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09 janvier 2013

Peïo : interview pour L'ombre et la lumière

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(Photo : Jean-Baptiste Millot)

Peïo est un chanteur qui joue déjà depuis des années, mais je ne connaissais pas son existence. J’ai reçu son premier album récemment et je l’ai trouvé très beau à tout point de vue. Des textes sur l’identité, l’immigration, les joies de l’existence, ses difficultés, les injustices et… des histoires d’amour. Ses musiques éclectiques rappellent aussi bien « les miracles acoustiques de Feist que les harmonies vocales d’Elliott Smith, la pureté des musiques africaines, et le folk du Ben Harper du début ». Rien que ça. L’Ombre et La Lumière permet à Péïo d’ouvrir les portes de la chanson française et d‘y pénétrer sans rougir. Le 11 décembre dernier, il a aussi pénétré les portes de l’agence pour me permettre de faire sa connaissance et ainsi, vous le présenter sur ce blog.

peïo,l'ombre et la lumière,interview,mandorBiographie sélective :

Peïo promène sa musique aux quatre coins de France. On l’a aperçu en première partie de Zebda ou Jehro. On l’a vu fouler les scènes de l’Alhambra, de la Bouche d’Air, du Sentier des Halles ou de la Lune des Pirates. En Bretagne à Tinténiac, on l’a vu embraser une foule de 4000 personnes. Petit à petit, il rédige les chapitres d’une histoire musicale qui se prolonge aujourd’hui avec la sortie d’un premier album joliment intitulé L’Ombre et La Lumière. Il y a là Seb Martel (Camille, M), le batteur Toma Milteau, le guitariste Pierre Sangra (Thomas Fersen) et le réalisateur Dominique Ledudal (Tryo, Vincent Delerm, JP Nataf). Preuve supplémentaire du talent du jeune homme : il y a quelques semaines, en mettant en musique le poème L'Attrape-rêves de Michel Butor, Peïo remportait le concours du Printemps des Poètes présidé par Christian Olivier des Têtes Raides.

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peïo,l'ombre et la lumière,interview,mandorInterview :

Tu as beaucoup bougé dans ta vie. Mais on peut dire que tu viens du Pays Basque.

C’est là où habitent mes grands-parents, c’est là aussi où j’allais en vacances l’été. C’est un endroit où je me sens bien. À côté de ça, j’ai vécu à Lille, à Lorient… j’ai bien bourlingué à droite et à gauche.

La musique fait partie de ta vie depuis très longtemps.

J’ai commencé la musique très jeune. Mes parents m’ont mis au conservatoire où j’ai suivi un cursus important en tant que trompettiste. J’ai fini par me lasser de cet instrument, car j’avais la sensation d’un manque. En particulier le manque du fait de chanter, d’écrire et de dire les choses. Je voulais exprimer des émotions, il me fallait donc prendre une autre direction.

Tu as décidé de chanter et ce n’est pas un acte anodin.

Je sentais en moi des tas de choses qui n’arrivaient pas à sortir. Avec la chanson, elles y parviennent. Je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour atteindre le bien-être que je ressens actuellement.

Le clip de "Petite Fleur"

Dans ton album L’ombre et la lumière, il est question de métissage. Tu es issu de métissage toi-même ?

Oui, mais je n’en dirai pas plus pour garder le mystère. Sans rire, c’est tellement complexe que ce serait forcément incomplet et je ne veux pas en oublier une partie.

Mais, ça occupe pas mal tes chansons musicalement et textuellement.

Il y a deux albums très importants pour moi, le dernier album d’Alain Bashung, Bleu pétrole, et celui de Rokia Traoré, Tchamantché, que je trouve fabuleux. Musicalement, je ne voulais pas tomber dans un style trop convenu, trop africain, avec du kora par exemple, mais je ne voulais pas non plus faire de la pure chanson française.

Tu ne veux ni être catalogué dans la « musique du monde » ni dans la « chanson française ». Ça va devenir compliqué, là.

Je ne cherche pas à être dans un truc précis, je cherche juste à jouer de la musique qui me fait plaisir et dans lequel je me sens bien. Mon métissage c'est une richesse, mais ce n'est pas toujours simple dans la quête de mon identité.

"De Gibraltar"

Quête d’identité, certes, mais il est aussi question de la peur de la différence, comme dans la chanson « D’où je viens ».

J’ai du mal à comprendre comment on peut juger une personne et surtout, comment on peut la juger uniquement sur des critères de nationalité et d’identité et pas sur ce que l’on vit avec elle.

Toi qui te sens parfois exclu, tu as choisi de chanter, acte qui réunit les gens…

Je crois que c’est pour ça que le disque s’intitule L’ombre et la lumière. C’est paradoxal, mais la vie est paradoxale.

Tu as travaillé avec ton binôme, Alex Tolub.

Il y a des textes de lui et de moi, mais si on demandait aux gens de deviner qui a fait quoi, la réponse serait compliquée. Alex est mon opposé en caractère, mais il est capable d’exprimer les choses que j’ai en moi. Cette dualité est très forte et complémentaire.

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(Photo en concert à l'Alhambra : Wing Tat SHEK (c) 2012)

Ce disque est une histoire de rencontres.

Effectivement. Autour de ce projet, on a réussi à réunir des gens qui se connaissaient dans le milieu, mais qui ne s’étaient jamais rencontrés. Ce disque a été enregistré en trois semaines, ce qui est  énorme dans le contexte économique actuel.

Mais comment as-tu choisi les musiciens qui participent à cet album ?

On a choisi des musiciens parce que leur histoire personnelle, musicale, la façon dont ils avaient évolué, nous intéressait. On a cherché toutes ces pièces de puzzle pour avoir les gens capables de faire ce que nous ne serions pas capables de faire nous-mêmes. On a envie de placer la barre haute dès ce premier album.

"Mon âme a pleuré" au Pont des artistes sur France Inter en septembre 2011.

Il est très varié musicalement.

Le risque que l’on craignait, c’était de faire un patchwork un peu formel. La chanson jazz, la chanson africaine… on ne voulait surtout pas ça. On voulait par contre faire un disque qui ne lasse pas les gens.

Tu sembles à la fois déterminé pour réussir à t’imposer et lucide sur le métier.

Ça fait quand même 5 ans que je travaille sur ce projet. Tout ne s’est pas fait facilement, loin de là. Je suis très heureux qu’enfin ce disque voie le jour. Ça me rend en joie. Je viens d’avoir une petite fille il y a quelques semaines, c’est donc une jolie période… ce que j’aime quand on fait ce métier, c’est que c’est angoissant parce que tu ne sais pas de quoi demain sera fait, mais en même temps, tu peux être tous les jours surpris. Et moi j’aime cette idée d’être surpris. C’est un luxe dans le monde formaté dans lequel on est.

peïo,l'ombre et la lumière,interview,mandorTu es le gagnant du Concours André Chédid 2012 du poème chanté organisé par Le Printemps des Poètes.

On te propose un poème, on te demande de l’interpréter sur ta propre musique. C’est compliqué, mais très intéressant. C’est ma petite sœur qui a reçu ce message et qui me l’a transmis. Au début, je regarde vite fait, mais je ne m'en occupe pas tout de suite. Quand, un peu plus tard j'y reviens, je me lance dans ce projet avec beaucoup de passion. Quand j’ai lu le texte proposé, il m’a parlé immédiatement et de façon quasi automatique une musique et une mélodie me sont venues. J’ai demandé à Pierre Sangra d’enregistrer ça chez lui et on a envoyé le titre. Au final, j'étais lauréat avec Christian Olivier des Têtes Raides comme président de jury. J'ai ressenti une très grande émotion et une forme de reconnaissance de ma démarche artistique !

Du coup, tu as écrit au poète que tu as mis en musique, Michel Butor.

Je lui ai envoyé mon album et il l’a trouvé très bien. Il m’a envoyé un message me donnant l’autorisation d’utiliser l’ensemble de ses textes pour faire un album. Du coup, j’ai ce projet en tête.

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Commentaires

Hey merci bien ! Quand j'ai plus de temps je reviens pour regarder la suite !

Écrit par : raquette tennis | 03 avril 2014

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