Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Mathieu Boogaerts : interview pour son album éponyme | Page d'accueil | Delphine Volange : interview pour Et de Delphine Volange, le ciel était toujours sans nouvelles »

19 octobre 2012

Céline Mastrorelli : interview pour Elle était une fois

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

(Photo : Stéphanie Gac)

J’ai découvert Céline Mastrorelli lors des Muzik’Elles 2009. Elle avait remporté avec brio le tremplin Nouv’Elles. Nous nous étions rencontrés à cette occasion. Depuis, je suis de loin (pas de si loin que ça d'ailleurs) son évolution musicale. Son album est sorti le mois dernier et il est brillantissime. Elle écrit et compose, textes et mélodies, classe ce premier album et sa musique comme de la pop minimaliste. C’est de la chanson française, inspirée par Gainsbourg, Brel, Barbara, avec des cordes et des violons… et aussi de l’électro… Céline Mastrorelli nous offre un premier album soigné et pétillant dédié aux femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes, et qui saura séduire le plus grand nombre. La chanteuse cannoise est venue à l’agence le 28 septembre dernier pour une interview mandorienne fort agréable.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorExtrait de la biographie signée Henry Michel (je ne sais pas qui est ce monsieur, mais comme le laïus était signé, je rends à César ce qui… etc.) :

Céline Mastrorelli vient de la « chanson française, » qu’on prend enfin plaisir à prononcer à nouveau sans son voile de poussière. Ayant accompagné en première partie Biolay, Chamfort, Raphaël ou Le Forestier, Céline croit encore aux jolies phrases.

Céline croit encore aux jolis mots, et aime jouer avec, parfois en trapèze, mais ne tombe jamais. Céline croit encore aux chansons qui racontent des choses, comme elle croit encore au prince charmant. Des chansons qui, en concert, font sourire hommes et femmes. Les unes, se retrouvant dans ces récits, les messieurs, grimaçant peut-être à l’évocation de crimes passés ou pire encore : à venir.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorInterview :

Tu as mis longtemps pour sortir cet album…

J’ai perdu beaucoup de temps, mais à la fois, ce temps perdu m’a servi. S'il y a 8 ans on m’avait dit que mon album sortirait en 2012, j’aurais arrêté tout de suite. Mais comme tu ne sais jamais ce genre de chose par avance, ça ne pouvait pas me décourager. Tu sais, j’ai commencé tard à écrire des chansons. J’avais 25 ans. Très vite, mon style s’est affirmé. Chaque fois, j’estimais que la chanson d’après était meilleure que celle d’avant. Quand tu rentres dans cette logique de te dire que la prochaine sera meilleure alors on va l’attendre, tu perds des années. J’avais très peur de graver quelque chose qui existe et que je renie.

Ensuite, il a fallu trouver les bonnes personnes pour faire cet album.

J’ai surtout cherché longtemps un label qui lui-même pourrait me trouver les bonnes personnes. En fait, ça faisait beaucoup d’intermédiaires tout ça et beaucoup de perte de temps. Quand j’ai eu 30 ans, je me suis dit que c’était maintenant. Chacun à l’investissement de sa vie. D’aucuns s’achètent un appart, l’autre une bagnole, un troisième des voyages. Moi, mon investissement il est là. J’ai tout mis dans la production de cet album.

Le teaser de l'album.

On sent qu’il y a les moyens derrière…céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Oui, par exemple, je voulais, un joueur de Thérémin. C’est un des premiers instruments électroniques de tous les temps qui produit des sons à base d'ondes et de champs magnétiques. C'est le déplacement des mains dans l'espace qui produit le son, un truc presque irréel un peu comme si on dessinait sans feuille. Je voulais aussi un quatuor de cordes, un bon pianiste, un bon réalisateur, un bon studio, bref, je voulais le meilleur pour mon album. Je voulais quelqu’un qui comprenne ce que j’avais envie de rendre. J’ai donc fait appel à Benjamin Tesquet et Benjamin Constant. Et les deux ont été incroyables. On est rentré en studio en octobre 2010, il y a deux ans.

Il y a deux ans ? Du coup, tes chansons ne sont pas toutes récentes.

Comme je savais que j’allais mettre longtemps avant de réussir à sortir cet album, je voulais sélectionner les chansons qui seraient pour moi intemporelles, qui auront toujours un sens et celles dont je savais que j’aurais toujours autant de plaisir à chanter. Je n’ai d’ailleurs pas choisi de potentiels singles.

Tu racontes des histoires personnelles, mais toutes les femmes peuvent se retrouver dans tes chansons.

Quand j’étais petite, je pensais que j’étais différente. Quand j’ai grandi, je me suis dit que j’étais finalement comme tout le monde. Et aujourd’hui, je m’aperçois que je suis différente comme tout le monde. Chacun est unique et tout le monde est différent. C’est pour ça que mon histoire personnelle parle à tout le monde. On aime, on déteste, on a le cœur brisé, on vit des moments extraordinaires. C’est vrai que ce sont des chansons de filles dans le sens où c’est une fille qui les raconte, mais l’angle de la caméra est de temps en temps placé vers la fille, de temps en temps placé vers l’homme. Tout le monde devrait se retrouver.

Le premier clip officiel: "Robe de Cocktail".

Tu manies à merveille l’autodérision dans tes textes ?céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

Je trouve qu’arriver à se moquer de soi même, c’est tellement plus simple. Tout est plus relatif, tout prend une dimension beaucoup moins grave. Mais surtout, l’auto dérision, c’est ce qui sauve.

Je lis sur ton Facebook beaucoup de belles réactions par rapport à la sortie de cet album.

C’est incroyable. Ça te fait presque oublier les 8 ans de patience. En plus, il y a 79 radios, grandes et petites, qui ont souhaité me programmer. J’ai un quota d’écoute en streaming sur Spotify ou sur Deezer qui est assez incroyable. Je parle bien sûr dans le cas de quelqu’un qui n’a pas de promo.

On peut difficilement te ranger dans une case en tout cas.

Oui, personne ne sait si c’est dans la case variété variété, ou intello intello. Le « entre les deux » n’est pas très pratique à situer. Je trouve, en tout cas, que c’est faux de penser que la variété ne peut pas être intello. Depuis quand il faudrait écrire des textes débiles pour faire de la variété ?

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorTon album commence par un magnifique instrumental. On dirait presque une musique de film.

Si mon album est une histoire, j’ai envie de faire un générique de début et un générique de fin. J’ai composé vraiment une musique qui explique que l’on rentre dans une histoire.

L’ordre des chansons est donc important.

Ça a été un véritable casse-tête. J’ai fais en sorte qu’il y ait un sens logique. Tout commence avec « Lost in Paris ». Cette chanson ne peut pas bouger, c’est sa place. Et évidemment, tout fini avec « A mes amours ». C’est une manière de dire aux hommes qui ont traversé ma vie: voilà, j’en ai chié, vous m’en avez fait baver, mais merci parce que, grâce à vous j’ai appris, grâce à vous, je suis ce que je suis devenue aujourd’hui. Et maintenant, je suis prête à nouveau à aimer. Ça y est, je sais comment ça marche.

Enregistrement de "T'oublies or not T'oublies" (1ere version) en duo avec Benjamin Tesquet.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandorParlons de « T’oublies or not t’oublies », ton duo avec Joseph d’Anvers. Je n’ai pas reconnu sa voix, d’ailleurs.

Non, parce qu’il ne chante pas comme d’habitude. Pour ce duo, j’avais deux chanteurs en tête. Marc Lavoine et lui. J’aime les voix graves, je trouve ça tellement beau.  C’est marrant, dans cette chanson, il a un timbre de gros fumeur, alors qu’il ne fume pas.

"Ex en Provence" est ta chanson préférée. Pourquoi ?

Je l’aime aussi pour ce qu’elle raconte : la fin d’une très jolie histoire. Mais, il y a une lecture pour les personnes qui veulent écouter cette chanson au premier degré. En fait, dans chaque phrase, tu as vraiment un deuxième sens… J’aime aussi l’arrangement.

Le 22 octobre, tu joues au Réservoir, avec Pauline Brooks en première partie.

C’est le concert de ma sortie d’album. Donc j’ai envie de faire un peu la fête. Sur scène, il y aura évidemment les chansons de l’album, et je ferai des duos avec deux trois amis chanteurs. Par exemple Vincent Lieben avec notamment la reprise de « Mademoiselle liberté », le chanteur du groupe Super Pop Corn et Pauline Brooks. On sera 6 sur scène… Ce sera plus une fête qu’un concert.

céline mastrorelli,elle était une fois,interview,mandor

(Photo d'ouverture de l'interview : Sand Mulas).

Les commentaires sont fermés.