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30 octobre 2012

The Lightnin 3 : interview pour la sortie de Morning Noon & Night

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The Lightnin 3, c’est l’histoire de trois chanteuses nord-américaines installées à Paris qui enregistrent un album ensemble. Les initiales de leur prénom réunies (R N B) les prédestinaient à faire un album de Rhythm & Blues, source naturelle de leur culture musicale.

The Lightnin 3 album cover.jpgLeur album, Morning Noon & Night, est sorti aujourd’hui précisément et demain (31 octobre 2012), les The Lightnin 3 seront en concert au Café de la Danse. Deux bonnes raisons pour vous les présenter.

Brisa Roché (mandorisée ici), Ndidi Onukwulu et Rosemary Standley (chanteuse du groupe Miorarty, mandorisée là) ne s'étaient jamais rencontrées jusqu'à ce que leur ancien éditeur commun les mette en relation. L'envie de collaborer fut immédiate pour ces trois talents toujours avides d'expériences artistiques. Le groupe fraîchement constitué a décidé  de reprendre un répertoire étendu à plusieurs décennies et d'offrir une relecture des morceaux comme s'ils avaient été conçus dans les années 60. Au final, dans Morning noon & night, 12 titres enregistrés en 5 jours, en formule complètement live avec l'ensemble des instruments dans une seule pièce, sans aucun overdub, pour répondre aux mêmes contraintes techniques qu'à l'époque. Rencontre à la Galerie W, le 26 octobre dernier, avec deux d’entre elles, Brisa Roché et Rosemary Standley, juste avant leur tout premier show case en commun.

Interview :

Qui a décidé de vous réunir toutes les trois ?

Brisa : C’est notre ancien éditeur commun qui travaillait sur un film dans lequel il plaçait pas mal de musiques des années 40 et 50 avec souvent des voix de femmes en harmonie. Il a beaucoup aimé ça et il nous a contactées pour que l’on se rencontre dans le secret espoir que monter ce projet nous intéresse. Ça nous a intéressées, mais pas tout à fait comme il nous le proposait. Un peu à la Andrew Sisters. On voulait aller plus vers les années 60 et un peu plus tard dans les années.

Vous ne vous connaissiez pas.

Rosemary : Non, enfin juste de nom, de vue et de réputation, mais pas plus que ça.

Si ça n’avait pas collé humainement, il n’y avait aucune possibilité qu’un tel projet existe.

Rosemary : Ça, c’est une certitude. On s’est vu pendant un an pour écouter et essayer des choses. Se rencontrer vraiment, apprendre à se connaître, savoir qui on était. Même vocalement, c’était intéressant. On a fait quelques petites expériences, notamment des essais pour vérifier que nos voix se mariaient bien. Après, ça s’est précipité sur la fin parce qu’il y a eu un enregistrement qui s’est décidé assez rapidement.

Brisa : En tant que chanteuses, ça nous fait du bien. Nous sommes parfois isolées, vous savez. C’est rare de pouvoir parler avec des femmes qui font le même métier. Nous étions ravies de passer des moments ensemble.

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Il y a eu beaucoup de répétitions avant l’enregistrement ?

Brisa : Il n’y en a eu aucune avant l’enregistrement. On a choisi les morceaux moins de dix jours avant de passer en studio. On est allé à Berlin découvrir les arrangements et enregistrer.

Rosemary : Nous avions une entière confiance en la personne responsable de la réalisation artistique de cet album, Toby Dammit, surtout connu pour son travail derrière les fûts d’Iggy Pop et par ailleurs producteur, notamment pour Jessie Evans. C’est quelqu’un qui a l’habitude de contribuer à ce genre de projet. On lui avait précisé au préalable ce qu’on voulait et ce qu’on ne voulait pas. Ce qui pour nous était étonnant, c’est d’entendre comment il avait arrangé les morceaux.

Qui a choisi les morceaux ?

Brisa : C’est nous. On nous a proposé des titres et nous en avons proposé aussi. On a discuté longuement et on est tombé d’accord sur 12 titres.

Rosemary : On a écouté beaucoup de morceaux et on a voté à main levée.

Brisa : C’était d’ailleurs un peu difficile. Quand on fait des reprises, personne ne veut faire moins bien que l’original. On ne veut pas non plus faire des morceaux que tout le monde a déjà faits, et enfin, on ne veut pas non plus faire que des gros tubes. On ne voulait pas que les gens pensent que ce projet était commercial, sans âme. Bref, il y a plein de contraintes, donc a mis beaucoup de temps à choisir.

Vous reprenez des chansons initialement interprétées par des hommes. Comme I Want Your Sex de George Michael.

Rosemary : En tant que femme, cette chanson peut être pris comme un discours lesbien, pourquoi pas militant ou tout simplement être pris comme une mise en avant de l’homme qui est en nous.

Et pour savoir qui chantait telle ou telle chanson, comment avez-vous procédé ?

Rosemary : C’était moins dur. On a d’abord choisi celle que chacune avait vraiment envie d’interpréter et on a continué chacun à tout de rôle.

Brisa : Oui, on ne s’est pas battue pour un morceau. Tout c’est passé dans une parfaite entente et harmonie.

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Est-ce bien d’abandonner provisoirement son groupe, ses habitudes musicales, pour rentrer dans un autre univers ?

Brisa : C’est différent. J’ai tendance à être dans des groupes ou c’est moi le chef… et chef très dirigeante. Là, c’est curieux, ce n’est pas moi qui commande.

Rosemary : Ce projet, c’est un truc de fun. On n’a pas envie de se prendre la tête. On a envie de s’amuser entre nous, on a envie de danser, on a envie que ça se voie et qu’on parvienne à communiquer tout ça au public.

Brisa : Comme on pleure pour nos propres projets, enfin, je parle pour moi, c’est souvent douloureux. Là, je n’avais pas envie de douleur. En plus, les enjeux sont différents. Vous savez, on n’a quasiment rien à gagner sur ce projet. On n’a pas d’éditions, on est neuf sur scène, donc pour nous, c’est juste pour s’amuser, être entre filles et s’éclater.

Et puis, c’est bien de voir comment les autres artistes évoluent.

Rosemary : c’est aussi pour ça que j’ai accepté ce projet. Ça me permet de côtoyer d’autres musiciens et d’autres chanteuses. J’adore chanter en harmonie avec d’autres chanteuses. C’est un beau moment de partage. Je vois comment les autres travaillent et c’est passionnant. Voir Brisa diriger par exemple, je me demande pourquoi je n’ai jamais rien dit au sein du groupe auquel j’appartiens (Moriarty). Ca à l’air tellement facile de dire, no, no, no ! (Rire général). Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense et moi je suis beaucoup plus diplomate.

Brisa: On apprend toutes les unes des autres. Ce projet est vraiment très enrichissant. Nous sommes toutes les trois très fières d’en faire partie.

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Rosemary Standley et Brisa Roché, à la galerie W. Manquait Ndidi Onukwulu (à la bourre).
(Après 45 minutes d'entretien, Rosemary m'a demandé de faire ressortir ma féminité. Elle m'a donc prêté deux de ses robes. Pas pu refuser. Aucune volonté. Mais on s'est bien marré. Faut dire.)

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28 octobre 2012

Amélie-les-Crayons : interview pour Jusqu'à la mer

202528_10151017499873317_1003863353_o.jpgCinq ans après son dernier album studio, La Porte Plume, Amélie-les-Crayons (déjà mandorisée ici et aussi là) revient avec Jusqu’à la Mer, un disque chargé d’embruns et de couleurs, de falaises, de rochers et de créatures merveilleuses, servi par les instruments hétéroclites de l’arrangeur Olivier Longre (lyre, dulcimer, banjo…). Amélie-les-Crayons, mi-chanteuse, mi-fée, est venue à l’agence le jour de la sortie de son nouveau disque, le 8 octobre dernier. L’occasion d’évoquer ses nouvelles chansons, sa façon de travailler, la scène et ses 10 ans de carrière.

1433035500-1.jpgPrésentation officielle de Jusqu’à la mer.

2002-2012. Dix ans déjà !

L'eau a coulé sous les ponts depuis la sortie du premier 6 titres Le Chant des Coquelicots en 2002. 10 ans de tournée, 2 albums autour de 2 spectacles originaux et surprenants immortalisés sur DVD et pour la rentrée 2012, un nouveau projet, album et spectacle : Jusqu'à la Mer, encore plus ambitieux, mais toujours dans cet esprit si caractéristique d'Amélie-les-Crayons où la magie se mêle à la musique, le théâtre au concert et le rêve à l'humour...

Interview :

amélie-les-crayons,jusqu'à la mer,interview,mandorVous avez réussi, encore une fois, à nous emmener dans un nouvel univers. Toujours magique et féérique, mais nouveau.

C’est grâce au regard et à la complicité de mes acolytes. En l’occurrence Olivier Longre,  Bruno Cariou  et Samuel Ribeyron pour les illustrations. C’est vraiment à quatre que nous avons conçu et fabriqué l’album. Ces univers dont vous parlez sortent de mon imaginaire, mais ils les subliment.

Pour cet album, je me suis laissé dire que vous avez beaucoup jeté de chansons.

Je trouvais que ça ressemblait à ce que je faisais avant.  Peut-être que dans tout ce que j’ai jeté, ce n’était pas le cas.

J’irais bien fouiner dans votre corbeille à papier…

(Rires)

Il y a toujours eu de la musique celtique dans vos albums. Cette fois-ci,  un peu plus.

Avant, j’habitais à Lyon, aujourd’hui, j’habite en Bretagne. Du coup, je pense que je suis imprégné encore plus.

Vous n’écoutez que ça ?

Non, pas  du tout, même si je vais danser le festnoz régulièrement. Entre le brouillard, la pluie, la mer, il y a quelque chose qui appelle certaines mélodies, certains sons. Et le granite fabrique une énergie particulière…

Cela étant, je sais que la création, pour vous, garde une part de mystère.

Depuis que je fabrique des chansons, c’est curieux, mais je sens que ce sont elles qui nous guident. Mises bout à bout, ça donne une ambiance générale. Avec de la mesure, bien entendu. Il y a des choses que viennent de nos propres réflexions. Mais, globalement, on essaie de rester à l’écoute des chansons pour se laisser guider.

"Tout de nous", extrait de l'album "Jusqu'à La Mer" (sortie : octobre 2012)
images : David Caen
montage : Bruno Cariou
Texte & Musique : Amélie-les-crayons
Arrangements : Olivier Longre
(c)(p) Neômme/Rouge Poppi 2012

Dans Jusqu’à la mer, on entend de nouveaux instruments que vous n’aviez pas utilisés amélie-les-crayons,jusqu'à la mer,interview,mandoravant.

Ça, c’est l’effet Olivier Longre. Chez moi, dans ma chambre, il y a un piano et une guitare, c’est tout. Par contre, chez lui, on ne peut pas marcher par terre tellement il y a d’instruments. Parfois, j’en entends un qu’il me fait découvrir et je me dis que ce serait bien si on arrivait à la placer dans un morceau. Lui, il se moque d’où vient l’instrument, c’est le son qui l’intéresse.

Vous arrivez avec vos chansons en guitares-voix, ensuite, vous la décorez ?

Moi, je ne fais rien. A partir de ce moment-là, c’est Olivier qui s’y attelle. Je lui donne quelques pistes de temps en temps, mais pas toujours.

Parfois, vous découvrez un morceau terminé?

Complètement. Il travaille pendant dix jours, on ne peut d’ailleurs pas lui parler. Et puis, quand il a fini, il nous livre le fruit de son travail. Donc, effectivement, je suis dans une totale redécouverte du morceau. Pour moi, à chaque fois, c’est un beau cadeau d’anniversaire.

Ça vous arrive de contester un fichier qui arrive ?

Oui, bien sûr. Nous travaillons dans un véritable échange de création et nous avons une vraie affinité musicale. Moi, quand j’écris une chanson, j’ai l’impression qu’il comprend tout de suite la vision de l’après, la vision de ce que je veux qu’elle devienne. Je pense que c’est une histoire de connivence intense. Ce n’est pas juste une connivence musicale, c’est aussi une vraie histoire d’amitié et de complicité. On travaille dans le plaisir. Lui il se fait plaisir dans le fait d’habiller mes chansons et moi de les entendre habillées ainsi. Ce qu’il y a de génial, c’est que l’on rigole bien.

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Il s’est passé 5 ans entre La Porte Plume et Jusqu’à la mer.

On a fini la tournée de La Porte Plume en décembre 2009. Ensuite, j’ai eu besoin de tranquillité pour me ressourcer. Depuis 2001, depuis le début de l’histoire d’Amélie-les-Crayons, nous ne nous étions pas arrêtés. Du coup, je pense qu’il était nécessaire pour moi de faire le point pour savoir où j’en étais. Et puis, très franchement, à chaque fois que j’arrête une tournée, j’ai envie de changer de métier.

Ah bon ! Expliquez-moi ça.

Ça ne dure pas longtemps, mais deux fois, ça m’est arrivé et je me suis dit qu’en fait, je voulais faire de l’agriculture. Complètement autre chose, quoi.

amélie-les-crayons,jusqu'à la mer,interview,mandorMais pourquoi ? Quand vous faites des concerts, les salles sont systématiquement remplies, votre public est d’une fidélité sans réserve...

Oui, tout à fait. Mais j’ai trop peur d’être malhonnête à un moment donné. J’ai peur de ne pas écrire les chansons qu’il faut. Je veux que mes créations musicales soient hyper justes et sincères et à chaque fin de tournée, j’ai l’impression que je ne vais jamais plus y arriver.

Ah d’accord ! Le doute de l’artiste, en somme.

Non, il ne faut pas prendre cela à la légère, c’est plus profond. C’est comme une mini dépression. Ça dure quelques mois.

Et qu’est-ce qui fait que vous revenez finalement ?

J’ai recommencé à faire quelques petits concerts complètement informels, pour faire plaisir à des personnes qui me le demandent. Et je me suis rendu compte qu’être confrontée au public, c’est ce que j’aime. Il y a vraiment un endroit où je me sens à ma place, c’est sur scène, quoi.  Et pour que le monde aille bien, il faut que chacun soit à sa place.

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Avez-vous déjà fait de la scène avec cet album ?

On a fait une petite résidence au Train Théâtre à Porte-lès-Valence. On est encore dans des réflexions. Le spectacle n’a pas encore été présenté tel quel, mais ce que je peux dire, c’est qu’en terme de mise en scène, ce sera un peu plus épuré qu’à l’accoutumée. Ce sera plus « concert » que ça ne l’a été avec La porte plume. Moins théâtral. C’est marrant comme les aventures, les projets ont tous leur vie, un caractère, une personnalité en fait.

Qui peut vous échapper parfois ?

Complètement. Mais, c’est ça qui est magique et extraordinaire. J’aime arriver à me laisser porter par les chansons, même si parfois, c’est difficile.

Vous me faites la gentillesse de venir à ma rencontre le jour même de la sortie de l’album, le 8 octobre, je vous en remercie. Vous êtes comment le jour de la sortie d’un nouveau disque ?

On ne s’habitue pas. En plus, ce n’est que mon troisième. Ce qui est génial, enfin, ce qui est flippant, c’est de se demander s’il va plaire aux gens parce qu’on y a mis tout notre cœur, et aussi notre âme. Après, il y a des gens dont l’avis est particulièrement important. Ma sœur par exemple.

Elle est le baromètre officieux ?

Voilà, c’est ça. J’ai eu un mail d’elle dans lequel elle me disait qu’elle avait beaucoup aimé, donc, je suis un peu rassurée… une chape de plomb qui tombe. Après, il y a les journalistes comme vous, les gens proches, les gens avec lesquels on travaille et puis après, et surtout, il y a le public.

amélie-les-crayons,jusqu'à la mer,interview,mandorVous fêtez cette année vos 10 ans de carrière. Ça commence à faire une belle carrière…

Je n’ai pas l’impression que cela fait 10 ans. Je n’ai pas vu le temps passer, du coup, ça ne me donne pas envie de fêter cet anniversaire. Mine de rien, il n’y a eu que trois projets et ce n’est pas beaucoup. Peut-être au qu’au dixième album, je ferai un anniversaire, mais là, c’est trop tôt.

Vous me disiez tout à l’heure, que chaque album, chaque spectacle à sa vie ? Peut-on considérer qu’à chaque fois, ce sont des petites carrières ?

Voilà, c’est exactement comme ça que j’envisage la chose. Du coup, le travail d’équipe, c’est ce qu’il y a de plus génial. On part de zéro et grâce au talent de chacun, on arrive à faire des trucs un peu hallucinants. Toute seule, je n’y arriverai jamais. Ce travail en équipe me gratifie très fort. Le rapport au public, l’échange, tous les retours qu’on peut avoir, complètement délirants parfois, des gens sont une sacrée récompense. Quand ils nous renvoient que ce que nous fabriquons à une utilité, il n’y a rien de plus qui puissent nous faire plus plaisir. Parce que, dans l’absolu, on a tendance à se dire que ça ne sert à rien de faire des chansons.

Alors que c’est tout le contraire. Vous faites le plus beau métier du monde. Donner du rêve aux gens, les sortir de leur morosité, de leur quotidien…

Effectivement, mais les trois dernières années que je viens de passer sans être confronté à un public m’ont fait perdre cette conscience-là. Il est arrivé pourtant que quelqu’un m’explique que ce que nous avons fabriqué les accompagne dans leur vie, d’une manière même très intime. C’est super émouvant et très fort pour moi. Je suis souvent étonnée et je suis bouleversé de savoir que j’ai une place dans la vie de telle ou telle personne. Quand je reçois ce genre de témoignage, je me dis que c’est une bonne raison de continuer.

Vous êtes venus ici avec votre bébé de 3 mois. Ça a changé quelque chose dans vos textes cette période où vous étiez enceinte ?

Il y a quelques chansons qui ont été écrites pendant la grossesse. Même si j’étais dans un état particulier, je ne sais pas si ça a vraiment influencé l’écriture ou les compositions de ce nouvel album. Je pense que ce sera sur mes prochaines chansons que l’on sentira l’écho de ma vie de jeune maman.

"Si tu veux", 2eme extrait de l'album Jusqu'à la Mer,
écrit et composé par : Amélie-les-Crayons
arrangements : Olivier Longre
prises de vue : David Caen
montage : Bruno Cariou
(c) (P) Neômme/Rouge Popi

Pour cet album, vous me disiez en off que l’on vous a fait le coup de « l’album de la maturité »…

(Rires). Vous seriez gentil, François de ne pas prononcer cette phrase. Mais effectivement, ça fait 10 ans qu’Amélie-les-Crayons existe et en 10 ans, on vit plein de choses différentes, on évolue donc on change, on grandit.

En termes d’écriture, vous avez la sensation d’avoir progressé.

En tout cas, je suis plus exigeante. Je ne sais pas si ça se voit, mais en tout cas, je travaille plus. Même si je suis toujours à la recherche de la liberté et de la spontanéité, le fait de se laisser guider, d’être dans un état ou c’est plus l’instinct qui parle que la tête qui réfléchit, je peux tout de même affirmer que le travail de l’écriture, j’y reviens plus qu’avant. Pour résumé, j’ai un premier jet un peu instinctif et après, je le retravaille.

Vous faites le distinguo entre écrire des textes et écrire des chansons.

Absolument. Mais, je peux aller encore plus loin. En fait, j’écris à des gens. Quand j’écris, je pense toujours à quelqu’un. Du coup, mes chansons ne sont pas informelles, mais chacun à une lecture qui lui est personnelle. Dans cet album, il y a de vraies chansons d’amour. Je les ai écrites pour mon amoureux… et comme on vit tous plus ou moins les mêmes histoires, à un moment donné, chacun peut s’y retrouver.

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(Merci à Patricia Espana sans qui ce rendez-vous n'aurait pas eu lieu. Ou peut-être, si, mais quand même.)

27 octobre 2012

Pauline Croze : CD'Aujourd'hui, session acoustique pour MusiqueMag et interview pour Le prix de l'éden

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Pauline-Croze-Quelle-heure-est-il1.jpgJ’ai beaucoup d’admiration et d’affection artistiquement et humainement pour Pauline Croze. Je suis sa carrière depuis son premier disque.

(Voir ma première mandorisation de la jeune femme, ici)

Une coïncidence assez intéressante a fait que dans la même après-midi (du11 octobre 2012), elle est venue à ma demande faire une session acoustique de deux titres de son nouvel album, Le prix de l’éden, dans les locaux de MusiqueMag, puis j’ai enchaîné un CD’aujourd’hui avec elle juste après, à la demande de la production de l’émission.

Bref, nous avons passé une bonne partie de l’après-midi ensemble. Il y a des moments plus difficiles dans la vie.

J'avoue.

Avant de développer tout cela, voici ma chronique sur son nouveau disque, publié dans l’ActuFnac daté du mois d’octobre 2012:

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Et notre CD’Aujourd’hui, diffusé hier (12 octobre).

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Pour voir l'émission, cliquez là!

Quelques photos du tournage (à l'Institut Suédois)...

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Après l'interview...

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Voici la version longue de l’interview qu’elle m’a accordée, agrémentés des deux titres guitare voix qu'elle a offert aux lecteurs de MusiqueMag.

Interview :

Au bout de 5 ans d’absence, vous avez senti que c’était le moment de revenir ?

Ça ne s’est pas passé vraiment comme ça. J’avais quelques morceaux par-ci, par-là. Il y a un moment, j’ai eu besoin de travailler avec quelqu’un qui pouvai m’aider à écrire et à composer. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers Édith Fambuena qui avait déjà réalisé mon premier album. Elle est réalisatrice, mais aussi auteure et compositrice. Nous avons donc vraiment travaillé en binôme. Il s’est avéré qu’au final, on n’a rien écrit et composé ensemble, mais ce n’était pas le plus important. La période de studio a duré un an, avec des coupures et des retours pour enregistrer des nouveaux morceaux.

Savez-vous terminer une chanson ? Je veux dire, savez-vous quand il faut s’arrêter de la fignoler.

Il y a des chansons où l’on sait qu’on a tout dit et où tout est clair, il y en a d’autres qui viennent en tâtonnant et là, on a envie de les améliorer, de les développer au maximum, de les enrichir. Il n’y a pas de généralité à faire par rapport au processus de création. Ce n’est jamais pareil.  Chaque morceau à son profil.

"Quelle heure est-il ?" en acoustique

Le précédent album, qui était votre second, était plus expérimental. Celui-ci revient vers ce que vous faisiez dans le premier. Plus de simplicité.

Je suis très contente d’avoir fait le deuxième album parce que ça m’a appris beaucoup de choses. J’ai vraiment analysé ce qui était négatif et ce qui était positif. J’ai compris que j’avais pu être un peu confuse dans les arrangements et dans les textes. A la sortie du deuxième album, quand j’étais sur scène, j’avais remarqué que les gens mettaient plus de temps à rentrer dans mon univers. Mes chansons avaient moins d’immédiateté. Je sentais que les gens manquaient de ce rapport guitare voix qui quelque part faisait le squelette de mon premier album. En discutant avec Édith, elle m’a dit : « Pauline, toi c’est le bois ». Dans mon deuxième disque, j’avais fait exprès de ne pas être dans ce rapport guitare-voix parce que je ne voulais pas faire ce que je faisais avant. Sur ce troisième album, je voulais revenir à plus de simplicité. Du coup, mes chansons sont plus faciles à aborder.

On a l’impression qu’il est moins mélancolique. Est-ce que lorsque Pauline Croze est mieux dans sa vie l’ambiance générale s’en ressent ?

Si j’ai mis 5 ans à sortir un nouveau disque, c’est que j’avais moins d’inspiration. Si j’avais moins d’inspiration, cela provenait sans doute du fait que j’étais mieux dans ma vie et dans ma tête. Je pense que tous les artistes écrivent sous le coup d’une émotion. De la peine, du désespoir, de la tristesse, de la colère. C’est vrai que moi, j’étais beaucoup plus apaisée. Vous savez, j’ai besoin de chanter des choses qui me prennent aux tripes. Sur cet album, il y a effectivement plus de choses apaisées et positives, mais je pense qu’il y a aussi un peu de noirceur… juste, elle est contrebalancée par des choses plus éclairées, plus lumineuses.

"Dans la ville" en acoustique

Ignatus et Vincent Delerm ont signé des textes.

Je vais être franche avec vous. J’ai beaucoup de mal à écrire, j’ai plus de facilité à composer. Ce qui compte pour moi, c’est de faire de la musique. Produire quelque chose de sonore. Là, Vincent Delerm a écrit une chanson pour moi. Ça me fait hyper plaisir et ça me touche beaucoup. Je trouve que c’est une superbe chanson. Quant à Ignatus, on a commencé à travailler ensemble dans des ateliers d’écriture. Je lui ai montré des textes et il arrivait fréquemment à trouver l’issue d’une phrase sur laquelle je bloquais. Comme j’aimais les ouvertures qu’il me donnait, j’ai voulu travailler avec lui pour cet album.

Si la musique vous intéresse plus que les textes, du coup, il faut qu’il y ait un son vocal qui sonne/frappe/cogne à votre convenance.

Le vocabulaire que je vais employer est très important pour le son des mots. Le texte doit produire sa musique à lui. En même temps, si on fait trop gaffe aux sons, le texte peut ne plus vouloir dire grand-chose. Il faut que je comprenne ce que la musique n’a pas exprimé pour que je complète la chanson avec le texte.

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Considérez-vous que plus les années passent, plus vous chantez mieux ?

Ce n’est pas une histoire de temps qui passe et de progression technique. C’est progresser par rapport au fait d’être au plus proche de soi même. Je pense qu’à partir du moment où on est plus connecté avec sa chanson, connecté avec ce qu’on a envie de dire, connecté avec le moment présent, c’est à ce moment-là qu’on est meilleur.

Craint-on que le public ne soit plus là quand on s’absente 5 ans ?

Oui, il y a quelque chose comme ça. Depuis 3 ans, ça m’angoissait beaucoup de ne pas avoir sorti d’album. Je me demandais tout le temps si les gens avaient encore envie de m’écouter. Ça a été une forte angoisse et pour tout dire, ça m’a même donné des cauchemars et ça m’en donne encore d’ailleurs. Pour moi, faire de la musique, c’est ma raison de vivre. C’est ce qui me donne envie d’exister, c’est qui me donne envie d’avancer, de me lever le matin.

Vous avez l’impression de repartir à zéro avec cet album.

Oui, complètement. Quand on fait un album, quand on propose un projet, c’est important de se dire que l’on doit repartir neuf, blanc, comme un espace vierge, sinon, on ne se renouvelle pas et on fait toujours la même chose. Chaque album est une remise en question et un redémarrage à zéro.

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26 octobre 2012

Prix Ozoir'Elles 2012

prix ozoir'elles 2012,eric holder,embrasez-moi

prix ozoir'elles 2012,eric holder,embrasez-moiLe Prix Ozoir'elles 2012 a été attribué, mardi dernier (le 23 octobre), à Éric Holder pour son recueil intitulé Embrasez-moi (éditions Le Dilettante). Ce prix récompense un recueil de nouvelles parmi 4 ouvrages publiés par une maison d’édition de renom.
Le jury exclusivement féminin est composé de : Simonetta Greggio (présidente), Victoria Bedos (malheureusement absente ce jour-là pour cause de préparation de concert), Astrid Eliard, Véronique Genest, Macha Méril et Colombe Schneck… ainsi que quelques Ozoiriennes triées sur le volet.
Éric Holder sera présent au Salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière le samedi 24 novembre prochain.

Ceux qui me suivent ici le savent, je suis l’animateur de ce salon depuis quatre ans, c’est la raison pour laquelle je me suis rendu aux délibérations de ce Prix. (Comme en 2009, en 2010 et en 2011…)

Cette remise de prix s’est tenue de nouveau au Café des Éditeurs, à Paris. Mon amie, l’auteure et blogueuse Sophie Adriansen, qui est aussi l’une des invitées de ce salon, est venue jeter un coup d’œil aux coulisses de cette délibération. (Voir là).

L’artisan de ce prix est Luc-Michel Fouassier, conseiller municipal chargé de l’événementiel littéraire et lui-même nouvelliste et romancier (par la même occasion, très bon ami de Mandor), sous l’impulsion de Jean-François Oneto, maire d’Ozoir-La-Ferrière.

Voici mon portfolio de ce moment toujours aussi convivial.
De gauche à droite : Colombe Schneck, Simonetta Greggio (présidente), Véronique Genest et Macha Méril avant la délibération...

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Les mêmes (prises par Sophie Adriansen).

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Top départ pour les délibérations!

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Les délibérations se poursuivent sous le regard de Jean-François Oneto et Luc-Michel Fouassier.

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La délicieuse Simonetta Greggio (présidente du jury), justifiant son choix.

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Sophie Adriansen et son oeil avisé...

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Comme chaque année, la photo de "famille" concluant cette délibération.

De gauche à droite : Macha Méril, Colombe Schneck, Jean-François Oneto, Véronique Genest, Astrid Eliard, Luc-Michel Fouassier et Simonetta Greggio (présidente).

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L'animateur du salon s'est glissé subrepticement sur cette photo...

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Les membres du jury et les Ozoiriennes ayant participé (activement et très sérieusement) aux votes...

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L'envers du décor... (merci à Sophie Adriansen)

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24 octobre 2012

Delphine Volange : interview pour Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles

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« Raffinée, surprenante. Inédite. Les mots sont ses alliés, elle n’en a pas peur, mais sa délicatesse nous laisse comme deux ronds de flan. Delphine est belle et vulnérable. Prenez soin d’elle ». C’est par ces mots que l’écrivain Marie Nimier présente Delphine Volange. Pour faire plus ample connaissance avec la jeune femme, je parcours son dossier de presse, et je lis : « L’écriture raffinée servie par des mélodies et arrangements tout à la fois sobres et sophistiqués laisse percevoir une nature romanesque et sensuelle. Chaque séquence semble comme échappée d’une toile de maître ». Je me méfie toujours de ce qu’indique un dossier de presse. Mais là, après écoute. C’est ça. Pas un mot à modifier.

Réalisé par David Aron-Brunetière, l'album Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles, majoritairement composé par Bertrand Belin offre également une touche Gainsbourienne grâce à la complicité de Jean-Claude Vannier (HÔTEL CHOPIN).

delphine volange,et de delphine volange,le ciel était toujours sans nouvelles,interview,mandorLe 3 octobre dernier, Delphine Volange est passée à l’agence en compagnie de l’éditeur Laurent Balandras, à l’origine de la carrière d’Olivia Ruiz. Celui-ci décide de soutenir activement son travail.

J’ai lu aussi ceci dans le dossier de presse : « Fragile et drôle, elle offre à qui veut l’entendre sa sensualité singulière et la tendre extravagance dont elle a le secret. Elle semble réveiller le doux fantôme d’un passé éternel, diva de cinéma, pimpante ou poignante, qui joue sur scène - non sans dérision - ce qu’elle est au naturel à la ville, dans ses toilettes distinguées et subtilement anachroniques. ». J’ai pensé la même chose pendant l’instant passé avec elle lors de l’interview. Cette femme s’est trompée d’époque, certes, mais elle transporte ce qu’elle est dans des chansons élégantes et finalement très modernes. Chapeau bas !

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delphine volange,et de delphine volange,le ciel était toujours sans nouvelles,interview,mandorInterview :

Beaucoup vont penser que vous débutez. Rien n’est moins faux.

Effectivement, ça fait quelques années que je chante, mais très vite, je suis tombée sur un compositeur dont j’ai fini par devenir une sorte de muse et qui, très vite, a essayé de composer des choses pour que je puisse poser mes mots dessus et chanter. J’ai donc joué les cocottes un petit temps.

Joué les cocottes ?

J’avais la nostalgie des salons à la française où, dans les après-midi un peu voluptueuses, on chantait des chansons un peu à la Yvonne Printemps. Je me suis beaucoup éloignée de cette période et de ce genre là de répertoire, mais je ne peux pas renier cette part de moi-même qui était un peu nostalgique. C’est ma voix qui m’emmenait vers ce genre de répertoire… Mais je dois dire que j’étais entourée de musiciens classiques et de professeurs qui avaient tendance à valoriser cet aspect-là de moi, et comme j’étais plutôt comédienne de nature, il y avait une manière un peu théâtrale de jouer ces chansons-là qui me plaisaient. Ça me permettait de m’amuser beaucoup.

Et donc, vous vous êtes éloignée de tout ça.

Oui, j’ai commencé à transposer des textes de Thérèse d’Avila et de Saint Jean de la Croix en espagnol. Alors, c’est devenu quelque chose d’un peu tragique. J’adore les histoires de reines à qui il arrive des malheurs. J’adore aussi jouer les saintes éplorées, mais je vous rassure, ça n’a pas duré très longtemps. J’ai vite senti cet appel à autre chose.

Après il y a eu un peu de cabarets…

Non, ce n’était pas vraiment du cabaret. Disons que c’étaient des gens qui avaient la nostalgie du cabaret qui ont employé ce terme. Peut-être avais-je une manière un peu folâtre de me manifester sur scène ?

En tout cas, vous avez eu plusieurs types de répertoire.

Celui de cette période était plutôt inspiré de l’opérette, ensuite je suis tombé sur un autre compositeur qui était plus jazzy. Il est vrai qu’aujourd’hui j’arrive comme ça avec cet album, comme tombée du ciel, mais en même temps j’aurais pu déjà enregistrer deux disques de chansons, dont je ne peux pas dire que je regrette qu’elles n’aient pas été enregistrées. Si je ne les renie pas, je préfère nettement apparaître avec des chansons qui sont pleinement les miennes.

Ce premier album « Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles » est composé par Bertrand Belin. Il y a deux duos avec lui d’ailleurs sur le disque.

J’ai eu le sentiment en rencontrant Bertrand que, d’une certaine façon, sa personne d’artiste répondait chez moi à un désir impérieux et très personnel. En le trouvant, j’ai eu la sensation que mon désir avait été tellement puissant que j’avais réussi à le manifester. J’ai trouvé avec lui la vibration idéale, celle à laquelle j’aspirais pour moi. Il y a eu un genre de tropisme positif, ça arrive dans le monde végétal, un rapprochement réflexe, ce qui a fait que je me suis sentie accueillie. Après cela, le temps à imposé sa loi de patience. Ça ne s’est pas fait tout de suite, mais j’ai eu raison d’attendre.

Peut-on affirmer que Bertrand Belin est un double musical ?

Oui, ce qui ne l’empêche pas de collaborer avec d’autres personnes. A la base, avec Bertrand, on ne s’est pas dit que l’on allait faire un album, on s’est dit qu’on allait faire une chanson. Puis une autre, puis une autre… chaque chanson était un monde à part.

Il y a un titre qui s’intitule « Sublimons ». Est-ce qu’il faut sublimer la musique ?

Intuitivement, je dirai que c’est un élan naturel chez Bertrand. C’est instinctif. Cette exigence musicale lui colle au corps.

Ce disque est ce vers quoi vous vouliez parvenir ?

Oui et c’est énormément grâce au réalisateur de l’album, David Aron-Brunetière, dont on n’imagine pas à quel point son rôle est essentiel. Il a eu à cœur de respecter le son acoustique, boisé, charnel des instruments, de ne pas tout passer au robot mixeur des ordinateurs, même si on n’y échappe pas complètement, mais il a été très vigilant là-dessus. Du coup, l’aspect davantage formel, classique, très tenu de mes textes, croisé avec cette musique plutôt contemporaine, donne ce résultat qui, pour moi, m’inscrit dans aujourd’hui.

Ceci n'est pas un clip, je répète, ceci n'est pas un clip. Juste une chanson. Monceau.

Vos textes sont indéniablement très littéraires et poétiques. Lisez-vous beaucoup ?

Je ne suis pas très lettrée, même si j’ai beaucoup lu quand j’étais petite. Les choses me viennent ainsi naturellement. Je ne peux pas revendiquer une influence littéraire qui soit très précise. Même Bertrand s’amusait parfois à comparer une phrase, par-ci par-là, à des auteurs. Mettons que j’ai l’âme romantique.

Depuis le début de notre conversation, je vous trouve… habitée. Un peu hors-norme.

Pour moi, être habitée, ce n’est pas hors norme. Je ne suis pas la seule à penser cela, mais je trouve que nous vivons dans un temps qui a tendance à abolir la ferveur et l’ardeur et la passion et la flamme. Il est beaucoup question de flamme et de feu dans cet album d’ailleurs. Après coup, dans un miroir, je me suis dit que, oui, finalement, je porte cette flamme. Vous savez, nous sommes nombreux à ne pas vouloir nous éteindre. Il est vrai que je pense beaucoup au ciel et à la part d’invisible des choses. Pour moi, elle est presque palpable. C’est là tout le temps. Il est naturel que parfois, certaines personnes sensibles le ressentent au travers de ce qui peut parfois émaner de moi.

Votre travail d’artiste, vous le faites pour dire au public la même chose de ce que vous venez de me confier ?

Sûrement. Mais vous savez tout ça est très instinctif, ce n’est pas cérébral. Je dois vous dire que je suis surprise moi-même de ce que je viens de vous dire. Je le sentais, je le savais, je le pressentais, mais là, je le vois posé à l’extérieur de moi, alors ça me trouble un peu. En même temps, c’est un vertige qui n’est pas désagréable.

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(Copyright: David Ignasweski)

Je sens que vous faites très attention aux mots que vous prononcez, que vous contrôlez vos propos.

C’est une réflexion que l’on me fait, même dans la vie courante. Je redoute toujours de poser un mot qui ne soit pas juste.

Comme dans vos chansons. Ce n’est pas fatigant de faire attention en permanence ?

Nous sommes en interview. Je ne suis pas toujours en train de m’observer. Là, je sais que les choses seront inscrites, donc je prends garde parce que c’est toujours désagréable de lire sa pensée déformée, malmenée. Je ne suis pas seule en cause dans cette histoire. Il y a aussi Bertrand, il y a David… et toute l’équipe qui a travaillé sur ce disque. Sinon, pour répondre à votre question, non, ce n’est pas fatigant… enfin ça peut être fatigant pour qui m’écoute (rires).

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Que représente la scène pour vous ?

C’est le pourquoi de tout. Il y a pour moi, une nécessitée absolue à aller partager.

Vous voyagez beaucoup grâce à la musique, ces derniers temps.

Oui, nous sommes allés au Japon par exemple. Puis, j’ai fait un concert à Londres, puis à Cuba. Au Japon on a fait trois concerts. D’ailleurs, je reviens sur le fait que vous disiez que je cherchais mes mots pour ne pas dire n’importe quoi. Ce qui était très troublant au Japon, c’est que les gens ne comprenaient rien du tout de ce que je disais et qu’ils s’en foutaient même royalement. J’étais très fascinée par ça. Vous vous rendez compte, une fille comme moi qui baragouine des choses que personne ne comprend. Manifestement, le public ne pouvait être sensible qu’à la voix, qu’au son, qu’à la vibration. Pour moi, ça, c’était comme une forme de libération. Cela ouvre tout de même de manière conséquente le champ des possibles et cela remet les choses à leur juste place. Les chansons, elles sont faites pour être chantées. Ce sont des sons, c’est de la musique. J’étais finalement infiniment touché que les gens soient eux-mêmes touchés par ce qui émanait de la chanson, au-delà du sens. Peut-être que le sens subliminal est beaucoup plus important et transcende le reste. Pour moi, c’était une sorte de révélation.

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Delphine Volange, le 3 octobre 2012. En haut, avec Mandor. En bas, avec Tony Montana.

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(Merci à Patricia Espana, l’attachée de presse de la chanteuse en néanmoins amie, pour l’organisation de cette interview en deux temps, trois mouvements.)

19 octobre 2012

Céline Mastrorelli : interview pour Elle était une fois

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(Photo : Stéphanie Gac)

J’ai découvert Céline Mastrorelli lors des Muzik’Elles 2009. Elle avait remporté avec brio le tremplin Nouv’Elles. Nous nous étions rencontrés à cette occasion. Depuis, je suis de loin (pas de si loin que ça d'ailleurs) son évolution musicale. Son album est sorti le mois dernier et il est brillantissime. Elle écrit et compose, textes et mélodies, classe ce premier album et sa musique comme de la pop minimaliste. C’est de la chanson française, inspirée par Gainsbourg, Brel, Barbara, avec des cordes et des violons… et aussi de l’électro… Céline Mastrorelli nous offre un premier album soigné et pétillant dédié aux femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes, et qui saura séduire le plus grand nombre. La chanteuse cannoise est venue à l’agence le 28 septembre dernier pour une interview mandorienne fort agréable.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorExtrait de la biographie signée Henry Michel (je ne sais pas qui est ce monsieur, mais comme le laïus était signé, je rends à César ce qui… etc.) :

Céline Mastrorelli vient de la « chanson française, » qu’on prend enfin plaisir à prononcer à nouveau sans son voile de poussière. Ayant accompagné en première partie Biolay, Chamfort, Raphaël ou Le Forestier, Céline croit encore aux jolies phrases.

Céline croit encore aux jolis mots, et aime jouer avec, parfois en trapèze, mais ne tombe jamais. Céline croit encore aux chansons qui racontent des choses, comme elle croit encore au prince charmant. Des chansons qui, en concert, font sourire hommes et femmes. Les unes, se retrouvant dans ces récits, les messieurs, grimaçant peut-être à l’évocation de crimes passés ou pire encore : à venir.

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céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorInterview :

Tu as mis longtemps pour sortir cet album…

J’ai perdu beaucoup de temps, mais à la fois, ce temps perdu m’a servi. S'il y a 8 ans on m’avait dit que mon album sortirait en 2012, j’aurais arrêté tout de suite. Mais comme tu ne sais jamais ce genre de chose par avance, ça ne pouvait pas me décourager. Tu sais, j’ai commencé tard à écrire des chansons. J’avais 25 ans. Très vite, mon style s’est affirmé. Chaque fois, j’estimais que la chanson d’après était meilleure que celle d’avant. Quand tu rentres dans cette logique de te dire que la prochaine sera meilleure alors on va l’attendre, tu perds des années. J’avais très peur de graver quelque chose qui existe et que je renie.

Ensuite, il a fallu trouver les bonnes personnes pour faire cet album.

J’ai surtout cherché longtemps un label qui lui-même pourrait me trouver les bonnes personnes. En fait, ça faisait beaucoup d’intermédiaires tout ça et beaucoup de perte de temps. Quand j’ai eu 30 ans, je me suis dit que c’était maintenant. Chacun à l’investissement de sa vie. D’aucuns s’achètent un appart, l’autre une bagnole, un troisième des voyages. Moi, mon investissement il est là. J’ai tout mis dans la production de cet album.

Le teaser de l'album.

On sent qu’il y a les moyens derrière…céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Oui, par exemple, je voulais, un joueur de Thérémin. C’est un des premiers instruments électroniques de tous les temps qui produit des sons à base d'ondes et de champs magnétiques. C'est le déplacement des mains dans l'espace qui produit le son, un truc presque irréel un peu comme si on dessinait sans feuille. Je voulais aussi un quatuor de cordes, un bon pianiste, un bon réalisateur, un bon studio, bref, je voulais le meilleur pour mon album. Je voulais quelqu’un qui comprenne ce que j’avais envie de rendre. J’ai donc fait appel à Benjamin Tesquet et Benjamin Constant. Et les deux ont été incroyables. On est rentré en studio en octobre 2010, il y a deux ans.

Il y a deux ans ? Du coup, tes chansons ne sont pas toutes récentes.

Comme je savais que j’allais mettre longtemps avant de réussir à sortir cet album, je voulais sélectionner les chansons qui seraient pour moi intemporelles, qui auront toujours un sens et celles dont je savais que j’aurais toujours autant de plaisir à chanter. Je n’ai d’ailleurs pas choisi de potentiels singles.

Tu racontes des histoires personnelles, mais toutes les femmes peuvent se retrouver dans tes chansons.

Quand j’étais petite, je pensais que j’étais différente. Quand j’ai grandi, je me suis dit que j’étais finalement comme tout le monde. Et aujourd’hui, je m’aperçois que je suis différente comme tout le monde. Chacun est unique et tout le monde est différent. C’est pour ça que mon histoire personnelle parle à tout le monde. On aime, on déteste, on a le cœur brisé, on vit des moments extraordinaires. C’est vrai que ce sont des chansons de filles dans le sens où c’est une fille qui les raconte, mais l’angle de la caméra est de temps en temps placé vers la fille, de temps en temps placé vers l’homme. Tout le monde devrait se retrouver.

Le premier clip officiel: "Robe de Cocktail".

Tu manies à merveille l’autodérision dans tes textes ?céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Je trouve qu’arriver à se moquer de soi même, c’est tellement plus simple. Tout est plus relatif, tout prend une dimension beaucoup moins grave. Mais surtout, l’auto dérision, c’est ce qui sauve.

Je lis sur ton Facebook beaucoup de belles réactions par rapport à la sortie de cet album.

C’est incroyable. Ça te fait presque oublier les 8 ans de patience. En plus, il y a 79 radios, grandes et petites, qui ont souhaité me programmer. J’ai un quota d’écoute en streaming sur Spotify ou sur Deezer qui est assez incroyable. Je parle bien sûr dans le cas de quelqu’un qui n’a pas de promo.

On peut difficilement te ranger dans une case en tout cas.

Oui, personne ne sait si c’est dans la case variété variété, ou intello intello. Le « entre les deux » n’est pas très pratique à situer. Je trouve, en tout cas, que c’est faux de penser que la variété ne peut pas être intello. Depuis quand il faudrait écrire des textes débiles pour faire de la variété ?

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorTon album commence par un magnifique instrumental. On dirait presque une musique de film.

Si mon album est une histoire, j’ai envie de faire un générique de début et un générique de fin. J’ai composé vraiment une musique qui explique que l’on rentre dans une histoire.

L’ordre des chansons est donc important.

Ça a été un véritable casse-tête. J’ai fais en sorte qu’il y ait un sens logique. Tout commence avec « Lost in Paris ». Cette chanson ne peut pas bouger, c’est sa place. Et évidemment, tout fini avec « A mes amours ». C’est une manière de dire aux hommes qui ont traversé ma vie: voilà, j’en ai chié, vous m’en avez fait baver, mais merci parce que, grâce à vous j’ai appris, grâce à vous, je suis ce que je suis devenue aujourd’hui. Et maintenant, je suis prête à nouveau à aimer. Ça y est, je sais comment ça marche.

Enregistrement de "T'oublies or not T'oublies" (1ere version) en duo avec Benjamin Tesquet.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorParlons de « T’oublies or not t’oublies », ton duo avec Joseph d’Anvers. Je n’ai pas reconnu sa voix, d’ailleurs.

Non, parce qu’il ne chante pas comme d’habitude. Pour ce duo, j’avais deux chanteurs en tête. Marc Lavoine et lui. J’aime les voix graves, je trouve ça tellement beau.  C’est marrant, dans cette chanson, il a un timbre de gros fumeur, alors qu’il ne fume pas.

"Ex en Provence" est ta chanson préférée. Pourquoi ?

Je l’aime aussi pour ce qu’elle raconte : la fin d’une très jolie histoire. Mais, il y a une lecture pour les personnes qui veulent écouter cette chanson au premier degré. En fait, dans chaque phrase, tu as vraiment un deuxième sens… J’aime aussi l’arrangement.

Le 22 octobre, tu joues au Réservoir, avec Pauline Brooks en première partie.

C’est le concert de ma sortie d’album. Donc j’ai envie de faire un peu la fête. Sur scène, il y aura évidemment les chansons de l’album, et je ferai des duos avec deux trois amis chanteurs. Par exemple Vincent Lieben avec notamment la reprise de « Mademoiselle liberté », le chanteur du groupe Super Pop Corn et Pauline Brooks. On sera 6 sur scène… Ce sera plus une fête qu’un concert.

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(Photo d'ouverture de l'interview : Sand Mulas).

15 octobre 2012

Mathieu Boogaerts : interview pour son album éponyme

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mathieu boogaerts,eponyme,interview,mandorMathieu Boogaerts a sorti son nouvel album éponyme le 1er octobre dernier. Il propose des chansons dont il doit être lassé de s’entendre dire qu’elles sont minimalistes. Disons qu’elles sont aussi simples qu’elles sont sophistiquées. Il suit sa route sans les paillettes, mais avec une impeccable rigueur. Je l’ai déjà mandorisé pour son précédent album, c’était en 2008, dans un bar de la capitale. Cette  fois-ci, le lieu est plus personnel. Il m’a reçu le 26 septembre dans son petit studio, à deux pas de sa salle fétiche, La Java. Un endroit coupé du monde dans lequel il aime venir réfléchir, travailler et désormais, donner ses interviews…

Interview :

À la Java, tu as rodé tes nouvelles chansons quelques mois. Était-ce aussi pour les tester auprès du public avant de les inclure dans l’album ?

Pas du tout. Quand on fait un concert, ce n’est pas un disque. On n’a pas d’applaudimètre pour savoir si telle ou telle chanson marche mieux que l’autre.

Mais un artiste sait si la chanson capte l’attention du public, quand même…

Dans un spectacle, une chanson peut avoir un succès parce qu’elle amène une énergie, parce qu’elle arrive au bon moment,  alors que quand on fait la vaisselle chez soi, on s’en fout. Néanmoins, le fait d’avoir joué ses chansons régulièrement sur scène, quand j’étais derrière mon micro, en studio pour les enregistrer, j’avais un supplément de confiance et de foi que je n’aurais pas eu autrement. 80% de la matière audible sur le disque ont été faits en deux après-midi. Basse, batterie, guitare. J’ai pris un peu plus de temps pour faire des voix, mais ça a été plutôt rapide quand même.

Clip de "Avant que je m'ennuie".

Cette réputation que tu as d’être pointilleux en studio est-elle exagérée ?

Je ne suis pas pointilleux pendant les enregistrements, mais je suis pointilleux quand j’écris les textes, pointilleux quand j’écris les mélodies, pointilleux pendant l’enregistrement, pointilleux pendant le mixage, pointilleux pour l’ordre des chansons, pointilleux pour la pochette. C’est pour ça que j’ai la prétention de sortir un disque et de le vendre au public. Si je n’étais pas pointilleux, ce serait malhonnête de ma part.

Dans ce disque, on sent que tu t’es amusé avec les sons et les mots. Cela étant, c’est valable pour tous tes albums précédents.

Merci de cette dernière précision. L’exigence du son des mots et du sens du texte fait partie du métier d’auteur-compositeur-interprète de chansons. Une chanson c’est la rencontre entre des mots et de la musique. Les mots doivent évoquer les sentiments, un sens, mais ils doivent aussi sonner et vibrer avec les accords… bref, c’est un tout. En aucun cas, il n’y a pas de chansons avec lesquels je suis plus ambitieux et pointilleux. Le curseur est au même niveau pour chaque chanson.

Est-ce que c’est une création mathématique d’écrire une chanson ?

C’est mathématique dans le sens où il y a un cadre. Une mélodie, ça a un certain nombre de pieds. Voilà, j’ai 12, 12, 6, 6, 7, 12… donc effectivement, il y a un peu de mathématique qui intervient dans la création d’une chanson. La musique, c’est mathématique.

Et le rôle d’un auteur compositeur est-il aussi d’inventer de nouvelles formules ?

Personnellement, même si je suis forcément conditionné, j’essaie au maximum de me libérer de toute convention. Par exemple, il y a certaines fautes de français dans mes textes, mais comme je les fais volontairement, j’assume tout à fait. Quand Nino Ferrer chante « Gaston, y a l’téléfon qui son », ça n’a pas le même impact que « Gaston, y a le téléphone qui sonne ».

Parfois, crains-tu que ton second degré assez fréquent ne soit pas toujours perçu comme tel ?

Je peux me dire que telle ou telle phrase est potentiellement confuse ou pourrait être mal interprétée. Pour la première fois, quand je l’ai remarqué, je l’ai un peu modifié, parce que pour ce disque, j’avais vraiment envie d’être compris plus que d’habitude. J’ai été soucieux d’être le plus limpide possible, tout en gardant ma patte personnelle.

Pourquoi as-tu le souci de ne pas envisager la musique et les textes comme les autres ?

Parce que pour moi, cela va de soi. Être artiste et sortir un disque à 20 euros, si on revendique que ça vaut le coup de l’acheter, c’est aussi parce que ce n’est pas le même que celui du voisin. Mon métier, c’est de traduire en chanson des sentiments par lesquels je suis passé avec un langage personnel et original.

Pour la première fois, un de tes albums n’a pas de titre…

Je crois qu’on a le droit d’utiliser ce procédé une fois. Je ne veux pas que cet album ait un statut différent des précédents, mais sur les autres, le titre s’est imposé. Là, je n’ai eu aucun déclic, du coup, il était hors de question que je nomme ce disque avec un titre que j’aurais été susceptible de regretter. Inconsciemment, ça à un peut-être un sens, mais que je ne maîtrise pas.

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Dans cet album, il y a deux chansons d’amour, très premier degré, comme « Sylvia » et « Je sais ». C’est rare dans ton répertoire que tu ne cherches pas à créer des effets stylistiques quand tu chantes quelque chose de très personnel.

Cette remarque me fait plaisir. Je reviens à ce que je te disais tout à l’heure, je veux que cet album soit plus « abordable ». En gros, je suis sur une plage l’été, il y a un feu de camp, il ya une guitare sèche qui passe, je sens que la chanson, tout le monde peut la chanter en chœur avec moi et comprendre de quoi je parle.

C’est difficile pour toi de faire simple ?

Le plus beau compliment que l’on puisse me faire quand on écoute une de mes chansons, ce serait « mais bon sang, bien sûr, il fallait y penser ! ». C’est comme le mec qui a inventé le carré, le rond ou le triangle, ça paraissait évident, mais ça n’existait pas avant que quelqu’un y pense. Ça peut paraître bizarre, mais je t’assure que j’ai toujours été à la recherche de la simplicité, tout en étant original et nouveau si possible.

Tu écris parfois pour les autres, récemment pour Luce, Camélia Jordana et en ce moment pour Vanessa Paradis. 5 titres en tout. C’est énorme !

C’est elle qui est venue vers moi parce qu’elle a beaucoup aimé la chanson « Moi c’est » que j’ai écrite pour Camélia Jordana. J’en ai fait 6, elle a gardé 5. Elle semble très enthousiaste de mes chansons et j’en suis ravi parce que je les aime aussi beaucoup. J’ai développé des musiques et des textes en fonction de l’idée de ce que je me fais de ce qu’elle a dans la tête.

Il faut se prendre pour Vanessa Paradis pour écrire pour Vanessa Paradis.

C’est pareil qu’au cinéma. Il faut se prendre pour Antoine Doinel pour jouer Antoine Doinel.  Dans tous mes albums, chaque chanson est un prétexte pour aller explorer un personnage enfoui au fond de moi. Quelque part, j’ai un peu de Vanessa Paradis en moi. J’ai un peu de femme en moi. C’est marrant ce que je te dis là, c’est la première fois que je formule les choses comme ça.

En fait, tu joues un peu la comédie pour interpréter ce que tu as de plus caché en toi.

C’est difficile à expliquer. Pourquoi je passe tout d’énergie, tant d’amour, tant de temps, à écrire des chansons, à les enregistrer, à les trouver justes, à les mettre sur un disque, enfin… d’employer autant d’énergie à tout cela ? Inconsciemment, je dois avoir un déficit de communication dans la vraie vie, et donc, c’est une façon d’exister, de créer un lien avec le reste du monde. Quand je suis sur scène, ce sont des moments de jouissance au sens propre du terme. Ce n’est pas de l’orgasme sexuel, mais le corps exulte réellement. Ce sont des moments où je me sens vraiment vivant.

Le teaser du disque.

Est-ce que tu vis ta vie d’artiste de la manière la plus idéale ?

Mon opinion est qu’on ne peut pas vivre sa vie d’artiste idéalement. Je vais un peu loin dans ma théorie, mais un artiste, par définition, est toujours à la recherche de quelque chose. Si on refait un disque, c’est que le précédent n’était pas comme on voulait qu’il soit parce qu’il manquait quelque chose. Moi, je suis toujours frustré. C’est une composante inhérente à mon travail. Cela étant, il y a des jours où je vois le verre à moitié vide et d’autres jours, le verre à moitié plein.

Et ça se traduit comment ?

Quand je le vois à moitié vide, je me dis : « J’ai 41 ans, j’en suis à mon 6e album. Je fais toujours partie des artistes confidentiels, toujours dans la case « spé ». Pourquoi, je ne vends pas autant de disques qu’Étienne Daho, qu’Alain Souchon ou que Benjamin Biolay ? ».  Je ne comprends pas donc je suis un peu jaloux, un peu frustré, un peu aigri.

Et quand tu vois le verre à moitié plein ?

A ce moment, je me dis : « Ça fait 17 ans que je fais exactement la musique que je veux, comme je veux. J’en vis correctement, je n’ai pas de problèmes d’argent. Le matin quand je me réveille, ma seule problématique professionnelle, c’est de me demander quel type d’accord, quel mot je vais choisir, quel typo je vais prendre pour l’affiche ? ». Dans ce sens, je sais que c’est un luxe énorme et  je me sen hyper privilégié.

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8e rencontres d'auteurs de la ville d'Avon

Sage_comme_orage.jpgHier, le dimanche 14 octobre à la Maison dans la Vallée d’Avon, de 14h30 à 18h00, s’est tenu la 8e rencontre d’auteurs - LE FAUTEUIL DE L’ÉCRIVAIN.

J’anime ce Salon du Livre organisé par la ville d’Avon pour la seconde fois consécutive. En tout,  il y avait plus de cinquante auteurs de Seine-et-Marne et des environs.

Daniel ABEL, André AGARD, Chantal ANTIER, Camille ARMAN, Catherine ARMESSEN, Lionel BARTHOUMIEUX, Dany BAYLES-RIBES, Jean-Pierre BECHU, Cécile BIDAULT, Sylvie BONNAFI, Pauline BONNEFOI, Marie BORIN, Marie-Reine BOUREAU, Jaunay CLAN, Alain CLARET, Claude COLSON, Colette COQUIS, Michel CRITON, Luc DOYELLE, Jacques DRILLON, Béatrice FONTANEL, Dominique FRANÇOIS, Michel GAUDICHON, Henri GIRARD, Françoise GRARD, Yves GREVET, Badia HADJ NASSER, Danièle LAUFER, Catherine LIEBER, Sylvia LULIN, Souleymane MBODJ, Pascal VIVET, Clair MICHALON, Laure MISTRAL, Elsa ORIOL, Phoebe, Daniel PLISSET, Anne REALE, Yak RIVAIS, Alan ROSSETT, Laura SADOWSKI, Philippe STERNIS, Richard TAILLEFER, Louis-René THEUROT, Mario URBANET, Yoann VALLIER, Pascal VANDIER, Maryse VERRIER…

Voici un mini portfolio dont les photos sont signées Pascal. P (dont vous pouvez juger du travail ici). Merci à lui.

Merci aussi à Marie Thérèse Tailhardat, la responsable de la Bibliothèque d'Avon, pour sa confiance renouvelée.

Avec Elsa Oriol, peintre et illustratrice.

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Avec Yves Grevet, auteur notamment du best seller pour ado, Méto.

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Avec Laure Mistral, auteure de documentaires jeunesse, mais aussi éditrice et traductrice de romans pour adolescents...

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Avec Philippe Sternis, dessinateur, scénariste, coloriste et musicien.

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Avec Cécile Bidault, peintre et illustratrice.

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13 octobre 2012

Laetikèt : interview pour l'EP Super 8

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J’ai rencontré et vu évoluer sur scène Laetikèt pour la première fois au Pic d’Or de cette année. Mais je connaissais son existence d’artiste. Je savais qu’elle évoluait dans la région de Limoges et qu’elle chantait ses propres ballades avec une sensibilité proche de ce que j’aime dans la chanson. J’ai profité d’un de ses passages parisiens, pour la convier à l’agence. Le 28 septembre dernier, elle arrive toute bronzée et radieuse.

laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorAvant de lire l’interview, voici sa biographie officielle.

« Multi-instrumentaliste (Percussionniste, accordéoniste, guitariste), sa voix accompagne avec merveille tous ces instruments sur scène dans un one woman band show sensuel, à la fois décapant énergique et fragile. C’est avec des textes ciselés que Laetikèt, entremêle les doutes, la peur, la rage de l’impuissance face à la fatalité. Un climat aérien nous tient également sur ces titres comme un fil sur lequel on se ballade funambule dans ce bel univers. Elle a fait la première partie de partagé le plateau France Bleu du Printemps de Bourges 2009 avec Tiken Jah Fakoly et Daniel Darc. Laetikèt a remporté le 3e prix du trophée France Bleu de la Truffe de Périgueux en août 2008. Finaliste du Pic d'Or de Tarbes en 2011, on a pu la croiser sur des premières parties de Madjo, les Popopopo's, les Bombes de Bal ou encore Jacques Higelin. Sélectionnée pour les Voix du Sud (Francis Cabrel), l’artiste revient desRencontres d’Astaffort. »

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laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorInterview :

Après un premier album en 2010, Pipoland, tu sors un EP, Super 8.

J’aime bien la démarche de sortir un EP. Je trouve que c’est une bonne solution d’en faire plus régulièrement, plutôt que de sortir un album tous les trois ans.

En même temps, ton EP a 6 titres. À 4 près, tu aurais pu sortir un album, finalement.

Je me suis fait la réflexion aussi (rires). Les 4, du coup, je me les garde pour la scène.

Ça fait 6 ans que tu fais ce métier, tu n’es donc pas précisément une débutante.

Grosso modo, j’ai toujours fait de la musique. Sur la région de Limoges, j’ai joué comme batteuse dans des groupes de rock. Mes deux instruments de prédilection sont la batterie et l’accordéon. La guitare est venue bien après, juste pour m’accompagner. D’ailleurs, c’est cet instrument qui a été le déclic. À partir du moment où j’ai su en jouer, l’écriture est arrivée dans ma vie. Ça m’a débloqué complètement.

Ton répertoire à toi tend vers une pop folk.

Contrairement à mon passé musical plus tonitruant, j’aime bien ce qui est feutré, plus doux et simple.

Il faut avoir la foi en soi pour être artiste aujourd’hui, non ?

Il faut y croire. Les moments où je n’y crois plus, je me pose un moment et, irrémédiablement, ça revient après. Ce métier, c’est une bataille, mais c’est aussi un défi avec soi-même. Il faut garder une constance malgré les passages à vide. Tu sais, à côté, je suis musicothérapeute. J’interviens dans les établissements spécialisés avec des adultes et des enfants handicapés, des personnes âgées  atteintes de la maladie d’Alzheimer. Je travaille en lien avec des psychologues et toute l’équipe paramédicale. J’apporte le côté artistique dans un protocole de soin. Je joue de l’accordéon, je chante et je les fais participer.

laetikèt,super 8,interview,pic d'or,pipoland,mandorC’est passionnant, mais ce doit être quelque chose d’éprouvant, non ?

Moi, ça me fait un bien fou. Si je ne fais que de la scène, je ne me sens pas utile. Quand je suis avec ces personnes « emmurées » avec eux-mêmes, à la fin de la journée, je sens qu’il s’est passé quelque chose. Ça me permet aussi de relativiser beaucoup les difficultés de mon métier.

Cette partie-là de ta vie, modifie-t-elle ta perception de l’être humain, du monde et donc, est-ce que cela t’incite à écrire ce que tu vois autour de toi ?

Même si je suis confrontée à la souffrance, je ne pense pas que ça influe vraiment. J’écris plutôt des tranches de vie. Mes chansons ne sont généralement pas autobiographiques.

Jamais ?

Il est difficile de faire abstraction de la part de soi, mais j’essaie de ne pas trop me regarder le nombril dans mes chansons. Je veux aller vers quelque chose de plus large que le « moi je »,  « moi je »…

Dans ton répertoire, j’aime ce côté sombre et ironique matinée d’une pincée d’espoir.

C’est toujours sur un fil. Je n’arrive pas à écrire des chansons si je ne suis pas dans la tourmente. Quand je vais bien, je vis. Je me sers de la tourmente pour libérer un peu mon mal-être momentané et mes doutes éventuels.

Les journalistes ont le défaut de vouloir comparer les nouveaux artistes avec des artistes plus connus, pour situer un peu. Avec toi, je n’ai pas trouvé la moindre ressemblance.

On me dit souvent que ma voix et mes textes font penser à la chanteuse Rose. J’aime bien cette artiste, mais honnêtement, je ne trouve aucune ressemblance.

Tu écoutais quoi, dans ta prime jeunesse ?

Santana, Police, Sting, les Beatles et aussi Cabrel.

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Laetikèt avec maître Cabrel lors des 35e Rencontres d'Astaffort.

En parlant de Cabrel, tu as participé en avril dernier aux 35e Rencontres d’Astaffort.

Oui, c’était une superbe expérience, mais bien perturbante. Quand tu te retrouves à 15 avec des gens que tu ne connais pas ayant, de surcroit, des univers complètement différents, ce n’est pas évident. Moi, j’ai l’habitude de la solitude dans la création. Là, on se retrouve nue devant tout le monde. Je n’arrivais pas à me livrer comme ça. Petit à petit, au fil des jours, je me suis aperçue que j’étais vraiment faite pour bosser seule (rires). Plus sérieusement, il y a eu de belles rencontres et j’ai rencontré des gens avec lesquels j’avais plus d’affinité que d’autres. J’ai appris des choses sur la manière de composer, avec des structures très théoriques.

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Laetikèt avec Jeanne Cherhal (marraine des 35e Rencontres d'Astaffort), en plein cours.

Chanter, c’est un acte impudique ?

Tu trouves ?

Je ne sais pas. Je ne suis pas chanteur. Mais, c’est ce qu’on me dit souvent.

Oui, c’est vrai. Il y a ce côté-là où on est à poil. C’est plus livrer les textes que chanter qui est impudique. Le tout, c’est porter la pudeur correctement.

Il paraît aussi que c’est épuisant de tenter de se faire connaître.

Tout dépend ce que tu attends comme reconnaissance. Moi, je veux juste vivre de ma musique et pouvoir chanter dans de bonnes conditions, avoir les moyens de présenter de beaux spectacles. Je vais avoir une résidence au mois de janvier 2013 et je vais bosser avec l’ancien metteur en scène de La Grande Sophie. L’idée est d’être fière de ce que je veux présenter sur scène dans les mois prochains.

Tu fais parfois des concerts à domicile et des concerts IDTGV.

Oui. Premièrement, c’est vraiment très agréable à faire, les gens sont sympathiques et très à l’écoute. Deuxièmement, on écoule beaucoup d’albums, ce qui n’est pas négligeable.

Tu donnes aussi des cours de batterie, de percussions.

Oui, je gagne ma vie ainsi, et avec les ateliers de musicothérapie dont nous parlions tout à l’heure, je m’en sors. De toute manière, je n’aime pas faire qu’une seule chose. Tu vois, je mène ma barque, avec toujours la musique en toile de fond.

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11 octobre 2012

Marie-Pierre Arthur : session acoustique et interview pour Aux alentours

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Marie-Pierre Arthur est la sensation pop québécoise qui monte. Au Québec, l’artiste n’a plus grand-chose à prouver, mais en France, sa popularité est encore à acquérir. En promo en France, elle est passée le 28 septembre dernier dans les locaux de MusiqueMag pour une session acoustique et une interview. Pour en savoir un peu plus sur son deuxième album, Aux alentours, voici la chronique que j’ai écrite pour ActuFnac (daté du mois de septembre 2012).

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Interview mandorienne:

BONAL015-CD_Cover_480.jpgVotre premier album a fait un carton dans votre pays. En France, il n’a pas été présenté au public. On vous découvre donc avec Aux alentours.

Je ne connaissais pas de maison de disque française qui puisse sortir ici mon premier album, mais j’aurais bien aimé. Il fallait que j’existe au Québec par ce premier album pour pouvoir prétendre venir me présenter en France. C’est souvent ainsi que les choses se passent pour nous, artistes québécois.

Pourquoi les artistes de chez vous souhaitent toujours être connus également en France ?

C’est valorisant parce que l’on revient chez nous avec un sentiment de réussite à l’étranger. Tout à coup, les gens deviennent hyper fiers de nous parce qu’on les a bien représentés ailleurs dans le monde. On est peu de francophone dans une Amérique anglophone, alors on veut se faire connaître dans le plus de pays possible.

Sentez-vous qu’il se passe quelque chose en France autour de ce deuxième album ?

Je ressens effectivement quelque chose. Je trouve qu’ici, on fait beaucoup attention à mes textes et à la musique. On me pose des questions pointues et je suis très surprise par cet intérêt très précis. Ici, on me pose des questions plus directes qu’au Québec parce que les journalistes ont moins peur de violer mon intimité.

"Emmène-Moi" en acoustique

Vous êtes musicienne depuis votre tendre enfance. Dans votre village, tout le monde jouait un instrument…

À peu près tout le monde jouait de la guitare. Il y avait des racines très country et très chansons francophones, un mélange des deux. Je suis partie de là à 17 ans pour aller étudier la musique dans une université. J’avais le choix entre la musique classique et le jazz. J’ai choisi le jazz parce que c’était la musique que j’aimais le plus. J’aime les mélodies et l’harmonie de ce genre musical. Dans mon deuxième album, on n’entend pas précisément du jazz, mais ça m’a parmi de maîtriser parfaitement les harmonies que j’ai créées.

marie-pierre arthur,aux alentours,session acoustique,musiquemag,mandorC’est curieux parce qu’ont sent que Aux alentours est « fabriqué » de manière compliquée et pointue, alors qu’il sonne simple.

Ça me fait très plaisir ce que vous me dites. Si ça sonne simple, alors que nous, nous nous sommes creusé la tête, je me dis qu’on s’est creusé la tête dans le bon sens. C’est difficile de faire simple. C’est comme synthétiser une idée, ou trouver le mot exact. C’est toujours plus difficile que de l’expliquer en 4 phrases.

C’est quoi précisément votre musique ?

C’est très difficile de donner un nom à ma musique. Il y a tellement d’influences variées. Ce n’est pas du rock, ni de la pop, pas plus du folk, c’est un mélange de tout ça et de bien plus.

Vos textes ne sont pas souvent au premier degré. Il faut parfois gratter, chercher le message. Vous aimez que l’auditeur s’approprie vos chansons à sa manière ?

Je ne suis presque jamais anecdotique, parce que j’aimerais que le public écoute mes chansons de la même façon que moi, j’écoute les chansons des autres. J’aime que l’histoire soit relativement claire, mais en même temps floue pour que les personnes qui l’écoute puissent se faire leur propre histoire avec.

"Fil de soie" acoustique

Il y a une nouvelle génération de la chanson québécoise extraordinaire. Pierre Lapointe, Ariane Moffat, dont vous avez été la bassiste, Catherine Major et vous. Chacun de vous a sa propre personnalité et aucune ne ressemble à ce que l’on fait en France.

Je pense que nous sommes très influencés par d’où on vient.  On a beaucoup entendu de la musique qui vient du blues des prairies. On a le très vieux blues dans nos gènes. En France, c’est un autre héritage musical et nous aussi, on trouve que vous êtes très originaux dans la façon de concevoir la musique. On adore.

Fantastique récolte de nominations au 34e Gala de l’ADISQ : Album pop de l’année, Album de l’année choix de la critique, Auteur ou compositeur de l’année, Pochette de l’année et Interprète féminine de l’année…

Je suis ravie. Tous ces prix rendent aussi hommage à mes collaborateurs, parce que je ne travaille pas toute seule. Là, c’est comme si on disait « bravo tout le monde ! ». C’est gratifiant et encourageant pour la suite.

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