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30 octobre 2012

The Lightnin 3 : interview pour la sortie de Morning Noon & Night

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The Lightnin 3, c’est l’histoire de trois chanteuses nord-américaines installées à Paris qui enregistrent un album ensemble. Les initiales de leur prénom réunies (R N B) les prédestinaient à faire un album de Rhythm & Blues, source naturelle de leur culture musicale.

The Lightnin 3 album cover.jpgLeur album, Morning Noon & Night, est sorti aujourd’hui précisément et demain (31 octobre 2012), les The Lightnin 3 seront en concert au Café de la Danse. Deux bonnes raisons pour vous les présenter.

Brisa Roché (mandorisée ici), Ndidi Onukwulu et Rosemary Standley (chanteuse du groupe Miorarty, mandorisée là) ne s'étaient jamais rencontrées jusqu'à ce que leur ancien éditeur commun les mette en relation. L'envie de collaborer fut immédiate pour ces trois talents toujours avides d'expériences artistiques. Le groupe fraîchement constitué a décidé  de reprendre un répertoire étendu à plusieurs décennies et d'offrir une relecture des morceaux comme s'ils avaient été conçus dans les années 60. Au final, dans Morning noon & night, 12 titres enregistrés en 5 jours, en formule complètement live avec l'ensemble des instruments dans une seule pièce, sans aucun overdub, pour répondre aux mêmes contraintes techniques qu'à l'époque. Rencontre à la Galerie W, le 26 octobre dernier, avec deux d’entre elles, Brisa Roché et Rosemary Standley, juste avant leur tout premier show case en commun.

Interview :

Qui a décidé de vous réunir toutes les trois ?

Brisa : C’est notre ancien éditeur commun qui travaillait sur un film dans lequel il plaçait pas mal de musiques des années 40 et 50 avec souvent des voix de femmes en harmonie. Il a beaucoup aimé ça et il nous a contactées pour que l’on se rencontre dans le secret espoir que monter ce projet nous intéresse. Ça nous a intéressées, mais pas tout à fait comme il nous le proposait. Un peu à la Andrew Sisters. On voulait aller plus vers les années 60 et un peu plus tard dans les années.

Vous ne vous connaissiez pas.

Rosemary : Non, enfin juste de nom, de vue et de réputation, mais pas plus que ça.

Si ça n’avait pas collé humainement, il n’y avait aucune possibilité qu’un tel projet existe.

Rosemary : Ça, c’est une certitude. On s’est vu pendant un an pour écouter et essayer des choses. Se rencontrer vraiment, apprendre à se connaître, savoir qui on était. Même vocalement, c’était intéressant. On a fait quelques petites expériences, notamment des essais pour vérifier que nos voix se mariaient bien. Après, ça s’est précipité sur la fin parce qu’il y a eu un enregistrement qui s’est décidé assez rapidement.

Brisa : En tant que chanteuses, ça nous fait du bien. Nous sommes parfois isolées, vous savez. C’est rare de pouvoir parler avec des femmes qui font le même métier. Nous étions ravies de passer des moments ensemble.

The Lightnin 3 © Ami Barwell 3.jpg

Il y a eu beaucoup de répétitions avant l’enregistrement ?

Brisa : Il n’y en a eu aucune avant l’enregistrement. On a choisi les morceaux moins de dix jours avant de passer en studio. On est allé à Berlin découvrir les arrangements et enregistrer.

Rosemary : Nous avions une entière confiance en la personne responsable de la réalisation artistique de cet album, Toby Dammit, surtout connu pour son travail derrière les fûts d’Iggy Pop et par ailleurs producteur, notamment pour Jessie Evans. C’est quelqu’un qui a l’habitude de contribuer à ce genre de projet. On lui avait précisé au préalable ce qu’on voulait et ce qu’on ne voulait pas. Ce qui pour nous était étonnant, c’est d’entendre comment il avait arrangé les morceaux.

Qui a choisi les morceaux ?

Brisa : C’est nous. On nous a proposé des titres et nous en avons proposé aussi. On a discuté longuement et on est tombé d’accord sur 12 titres.

Rosemary : On a écouté beaucoup de morceaux et on a voté à main levée.

Brisa : C’était d’ailleurs un peu difficile. Quand on fait des reprises, personne ne veut faire moins bien que l’original. On ne veut pas non plus faire des morceaux que tout le monde a déjà faits, et enfin, on ne veut pas non plus faire que des gros tubes. On ne voulait pas que les gens pensent que ce projet était commercial, sans âme. Bref, il y a plein de contraintes, donc a mis beaucoup de temps à choisir.

Vous reprenez des chansons initialement interprétées par des hommes. Comme I Want Your Sex de George Michael.

Rosemary : En tant que femme, cette chanson peut être pris comme un discours lesbien, pourquoi pas militant ou tout simplement être pris comme une mise en avant de l’homme qui est en nous.

Et pour savoir qui chantait telle ou telle chanson, comment avez-vous procédé ?

Rosemary : C’était moins dur. On a d’abord choisi celle que chacune avait vraiment envie d’interpréter et on a continué chacun à tout de rôle.

Brisa : Oui, on ne s’est pas battue pour un morceau. Tout c’est passé dans une parfaite entente et harmonie.

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Est-ce bien d’abandonner provisoirement son groupe, ses habitudes musicales, pour rentrer dans un autre univers ?

Brisa : C’est différent. J’ai tendance à être dans des groupes ou c’est moi le chef… et chef très dirigeante. Là, c’est curieux, ce n’est pas moi qui commande.

Rosemary : Ce projet, c’est un truc de fun. On n’a pas envie de se prendre la tête. On a envie de s’amuser entre nous, on a envie de danser, on a envie que ça se voie et qu’on parvienne à communiquer tout ça au public.

Brisa : Comme on pleure pour nos propres projets, enfin, je parle pour moi, c’est souvent douloureux. Là, je n’avais pas envie de douleur. En plus, les enjeux sont différents. Vous savez, on n’a quasiment rien à gagner sur ce projet. On n’a pas d’éditions, on est neuf sur scène, donc pour nous, c’est juste pour s’amuser, être entre filles et s’éclater.

Et puis, c’est bien de voir comment les autres artistes évoluent.

Rosemary : c’est aussi pour ça que j’ai accepté ce projet. Ça me permet de côtoyer d’autres musiciens et d’autres chanteuses. J’adore chanter en harmonie avec d’autres chanteuses. C’est un beau moment de partage. Je vois comment les autres travaillent et c’est passionnant. Voir Brisa diriger par exemple, je me demande pourquoi je n’ai jamais rien dit au sein du groupe auquel j’appartiens (Moriarty). Ca à l’air tellement facile de dire, no, no, no ! (Rire général). Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense et moi je suis beaucoup plus diplomate.

Brisa: On apprend toutes les unes des autres. Ce projet est vraiment très enrichissant. Nous sommes toutes les trois très fières d’en faire partie.

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Rosemary Standley et Brisa Roché, à la galerie W. Manquait Ndidi Onukwulu (à la bourre).
(Après 45 minutes d'entretien, Rosemary m'a demandé de faire ressortir ma féminité. Elle m'a donc prêté deux de ses robes. Pas pu refuser. Aucune volonté. Mais on s'est bien marré. Faut dire.)

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