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28 novembre 2012

Les Yeux d'la Tête : interview pour Madones

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(Crédit : Le Turk)

Une amie de toujours (hello Valérie !) m’avait alerté il y a quelques mois sur l’existence de ce groupe. « Quoi ! Tu n’as jamais interviewé Les Yeux d’la Tête ! Et tu te dis spécialiste de la chanson française !!! » (Bon, j’exagère un peu, le message m’avait été lancé plus diplomatiquement).  Non seulement je n’avais jamais interviewé ce groupe, mais en plus je ne connaissais que très vaguement son existence. Il fallait que je réagisse, afin de combler cette lacune impardonnable. Or, les hasards de la vie (qui ne cesseront de m’étonner), ont fait que j’ai reçu un message de l’attachée de presse du groupe, avec laquelle je travaille depuis quelques années maintenant (hello Marie !), m’indiquant qu’un nouvel album arrivait, Madones, et qu’une rencontre avec Benoît Savard et Guillaume Jousselin, les deux fondateurs (et guitaristes chanteurs) du groupe était jouable…

Soit.

les yeux d'la tête,interview,madones,mandorAprès avoir reçu le disque, je n’ai pas hésité. J’ai compris l’enthousiasme de mon amie Valérie et moins bien compris que je sois passé à côté de cette formation si longtemps.
Benoît Savard et Guillaume Jousselin ainsi que les autres membres des Yeux d’la Tête, Eddy Lopez  (Saxophones / Chœurs), Émilien Pottier (Contrebasse / Basse électrique), Pierre Chatel (Batterie) et Antoine Alliese (Accordéon) sont réellement enthousiasmants.
Ils ont parfaitement réussi le savant mélange de rock de musique balkanique et tzigane .Une musique sans frontière et sans étiquette portée par une écriture fine et efficace.

Tout est bon. Textes, musique, ambiance générale. Généreux comme personne !

Biographie officielle :

Après plus de 300concerts dans toute l’Europe, la bande de Montmartre a su lever les foules de Paris à Berlin, de Budapest à l'Italie, du festival Alors chante aux Francofolies... les enivrant d'une ambiance chaleureuse et sincère.

Mis en boîte aux mythiques studios Davout et réalisé par Laurent Jais (Amadou et Mariam, Melissmell, Mano Negra), avec Madones ces rois de la scène offrent un album riche et bien produit à l'image de leur évolution et de leur liberté. Ils vont là où on ne les attend pas : samples hip-hop ou électros, guitares électriques, claviers rétros… tous les mélanges sont permis la qualité pour seule limite, l'émotion et les sensations pour objectifs !

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                                                               (Crédit : Le Turk)
Des sonorités gipsy (« La scène ») une valse mélancolique (« Des bouts de Papier »), mais aussi des chansons explicitement rock (« Parisiennes », « La belle inconnue ») et un carpe diem version dance-floor-balkan-beat-electro (« Profitons-en »)...

Benoît Savard et Guillaume Jousselin, les deux « têtes » pensantes des Yeux d’La Tête, sont venus à l’agence, le 31 octobre dernier.

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Interview :

Vous vous êtes rencontrés comment tous les deux ?

Benoît : Nous nous sommes rencontrés dans une école de musique à Pigalle qui s’appelle ATLA. Avec Guillaume, on était au fond de la salle… on s’est connu comme ça.

Guillaume : D’abord, nous sommes devenus amis. Très vite Benoît m’a fait découvrir tout plein de musique de l’est et la musique manouche. Moi, je venais plus du rock français des années 70. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette musique acoustique, cette musique tzigane qui touche directement au cœur et à l’âme. À côté, nous avions déjà chacun des groupes. Benoît jouait dans une fanfare et moi dans un groupe de rock. Dans le courant de l’année 2006 est né Les Yeux d’la Tête, version light, très acoustique. Le but était de jouer facilement partout. On n’avait pas d’ambitions spéciales à l’époque. Au début, on a pris beaucoup de plaisir à jouer dans les rues de Montmartre. Ça marchait pas mal. Ensuite, on a fait plein de petits bars dans Paris. La sauce a commencé à prendre petit à petit.

Benoît : Au fur et à mesure des concerts, on voyait que le public venait de plus en plus nombreux. Et avec Guillaume, on a très vite remarqué que ça fonctionnait bien entre nous deux, qu’il y avait une alchimie.

Guillaume : En gros, de 2006 à 2008, on a fait des petits concerts un peu partout… même sur des péniches. On est allé un peu en province aussi, mais on est surtout resté beaucoup à Paris. On voulait profiter de l’engouement qui commençait à monter. Et enfin, en 2008, on a fait notre premier album, « Danser sur les toits ».

Benoît : À partir du moment où un disque existe, ça veut dire que le groupe existe officiellement. C’est un peu comme ça que les gens considèrent les choses.

Guillaume : On avait besoin de marquer implicitement cette période, de définir ce qu’on venait de faire, graver toutes les chansons qu’on avait pour passer à autre chose et repartir de plus belle.

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C’est très dur de se démarquer dans la chanson française aujourd’hui…

Guillaume : Notre disque n’a pas eu forcément un accueil unanime des professionnels, mais la presse nous a suivies. Il y a eu pas mal de bonnes chroniques, ce qui, mine de rien, nous a permis de faire des tournées pendant 4 ans et nous dire qu’on allait faire de Les yeux d’la tête notre vie.

L’une des spécificités du groupe, c’est que vous êtes deux chanteurs.

Guillaume : Il n’y a pas de règles. Il y a des chansons que l’on chante ensemble et d’autres que l’on chante en solo. Dans les albums et dans le show, on essaie d’équilibrer nos interventions parce que c’est important de jouer cette dualité. Ce répondant qu’on a tous les deux fait partie de notre originalité.

L’un de vos tourneurs Patchanka est allemand. D’où une notoriété grandissante dans ce pays.

Guillaume : On a commencé à tourner avec ce tourneur en 2009. Il s’occupait en Allemagne d’autres groupes français, les Mass Hystéria, Karpatt, les fils de Theupu, Syrano. Au début, on se demandait ce qu’on allait bien faire en Allemagne et on s’est retrouvé avec un mec passionné par la chanson française qui se démène pour la faire découvrir en Allemagne. Aujourd’hui, c’est un coup de foudre réciproque entre nous et le public allemand. On y va au moins 3 fois par an.

La Scène. Titre présent sur l'album Madones.
Illustré par quelques images des tournées en France et en Allemagne en mai et juin 2012.
Notamment au Fusion Festival et au TFF Festival à Rudolstadt.

Vous avez même remporté le 1er Prix du festival de Folk européen Folkherbst en Allemagne.

Guillaume : un groupe français a reçu ça en Allemagne, c’est assez marrant.

Du coup, en France, on s’intéresse plus à vous. On se dit « c’est quoi ce groupe qui cartonne dans un autre pays que le sien ? »…

Benoît : Oui, on commence à remarquer cela. On nous en parle de plus en plus. C’est un argument qui incite certaines personnes qui n’osent pas prendre de risque avec un groupe qu’ils ne connaissent pas à, du coup, vouloir nous découvrir. Ils ont peur de passer à côté de quelque chose. Le succès à l’étranger interpelle toujours. C’est bien, c’est une façon comme une autre d’arriver aux oreilles des gens.

Vous êtes passé avec succès aussi en Hongrie, en Croatie, en République tchèque…

Guillaume : Une des beautés de ce métier-là, c’est d’avoir la chance d’aller découvrir ce genre de pays. Moi, je n’y étais jamais allé avant. Le fait d’y aller en tant que groupe, c’est un peu différent que d’y aller en touriste. A chaque fois, ça a été un grand bonheur et des expériences uniques.

À l’étranger, on vous demande de quoi parlent vos chansons ? Est-ce que les textes intéressent le public qui ne comprend pas le français ?

Guillaume : Tout le monde n’est malheureusement pas à cheval sur le sens des mots, mais globalement, il y a tous les cas de figure. Certains se satisfont de la mélodie, de l’intention de l’émotion qu’ils arrivent à choper et il y a ceux qui vont avoir besoin de la signification précise.

les yeux d'la tête,interview,madones,mandorDans vos chansons, l’écriture est aussi importante que la musique.

Guillaume : Ce n’est pas parce que la musique est très riche, qu’il s’y passe plein de choses, qu’on a délaissé le texte.

Benoît : Moi, je dis même que notre groupe est un groupe de chansons. Une chanson, chez nous, commence toujours par le texte. La composition vient autour. Je dirais plutôt qu’on a laissé autant de place à la musique qu’au texte, que l’inverse. La base part du texte et du sens.

Votre disque s’intitule « Madones ». Les femmes… sujets inépuisables ?

Guillaume : Ca n’a pas fait partie de la démarche initiale. Quand on a réuni toutes nos chansons, on s’est rendu compte qu’on avait beaucoup d’inspirations qui venaient des femmes.  Madones exprime toues les facettes des femmes et toutes ses formes d’inspirations qu’elles ont pu nous procurer, que ce soit dans la joie, la surprise, la tristesse et le burlesque. On est des hommes très intéressés par les femmes et par l’amour.

"Parisiennes" par Les Yeux D'La Tête en Session Live sur RFI
Émission La bande passante - diffusée le 22 septembre 2012.

Vous travaillez comment ?

Guillaume : Au fur et à mesure. On est toujours en création.

Benoît : On n’a pas ce réflexe de faire un moment une tournée et un autre, nous occuper de l’album. Toute la création se fait sur la route, un peu tout au long de l’année, du coup on se montre des musiques, des textes, à n’importe quel moment. On n’a aucune pression. C’est nécessaire que cela se passe comme ça. On fuit le côté pas naturel de la création. Le côté « faut pondre », « faut créer », très peu pour nous ! Évidemment, à un moment on se pose pour peaufiner nos chansons. C’est un peu pour ça qu’on a mis 4 ans à faire le deuxième disque. On n’a pas réussi à arrêter de tourner.

L’objet disque est superbe.

Guillaume : Il y a encore quelques passionnés qui achètent des albums, on s’est dit qu’on allait les récompenser. Aujourd’hui, l’intérêt quand on sort un disque, c’est de faire quelque chose de léché. Un petit bijou.

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On vous voit habillé en années 30, dans différentes situations. Ça vous a amusé de poser comme ça ?

Guillaume : On a beaucoup aimé se mettre en scène. La séance photo a duré 17h.

Benoît : Il y a eu une journée pour la pochette du disque, la madone, et la même chose pour toutes les photos intérieures.

Guillaume : L’artiste qui a fait tout ça s’appelle le Turk. On a eu un grand coup de cœur pour son univers visuel.

Les Yeux D'la Tête & Danakil - Peur de Tout
cabaret sauvage avril 2011

Vous serez au Café de la danse le 11 décembre.

Guillaume : on a envie de proposer aux gens qui viendront nous voir ce soir-là, l’univers musical et visuel de l’album.

Benoît : Il y aura aussi les invités qui sont venus jouer sur l’album. Tom Fire aux claviers, les Babylon Circus aux cuivres, le scratcheur de Sam Tach aux platines et Étienne Favier à la guitare manouche. Belle soirée en perspective, je vous assure. On va avoir l’occasion de faire quelque chose de très beau. Les gens s’en souviendront !

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