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05 octobre 2012

Anouk Aïata : Interview pour son premier EP

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Quand j’ai reçu l’EP d’Anouk Aïata, j’ai été sous le charme immédiat de sa voix ensorcelante et de sa musique vagabonde. Merci à son attachée de presse, Patricia Teglia, d’avoir fait en sorte que je puisse la recevoir rapidement. Le 21 septembre, je vois arriver à l’agence une femme pleine d’humour et pour le moins énergique.

545847_225349454260843_1521807014_n.jpgExtrait de sa biographie officielle :

En langue maorie « aïata » signifie « la femme mangeuse des nuages du ciel ». C’est ainsi vêtue de poésie océanique et armée de gourmandise que se présente devant nous Anouk Aïata après deux années de gestation où ont alterné séances d’écriture et concerts. Cet EP officialise la naissance discographique d’une jeune pirate qui arraisonne le vieux gréement de la chanson française avec un beau culot et une voix étincelante comme une lame… Une mise en bouche qui nous permet d’ores et déjà de situer l’artiste sur une carte musicale vaste comme le monde et préfigure la sortie d’un album à paraître à l’automne 2013 où d’autres rythmes chaloupés seront au menu…

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Interview :

Je connais ton existence pour être tombé sur quelques vidéos de toi en train de chanter ces deux trois dernières années, mais je ne sais pas grand-chose de ton parcours.

Je chante depuis 15 ans dans plein de groupes différents. J’ai commencé dans un groupe de rock au lycée, après j’ai fait du reggae, du trip hop, de la chanson française, j’ai cumulé pas mal de projets dans l’espoir qu’il y en ait un qui fleurisse. Il faut semer plusieurs graines pour cela. Après mon bac, j’ai décidé de ne faire que de la musique. J’ai abandonné mes études pour vivre l’école de la vie. Au bout de 10 ans de « ramage intergalactique » et de plaisir aussi, on a réussi à signer chez Barclay.

Un bien beau label au passé et au présent prestigieux.

Oui, belle image de marque, en effet. De plus, on a adoré les équipes que l’on a rencontrées, aussi bien les directeurs artistiques que les chefs de projets. Ils signent peu d’artistes chaque année, ils ont donc le temps de les développer. J’espère que cet EP, puis l’album à venir vont me permettre de durer longtemps. Chez Barclay, on se sent libre de nos mouvements et libre artistiquement. Parfois, on a discuté intelligemment sur certains titres et on a su s’écouter mutuellement.

Naci en alamo

Tu commençais à désespérer avant de signer?

C’est dur quand tu investis tout dans la musique et que ça ne marche pas. Au début, ce projet, je l’avais intitulé « Anouk Aïata et the last chance » (rire). On s’est finalement dit que c’était hyper négatif, on a donc voulu rayonner autrement. On a changé de nom et d’état d’esprit et aujourd’hui, tout va bien. Il faut s’acharner dans la vie et croire en soi, ça finit par payer un jour.

Tu réalises aujourd’hui ?

J’ai toujours attendu ça et en même temps, le processus de signature c’est étalé sur un an et demi. À présent, dès que je suis sur une marche, je me contente de tenter d’aller sur la suivante. Il est vrai que maintenant que le EP existe en physique, que je peux le toucher, je commence à réaliser.

En l’écoutant, on constate qu’il est éclectique.

Il y a dedans 4 titres et 4 directions, mais on en a d’autres dans notre besace. On n’est pas qu’une seule chose et on n’aime pas qu’une seule musique. On balaye plusieurs styles et horizons. Cet EP est important, il est comme une carte de visite musicale. Mine de rien, ça fait longtemps que je fais de la musique, mais là, je vais être écouté par pas mal de professionnels et un public beaucoup plus large.

Errer

Tu réponds toujours avec un « on ». Vous êtes deux artisans pour cet album.

Oui, je travaille avec Amos Mâh. C’est mon binôme, mon alter ego, on a monté ce projet à deux, on écrit et compose tout à deux. Bref, on est main dans la main.

Quand as-tu su quelle musique tu voulais jouer réellement ?

Tu sais, pendant des années, j’ai voulu être Ella Fitzgerald, chanteuse de jazz donc, parce que j’ai eu un déclic pour cette musique. Le jazz m’a amené vers un trip hop jazz qui m’a ensuite amené vers la chanson française jazzy. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que j’aimais faire de la chanson en français. Il y a un moment où j’ai dérivé vers autre chose et où j’ai affiné mon style. Pour te résumer tout ça, aujourd’hui, mon but musical est de faire un métissage de la musique « world » avec du jazz, du reggae et de la chanson française. Je veux créer avec tous ces genres, un style musical cohérent… et j’y travaille tous les jours.

Tes textes en français allient formidablement le sens et le son. En France, tout le monde n’y parvient pas.

C’est difficile parce qu’il y a eu tellement de bons auteurs avant nous que la pression est grande sur ce point-là aussi. Je suis fan de Barbara, Brel, Brassens, évidemment… mais aussi, je te le dis franchement, Dalida. J’aimais bien ses chansons, son attitude scénique et son côté kitch.

Ce n’est pas évident d’écrire en français, de toute manière… c’est une lapalissade.

J’évoquais les anciens, mais il y a quelques artistes d’aujourd’hui qui ont ouvert une nouvelle brèche. -M-, Camille, Alexis HK, par exemple. Personnellement, j’ai longtemps écrit en anglais, il a fallu que j’affine ma plume en Français pour que je me lance. Ca a été long, mais je suis content du résultat. Avec Amos, on s’est bien trouvé à ce niveau-là aussi. On est dans le même onirisme, le même romantisme, le même côté un peu passéiste, un peu mélancolique.

I forgot to love

 Sur scène, il faut s’attendre à quoi avec vous toi ?

À quelque chose qui nous ressemble. Quelque chose qui est drôle et poétique, inspiré du monde. Je veux transporter mon public dans notre univers. Dans nos chansons, on parle beaucoup de la nature, du monde, d’amour, d’exil, d’errance… je ferai en sorte d’emmener le public avec moi.

Chanter, c’est impudique ?

Oui, je suis pourtant pudique corporellement, mais moins de l’âme. Le chant, de toute façon, ce n’est que de l’émotion, tu es à nu. Il faut être habité et être à livre ouvert. Il faut tout donner de soi au public, je crois.

Pourquoi regardes-tu la lune?

Comment tu expliques que tu sois tant habitée quand tu es sur scène ?

Je ne le l’explique pas. C’est de la magie, c’est du domaine déique, c’est un don. C’est même mystique cette énergie. Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi la musique, j’ai la sensation que c’est la musique qui m’a choisi. Être habité, ce n’est pas un bouton sur lequel tu appuies. Soit tu l’es, soit tu fais semblant.

Le groupe Zebda semble, en tout cas, avoir été conquis. Tu es en première partie de leur concert au Zénith de Paris le 12 octobre prochain. Mazette !

Je suis ravie, évidemment, mais j’ai une pression énorme. En plus, il est question que l’on fasse un titre avec eux pendant leur concert. Monter sur scène avec eux… je n’ai pas du tout peur, tu t’en doutes.

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