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27 janvier 2013

Søphie Adriånseñ : interview pour Louis de Funès-regardez-moi là, vous!

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Trente ans, jour pour jour, après sa mort, Louis de Funès manque au cinéma français. Selon un sondage Ifop pour le JDD paru aujourd’hui, quelque 74% des Français établissent ce diagnostic, faisant de l'acteur comique une valeur incontournable dans le divertissement.

Pour célébrer cette journée anniversaire, j’ai décidé de recevoir Sophie Adriansen qui sort une brillante biographie sur le comédien, Louis de Funès-Regardez-moi là, vous !

Sophie Adriansen est déjà passée par la case Mandor a deux reprises (ici et ). La jeune auteure sort des livres à un rythme assez soutenu, je dois dire. Et c’est temps mieux parce que sa plume est agréable et les sujets de ses livres particulièrement variés.

Ainsi, le 22 janvier dernier, elle est venue à l’agence pour évoquer son ouvrage, Louis de Funès et ses projets littéraires futurs.

sophie adriansen,interview,louis de funès,mandor4e de couverture :

Il y a trente ans, Louis de Funès nous quittait. Trente ans déjà, trente ans seulement. Le roi du rire conserve une place à part dans nos cœurs : malgré le temps qui passe, il reste un de nos acteurs de légende préférés. Bourvil, Jean Carmet, Michel Galabru (mandorisé là), Jean Lefebvre, Daniel Gélin, Jean Gabin, Yves Montand, Jean Marais (curieusement mandorisé ici), Coluche, Pierre Mondy, Michel Serrault, Jean-Claude Brialy, Bernard Blier, Mireille Darc, Mylène Demongeot (mandorisée là), Claude Gensac ont été ses inoubliables partenaires à l’écran – et pour certains d’entre eux, de vrais camarades. Gérard Oury, Georges Lautner, Claude Zidi, Robert Dhéry, Sacha Guitry, Pierre Tchernia, Michel Audiard, Claude Autant-Lara, Édouard Molinaro, Claude Sautet lui ont façonné des rôles mythiques. Léonor de Funès, sa mère, Jeanne de Maupassant, son épouse, Patrick et Olivier, ses fils, ont été les piliers d’une vie privée qu’il a veillé à protéger au maximum. Dans cette biographie, Sophie Adriansen revisite le parcours de Louis de Funès à travers trente rencontres particulièrement marquantes et propose des lectures étonnantes et inédites de plus de trente films qui nous en disent chacun un peu plus sur l’homme qu’il était. C’est Louis de Funès comme vous ne l’avez jamais vu. C’est Louis de Funès comme vous ne l’avez jamais lu.

L’auteur : Sophie Adriansen est l’auteur entre autres de Je vous emmène au bout de la ligne, Trois années avec la SLA, J’ai passé l’âge de la colo !, Quand nous serons frère et sœur. Lectrice compulsive, elle contribue à plusieurs sites littéraires, participe à des jurys et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit, finaliste du Prix des Bloggeuses de ELLE 2011.

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Interview :

Comment en es-tu venue à écrire une biographie sur Louis de Funès ? Je ne t’attendais pas sur ce terrain-là.

C’est la maison d’édition qui m’a proposé de rendre hommage à de Funès. Elle m’a demandé comment j’étais par rapport au sujet Louis de Funès.

Et tu aimais bien ?

Je ne connaissais pas particulièrement, à part les films que tout le monde a vus. Pour moi, c’est un morceau d’enfance. J’étais ravie de me plonger dans ce sujet dont j’avais tout à apprendre. L’homme qu’il était dans la vie était un parfait inconnu.

Quand on écrit une biographie, étant donné le travail considérable que cela demande, on espère qu’on l’aimera humainement, je présume…

S’il m’avait agacé dès le départ, je n’aurais pas accepté ce projet parce qu’effectivement, c’est compliqué de vivre pendant des mois avec quelqu’un que tu n’aimes pas.

Des biographies sur de Funès, il en a pléthore. Je te connais, je sais que tu n’as pas pu entamer ce genre de livre sans trouver un angle particulier.

En effet, je ne voulais pas faire une bio classique de plus. De Funès est mort il y a 30 ans. Tout ce qu’il y a eu à dire sur lui a été dit. L’objectif a été de trouver une manière différente et nouvelle de présenter ce comédien. J’ai donc décidé de m’intéresser à ses rencontres marquantes.

Tu as donc enquêté sur tout plein d’autres personnalités, du coup. 30 en tout.

Pour les membres de sa famille, ils s’étaient déjà exprimés, ce n’était pas le plus compliqué. Si j’avais eu le temps et la possibilité, j’aurais d’ailleurs pu écrire un livre 10 fois plus long que celui-ci. En allant rechercher dans  les rapports de Louis de Funès avec les autres, j’ai eu envie d’en dire plus sur eux parce que toutes les vies qu’il a croisées sont des destins en soi. Quand on lit la vie de tout le cinéma français d’après-guerre, on ne peut qu’être fascinée.

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Sophie Adriansen interviewée pour le 19.45 de M6 d'hier...

En fait, je constate que ce travail de biographe, tu sembles l’avoir adoré.

Oui, j’ai vraiment adoré. J’espère que ça se sent. Je me suis prise de passion pour ce travail, pour de Funès et pour tous ceux qu’il a fréquentés.

Tu as mis tellement de cœur à l’ouvrage que tu as même parfois corrigé certains témoignages, comme celui de Georges Lautner. Tu vérifies les sources des sources ?

Dans le cas précis dont tu me parles, j’avais tiré une information des mémoires de Lautner lui-même. Il détaille quelque chose du film à sketches « Les bons vivants ». J’ai vu le sketch dont il parlait et je me suis rendu compte que ce qu’il disait n’était pas tout à fait la réalité. C’était juste un décalage de souvenir, rien de bien grave. Mais, de manière générale, je vérifie tout. La mémoire n’est pas infaillible. Je tenais absolument à être au plus près de la vérité. Je considère qu’on ne peut pas s’amuser avec elle. Quand je pouvais vérifier, je vérifiais, quand je ne le pouvais pas, je ne l’écrivais pas. Il faut être irréprochable quand on écrit une biographie.

En quoi Louis de Funès t’est-il sympathique?

Parce que j’aime les gens qui travaillent beaucoup. En fait, quand j’ai commencé à dire que je travaillais sur de Funès, tout le monde m’a dit qu’il était insupportable sur les plateaux et j’ai donc cherché à comprendre pourquoi il avait cette réputation-là. Comme Claude François, il était mal-aimé parce qu’il était hyper exigeant. De Funès avait le doute comme moteur, du coup, il était convaincu que tout pouvait s’arrêter s’il faisait un mauvais film. Il avait une telle pression qu’il ne supportait pas qu’on ne travaille pas autant que lui autour de lui. Il y a des gens avec lesquels ça fonctionnait, les Michel Galabru, les Claude Gensac, les Coluche, certains réalisateurs… et il y a les autres qui travaillaient moins et avec lesquels ça ne fonctionnait pas. Ils considéraient son comportement uniquement comme une volonté d’exister plus que les autres. Ils en prenaient donc ombrage. Jean Lefèvre, Jean Gabin ou Jean Marais au fil des Fantomas, par exemple.

Interview de Louis de Funès.

Est-ce que Louis de Funès t’est sorti par les trous de nez au bout d’un moment ?

Non, je n’en ai jamais eu ras le bol parce qu’il est très attachant. Ça y est, je l’aime pour toujours Louis de Funès. Par contre, pendant toute l’écriture de ce livre, j’ai vu la vie par son prisme. Socialement, ça peut-être compliqué aussi. Dès que quelqu’un me disait quelque chose et que ça m’évoquait de Funès je sortais des références ayant un rapport avec lui. J’étais tellement imprégné que j’ai eu du mal à en sortir.

Ah oui ? Ça vampirise la vie personnelle, donc.

Quand tu fais de l’écriture à temps plein, finalement, c’est toujours comme ça. J’ai travaillé sur différents sujets, et des sujets beaucoup moins drôles, par exemple avec une rescapée de la rafle du Val d’hiv, il y a un an et demi. C’était autrement plus compliqué parce que je n’arrivais à rien regarder du tout sur la guerre. Je ne voulais pas regarder de fiction sur un sujet que je traitais en vrai, sans filtre. À côté de ça, avoir ta vie et tes humeurs dictées par de Funès, c’est plutôt un bonheur.

Écrire une biographie, ça nécessite quoi ? Lire les autres biographies sur de Funès et sur ceux qui l’ont côtoyé?

J’aurais vraiment dû tenir une comptabilité parce que ça m’intéresse. Pour les biographies des autres comédiens, je n’ai lu que les passages concernant Louis de Funès, mais sinon, oui, j’ai lu une quantité énorme de livres sur lui, comme indiqué à la fin de mon ouvrage.

Ce qui est sympa, c’est qu’on n’est pas obligé de lire ton livre dans l’ordre. On peut le picorer de page en page.

Même les encadrés sur les films peuvent se lire à part. Cela étant, je ne l’avais pas pensé comme ça, mais au final, je constate que les gens apprécient.

Je reviens sur ce détail, mais as-tu regardé tous les films de Louis de Funès ?

Si jamais, il y en a certains que je n’ai pas regardés en entier, dans le tout début de sa filmographie, j’ai au moins vu les séquences dans lequel il apparait. Dans ces films, il apparait potentiellement une minute où il fait 3 silhouettes dans un film d’une heure et demie.

Un concentré de Louis de Funès.

Ma question emmerdante. Tu n’y échapperas pas et surtout, tous les journalistes te la poseront : quel est ton film préféré de lui ?

Je ne peux pas répondre à une telle question. C’est super compliqué d’en choisir un. Je peux t’en donner 10.

Allez, deux, trois.

Pour plein de gens, ce sera La grande vadrouille qui est le film de lui qu’on a le plus vu. Moi, je trouve qu’il n’a pas la fraîcheur de plein d’autres.

Tu vois, je trouve intéressant que tu ne puisses pas répondre à cette question.

Je le connais trop et c’est trop vaste pour ne t’en donner qu’un seul.  Je peux te dire, Nous irons à Deauville.  C’est un film de 1962 que j’adore. Il y a avec lui Serrault, Galabru, Brialy… Est-ce que pour autant, c’est mon numéro un ? J’aime aussi beaucoup Comme un cheveu sur la soupe un film de 1957. Il y joue un pianiste, un compositeur maudit qui trouve le succès sur le tard. C’est très agréable de le voir au piano. Après, dans les films populaires, en couleur, moi j’aime bien L’homme-orchestre et Rabbi Jacob. Je ne me lasserai jamais de ces films.

Il fait partie de ta famille maintenant…

Oui, voilà, c’est un nouveau papi.

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Tu as sorti beaucoup de livres en peu de temps. Tous différents. Mais à quand ton premier grand roman ?

J’ai un premier roman qui sort le 30 janvier, Quand nous serons frère et sœur. Je t’avoue que je fais des expérimentations dans tous les sens depuis que j’ai commencé à publier des livres. Je ne me connais pas encore parfaitement bien dans l’écriture. Comme plein d’adultes,  j’ai besoin d’autorisations en permanence, c’est aussi pour ça que je lis beaucoup. En lisant, les verrous sautent. Je me dis : «  Tiens, untel ou untel écris comme ça, donc on peut le faire ». Ce doit être un manque total de confiance. En même temps, j’assume tous les livres que j’ai écrits. Je pense qu’il n’y a rien dans le lot que je renierais, même dans longtemps.

Dans tout ce que tu as écrit, tu parles des autres. Jamais de toi, même si tu parles de la vie de ton homme ou de celle de ton oncle. Il va falloir que tu parles de toi plus frontalement un jour.

Ça c’est plus compliqué. Mais, dis donc, tu es mal placé pour me faire cette réflexion. Toi qui fais parler les autres. Je suis comme toi, pour l’instant, je me nourris des autres et puis le reste viendra sans doute… c’est toujours plus facile de parler des autres que de parler de soi-même.

Tu y viendras. Tu le confirmes.

Oui, je le confirme.

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(Bon, je vous l'avoue, j'ai contribué involontairement à cet ouvrage. Je l'ai découvert en lisant le livre... C'est très curieux de devenir ""source de bas de page".)

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Commentaires

Très bel article qui donne vraiment envie de découvrir cette biographie et ce nouveau roman qui sortira très très bientôt.
Encore Bravo Sophie.
Marie

Écrit par : garnier marie | 27 janvier 2013

Très bel article! Félicitations à Mandor, et surtout à Sophie pour s'être prêtée au jeu des questions/réponses.
Cordialement.

Écrit par : Claire | 27 janvier 2013

Les commentaires sont fermés.