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09 octobre 2012

Oxmo Puccino : interview pour Roi sans carosse

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Le 13 septembre dernier, j’ai reçu dans les locaux de l’agence Oxmo Puccino, à l’occasion de la sortie de son nouvel album Roi sans carrosse.

Vous trouverez ici l’interview publiée dans ActuFnac (daté du mois d’octobre 2012). Il est l’artiste du mois. Et, évidemment, ensuite, la version complète pour Les chroniques de Mandor.

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Bonus mandorien :

Dans la chanson « Parfois », vous dites que la liberté passe par un long chemin… J’ai l’impression que vous êtes le rappeur le plus libre d’entre tous.

Je dois être l’un des plus heureux en tout cas. Je suis conscient de ce que je vis, j’œuvre pour et je profite du moment. Ce bien-être que j’ai par rapport à ça ressort sur ma création. Je n’ai pas le syndrome du stress de monter sur scène, parce que je suis content du rendez-vous, je n’ai pas tellement peur de rentrer en studio parce que je sais que je vais y croiser des musiciens, je n’ai plus tellement peur de sortir un disque parce que je sais ce que je mets dedans. Je suis donc un des rappeurs les plus chanceux, c’est sûr.

Est-ce qu’il faut être toujours en mouvement, ne jamais s’arrêter comme vous le faites ?

C’est le seul moyen que j’ai pour me situer dans mon échelle temporelle. Il faut toujours vivre, toujours exister, c’est ça qui est le plus important. Plus on travaille, plus on a des chances de s’améliorer, de rencontrer et d’avancer. Je n’ai aucune raison d’arrêter parce que c’est par là que je prends le plus de plaisir.

Le plaisir par la diversité ?

Uniquement. Ça ne peut venir que de là. Le mot diversité est pour moi une définition du monde dans lequel on vit. Personne n’est totalement identique à son voisin. La diversité est plus un problème d’esprit cloisonné que de voir le monde autrement. La diversité, c’est la normalité. C’est aussi la nature.

Je ne cesse de vous voir, de vous entendre sur des projets d’artistes connus ou en émergence. Encore récemment avec Scotch & Sofa. Vous aimez transmettre ?

C’est plus une notion de partage que de transmission. La transmission ne va pas que dans un sens comme on pourrait le penser. Pour Scotch & Sofa, par exemple, j’ai accroché tout de suite à leur travail alors qu’ils n’étaient pas encore tout à fait connus. Repérer un bijou avant que tout le monde saute dessus est une grande satisfaction. Le partage est donc bilatéral. On prend tous les deux l’un de l’autre.

Peut-on dire que vous êtes un artiste amoureux des autres artistes ?

Je suis un artiste amoureux du travail des autres artistes, bien sûr. Je dissocie parfois l’artiste et son œuvre, c’est important parce qu’on n’est pas tous responsables de nos créations. Je suis amoureux des artistes parce que ce sont eux qui rendent le monde beau. Quel que soit le prétexte, le moyen de transport utilisé pour faire passer son message, ça rend le monde plus beau, quoi qu’il en soit.

Dans « Artiste », vous parlez de la condition d’un artiste. Vous dites qu’il faut être droit dans ses bottes et avaler des couleuvres… j’ai l’impression que vous, vous vivez une vie d’artiste parfaite.

Ça y ressemble, en effet. Moi, j’étends le mot « artiste » à tous ceux qui déchaînent toute leur énergie pour assouvir leur passion. Ça passe par un travail qui peut déboucher sur un savoir-faire qui dépasse le travail bien fait. Oui, ça demande des sacrifices, des concessions, des décisions à prendre, pas toujours faciles. Mettre son œuvre au centre de sa vie ne se fait pas sans occasionner de dégâts. C’est difficile, mais c’est beau. De toute façon, je pense que rien n’est facile, alors quitte à choisir ses difficultés, je préfère écrire des chansons.

« Les gens de 1972 » est une chanson anti passéiste. Vous vous élevez contre ceux qui trouvent que c’était mieux avant.

Je trouve insupportable que l’on fasse référence au passé en voulant étouffer le présent. C’est inacceptable de vouloir se garder pour soi un secret qui n’est même pas vérifiable et de dénigrer quelque chose que nous partageons tous. Là, nous sommes tous là et c’est ce moment qu’il faut chérir, tout en respectant le passé. Tout rattacher à une période qui est mythique, c’est couper l’herbe sous le pied d’aujourd’hui, et c’est injuste. Dénigrer le présent aujourd’hui va en faire un triste passé.

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« La danse couchée » est un hymne aux bienfaits de l’acte sexuel. Une histoire de mélange des corps.

Je suis plus sur l’importance donnée aux détails dans un rapport qui peut s’apparenter à des préliminaires. En fait, ce sont des choses simples qui sont magnifiées à leur juste valeur.

Il y a le pendant de « La danse couchée », c’est « Pas ce soir ». Là vous abordez le refus du sexe par la femme et le dépit de l’homme qui s’en suit…

C’est la femme qui ne veut pas se donner, mais aussi l’homme. Ce n’est pas une réponse à la réaction féminine, c’est une conséquence. Je pense qu’elle peut s’appliquer à une bonne partie des relations hommes femmes aujourd’hui. Le sexe a longtemps été vu comme une arme, comme un objet de conviction, un pouvoir et je trouve que c’était déplacer le sujet que de le présenter comme ça. Dans cette chanson, je tente de démystifier ce rapport au charnel qui en fait aujourd’hui, correspond plus à un idéal à une sorte de fantasme.

« Le sucre pimenté », c’est presque un egotrip. Vous dites, un peu, « méfiez-vous de l’eau qui dort… je suis là et je vous explose tous ».

J’ai l’habitude dans mes albums d’avoir un morceau de rap traditionnel avec le beat de référence, avec un ego trip où j’affirme que je suis le meilleur rappeur de l’univers et c’est quelque chose que tous les rappeurs font au début pour s’imposer. Ces morceaux me permettent de me raccrocher à la base, peu importe le voyage que j’effectue. Le sucre pimenté, c’est un ego trip, mais en même temps, une sorte de peinture de la diversité dans ses extrêmes.

C’est aussi pour dire que vous êtes encore un rappeur sur lequel il faut compter ?

Je n’ai pas besoin de le rappeler, puisque j’ai fini d’avoir quelque chose à prouver, mais néanmoins, c’est toujours bon de le rappeler.

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Commentaires

pas mon genre mais je dois reconnaître qu'il a du talent
Manon

Écrit par : Centre d'appel | 11 octobre 2012

Les commentaires sont fermés.