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21 janvier 2013

Nilem : interview pour son premier EP "Planter le décor"

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(Photo : Emilie Arfeuil)

Nilem vient de sortir son premier E.P, Planter le décor. Un titre annonciateur d’un monde musical imagé, mais aussi une volonté d'écrire une nouvelle page de son histoire personnelle. Après avoir évolué avec un nombre considérable d’artistes, il était temps qu’il sorte de l’ombre. Il le mérite amplement. J’ai demandé à Nilem de venir à l’agence le 3 janvier dernier pour évoquer l’ensemble de sa carrière que cela.

Biographie officielle (extraits) :

Dans la vie ou sur scène, Nilem a donné à sa guitare la dimension d'un véritable compagnon de route. Elle est l'arbre à six cordes qui cache une forêt de savoir-faire, car ce guitariste talentueux est également un arrangeur, réalisateur, multi-instrumentiste qui a su placer tous ses talents au service de nombreuses collaborations : Ben Mazué, Carmen Maria Vega, Madjo, Duberman, You & You (mandorisé là), Kid with no eyes, Jeff Brodnax... Avec qui il a arpenté de nombreuses salles en France et à l'étranger ( Japon, Roumanie, Ukraine, Belgique, Suisse, Croatie, Bosnie, Slovénie, Hongrie ), et de nombreux festivals comme les Francofolies, les Eurockéennes,nilem,planter le décor,interview Paroles et musique, Alors chante, Solidays, Rock en seine, Le printemps de Bourges, le festival chorus.... ).

Nilem a ressenti l'envie de porter sur scène son propre univers. C'est tout d'abord par son grain de voix puissant, rugueux, velouté, pudique et tout en nuance que Nilem étonne. Dans son monde musical, très pictural, en clair-obscur, s'entrelacent l'ombre et la lumière, l'endroit et l'envers, l'ici et l'ailleurs. Au fil de ses compositions, Nilem ne cesse de jouer avec les contrastes. En français ou en anglais, ses chansons aux teintes pop, folk et blues sont souvent traversées par un souffle romantique : correspondances entre l'état d'âme et le paysage extérieur, tableaux nocturnes, endroits ombragés, arpèges cristallins, rythmique énergique et boisée, chœurs enivrants, mélodies exaltées....

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Interview :

C’est grâce à ta maman qui jouait beaucoup de piano à la maison que ton goût prononcé pour la musique a commencé.

Elle a pris l’initiative très tôt de nous inscrire dans des écoles de musique. L’éveil musical, je l’ai depuis tout petit. Ensuite, on rejette toujours ce que nos parents nous obligent à faire. À 9 ans, j’ai un peu arrêté. Plus tard, le rock m’a donné envie de jouer de la guitare. J’ai eu ma période garage et  grunge, puis après j’ai dérivé vers le métal. À partir de ce moment là, naturellement et de moi-même, j’ai eu envie de me remettre à faire de la musique. J’en suis presque devenu autiste.

C'est-à-dire que tu n’as passé ton temps qu’à ça ?

C’était devenu une grosse passion et, effectivement, je ne faisais plus que ça. Pendant mes années lycées, j’étais constamment dans mon univers personnel. J’ai eu l’obligation d’avoir mon bac, mais à 19 ans, je suis parti dans une école de musique.

A la Music Academy International de Nancy.

C’est une école qui te prépare au métier de musicien. On emmagasine beaucoup d’informations musicales, on t’apprend  aussi comment le milieu fonctionne, mais après, tout le travail reste à faire. Il faut à être à la fois patient et s’acharner.

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(Photo du teaser realisé par Germain Lalot)

Tu as beaucoup écouté de jazz et de musique improvisée.

En apprentissage, c’était très important. J’en ai même beaucoup joué à une période, mais plus maintenant.

Tu as aussi joué du funk, de la world music, de la folk, j’en passe et des meilleurs.

À un moment donné, je me suis aperçu que tous les types de musique pouvaient m’apporter quelque chose.

Teaser du EP.

Faut-il tout maîtriser pour rencontrer sa « voie » ?

C’est bien de tout connaître et j’avais envie d’avoir une palette assez vaste. J’aime analyser la musique, j’aime savoir comment tel musicien aborde telle musique, c’est très instructif pour moi et porteur pour ma musique personnelle.

En 2003, tu arrives à Paris.

Oui, je viens de Bordeaux. Arrivé dans la capitale, j’ai fait plein de petits boulots et beaucoup de jams dans des clubs où les musiciens se rencontrent. Il faut rencontrer les gens. C’est un milieu où les gens ne t’acceptent pas comme ça. Il est fermé et il faut savoir s’imposer.

Tu as rencontré des artistes avec lesquels ça s’est très bien passé.

Oui, il fallait que je me fasse violence, j’étais un peu timide, mais j’ai fini par faire les bonnes rencontres. Ben Mazué par exemple, que j’accompagne encore de temps en temps… et quelques autres. De fil en aiguille, avec les années et mes différentes collaborations, c’est devenu mon métier.

Tu as appris beaucoup avec les autres ?

Oui, tu apprends de tout le monde. Les artistes sont des éponges. C’est ce qui est beau dans ce métier-là, c’est très humain. La musique, c’est l’échange et le partage. Et le partage peut être très intense sur scène. Sans vouloir exagérer, ça se rapproche un peu de l’amour, toute proportion gardée. Ces moments-là nous rappellent pourquoi on est là.

Et pourquoi vous êtes là ?

Le plaisir de faire de la musique. Personnellement, c’est la seule chose que je sais faire. Je ne sais pas ce que je ferais si je ne m’adonnais pas à cette activité. On verra dans 15 ans ce qu’il se passera.

Version acoustique de "La discorde".

Tu sors un premier EP, certes, mais malgré cela, tu as déjà fait l’Olympia, la Cigale, la Maroquinerie, l’Alhambra… toutes les salles parisiennes importantes, même si, souvent, c’était en première partie ou pour accompagner d’autres artistes.

Oui, je sais la chance que j’ai. Ce sont des salles mythiques et c’était des moments très forts à chaque fois. Le fait de sortir ce premier EP comme un débutant qui n’a pas fait grand-chose me fait un peu redescendre. Je rejoue dans des petits endroits mes propres chansons. Avec ce projet, je dois recommencer à zéro. Les professionnels me connaissent, mais n’ont pas confiance tout de suite. Je dois faire mes preuves en tant que Nilem. C’est à la fois curieux et super intéressant de défendre son projet personnel.

Je sais que la scène est très importante pour toi.

Ce qui m’excite le plus, c’est l’adrénaline qu’on peut avoir sur scène. Ce que l’on peut ressentir quand on descend, cette angoisse que l’on peut avoir quand on monte et cette envie de remonter quand on descend. C’est ça qui me fait aimer le métier. Ces rencontres, cette interaction avec les gens…

On n’est plus le même quand on monte sur scène ?

Si tu es le même dans la vie que sur scène, c’est que ce que tu fais n’est pas très profond. Le public attend autre chose de toi, tu dois être plus ou moins transformé. C’est comme ça que je vois les choses. Moi, quand je suis sur scène, je suis ailleurs. C’est totalement un autre monde. Les artistes qui me font frissonner sur scène sont ceux qui sont dans le lâcher-prise total, dans l’oublie d’eux-mêmes.

Version live de "Les fauves".

Comment décide-t-on de créer son propre projet ?

Quand on en ressent le besoin. Je suis guitariste à la base, le chant est arrivé beaucoup plus tard. Le fait d’ouvrir la bouche et chanter n’a pas été un truc très naturel pour moi. J’ai découvert ma voix progressivement et j’ai entendu mes amis musiciens ou chanteurs me dirent : « tu t’es écouté chanter ? ». Ils m’ont dit qu’il y avait quelque chose à faire de ce côté-là et ils ont insisté pour que je tente l’aventure. Le temps me manquait, mais l’envie était là. J’ai commencé à composer des chansons et la passion s’est transformée en frustration. J’ai compris qu’il fallait que je mette mon « talent » aussi à mon service et pas seulement à celui des autres. J’ai travaillé ensuite dans ce sens sérieusement, et ce pendant deux ans et demi, mais avec des phases assez éloignées. Ce qu’il me manquait, c’est de m’y plonger vraiment, m’immerger totalement. Ce que j’ai fait au début 2012.

Il a fallu que tu trouves des collaborateurs pour t’écrire tes textes.

Oui, parce que quand j’ai commencé le projet Nilem, je n’écrivais pas beaucoup, je n’avais pas confiance en mon écriture. J’ai donc collaboré avec Céline Righi, Yannick Marais (de La maison Tellier) et Cae, qui eux, ont su mettre en mot avec talent mes idées. Ça prend un peu de temps parce qu’on ne maîtrise pas tout.

Il fallait que ces textes correspondent à ta pensée et à ta personnalité.

Ce n’était pas simple. J’ai expliqué aux auteurs ce que j’avais envie de transmettre dans mes chansons. Ils avaient la musique, on a échangé des idées et des textes sont apparus.

Textuellement, tu voulais transmettre quelque chose, un message particulier.

C’est aujourd’hui que je commence à avoir des envies de textes plus précis. Je commence d’ailleurs aussi à écrire. Ça me permettra de retranscrire réellement ce que j’ai au fond de moi. Je veux que mes compositions, aussi bien que ce que je chante, soient ma quête personnelle à 100%.

Version live de "Brise lame".

Quand le chant est une révélation tardive, on prend des cours ?

Disons que j’ai beaucoup appris avec les artistes/chanteurs/amis que j’ai accompagnés. Ils m’ont donné des conseils, des techniques vocales. Le souffle, l’inspiration, l’endurance, tous ces trucs-là…

Ta musique est un genre de pop, de folk, de blues… et plus. Difficile à déterminer.

J’ai du mal à expliquer ce qu’est précisément ma musique. Au début, j’étais partie dans un truc très folk, très intimiste, et je me suis finalement enflammé dans les arrangements. Inconsciemment, toutes les influences que j’ai eues pendant des années sont un peu là.

Ton EP s’intitule Planter le décor. Ce n’est pas un hasard.

C’est une façon de dire, je pose mes valises, c’est bon. Je présente quelque chose de personnel, je plante le décor, c’est parti et advienne que pourra.

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