 et un diplôme. Au final, j’ai un bac +6 et j’ai même fait un IUT Tech de Co pendant deux ans. La mère d’un ami qui est directrice de l’IUFM de Bretagne et qui trouvait que j’avais du talent ne voulait pas que j’arrête de chanter. Du coup, elle m’a pris dans sa chorale à Quimper. Après j’ai fait une école de commerce, et parallèlement, j’ai fait partie d’une association de musique. Mais j’avais juste l’impression de chantonner. J’étais très introvertie.

C’est avec La Nouvelle Star 2010 que tu as appris énormément.

Cette émission me donnait des sensations incroyables. Déjà sur les castings, j’avais déjà ressenti beaucoup d’émotions.

Tu es arrivé deuxième. C’est souvent la bonne place, tu sais.

Je le sais parfaitement. Ce que je voulais, c’était être présent à chaque prime. Du coup, je n’ai pas vécu ma deuxième place comme un échec, je t’assure.

Clip de "Aux frais des quatre saisons"

Ton album est arrivé deux ans plus tard.

J’ai trouvé ça long. La frustration est dure à encaisser. Il y a eu beaucoup de journées mortes à  partir de la fin de l’émission, et ça, c’est compliqué à gérer. Et financièrement parlant, c’est super dur.

(Ironique) Quoi ? Tous les gens qui font de la télé ne sont pas riches ?

Moi, j’ai gagné 437,68 euros net avec La Nouvelle Star.

Par semaine ?

Non, en tout. Tu vois, ça n’aide pas à vivre. Après, on a fait un concert à l’Olympia, ça nous a fait gagner un peu de sous, mais pas grand-chose. Le plus dur, c’est de ne pas être indépendant financièrement pendant deux ans vis-à-vis des proches, de la famille, de mes parents qui m’ont payé des études qui coûtent un bras. Aujourd’hui, ils n’ont plus envie que j’arrête ce métier et moi non plus. Il y a encore un mois je me posais la question, là, les choses ont l’air de se débloquer un peu. On commence à rentrer en radio. On a eu que des retours positifs de l’album de la part des professionnels, mais dans la masse populaire il ne se passe pas grand-chose. Le public n’a pas l’air au courant que ce disque existe.

Boule Noire - François Raoult from Simon Guillemin on Vimeo.

Ce disque a été conçu avec la collaboration d’un artiste que j’aime beaucoup, Bertrand Soulier. Je te dis franchement, c’est ce qui m’a fait m’intéresser à ton disque.

Bertrand, c’est comme mon grand frère maintenant. Il a l’impression que je suis lui plus jeune et moi, chaque mot qu’il écrit me parle. Dès qu’il m’envoie un texte, il n’y a rien à changer.

Tu cosignes les textes et les musiques ?

Je suis un bon mélodiste, mais je n’ai pas encore le niveau musical nécessaire pour finir une chanson de A à Z. J’arrive souvent avec des mélodies, je trouve des bons refrains qui percutent, après la gamme d’accords à besoin d’être enrichie donc, je travaille avec des musiciens pour ça. Pour les textes, c’est pareil, j’ai des inspirations, mais je n’arrive pas à retoucher. Je les envoie à Bertrand, il casse tout et il refait la déco.

Tu apprends avec ces gens-là ?

C’est énorme. J’ai travaillé avec Jean Fauque et Bertrand Soulier deux semaines non-stop et ça a été deux semaines de formation intensive. Jean Fauque m’a expliqué comment il écrivait avec Bashung, c’était passionnant. Jean et Bertrand m’ont beaucoup appris.

Tu as pris des cours de chants ?

Oui, avec Nathalie Dupuy, une prof super connue. Elle a un truc supplémentaire, elle est un peu psychiatre. J’ai arrêté au moment où je commençais à trop maîtriser.

François Raoult chante la chanson des Innocents "L'autre Finistère" dans Le Grand Studio d'RTL (juste parce que j'adore cette chanson).

Moi, j’aime la variété et la nouvelle scène. Ton album est un mélange entre les deux.

Je suis d’accord et c’était notre plus gros problème au début. Les gens ont eu un peu de mal à savoir où on se plaçait. J’ai voulu faire un disque qui soit plus le proche dans l’âme et dans l’atmosphère de ce que j’écoute : Bashung, Gainsbourg… je voulais que ce soit aussi noble. Mais moi, je suis plus jeune et ça manque de rock dans la réalisation et dans les textes. On a voulu mettre trop de couches. Le prochain album sur lequel je suis déjà en train de bosser sera résolument plus simple, plus organique, plus accessible. Les nouvelles chansons sont beaucoup plus frontales. Je pense, j’espère être un chanteur populaire.

Comment définis-tu ta musique alors ?

De la pop variété. Désormais, je vais trouver une bonne mélodie de voix, un bon texte et un riff de guitares qui soit efficace après le reste suivra.

françois raoult,vent de face,interview,mandor

Tu m’as dit en off que tu étais un peu trop hermétique au niveau des mots.

Je déteste les mots et les images faciles. Ça peut me rendre dingue. Je n’assume pas les mots « amour », « toujours », « hirondelle »… Tu vois ce que je veux dire ? J’ai besoin de mettre des images plus sombres et plus fortes, mais on me dit que mes images ne sont pas assez compréhensibles au grand nombre. Bertrand Soulier m’a aidé un peu à ce niveau-là.

Je sais que tu as plein d’autres projets.

Je développe une série télé, des concepts d’émissions. La télé, ça m’attire énormément. Quand je suis sorti de La Nouvelle Star, j’ai rencontré toutes les boites de prod de France qui m’ont convoqué pour que je sois animateur télé. J’ai répondu que je voulais faire de la musique d’abord. Sinon, j’adorerais réaliser un long métrage. Pour moi, tout ça, c’est le même métier. J’adore la création.

Tu lis beaucoup ?

Là, en ce moment, je lis Louis-Ferdinand Céline. Depuis que j’ai commencé la lecture de ses œuvres, c’est un truc de fou, ça part dans tous les sens dans ma tête.

Pour terminer, c’est quoi ton rêve dans la musique ?

Mon rêve suprême ce n’est pas l’Olympia. Mon Olympia à moi, ce sont Les Vieilles Charrues. Le jour où je fais la grande scène des vieilles charrues, je serais comme un dingue.

françois raoult,vent de face,interview,mandor

(Cette photo est une photo artistique. C'est un genre. New style. Signé: Mandor Mauvaisefoi)

Commentaires

fan depuis le 1er jour , plein de bonnes choses pour toi et ta carriere !! bises

Écrit par : nataly pulp model | 26 février 2013

Avec ma fille on est fan depuis la première prestation de François aux sélections de la Nouvelle Star. On a acheté son disque bien évidemment, on l'a vu au show case du Leclerc de Gouesnou, sur scène à Kernilis, et aux émissions de télé. Et bien entendu nous l'avons comme ami sur Facebook. J'espère que la vente de disques va décoller bientôt, nous en faisons la pub autour de nous en tout cas. Bonne suite. Bises.

Écrit par : Lecameleon | 27 février 2013

Les commentaires sont fermés.