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02 décembre 2012

Constance Amiot : interview pour la sortie de Blue Green Tomorrows

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Constance Amiot fait partie de cette catégorie d’artiste dont je suis l’évolution depuis des années avec beaucoup d’intérêt et dont je souhaite continuer à donner une visibilité sur mon blog de temps à autre.

Puissante et douce. Fragile et percutante. Belle et rebelle… C’est tout ce que la jeune femme m’inspire.

La force tranquille, quoi.

Sa folk music est envoûtante. Quand on commence à l’écouter, on ne peut plus s’en passer…

(Constance Amiot sur iTunes, sur Facebook, sur Believedigital.)

À l’occasion de la sortie de son nouvel EP, Blue Green Tomorrows, Constance Amiot est passée par « l’agence », le 6 novembre dernier.

constance amiot,blue green tomorrows,interview,mandorBiographie officielle (mais raccourcie):

Auteur, compositeur, interprète de chansons en français et en anglais, le parcours de Constance Amiot est atypique et métissé. C'est en Côte d'Ivoire, à Abidjan, qu'elle a vu le jour, mais c'est au Cameroun et dans le Maryland américain qu'elle grandira. Elle débute sa carrière au sein du groupe Virus aux Etats-Unis et sort un premier album autoproduit en France en 2005, Whisperwood. C'est à New-York et à Paris sous la direction de Dominique Ledudal qu'elle enregistre son deuxième album, Fairytale, qui sort en 2007 chez tôt Ou tard. Un album teinté de folk et de groove. Elle se retrouve alors sollicitée pour les premières parties d'artistes comme Da silva, Vincent Delerm ou encore Arno et participe à de nombreux festivals (Francofolies de la Rochelle, Primeurs de Massy, ArtRock, Musik'elles, Tous sur le Pont...). En 2009, elle signe un livre disque pour enfants, À la bonne étoile (Actes Sud/Tôt ou Tard). Elle revient en 2011 avec un album concept, Once, Twice (Tôt ou Tard). Un travail d'écriture et d'interprétation, une adaptation en anglais de l'album "La tendresse des fous" de Da Silva. En 2012, elle enregistre un EP, Blue Green Tomorrows (autoproduit). Aboutissement naturel du parcours et des différentes rencontres qu'elle a pu faire ces dernières années, on y retrouve les allers-retours rythmiques entre la chanson à texte d'ici et la folk song de là-bas.

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Interview :

Tu n’es plus chez tôt Ou tard. Tu es redevenue indépendante. Pour quelle raison ?

Ça faisait un moment que je voulais avancer à mon rythme. Moi, j’écris beaucoup et j’ai besoin de concrétiser rapidement ce que j’entreprends musicalement.

constance amiot,blue green tomorrows,interview,mandorDepuis ta première mandorisation, à l’occasion de ton premier album, il s’est passé beaucoup de choses pour toi. Je veux revenir sur l’adaptation en langue anglaise de l’album de Da Silva, La tendresse des fous. C’est inédit comme projet.

Le concept m’a beaucoup plu. C’est lui et Vincent Frèrebeau (patron de Tôt Ou Tard) qui me l’ont proposé. Ils étaient en train d’enregistrer son album et ils m’ont appelé pour m’expliquer qu’ils aimeraient que j’adapte l’album de Da Silva. Au départ, je devais juste faire la traduction. Je suis allée écouter les titres et j’ai eu un véritable coup de cœur. Tout retranscrire dans une autre langue était pour moi un challenge très intéressant. Après, ils m’ont dit que j’allais également chanter. Du coup, j’ai pris conscience que j’allais porter ce projet.

Dans cet album, Once twice, tu chantes des chansons imaginées par un homme. As-tu changé quelques phrases pour qu’elles soient crédibles dans la bouche d’une femme ?

Il n’y a rien eu à changer. C’est là que je me suis rendu compte que Da Silva n’écrivait pas des paroles pour les hommes ou pour les femmes. Il a juste un point de vue humain.

Est-ce qu’on se dit, pour ce genre de projet, que ce n’est qu’un album transitoire ?

Mais pas du tout. Je considère que c’était un vrai album parce qu’il y a un vrai travail d’écriture. Je sais que certaines personnes n’ont pas compris ce projet. On m’a beaucoup demandé pourquoi je ne revenais pas avec mes propres chansons… Ça a même été parfois très mal pris.

En  2009, tu signes (paroles, musiques et textes) un livre disque pour enfants, À la bonneconstance amiot,blue green tomorrows,interview,mandor étoile (Actes Sud/Tôt ou Tard) dont le conteur n'est autre que Sanseverino.

C’était une aventure sympa. J’ai adoré cet exercice. Tu sais, j’aime bien que l’on me propose des projets originaux qui me permettent de diversifier mes activités musicales. C’est quelque chose que j’adore faire : changer d’angle, tout le temps.

On a peur de se répéter quand on compose, quand on écrit des textes ?

C’est vrai que malgré nous, les auteurs compositeurs, on se rend compte qu’il y a des thèmes qui reviennent tout le temps. J’essaie de rester dans une émotion avant qu’elle ne file. Comme c’est quelque chose que je fais souvent, forcément il y a des thèmes qui se recroisent. Le temps qui passe, par exemple, le mois de novembre aussi… (rires). Il faudrait peut-être passer à autre chose. Ce sont les autres qui te font remarquer que tu as des obsessions : « Dis donc, tu parles souvent de l’automne… ». Je caricature un peu, mais effectivement, il faut se renouveler.

constance amiot,blue green tomorrows,interview,mandorCe qui nous intéresse aujourd’hui, c’est ton nouvel EP, Blue Green Tomorrows. 5 nouveaux titres, mais avec toujours la même équipe.

Il y a des gens qui reviennent comme Benoît Caillé, mon harmoniciste. Pour cet EP, j’ai joué avec des personnes que j’ai déjà rencontrées auparavant comme Philippe Entressangle (batterie), on avait fait un Taratata ensemble, David Lewis (trompette) de Paris Combo, lui, je l’avais rencontré sur l’album de Da Silva. Bernard Paganotti, (basse) on avait travaillé ensemble sur un projet, je lui ai donc demandé de participer à mes nouveaux titres… La musique, c’est ça. Ce n’est qu’échange et partage.

Cet EP est là pour annoncer un album ?

Les chansons sont là. Il ne me reste plus qu’à les enregistrer. Ça devrait se faire probablement au printemps. L’EP, c’est un format que je trouve sympa. Plutôt que de me lancer tout de suite sur un album, une auto prod, je préfère commencer petit à petit. On reste indépendant, mais on arrive quand même à sortir des choses.

Teaser "Blue Green Tomorrows" Constance Amiot
Extrait de l'EP Blue Green Tomorrows/Believe Digital
Image: Mathieu Pansard
Réalisation:PierroM

Mais tu cherches un label ?

Pendant un temps, je me suis dit que non. Je me suis dit que je me débrouillerai seule, mais depuis peu, je me suis décidée à en chercher un. Avec l’aide de mon management, Talent Sorcier.

Tes chansons mélangent toutes tes cultures. À commencer par les langues françaises et anglaises…

Cette façon de faire me paraît naturelle. J’ai une écriture qui est assez spontanée finalement. D’ailleurs, créativité et spontanéité, c’est ainsi que je conçois les choses.

L’inspiration te tombe dessus sans que tu t’y attendes?

En tout cas, je ne me mets jamais devant une page blanche en me demandant ce que je vais faire… ça arrive, comme ça. C’est assez chaotique pour tout te dire. L’inspiration me tombe dessus, comme tu dis, de préférence à des moments où je ne m’y attends pas. J’ai l’impression que quelqu’un me tape sur l’épaule et me donne des idées. Dans ces cas-là, j’arrête tout et j’écris mes textes.

C’est valable aussi pour les compositions ?

C’est la même chose. Les mélodies viennent comme des personnages se rappeler à moi. Elles me rattrapent en me disant : « tu te souviens, tu as commencé à écrire quelque chose, il y a 5 ans. Tu m’as laissé en plan et je suis encore là ». Elles étaient encore dans ma tête, mais je les avais gommées. Elles refont surface tout à coup et s’imposent à moi.

C’est marrant, parce que tu collabores tout le temps avec des gens que j’aime beaucoup. JP Nataf par exemple.

Ça faisait un moment que l’on se croisait et que j’avais envie de travailler avec lui. Je lui ai proposé de chanter avec moi sur une chanson, « Résonances »… je lui ai envoyé le titre et il a accepté. Au départ, cette chanson était écrite en anglais, j’ai donc ajouté des phrases françaises qui se fondaient dans le reste de l’histoire, pour qu’il les interprète.

Teaser "Résonances" Constance Amiot & JP Nataf extrait de l'EP Blue Green Tomorrows/Believe Digital
Images: Mathieu Pansard
Réal:PierroM

Il y a aussi « Manhattan », une chanson écrite par Jérôme Attal.

Dans mes disques, il y a aura toujours du Jérôme Attal. Une fois qu’on a commencé avec lui, on ne peut plus s’arrêter. Il  a une telle élégance dans l’écriture… c’est beau ce qu’il écrit. Il y a toujours des fulgurances dans ces textes. Par exemple dans Manhattan, il écrit : « Perdue dans cette effervescence des gens qui passent et qu’on oublie, sont comme de vieux amis d’enfance qui seraient touchés d’amnésie ». Il essaime comme ça des phrases tellement jolies. Il nous laisse assez libre en suggérant beaucoup… notamment  dans les chansons d’amour.

Tu le sais, je suis fan de lui.

Je te comprends, il est extraordinaire. Il a une créativité dingue. On lui demande un couplet, il nous en sort 10. On lui demande une chanson, il en écrit 5. Toutes bonnes.

constance amiot,blue green tomorrows,interview,mandorOn s’est vu la première fois pour la sortie de ton premier album officiel, Fairytale, c’était il y a 5 ans… trouves-tu que ta carrière avance à un rythme normal depuis?

Oui, j’ai l’impression de suivre une évolution normale, parce que je continue à faire ce que j’ai envie de faire, en prenant le temps qu’il me faut. Au niveau de la créativité, j’ai l’impression aussi qu’il se passe quelque chose d’assez naturel. Bon, maintenant, je t’avoue que parfois, c’est un parcours du combattant. Mais, c’est pareil pour tout le monde. On peut être découragé assez facilement, mais en même temps, c’est une passion. Elle nous rattrape toujours.

Par moment, as-tu eu envie de changer radicalement de vie ?

Oui, ça m’est arrivé. J’ai déjà imaginé passer complètement à autre chose. De toute façon, je considère que la musique sera toujours là. Même si le métier est dur, ça ne nous enlève pas la créativité. C’est ce que je me suis toujours dit dans les moments de descente, finalement. Personne ne m’empêchera jamais d’écrire. Personne ne m’empêchera de prendre ma guitare et de jouer. Personne ne m’enlèvera ça, quoi qu’il arrive.

L’objet disque pour toi, c’est important ou tu en sors juste comme prétexte pour pouvoir faire de la scène ?

Je suis encore attachée à l’objet en lui-même. C’est comme une carte postale que l’on va envoyer et que l’on va emmener avec nous sur scène. J’aime l’énergie de la scène parce qu’on a l’impression d’aller vers l’autre. Quand on écrit une chanson au départ, on l’écrit aussi pour qu’elle aille vers quelqu’un, pour qu’il y ait une rencontre. Et puis, ce que j’adore, en général, dans le quotidien, c’est me laisser surprendre par des moments qui sont inattendus. Je trouve que la scène véhicule des moments où on ne sait pas à quoi s’attendre. J’aime quand la vie est imprévisible…

Considères-tu que tu as fait des progrès depuis ton premier EP ?

J’espère que je progresse. Le but n’est pas de rester figé sur les mêmes choses. Tu sais, c’est difficile de juger son propre travail. Ça ferait prétentieux si je te disais de manière sure de moi que je progresse d’album en album.

Tu aimes parler de tes chansons, comme on le fait là ?

Cet exercice est toujours très étrange. Parfois, j’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre. On ne parle que de moments particuliers. Sur la création notamment. Ce sont des petits bouts de moments de vie. Ce n’est pas moi dans mon entier.  Bon, j’essaie de rester le plus possible dans l’authenticité et la sincérité. C’est important pour moi de me présenter aux autres telle que je suis réellement.

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Commentaires

Je ne connaissais pas : excellent !

Écrit par : LA CHOSE NUMÉRIQUE | 05 décembre 2012

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