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16 novembre 2012

-M-: CD'Aujourd'hui (+interview intégrale)

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Je n’avais encore jamais rencontré Matthieu Chédid (dit-M-). Son père, Louis, et sa grand-mère, Andrée, de nombreuses fois, mais pas lui. Les hasards de la vie ne nous avaient pas encore placés sur le même chemin. L’émission CD’Aujourd’hui m’a permis d’y remédier.

Le 2 novembre dernier, dans les studios de Music Live Productions à Montrouge, nous avons enregistré/filmé une session de "Mojo" rien que pour nous (3 prises), puis je l’ai interviewé pour l’émission… comme elle ne dure que deux minutes, je vous propose ici l’intégralité de l’entretien.

Avant de le lire, je vous propose ma chronique parue dans le nouveau ActuFnac (daté du mois de novembre 2012)

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Pour regarder le CD'Aujourd'hui consacré à l'album Îl de -M-, diffusé le jour de la sortie du disque le 12 novembre dernier, il vous suffit de cliquer ici.

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Interview:

Faut-il surprendre pour faire un bon disque ?

Je crois qu’il faut se surprendre soi-même et surtout avoir le sentiment de se renouveler, de réinventer et , paradoxalement, de ne pas être dans la peur de se copier soi même. L’inconnu est une bonne chose, quitte à même parfois déraper ou se tromper. C’est important d’oser. Il faut se surprendre soi-même. Plus on se surprend, plus on surprend les autres.

Comment parvient-on à se surprendre ?

On se surprend surtout dans les rencontres. Je crois que j’ai besoin de me régénérer en faisant de nouvelles rencontres, c’est la raison pour laquelle je suis allé à Los Angeles. Ça m’a donné beaucoup d’énergie. Même si je l’ai ramené en France. J’ai fait ce disque dans mon petit studio à Paris. C’était pour moi comme une renaissance, un redémarrage, une nouvelle ère. J’ai eu l’idée d’inventer une île, d’inventer un lieu et surtout de s’amuser.

Qu’est ce que c’est le Îl du titre de l’album ?

Ce qui est important pour moi, c’est de laisser la porte ouverte à l’autre, c'est-à-dire d’enlever une lettre. Ça permet juste d’ouvrir l’imaginaire et de s’inventer son histoire et son propre lieu, c’est ça qui m’intéresse. À l’image des chansons. J’étais dans l’économie des mots. Ce n’était pas par flemmardise, mais par volonté artistique de laisser beaucoup de place à l’imaginaire.

-M-, MOJO, premier single extrait du nouvel album Îl.

Vous jouez beaucoup plus avec les mots dans cet album. C’est flagrant.

C’est important pour moi de désacraliser le côté littéraire. On a l’habitude en France d’être très attaché aux mots, à la grammaire. On est presque un peu cul serré. Il faut qu’on parvienne à se débrider. Grâce à ma famille, ma grand-mère et mon père notamment, qui maîtrisent vraiment la langue et qui l’a subliment, j’ai acquis un savoir-faire qui m’a permis de la violenter et de lâcher prise sur le côté trop sérieux. Dans cet album, tout est prétexte au jeu et à l’énergie positive.

Vous vous accordez même quelques libertés avec la langue française.

Une chanson permet tout. Par rapport à un texte écrit, quand on chante on peut inventer des orthographes, des grammaires, des formules. Ce sont les petites inventions qui m’intéressent.

Il y a un texte très revendicatif dans lequel vous vous adressez aux politiques, « La grosse bombe ». On n’a pas l’habitude de vous entendre lancer des messages si  frontalement.

« La grosse bombe » est une chanson d’adolescence. Je l’ai composée il y a 15 ans, à l’époque du Baptême. Elle est réapparue comme ça dans l’énergie de ce nouvel album. C’est une chanson un peu frontale et premier degré, mais en même temps, avec un humour qui sauve tout. C’est une raillerie sur la surenchère et sur la mascarade politique qui évidemment me touche.

-M- revient 1 an et demi plus tard devant les caméras du HibOO pour interpréter "Océan", extrait de son nouvel album Îl.

En écoutant ce disque, on a la sensation qu’il s’est fait dans la joie et la bonne humeur.

Ça s’est fait entre potes et dans la joie de faire de la musique, d’inventer des choses, de créer des sons, j’allais dire pousser les boutons à 11, faire un peu n’importe quoi, comme des sales gosses, un peu. C’est vraiment l’album du lâcher-prise. Peu importe le regard de l’autre, amusons-nous et soyons libres totalement. Quand on a la chance d’avoir un public et de créer comme ça un univers, on peut vite s’enfermer, avoir peur de décevoir. Je crois qu’il faut se faire confiance et aller au bout de ses idées. Ce disque est le premier disque que j’ai gardé en secret pratiquement jusqu’à la sortie. La plupart de mes proches n’ont pas écouté ce disque encore. Je l’ai préservé pour aller au bout de mes intentions, des idées et de la folie de ce disque.

Ce disque est plus énergique, voire plus viril que les précédents.

Je suis gêné par le terme viril. Je dirais qu’il est plus masculin. Ce n’est pas pour rien que l’album s’appelle Îl. C’est peut-être le disque d’un homme plus que celui d’un adolescent ou même d’un adulescent. Grâce à ma fille et au fait que j’ai 40 ans, ça me permet d’aller plus dans le délire parce qu’à 40 ans, on peut faire n’importe quoi aussi… tout en étant responsable.

On dit que le succès endort. Vous luttez contre ce phénomène ?

C’est tellement une chance le succès et tellement un miracle, voire même un accident que, quand il se répète, c’est troublant. J’ai toujours appris grâce à mon père que tout cela était éphémère et très fragile. Je sais que la vie et ce métier sont fragiles, je m’attends toujours à ce que tout ça s’arrête. J’ai tellement conscience que j’ai de la chance que ça marche, que j’essaie d’être perpétuellement à la hauteur de cette chance.

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Ca met de la pression de vouloir être à la hauteur ?

Oui, mais ça met de la pression avec soi même, d’être en phase avec soi, honnête et juste avec sa vie intérieure. Ce que je veux, c’est être connecté, faire plaisir aux gens et balancer de l’énergie positive.

Se renouveler, faire un album différent à chaque fois, c’est aussi prendre des risques.

J’espère me remettre en question à chaque fois. Chaque nouvel album est un premier disque. On me rappelle à chaque fois que j’ai une histoire que j’ai fait ça avant. Je suis en vie. J’ai besoin de me transformer, de me réinventer, de ne pas figer ma musique et mon personnage.

C’est un album plus positif que les précédents.

L’énergie musicale est avant tout une énergie animale. Au-delà du mental, au-delà de l’intellectualisme, je veux donner un message charnel et sensuel et donc, ça passe par le rythme,  l’intensité et quelque chose d’indéfinissable qui nous dépasse un peu.

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Pendant la session de "Mojo"

On voyage beaucoup dans ce disque. Il y a des rythmes orientaux, hispanisants...

Ce disque est composé de titres qui sont comme des petites scènes hollywoodiennes. Ce sont des décors assez typés. On va à fond dans les univers et dans les jeux de rôles.

Vous êtes très fier de ce disque, je crois.

Même si c’est la scène qui va encore plus enflammer ce disque, je considère qu’il fait partie des grands disques de -M-.

Vous craignez les réactions du public ?

Je ne crains pas. Je les accepte avec bonheur. Je comprends aussi bien quelqu’un qui est agacé par ma voix que quelqu’un qui va être apaisé par elle. Ça fait partie de la vie. Chacun est dans son monde, chacun est dans son île, justement. Ne pas plaire à tout le monde à un côté rassurant. Ça veut dire qu’on avance. Si c’est trop consensuel, il y a un problème quelque part. Je suis rassuré quand la chose bouscule un peu. J’accepte le regard de l’autre et en même temps je suis heureux de faire du bien aux gens.

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Petite session photo après interview.

2 novembre 2012 à Montrouge.

Commentaires

Merci de partager cette rencontre avec nous monsieur Mandor !

LeMecHamac

Écrit par : LeMecHamac | 16 novembre 2012

Je viens de lire cette interview et après avoir vu M pour la 1ère fois en concert hier soir à l'issue de son nouvel album à Marseille, j'avoue être conquise voire même troublée! Quelle énergie et quelle belle personnalité, je dois me rendre à l'évidence, c'est un artiste complet 100% pur jus électro-acoustico-barjo, un vrai guitare héros comme on les aime!! Je me sens donc dans l'obligation, ce jour, de rejoindre à mon tour le banc de ses milliers de fans et de l'encourager à surtout continuer de nous faire rêver, merci de nous faire planer! C'est la raison pour laquelle je trouve cette interview en totale adéquation avec le personnage, ses mots et sa performance scénique, chapeau l'artiste!!!!

Écrit par : Cynthia | 17 mai 2013

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