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15 février 2013
Magali Ripoll : ce soir aux Sentiers des Halles

Ce soir, au nouveau Sentiers des Halles, Magali Ripoll, auteure, compositrice, interprète et musicienne, que vous pouvez retrouver tous les soirs dans N’oubliez pas les paroles sur France 2, vous invite à découvrir son univers fantaisiste, parfois décalé. Mêlant l’accordéon, son premier amour, aux musiques actuelles, elle vous charmera par sa personnalité et sa voix électriquement naturelle, à la fois femme enfant, drôle et sensible. Magali Ripoll est passée ce lundi 11 février à l’agence pour une interview fort sympathique (merci à Valérie Motté !)
Biographie officielle (un peu écourtée):
Originaire de Bourgogne, Magali grandit à St Raphaël (Var), dans une famille de musiciens (son grand-père jouait de l’accordéon, du saxophone, de la guitare ; son père de la batterie et son oncle de la guitare). À cinq ans, elle apprend le solfège et très vite l’envie de jouer d’un instrument de musique la titille.
Durant son adolescence, elle gagne son argent de poche en jouant tous les samedis soirs dans les bals et les salles des fêtes, accompagnée à la batterie par son père. Ce sont ses premiers pas sur scène. Puis elle forme un groupe de musique au lycée avec des copains.
Bien vite, elle quitte le Sud pour rejoindre la Capitale et y tenter sa chance. Afin d’enrichir sa palette artistique, elle prend des cours de théâtre, de chant et participe à quelques auditions, qui lui permettent de faire des rencontres musicales.
Depuis une dizaine d’années, elle accompagne de nombreux artistes sur les routes (Charles Aznavour, Lorie, Nâdiya, Richard Gotainer, Emmanuel Moire, Line Renaud…). Elle est également aux côtés de Nagui, sur France 2, dans l’émission N’oubliez pas les paroles où elle chante, joue du clavier et de l’accordéon.
Elle prépare son album solo dont elle écrit et compose la plupart des chansons. Son univers fantaisiste, parfois décalé, donne une tonalité pétillante à ses titres.
Interview :
Tu as baigné dans une ambiance assez chanson française dans ta jeunesse…
Oui, avec beaucoup d’accordéons musettes. Mon grand-père maternel était accordéoniste et saxophoniste, d’ailleurs. Il l’est toujours aujourd’hui. Et puis j’ai fait du bal avec mon père, donc c’est vrai que la chanson française occupait une grande place. Mais, en même temps, à 30 %, mes parents écoutaient à la maison du Deep Purple, du Beatles.
Qu’est- ce que tu trouves à l’accordéon pour qu’encore aujourd’hui, tu ne te sépares pas de cet instrument?
Il est autant touchant que festif. Le son de l’accordéon me procure en tout cas des émotions incroyables. Quand j’entendais le professeur d’accordéon qui habitait à côté de chez nous donner ses cours, je ressentais des tas de sensations inédites qui me touchaient profondément. Une espèce de mélancolie inexplicable, comme si c’était un son que j’avais toujours entendu. J’ai compris qu’avec un accordéon, on pouvait très vite partir en vrille et faire la fête.
Pour l’instant, de ce que j’ai entendu de tes chansons, tu présentes la Magali Ripoll plutôt joyeuse. C’est le cas dans la chanson que tu fais découvrir « Les dessous de la vie » par exemple. (Que vous pouvez écoutez ici, d'ailleurs)
Tu as raison, ce que j’écris et je chante pour le moment est plutôt joyeux et festif. Je pense que c’est pour une question de maturité que je n’ai pas encore acquise complètement. Peut-être que pour le moment, j’ai peur du côté mélancolique de l’accordéon et que j’attends d’être prête. Pour le moment, je crois même que ça m’angoisse, mais j’y viendrai un jour.
Avec l’accordéon, tu prouves que l’on peut faire ce que l’on veut de cet instrument?
Je veux inventer une sorte de mariage possible entre les musiques actuelles (comprenant celles des 20 dernières années et Anglo-saxonnes) et cet instrument considéré comme franchouillard.
Dans « Les dessous de la vie », on ne l’entend pas beaucoup l’accordéon finalement.
Il y a pas mal de chansons où l’accordéon n’est pas présent. Je ne suis pas obnubilé par cet instrument non plus. Il y a des chansons dans lesquelles, je joue du piano, d’autres dans lesquelles je me contente de chanter sans jouer d’un instrument, d’autres avec l’accordéon, notamment quand je joue du Prince ou du Lenny Kravitz sur scène.
Ce soir aux Sentiers des Halles, on verra ce genre de performance ?
Oui. On essaie de trouver le juste milieu pour faire parler les morceaux qui existent comme « Kiss » de Prince, qui est une chanson intouchable, mais que, paradoxalement, on peut reprendre de 1000 formes différentes. Notre version un peu tango rumba étonnera le public, tu verras.
C’est important d’avoir une formation assez complète de musicienne quand on est
chanteuse et choriste ? Je dis ça car je connais des chanteurs qui n’en ont pas.
Ce n’est effectivement pas une obligation, mais moi ça me sert beaucoup. Je ne peux pas faire l’un sans l’autre. Je ne peux pas jouer de mes instruments sans chanter et je ne peux pas chanter sans faire appel à un moment donné à mes instruments. Avoir une formation musicale m’a servi pour des séances de chœurs par exemple. J’avais besoin de me référer à certaines notes et le fait d’être musicienne, de connaître le solfège et la musique, d’avoir une oreille de musicien m’a fait avancer sur mon travail plus d’une fois. Pour le parcours que j’ai, cette connaissance est d’ailleurs un élément essentiel.
Ton envie de faire ce métier a commencé quand tu faisais des bals avec ton père ?
Oui, le fait d’être sur une scène et faire danser les gens, même petite, ça me procurait un plaisir fou. C’était un rêve pour moi de faire ça toute ma vie. Quand j’accompagne des artistes sur scène, en tournée, je prolonge ce rêve.
Tu es musicienne choriste pour pléthores d’artistes, à commencer par Aznavour, Gotainer, Lorie, Line Renaud, Emmanuel Moire… comment t’es-tu fais remarquer la première fois comme choriste ?
La toute première fois, c’est le producteur de la chanteuse Lorie, Johnny Williams, qui m’a repéré dans un casting qu’avait mis en place la maison de disque EMI en 1999. C’était une sorte de Star Academy/Nouvelle Star sans les caméras. J’avais été retenue pour chanter dans un groupe de 7 chanteurs et chanteuses qui devait sortir un single chez EMI. On a travaillé dans le studio de Johnny Williams, mais finalement le projet n’a pas abouti. Un jour, Johnny m’a rappelé pour que je vienne faire des chœurs dans le studio parce qu’il trouvait que je chantais bien et que je faisais le travail qu’il fallait. Ensuite, il m’a fait partir en tournée avec la première artiste que j’ai réellement accompagnée, Lorie.
Et après, tout s’est enchaîné.
Le directeur musical de Lorie m’a appelé pour accompagner d’autres artistes. Souvent, quand on est musicien, on se fait repérer par le réalisateur de l’album ou le directeur musical, parce que ce sont ces gens-là qui sont vraiment dans les coulisses et qui repèrent les personnes adéquates.
Quand on est chanteuse soit même, comment vit on le fait d’être choriste, c'est-à-dire, au service musical d’un autre chanteur ?
C’est extra parce que c’est tout un wagon de personnes qui avance en même temps derrière l’artiste. Accompagner un artiste et le servir, je trouve que c’est génial. Ce sont des sentiments vraiment très forts sur scène. Il ya une telle communion entre l’artiste et les musiciens que rien que dans parler, ça me donne des frissons.
Je vais te poser une question naïve. Est-ce qu’une choriste doit tenter de moins bien chanter que l’artiste principal pour ne pas lui faire trop d’ombre ?
Non, évidemment. Il y a les choristes et la voix de l’artiste. Peu importe si l’artiste est plus fragile vocalement, nous on fait juste notre boulot de choristes. Nos nappes de chœur doivent être justes et bien chantées. Les chœurs, ce sont des instruments comme les cordes. Elles ne sont pas là pour voler la vedette à l’artiste, mais pour le soutenir le mieux possible.
Quand on chante pour Aznavour par exemple… c’est un truc de fou quand même.
C’est un conte de fées. J’ai vibré plein de fois par des rencontres artistiques. Par exemple quand Peter Kingsberry a voulu m’engager pour sa tournée et qu’il m’a dit avec son accent anglais, « c’est super, c’est au-delà de mes espérances. Tu feras mes claviers et les chœurs », je n’y crois pas un instant. Je me demande quel est le rapport entre cette personne et moi. Pour Aznavour, c’était aussi un truc de fou. J’accompagnais Line Renaud à l’Olympia il y a un an et demi et son concert était diffusé sur France 3 un vendredi soir. Le lendemain de la diffusion du concert, j’étais en déplacement dans un train pour un concert, mon fiancé m’appelle et me dit que le chef d’orchestre de Charles Aznavour vient d’appeler à la maison. Je suis estomaqué, mais effectivement, il m’appelle sur mon portable quelques minutes après et me dit : « Monsieur Charles Aznavour m’a contacté très tôt ce matin parce qu’il vous a vu hier soir en concert avec Line Renaud et il voudrait que vous fassiez partie de sa tournée. Si cela vous tente ». J’ai quand même passé une audition… et j’ai été prise. Jamais je n’aurais pensé être à la hauteur, en tout cas être une assez bonne musicienne et choriste pour accompagner quelqu’un comme Aznavour, une telle légende vivante. En fait on n’y pense même pas.
Autre partie importante de ta vie en ce moment. On te voit tous les soirs dans l’émission
de Nagui, « N’oubliez pas les paroles ».
Cette émission, c’est ce que j’ai toujours voulu faire au sein d’un orchestre, mais que je me suis toujours retenue de faire. J’ai fait beaucoup de bals avec des orchestres dans lesquels on avait des chorégraphies, des costumes, bref, des shows qui étaient bien travaillés et ficelés. Mais, avec la personnalité que j’ai, à un moment, j’ai toujours envie de partir en vrille. Je n’arrive plus à être au premier degré de ce que je suis en train de faire. Les chefs d’orchestre pour lesquels je travaillais n’étaient pas toujours contents de mes extravagances. Je tourne toujours tout à la dérision, je n’y peux rien. Dans « N’oubliez pas les paroles », au début, le chef d’orchestre nous avait demandé de jouer sérieusement parce qu’il fallait montrer une image professionnelle jusqu’au bout des ongles. Sur France 2, en live, ça ne plaisante pas. Les premières émissions sont très marrantes parce qu’on a tous la tête sur nos pupitres, très sérieux. Quand on s’est rendu compte naturellement qu’on était quand même dans un jeu ou les gens sont là pour se marrer, pour chanter et pour se faire plaisir, et que la personne qui regarde chez elle a envie de la même chose, à un moment donner, il faut réagir. Comme Nagui et Gérard Pullicino sont quand même des joyeux lurons et ne sont pas les derniers pour la rigolade, ils ont laissé la porte ouverte à mes folies.
Tu n’as pas peur que ça te desserve, professionnellement, de te comporter ainsi ?
Ça a pu me desservir, mais parfois ça m’a fait remarquer. Mais au fond, je m’en fous que cela déplaise, sinon j’arrêterais ce comportement, je ferais attention et je me tiendrais bien. Moi, finalement, je suis comme ça, il n’y a pas à réfléchir.
Parle-nous de l’album à venir… il est fait ?
Il est quasiment fait. Les chansons sont là, mais il faut qu’elles prennent leur couleur définitive, en termes d’arrangements. En fait, je me suis retrouvée au centre d’une joyeuse pagaille, ayant ces influences musicales différentes et aimant m’en nourrir, il faut que nous parvenions à élaguer tout ça. Mais, ça ne devrait pas tarder.

10:57 Publié dans Les coulisses du show biz, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
Nous voulons te dire que nous sommes fiers de ce que tu es devenu, tous lds soirs nous regzrdons n'oubliez pas les paroles, cest super sympa.en meme temps de te voir, cest une partie de notre famille.bonne chance, bon courage et ne changes rien.bisous de nous tous.
Écrit par : ripoll corine et patrick | 15 février 2013
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