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27 octobre 2012

Pauline Croze : CD'Aujourd'hui, session acoustique pour MusiqueMag et interview pour Le prix de l'éden

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Pauline-Croze-Quelle-heure-est-il1.jpgJ’ai beaucoup d’admiration et d’affection artistiquement et humainement pour Pauline Croze. Je suis sa carrière depuis son premier disque.

(Voir ma première mandorisation de la jeune femme, ici)

Une coïncidence assez intéressante a fait que dans la même après-midi (du11 octobre 2012), elle est venue à ma demande faire une session acoustique de deux titres de son nouvel album, Le prix de l’éden, dans les locaux de MusiqueMag, puis j’ai enchaîné un CD’aujourd’hui avec elle juste après, à la demande de la production de l’émission.

Bref, nous avons passé une bonne partie de l’après-midi ensemble. Il y a des moments plus difficiles dans la vie.

J'avoue.

Avant de développer tout cela, voici ma chronique sur son nouveau disque, publié dans l’ActuFnac daté du mois d’octobre 2012:

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Et notre CD’Aujourd’hui, diffusé hier (12 octobre).

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Pour voir l'émission, cliquez là!

Quelques photos du tournage (à l'Institut Suédois)...

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Après l'interview...

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Voici la version longue de l’interview qu’elle m’a accordée, agrémentés des deux titres guitare voix qu'elle a offert aux lecteurs de MusiqueMag.

Interview :

Au bout de 5 ans d’absence, vous avez senti que c’était le moment de revenir ?

Ça ne s’est pas passé vraiment comme ça. J’avais quelques morceaux par-ci, par-là. Il y a un moment, j’ai eu besoin de travailler avec quelqu’un qui pouvai m’aider à écrire et à composer. C’est la raison pour laquelle je me suis tournée vers Édith Fambuena qui avait déjà réalisé mon premier album. Elle est réalisatrice, mais aussi auteure et compositrice. Nous avons donc vraiment travaillé en binôme. Il s’est avéré qu’au final, on n’a rien écrit et composé ensemble, mais ce n’était pas le plus important. La période de studio a duré un an, avec des coupures et des retours pour enregistrer des nouveaux morceaux.

Savez-vous terminer une chanson ? Je veux dire, savez-vous quand il faut s’arrêter de la fignoler.

Il y a des chansons où l’on sait qu’on a tout dit et où tout est clair, il y en a d’autres qui viennent en tâtonnant et là, on a envie de les améliorer, de les développer au maximum, de les enrichir. Il n’y a pas de généralité à faire par rapport au processus de création. Ce n’est jamais pareil.  Chaque morceau à son profil.

"Quelle heure est-il ?" en acoustique

Le précédent album, qui était votre second, était plus expérimental. Celui-ci revient vers ce que vous faisiez dans le premier. Plus de simplicité.

Je suis très contente d’avoir fait le deuxième album parce que ça m’a appris beaucoup de choses. J’ai vraiment analysé ce qui était négatif et ce qui était positif. J’ai compris que j’avais pu être un peu confuse dans les arrangements et dans les textes. A la sortie du deuxième album, quand j’étais sur scène, j’avais remarqué que les gens mettaient plus de temps à rentrer dans mon univers. Mes chansons avaient moins d’immédiateté. Je sentais que les gens manquaient de ce rapport guitare voix qui quelque part faisait le squelette de mon premier album. En discutant avec Édith, elle m’a dit : « Pauline, toi c’est le bois ». Dans mon deuxième disque, j’avais fait exprès de ne pas être dans ce rapport guitare-voix parce que je ne voulais pas faire ce que je faisais avant. Sur ce troisième album, je voulais revenir à plus de simplicité. Du coup, mes chansons sont plus faciles à aborder.

On a l’impression qu’il est moins mélancolique. Est-ce que lorsque Pauline Croze est mieux dans sa vie l’ambiance générale s’en ressent ?

Si j’ai mis 5 ans à sortir un nouveau disque, c’est que j’avais moins d’inspiration. Si j’avais moins d’inspiration, cela provenait sans doute du fait que j’étais mieux dans ma vie et dans ma tête. Je pense que tous les artistes écrivent sous le coup d’une émotion. De la peine, du désespoir, de la tristesse, de la colère. C’est vrai que moi, j’étais beaucoup plus apaisée. Vous savez, j’ai besoin de chanter des choses qui me prennent aux tripes. Sur cet album, il y a effectivement plus de choses apaisées et positives, mais je pense qu’il y a aussi un peu de noirceur… juste, elle est contrebalancée par des choses plus éclairées, plus lumineuses.

"Dans la ville" en acoustique

Ignatus et Vincent Delerm ont signé des textes.

Je vais être franche avec vous. J’ai beaucoup de mal à écrire, j’ai plus de facilité à composer. Ce qui compte pour moi, c’est de faire de la musique. Produire quelque chose de sonore. Là, Vincent Delerm a écrit une chanson pour moi. Ça me fait hyper plaisir et ça me touche beaucoup. Je trouve que c’est une superbe chanson. Quant à Ignatus, on a commencé à travailler ensemble dans des ateliers d’écriture. Je lui ai montré des textes et il arrivait fréquemment à trouver l’issue d’une phrase sur laquelle je bloquais. Comme j’aimais les ouvertures qu’il me donnait, j’ai voulu travailler avec lui pour cet album.

Si la musique vous intéresse plus que les textes, du coup, il faut qu’il y ait un son vocal qui sonne/frappe/cogne à votre convenance.

Le vocabulaire que je vais employer est très important pour le son des mots. Le texte doit produire sa musique à lui. En même temps, si on fait trop gaffe aux sons, le texte peut ne plus vouloir dire grand-chose. Il faut que je comprenne ce que la musique n’a pas exprimé pour que je complète la chanson avec le texte.

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Considérez-vous que plus les années passent, plus vous chantez mieux ?

Ce n’est pas une histoire de temps qui passe et de progression technique. C’est progresser par rapport au fait d’être au plus proche de soi même. Je pense qu’à partir du moment où on est plus connecté avec sa chanson, connecté avec ce qu’on a envie de dire, connecté avec le moment présent, c’est à ce moment-là qu’on est meilleur.

Craint-on que le public ne soit plus là quand on s’absente 5 ans ?

Oui, il y a quelque chose comme ça. Depuis 3 ans, ça m’angoissait beaucoup de ne pas avoir sorti d’album. Je me demandais tout le temps si les gens avaient encore envie de m’écouter. Ça a été une forte angoisse et pour tout dire, ça m’a même donné des cauchemars et ça m’en donne encore d’ailleurs. Pour moi, faire de la musique, c’est ma raison de vivre. C’est ce qui me donne envie d’exister, c’est qui me donne envie d’avancer, de me lever le matin.

Vous avez l’impression de repartir à zéro avec cet album.

Oui, complètement. Quand on fait un album, quand on propose un projet, c’est important de se dire que l’on doit repartir neuf, blanc, comme un espace vierge, sinon, on ne se renouvelle pas et on fait toujours la même chose. Chaque album est une remise en question et un redémarrage à zéro.

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