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29 septembre 2012

Luce : interview pour La fabrique à comptines

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Luce, la gagnante de la finale de la Nouvelle Star 2010 sort un livre disque tout à fait étonnant. Dans La fabrique à comptines, elle  interprète de manière fort inspirée des comptines pour enfants. Le projet, une fois la surprise passée, semble comme une évidence, tant son timbre de voix et sa personnalité pétillante conviennent bien à ces chansonnettes. Elle y apporte un réel et explosif brin de fraîcheur, d'originalité et de folie.
L'accompagnement musical est réalisé par le groupe Male Instrumenty, 5 musiciens polonais qui jouent de la musique avec... des jouets.

Il y a des grands classiques comme « Ah ! Les crocodiles », « Bateau sur l'eau » ou « Ainsi font font font » et d'autres moins connues comme « Coccinelle demoiselle » ou « Mon petit lapin ».

L’attachée de presse de ce projet (Flavie Rodriguez) m’invite le 18 septembre dernier dans un bar de la capitale pour une rencontre avec Luce.

Interview :

Quelle drôle d’idée ce disque...

C’est exactement ce que je me suis dit au départ. Je n’ai pas compris qu’Éveil et découvertes pensent à moi pour un tel projet. Et puis j’ai écouté les maquettes faites par le groupe Male Instrumenty et j’ai réalisé que ce n’était pas si bizarre que ça finalement. J’ai même trouvé le projet un peu spécial. Sans les paroles, on ne dirait pas de la musique pour enfant. Ils sont allés plus loin et c’est ça qui m’a donné envie de me lancer. J’ai trouvé intéressant que moi, chanteuse qui débute, je me frotte à ça. Il a fallu que je mette en place toute une mécanique d’interprétation, voire même que je théâtralise ma façon de chanter… et j’adore ça.

Vous avez été dirigée ou vous y êtes allée à l’instinct ?

En fait, on m’a donné les maquettes bien avant l’enregistrement. J’ai eu un peu de temps pour réfléchir à la façon de m’intégrer aux chansons. Ensuite, en studio, tout s’est fait d’un commun accord, en toute diplomatie et intelligence avec notamment Adeline Ruel qui fait partie d’Éveil et découvertes et Flavie Rodriguez, ici présente, qui a suivi le projet depuis le début. J’ai imbriqué mes envies par rapport aux leurs.

Est-ce que vous avez testé le résultat des chansons auprès des enfants. Parce qu’« Ainsi font font font » en version electro…

Je pense que dans les comptines pour enfant, il y a un côté toujours trop conventionnel. C’est souvent guitare voix et pas très original. Ce n’est pas le but de La Fabrique à comptines. Notre travail dépoussière un peu les comptines qu’on a l’habitude de chanter aux enfants. Mais, ça ne va pas choquer les enfants, je vous assure. Ça amène plus de couleurs et d’énergie. On n’est pas là pour rassurer l’enfant, mais pour qu’ils s’amusent en écoutant les comptines. Moi qui me suis éclatée à le faire, je me dis que la maman ou le papa face à son enfant, s’ils s’appuient sur le livre et le CD, il peut se passer des trucs de fou, des moments de complicités joyeuses formidables. Je suis sûre que le parent et l’enfant peuvent même se fendre la poire.

Quelle était l’ambiance pendant l’enregistrement ?

Si on s’est souvent amusé, on a un peu galéré sur certains titres. Trouver une bonne direction, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Sinon, ça voudrait dire qu’on a bâclé le travail et que l’on est revenu à quelque chose d’hyper conventionnel. Moi, je ne voulais pas que mon nom soit accolé à un projet qui soit banal et sans âme.

Je reviens au groupe Male Instrumenty. C’était facile de se fondre dans leurs univers délirant et surréaliste ?

Ce n’est pas facile parce qu’ils ont un univers vraiment particulier. Leur version de « Ainsi font font font », je la compare à « Antisocial » de Trust. C’est hyper spécial. La difficulté a résidé au fait de rendre homogènes ma voix et leur musique. Rendre quelque chose de rond qu’on va pouvoir faire écouter à un enfant.

luce,la fabriques à comptines,éveil et découvertes,interview,mandorQuand je regarde la couverture du livre disque, je trouve que même le code couleur correspond à votre personnage. Quel souci du détail !

Exactement ! Merci de me faire cette remarque. C’est très acidulé et ça aurait pu coller à un projet personnel de Luce en tant que chanteuse. Dans le livre, j’aime bien les dessins, les décors, le design… c’est beau et c’est bien fait.

Quel est votre rapport à l’enfance. J’ai l’image de vous de quelqu’un qui ne parvient pas à sortir de l’enfance…

C’est quelque chose que je cultive volontairement, mais c’est très en moi. Je suis très nostalgique de mon enfance, très nostalgique de l’époque où mes grands-parents étaient encore vivants. Ils me cuisinaient de la compote, ils me chantaient des comptines en catalan… Depuis deux ans, il se passe beaucoup de choses pour moi et, évidemment, ça me fait grandir, je le sens.

Je vous ai vu, il y a un an pour la sortie de votre disque « Première phalange », vous étiez luce,la fabriques à comptines,éveil et découvertes,interview,mandorbeaucoup plus « écervelée » lors de la promo. Là, j’ai l’impression que vous êtes un peu plus « sage ».

C’est bizarre, en deux ans, avec tout ce que j’ai vécu professionnellement, j’ai l’impression d’avoir  muri à vitesse grand V. Je suis un peu plus posée que quand il m’est tombé dessus ce tourbillon médiatique, alors que je n’avais que 19 ans.

Comment s’est passée votre tournée mondiale en France ?

Mais, ne plaisantez pas là-dessus ! Nous partons à Moscou chanter le 16 novembre, monsieur. La blague de la tournée mondiale en France ne marche plus, puisqu’effectivement, nous quittons la France.

Vous préparez actuellement le deuxième album.

J’écris beaucoup, je réfléchis à la tournure de cet album. Il m’est arrivé beaucoup de choses, comme je le disais tout à l’heure, mais j’ai aussi pris quelques claques en route. Du coup j’écris différemment. J’essaie aussi d’être un peu plus patiente…

Vous apprenez à canaliser votre tempérament et votre énergie.

Voilà, c’est ça. J’apprends à me gérer un peu plus. Mais, je suis une nana qui a toujours envie de rire et de bouffer la vie. A 22 ans, on n’a pas encore envie de se prendre la tête.

A l'issue de l'interview, nous sommes stoïques devant l'objectif...

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Puis c'est le dérapage bonbonnesque.

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27 septembre 2012

BB Brunes : interview et session acoustique pour Long Courrier

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Le 3e album de BB Brunes vient de sortir. L’occasion m’a été donnée de les rencontrer tous les 4. Habituellement, je n’interviewais que le leader du groupe Adrien Gallo (voir ici et ).

Avant tout, et pour que vous sachiez un peu plus sur l’ambiance générale de Long courrier, je vous propose mon article publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d’octobre 2012).

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Avec mes deux caméramans (Vincent et Guillaume), pour MusiqueMag, nous avons rencontré les BB Brunes dans une chambre de l’Hôtel Mac Mahon. Peu d’espace pour que le groupe évolue convenablement, mais nous nous sommes débrouillés.

Voici l’interview.

 
Et deux titres tirés de Long courrier en acoustique.

 
Petit bonus: 2 photos surexposées (photographe, c'est un métier!)

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Men in (presque) black!

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25 septembre 2012

GaliM : interview pour Rien n'est perdu

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GaliM est une chanteuse qui habite dans le Tarn-et-Garonne, à côté de Montauban, mais qui tourne dans toute la France. Et de plus en plus. Elle bénéficie d’un incroyable bouche-à-oreille à tel point qu'à la force d'en entendre parler, j'ai voulu absolument la découvrir. A l'écoute de son disque il y a quelques semaines, j’ai beaucoup apprécié sa voix énergico-flamboyante et ses textes ambitieux, jamais anodins.

GaliM 1.jpgSon EP 6 titres Rien n'est perdu est sorti le 6 avril dernier. Nous avons convenu une rencontre lors d’une prochaine visite de la chanteuse dans la capitale. Ce qui fut fait le 14 septembre dernier.

Galim et sa bookeuse Frédérique Demange arrivent à l’agence, valises à la main, après quelques heures de train. Un petit café et magnéto Serge !

Extrait de sa biographie officielle :

Une femme, une guitare, une silhouette fragile et le cheveu rouge flamboyant, GaliM est facilement identifiable !

Auteure-compositeure de chanson française, GaliM privilégie l'écriture et son interprétation portée par une voix qui offre une variété de tons se déroulant en tension maitrisée, en émotions tenues et lâchées. Son répertoire distille tour à tour des sons rock et d'autres plus festifs, des rythmes hispanisants ou à trois temps pour habiller des textes empreints de nostalgie et d'espoir, de souffrances et d'amour.

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Interview :

As-tu reçu une formation musicale ?

Quand j’étais petite, j’ai pris des cours de batterie à 8 ans, ensuite j’ai pris des cours de guitare classique jusqu’à 12 ans. J’ai commencé à écrire et composé pour moi, quand j’étais ado.

Tu as eu entre 2005 et 2009, une période parisienne où tu as bien bourlingué.

Paris, c’est l’idéal pour faire ses armes. C’était une bonne école que de chanter dans les bars, de tenter de capter l’attention des personnes présente dans la salle.


GALIM en concert au Rio à Montauban - Oct 2011 par stephanie_arnoud

Ça ne doit pas être évident, car tes textes sont exigeants, je veux dire par là qu’ils demandent à être écoutés avec attention.

J’ai même tenté de chanter dans le métro. C’est extrêmement difficile. Quand tu parviens à faire en sorte que deux trois personnes s’arrêtent pour écouter au moins une chanson, tu es déjà très content. Au bout de 5 ans de Paris, j’ai eu un ras-le-bol de tout. Du temps, du stress… Pour développer mon projet musical, j’ai trouvé que ça saturait à un moment. Je suis allée voir ailleurs, en province. L’air est plus pur, le soleil est là, les gens son plus accueillant… et en plus je suis payée, c’est magnifique.

Dans ta région, désormais, tu chantes « officiellement ». C’est ton métier.

Oui. On ne peut pas dire que j’en vis encore bien, mais je commence à avoir mon public.

GaliM et Flow invitées par Melissmell à l'Européen le 31 mars 2011.
GaliM et Melissmell interprètent sublimement "les écorchés vifs" de Noir Désir. Puis Flow, Galim et Melissmell rendent hommage à Mano Solo en chantant "Il m'arrive"...

Je t’associe pas mal à Géraldine Torres, Melissmel et Flow

Oui, c’est vrai. J’ai l’impression que l’on fait partie d’une même famille. Nous exprimons ce qui nous dérange, ce que l’on voit et vit. On a la chance d’avoir le micro et la parole… allons-y, quoi !

Tu te sens double ? La chanteuse et la femme de tous les jours.

En tout cas, ce qui frappe les gens qui me connaissent, c’est qu’ils discernent deux personnes entre ce que je suis sur scène et ce que je suis en dehors de la scène. Dans la vie, je suis quelqu’un de plutôt réservé, alors que je ne le suis plus du tout sur scène.

Il y a des chansons claires, sans détour, et d’autres, plus poétiques… « Cassilde » par exemple, je n’ai pas tout saisi.

J’aime bien quand on peut interpréter un texte selon son bon vouloir, son vécu, son humeur. Cette chanson dont tu parles, elle attire la curiosité de plein de personnes. Chacun à sa vision de l’interprétation.

"Sous les pavés".

« La vie à l’envers » est très originale. On meurt et après on est plus inquiet, on peut vivre sans avoir peu de la mort… c’est un sujet inédit.

Pas vraiment, puisque cette chanson a été inspirée par un texte de Woody Allen. Il a eu l’idée de commencer la vie par la mort et de la dérouler jusqu’à la conception.

On sent du Mano Solo dans tes influences…

Oui, c’est un artiste que j’ai beaucoup écouté et que j’écoute encore. Il fait partie des artistes qui m’ont touché. J’ai aussi beaucoup écouté, Miossec, Thomas Fersen et Noir Désir.

Et chez les Anglo-Saxons ?

Cela peut paraître étonnant quand on connait mes chansons, mais mes goûts vont vers Radiohead, Muse, les Pixies… mes goûts sont plutôt pop et rock.

Ton EP, c’est de l’auto production totale.

Oui, et c’est bien comme ça. Quand je vois les copines qui ont signé dans des labels importants, je pense que ce n’est pas pour moi. Je ne veux pas perdre mes valeurs. C’est trop compliqué pour moi de faire des concessions. Il faut vraiment prendre sur soi. Je veux rester ce que je suis. Mon but n’est pas de passer à la télé. Je veux arriver à vivre de ce que j’aime.  Je souhaite juste avoir un public qui me suive suffisamment pour remplir des petites salles. C’est très bien comme ça.

Reprise de "La non demande en mariage" de Georges Brassens au Festival des mercredis de la bastide à Castillonnés (47) le 8 août 2012.

À la fin des concerts, tu vas à la rencontre des spectateurs. Je sais que c’est très important pour toi.

J’aime voir dans le regard qu’il se passe un truc. Je trouve ça hyper touchant les gens qui viennent me voir en me disant que je les ai reboosté. On a l’impression de servir à quelque chose.

Comment fait une artiste « en devenir » pour se faire connaître ?

Beaucoup de concerts et les réseaux sociaux. Mais, en règle générale, les gens me découvrent grâce au bouche-à-oreille.

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23 septembre 2012

Muzik'Elles 2012 : Portfolio Radio Muzik'Elles du 22 septembre

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Les Muzik’Elles, je m’y rends depuis 2008. Au début, parce que je travaillais pour la radio de Meaux, 77FM, et que nous menions des opérations avec le festival. Et puis, j’y suis revenu à chaque fois, même après avoir quitté la radio (en très bon terme). Cette année, on m’a même demandé de participer à la radio officielle de l’évènement, Radio Muzik’Elles. J’ai accepté, car c’est toujours jubilatoire pour moi que de refaire de l’antenne, qui plus est en direct et avec des invités. L’émission a été pilotée et animée par Anne-Sophie Vomscheid. Éric Jean-Jean, l’animateur du festival depuis l'origine (et animateur d'RTL depuis des lustres) et moi, étions là pour les parties spécifiquement consacrées aux chanteuses invitées.Voici donc un portfolio commenté de l'émission d'hier soir...

Concentration avant l'émission: avec Éric Jean-Jean.

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Anne-Sophie Vomscheid a mené l'émission de main de "maîtresse". Éric Jean-Jean et moi étions estampillés "spécialistes chanson française". Ce que nous sommes.

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L'ambiance était comme le temps... au beau fixe.

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Notre premier invité, à tout seigneur tout honneur, Pierre Corbel, le directeur des Muzik'Elles (et néanmoins, ami de nous trois).

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Ici, Jean-François Copé, version je-ne-suis-pas-là-pour-parler-de-mon-actualité-nationale-mouvementée, mais en mode maire de Meaux et initiateur de ce festival.

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Passons aux artistes à présent. La première: ODyl. L'un des coups de coeur des Muzik'Elles 2012.

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ODyl a bien voulu s'adonner à une chanson acoustique improvisée.

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J'ai découvert une artiste intéressante avec une très forte personnalité. Elle ne devrait pas tarder à prendre son envol.

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Anne-Sophie Vomscheid se demande sans doute, "mais quand va-t-il m'en laisser placer une?".

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Voici une video tournée par l'équipe d'ODyl pendant les Muzik'Elles.

Un clip.

Deuxième artiste invitée: Barbara Carlotti (déjà rencontré quelques mois avant pour l'enregistrement d'un CD'Aujourd'hui).

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J'aime la distance qu'a Barbara Carlotti sur son métier de chanteuse. Elle a beaucoup d'ironie et d'humour dans la vie, et si on écoute bien, dans ses chansons aussi.

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Ses deux derniers clips.

Troisième artiste : Emel Mathlouthi.

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Entre Chloé Lacan et Emel Mathlouthi sous le regard d'Anne-Sophie Vomscheid. Je me sens bien entourée.

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Deux clips de Emel Mathlouthi.

Gérard Pont, le directeur des Francofolies de La Rochelle, était présent aux Muzik'Elles (ce n'était pas la première fois). Quand je l'ai vu, je lui ai demandé de venir au micro. C'était improvisé, mais très instructif. L'homme n'avoue pas qu'il vient faire "son marché", mais on se doute qu'il tente de repérer les artistes émergents... ce qui est tout à son honneur. 

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Faisions-nous, avec Gérard Pont, une petite prière pour que la chanson française se porte bien?

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Dernière invitée: Chloé Lacan.

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J'avais beaucoup entendu parler de cette artiste, mais je n'avais pas encore croisé les pas de Chloé Lacan. Il est certain que je vais sérieusement me pencher sur son cas, tant elle est le genre de chanteuse que j'apprécie. Auteure, compositrice, musicienne de talent drôle et émouvante.

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Voici une vidéo qui montre l'étendue de son talent.

(Merci à l'équipe de 77FM de me faire confiance et de faire appel à moi systématiquement pour ce genre d'opération qui est exactement ce que j'aime faire dans ce métier).

18 septembre 2012

CD'Aujourd'hui : Alexis HK pour "Le dernier présent"

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(Photo: Frank Loriou)

alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorDans son 4e album, Le dernier présent, Alexis HK a pris un certain recul et s'avère un observateur hors pair du monde qui l’entoure. Il a gardé le meilleur de ses précédents disques : son sens de la formule, la fluidité de son écriture et ses rythmiques entêtantes. Certes, il n’a pas perdu son sens de l’humour, mais la mélancolie a pris le pas sur sa bonne humeur. Alexis le grand raconte sa génération et ses désillusions, sans hésiter à user d’une ironie corrosive qu’il fait alterner avec une  tendresse réjouissante. C'est à mon avis le disque le plus important de la scène française de cette année et tout porte à croire qu'il le restera longtemps. Important. Peut-être deviendra-t-il même un classique de la chanson Française... qui sait?

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alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorLe 6 juillet dernier, pour l’émission CD’Aujourd’hui, avec David Vallet (virtuose de la caméra), nous sommes allés chez Alexis HK à l’occasion de cette sortie. À la campagne (des environs de Nantes), l’homme et sa compagne Liz Cherhal nous ont reçus chez eux de manière princière. Merci à eux deux.

Pour voir l’émission, cliquez ici!

Comme de bien entendu, j’en ai profité pour interviewer en version longue le chanteur pour Les Chroniques de Mandor (voir la première mandorisation pour l'album précédent). Elle est agrémentée de photos prises pendant l'interview (merci à Sorya Lum!).

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Interview:

Tu dis que tu as fait des petites révolutions dans cet album. Notamment, tu es plus à découvert. Est-ce l’album dans lequel tu te dévoiles le plus ?

J’ai voulu parler de choses plus intimes, plus immédiates. En vieillissant, ou plutôt en murissant, on a envie d’aborder les sujets de manière un peu plus frontale. Le centre de gravité de cet album, c’est l’urgence d’être heureux avec les gens qu’on aime et l’urgence de sortir à tout prix de la dépression. Je peux parler quand même de choses un peu plus graves, mais avec un relativisme omniprésent pour dire que tant qu’on ne perd pas nos proches, rien n’est vraiment grave. C’est un disque qui, sur fond de gravité, finalement cherche de la légèreté. C’est un disque d’intimité dans lequel il y avait l’envie de se livrer pleinement.

Dans la chanson, « Le dernier présent », tu dis qu’au lieu d’avoir peur de l’apocalypse, il faut vivre l’instant présent, profiter du bonheur.

J’ai l’impression que par le surplus d’informations et le surplus de nouvelles qui nous sont livrées jour après jour avec une saturation conséquente, on a du mal à se recentrer pour comprendre ce qui est important. Alors, oui, l’état du monde est important, mais son propre état et l’état des gens qui nous entourent font partie des priorités pour chacun de nous. Moi, je me rends compte dans ma propre vie que je côtoie des personnes extraordinaires qui sont toutes dans une certaine conscience de l’angoisse qu’on pourrait avoir à exister, mais qui s’aiment, qui se comprennent. La difficulté de l’époque actuelle est de se recentrer et de se demander ce qui est bien pour soi, respirer 5 minutes, faire un peu le vide. Cela permet d’aborder le reste de manière plus simple et moins saturée.

On est moins dans la blague avec cet album. Tu es peut-être un peu plus sage, un peu plus profond.

J’ai voulu passer à côté de l’anecdote. J’ai voulu qu’au cœur de chaque chanson, il y ait une idée forte qui peut-être plus ou moins drôles, mais qui ne sera pas anecdotique. alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorTon style est un mélange de langue moderne et un peu plus « désuet ».

J’aime beaucoup l’idée d’utiliser plusieurs époques de langage dans un même texte. Je trouve que ça donne un résultat plus coloré et j’aime beaucoup les anachronismes. Les mots peu usités redonnent un sens à ce que l’on veut dire avec plus de relief. Ce mélange un peu rétro futuriste d’éléments de langage, c’est le moindre des amusements pour quelqu’un qui s’amuse à écrire à un moment donné.

Tu es le ménestrel des temps nouveaux… as-tu l’impression d’être né à la bonne époque pour faire ce métier ?

Je ne sais pas s’il y a une bonne époque pour être ménestrel. Mon principe de base, c’est d’écrire une chanson avec une guitare et après, de savoir où on peut aller à partir de ce postulat. Ça a toujours existé et ça existera toujours. À l’époque des ménestrels, il fallait passer devant un grand ménestrier qui vous accordait le droit de chanter où non. Si ça se trouve, à une autre époque, on m’aurait interdit de chanter. Je suis donc né à la bonne époque pour être un ménestrel libre.

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« Ignobles nobles » est co interprété par Renan Luce, Benoît Dorémus, tes deux complices de la tournée « Seuls à trois ».

Pour moi, il était évidemment qu’après cette tournée, Benoît et Renan allaient figurer sur mon nouvel album. Ce sont deux amis, deux personnages, deux chanteurs qui sont devenus essentiels à mon bon développement artistique. Nos voix et nos humours s’accordent à merveille. C’était une évidence qu’il fallait qu’ils interprètent cette chanson avec moi.

Tu mets longtemps à écrire une chanson ou il n’y a pas de règle ?

Il n’y a pas de règle dans la conception d’une chanson, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de la création de musique et de toutes formes d’arts. Il y a des choses qui nous tiennent à cœur, mais qui sont laborieuses et qui mettent du temps à être formulé et il y a la vie, l’instant, une idée toute simple qui apparaît et en dix minutes, ça peut créer une chanson. Mélanger des chansons laborieuses et des chansons évidentes, ça crée un ensemble et ça nous montre à quel point la vie est différente. On ne sait jamais de quoi un album sera fait. On pourra prédire, prévoir et définir plein de choses, mais à l’arrivée, le disque que l’on fera finira toujours par étonner… y compris son auteur, parce que c’est quelque chose de vivant, de mouvant et de pas forcément prévisible.

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(Photo : Frank Loriou)

Est-ce que ton indépendance dans le milieu de la chanson française te met un peu à part des autres qui font le même métier que toi ?

Luce et Dorémus sont des frères d’armes pour moi. Des gens avec lesquels je partage le même idéal de liberté à travers la chanson. Je sépare de moins en moins ma vie réelle de ma vie artistique. Les chansons sont pour moi le moyen  à la fois d’aller vers le monde, vers le public, vers des personnes de ce métier. Plus j’avance et plus je fusionne ma vie d’homme et ma vie de chanteur. Là où je me sens à part, c’est que j’ai l’impression que la vie m’appelle toujours à faire ça et que ça ne répond pas à des logiques commerciales ou mercantiles, mais plus à une logique de ma propre existence. J’ai commencé à chanter mes premières chansons de Jacques Brel à 14 ans, je savais qui j’aimais comme chanteur, j’avais envie de faire ce métier, je savais que ça me prendrait du temps et finalement, ça s’est fait sur tout le chemin d’une vie. C’est un parcours vrai. C’est important de ne pas être dans l’imposture.

Habiter loin de Paris, d’être au calme, au « vert », ça change l’inspiration ?

Le fait d’habiter à la campagne, ça donne une solution de repli. Il y a un moment où tu rentres dans ta maison, il y a du silence, on peut se poser, on peut se reposer et on a cette espèce d’aération mentale et physique qui permet de réfléchir et de sortir de la saturation. On se sent très privilégié parce qu’on a l’impression que c’est un moment où on peut se ressourcer. Cette petite isolation s’inscrit dans la liberté que je revendique. Ça permet de se retrouver avec soi-même et d’avoir d’autres choses à dire.

Pour finir cette chronique, voici quelques photos prises par bibi pendant la session acoustique...

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15 septembre 2012

Pierre Szalowski : interview pour Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul?

pierre szalowski,mais qu’est-ce que tu fais là,tout seul ?,interview,mandor

Pierre Szalowski est un auteur qui vit au Québec. Il est actuellement en France pour promouvoir son deuxième roman, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ?. J’ai lu ce livre cet été, tranquillement durant mes vacances. J’ai été réellement charmé et ému par ce roman, sorte de fable jubilatoire. J’avais entendu parler de cet auteur, mais je n’avais pas lu son fameux Le froid modifie la trajectoire des poissons (traduit dans de nombreux pays). J'ai reçu Pierre Szalowski le 12 septembre dernier à l’agence et j’ai également été conquis par la personnalité de cet homme étonnant et très attachant.

pierre szalowski,mais qu’est-ce que tu fais là,tout seul ?,interview,mandor4e de couverture :

Le 24 décembre, dans un palace déserté de Montréal, Martin Ladouceur, célibataire endurci, s’apprête à passer le pire réveillon de sa vie. Avec pour seule compagnie un concierge protocolaire, un groom débutant et une femme de chambre timide, l’ex-légende du hockey canadien se retrouve en prime au régime sec, sans strip-teaseuses ni grands crus.

Mais, contre toute attente, en cette nuit de Noël, un petit bonhomme va lui offrir le plus beau des cadeaux. Et, comme par magie, la terreur des patinoires découvrira un sentiment qu’il ignorait jusqu’alors.

Petite philosophie du bonheur, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est une fable tendre et drôle, remède absolu contre la morosité.

L’auteur :

Ancien photographe de presse, journaliste, directeur de création dans la publicité et vice-président d’Ubisoft Canada, Pierre Szalowski est aujourd’hui scénariste et auteur, mais avant tout « bonheuraturge ». Après le succès international du Froid modifie la trajectoire des poissons, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est son second roman. Il vit à Montréal.

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pierre szalowski,mais qu’est-ce que tu fais là,tout seul ?,interview,mandorInterview :

Tu es un personnage étonnant, aux mille vies. Qu’est-ce qui t’anime ?

Le fait de ne pas m’ennuyer. Je vais te donner un exemple qui est révélateur. Quand j’étais à Ubisoft, il y avait des chasseurs de têtes qui tournaient autour de moi. Dans la liste des questions qu’ils me posaient pour mesurer mon ambition, il y en avait une qui revenait toujours : « dans quelle position vous voyez-vous dans 5 ans ? » Je répondais : « la position dans laquelle je me vois dans 5 ans, c’est allongé et content de me lever le matin. » Le métronome de ma vie est la joie de vivre la journée que j’ai à vivre. Je ne suis pas capable de faire une concession à l’ennui. Je ne m’ennuie pas, je ne triche pas. Je peux faire semblant d’aimer quelque chose, mais ça ne va pas durer très longtemps.

Raconte-moi ton parcours pour le moins original.

J’ai voulu être photographe de presse à 15 ans, je le suis devenu. Je voyageais, je faisais plein de choses, mais un jour je me suis rendu compte que je n’avais pas d’amis. Je n’étais jamais là. Donc, je suis devenu photographe de mairie. À la mairie, je commençais à légender les photos. Le journal local m’a repéré et m’a embauché. J’ai fait deux ans dans le journalisme régional à L’Écho régional. J’ai ensuite ouvert  une agence de communication en me rendant compte qu’il y avait un besoin des municipalités. On a eu la Guerre du Golf qui a mis à mal notre activité en 1992. C’était, à ce moment-là, le début de l’informatique, du PC Personnal Computer,  j’ai donc eu l’idée de faire des logiciels. J’ai créé un logiciel de gestion de caves à vins qui a rencontré un succès considérable. On en a vendu des dizaines de milliers d’exemplaires. J’ai aussi inventé un logiciel de gestion de parties de golf qui a fait un bide total. Et enfin, j’ai aussi fait un logiciel intitulé « Drague aux nanas » avec vent d’Ouest et c’est là qu’Ubisoft m’a repéré. Au bout de 7 ans de jeux vidéo, j’ai trouvé que ça devenait ennuyeux de rester dans ce milieu.

J’ai bien compris que tu changes d’activité régulièrement et qu’il te faut toujours être en pierre szalowski,mais qu’est-ce que tu fais là,tout seul ?,interview,mandoraction. Tu es aujourd’hui écrivain. Tu n’as pas peur de t’en lasser également ?

Si. Le risque que je me lasse est permanent. En fait,  j’ai seulement écrit deux romans en 5 ans, parce qu’il fallait que je retrouve l’envie, que je retrouve la pureté. Si je peux ensuite gérer un livre comme une activité professionnelle, au moment où je l’écris, il faut que je sois dans un réel état de pureté. Mon nouveau roman délivre beaucoup d’émotion et je ne peux pas en délivrer sur commande. Il faut que mes capteurs et mes émetteurs d’émotions ne soient pas pollués par une situation financière difficile, par des soucis personnels ou professionnels. La deuxième difficulté, c’est de revivre ce que tu as déjà vécu. Par exemple, ce voyage en France me faisait très peur. Je m’en suis ouvert auprès de mes proches parce que j’allais refaire ce que j’avais déjà fait il y a deux ans. Moi, refaire les choses, ce n’est pas tout à fait mon truc.

Et du coup ?

Contre toute attente, ça me fait plaisir, car je sens une vraie évolution. Je sens que le premier roman a touché des personnes. J’ai déjà fait quelques salons et j’ai rencontré beaucoup de lecteurs qui m’en ont parlé et qui sont venus les bras ouverts prendre le second sans même ne pas savoir de quoi il parle. Je suis en train de découvrir ce qu’un écrivain peut représenter pour d’autres personnes. Je dirais que ce voyage-ci est une initiation à prendre la dimension de ce que peut représenter d’être écrivain.

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Tu n’aimerais pas simplement pouvoir te laisser entraîner par les choses de temps à autre ? Ne pas toujours tout contrôler…

J’ai eu dans ma période de créateur de logiciels des moments où le succès m’a fait prendre le melon. Et ces périodes-là n’ont pas été celles où j’étais le plus performant, bien au contraire. J’en ai tiré une grande leçon. Aujourd’hui, je tente de redescendre de mon petit nuage, de bien voir où j’en suis avec un certain recul. Comme tout le monde, je me rêve ceci, je me rêve cela, mais j’essaie de ne pas me prendre pour « plus que untel », ou « moins que » aussi, d’ailleurs. Il faut juste être lucide parce que c’est comme ça que l’on reste vrai. Dans ce que je fais et ce que j’écris, j’essaie d’être dans la vérité des sentiments, dans la vérité des émotions. Il faut que je me mette dans une condition me permettant d’écrire en ressentant ce que j’écris.

Au début, ton personnage, Martin Ladouceur, n’est pas très sympathique, mais il devient vite attachant.

À un moment, j’ai planté des petits clous qui font comprendre aux lecteurs qu’il n’a pas eu une vie facile ce garçon-là. C’est ma façon de voir les choses. Une personne qui me parait parfaite m’inquiète immédiatement. Une personne que je connais un peu, je vais détecter ses qualités et ses défauts. Mais ses défauts ne me gênent pas. Personne n’est parfait. On est une balance entre les deux. Je considère qu’on a tous du bon en soi et du mauvais. Pour Martin, je montre d’abord le mauvais qui n’est finalement pas moins que ce que l’on a voulu faire de lui. Il est comme un artichaut. Le cœur, il est au milieu. Pour l’atteindre, on l’épluche petit à petit.

pierre szalowski,mais qu’est-ce que tu fais là,tout seul ?,interview,mandorLe succès de ton premier roman, Le froid modifie la trajectoire des poissons (qui est sorti en poche chez J'ai Lu le mois dernier), t’a-t-il donné confiance pour le second ?

Non. Je t’explique. Le premier, tu es prêt à le publier à compte d’auteur tellement tu as envie qu’il sorte. J’avais touché le cachet de la production d’un film, je n’étais donc pas dans le besoin. Écrire trois-quatre mois était le fun et j’étais même dans une certaine naïveté. Bon, il se trouve qu'au final, il est publié et traduit dans plein de pays… la donne change. Pour le second, du coup, tu as des éditeurs qui te mettent un peu la pression. Le danger, c’est de penser que tu as raison. Quand tu as du succès une fois, tu penses que ce que tu écris devient mécaniquement intelligent, alors que ce n’est pas vrai. Quand tu te trouves bon, tu en fais trop. Il ne faut surtout pas devenir putassier. Tu sais ce qui a fonctionné dans le premier, alors tu refais les mêmes choses. Moi, je pense que j’ai évolué entre les deux romans. J’ai tenté d’aller plus loin.

Explique-moi ton concept de « bonheuraturge ». Ce terme ne fait-il pas d’ailleurs un peu gnan gnan ?

Tu travailles avec Antidote ?

Oui.

Tu prends le mot « bonheur » ou un autre mot positif. Essaies-en plusieurs, tu verras, il y a plus de synonymes pour les mots négatifs que pour les mots positifs.

Et alors ?

Et bien, pour la forme, c’est vrai, tu as l’air con quand tu écris des livres sur le bonheur, car tu as moins de mots. Pour le fond, chacun est pudique de son bonheur. Par exemple, 95% des gens disent « mon meilleur ami, c’est celui que je peux appeler quand ça va mal ». Moi, mon meilleur ami, c’est celui que je peux appeler quand ça va bien. Avec mes amis, on se dit souvent : « qu’est-ce qui t’es arrivé de bon cette semaine ? ».

Bon, en fait, tu m’expliques que c’est une philosophie de vie.

C’est exactement ça. C’est toujours le prisme. Je pense que l’on peut parler de grandes douleurs et de la douleur du monde de manières parfaitement idiotes. Je crois toujours au contraire. Un mot qui n’a pas de contraire me fait peur. Donc, la situation contraire est valable. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas parler du bonheur sans le faire avec délicatesse et intelligence. Personnellement, j’estime que je ne le fais pas de façon gan-gnan, comme tu dis, parce que j’y amène de l’humour, du second degré et la force des mots.

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Et tu donnes de l’espoir pour le genre humain. Dans ton livre, tu racontes finalement comment une « ordure » peut devenir quelqu’un de beau.

Complètement. Martin Ladouceur, on l’a mal fait pousser, c’est tout. Ce roman aurait pu être écrit de façon beaucoup plus tragique, noire et terne, mais moi, je suis un résilient naturel. C'est-à-dire que je n’aurais jamais mal plus d’une soirée.

Quel que soit l’événement ?

Oui. Tu sais François, j’ai attaqué l’écriture le lendemain de la mort de ma mère. C’était la seule réponse que j’avais à donner à la mort. Répondre par la vie.

Ce soir, c’est ta soirée de lancement (note de Mandor : nous sommes le 12 septembre)… on va te « célébrer ». Tu aimes ça ?

Oui. C’est très plaisant parce que c’est ma fête. J’entrevois ce genre de moment pour les bonnes choses et les bonnes raisons. De plus, on fait ça dans la librairie Le livre écarlate, d’un libraire qui m’avait beaucoup touché il y a deux ans. Quand on m’a proposé cette soirée de lancement, j’ai proposé que cela se fasse chez lui parce qu’il avait été formidable. Il avait été juste gentil, mais vraiment gentil. Je n’oublie jamais les gens qui m'ont aidé. Jamais.

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14 septembre 2012

CD'Aujourd'hui : Khaled pour "C'est la vie"

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J'ai rencontré Khaled le 31 août dernier pour enregistrer un CD'Aujourd'hui, à l'occasion de la sortie de son disque C'est la vie. Avant de vous proposer de regarder l'émission et les coulisses (en photos), je vous propose ma chronique de ce disque, publié dans Le magazine des loisirs culturels Auchan.

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S'il est souriant et sympathique, Khaled n'est pas la personne la plus facile à interviewer. Les digressions sont perpétuelles et la difficulté réside en la faculté de retomber sur ses pattes. Le ramener à la question posée. Pas simple, disais-je, mais après tout, son métier n'est pas de vendre son disque aux journalistes, mais de chanter... et ça, il le fait admirablement. Roi du raï il est, roi du raï, il demeure.

Pour voir l'émission, c'est ici!

Quelques photos de l'entretien.

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L'enregistrement de la chanson "C'est la vie", pour l'émission. 4 prises.

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Clic clac, pas Kodak.

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Pour finir, le clip officiel de "C'est la vie".

11 septembre 2012

Tryo : interview (filmée et écrite) pour Ladilafé

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Le groupe Tryo a sorti son 5e album Ladilafé à la fin du mois dernier (il est déjà numéro un des ventes en France). L’occasion pour moi d’aller rendre visite à Christophe Mali et Daniel Bravo dans les locaux de leur maison de disque. Pour être sincère, cette rencontre s'est tenu avant l’été, précisément le 28 juin dernier. J’ai retiré de cette rencontre une interview filmée pour MusiqueMag, que j’ai transformée en version papier pour Le magazine des loisirs culturels Auchan.

Pour commencer, voici ma chronique du disque pour Le magazine des espaces culturels Leclerc.

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L'interview filmée...

 
La version de l'interview publiée dans Le Magazine des Loisirs Culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012).

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A l'issue de l'interview, le Tryo infernal... chez Sony le 28 juin 2012.
(Christophe Mali et Daniel Bravo).

10 septembre 2012

Philippe Delerm : interview pour Je vais passer pour un vieux con

Philippe Delerm est venu à l’agence  le 27 août dernier pour évoquer son dernier livre, Je vais passer pour un vieux con. J’aime bien humainement cet auteur et son écriture minimaliste (et revendiqué comme tel) est loin de me déplaire. Je le rencontre de temps en temps (voir là). Voici le fruit de notre entretien publié dans Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois de septembre 2012) qui est sorti aujourd’hui. Vous pourrez ensuite lire le bonus mandorien.

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Le bonus des Chroniques de Mandor :

Vous avez une bonne réputation/image médiatique. On ne vous critique pas trop.

Dans l’ensemble, je suis d’accord. Le simple fait de voir la vie en positif, ça fait de vous un être positif. Par rapport au petit milieu germano pratin, c’est sûr, c’est un peu incorrect. Des gens comme moi ou Christian Bobin, qui déboulent dans le paysage littéraire sans avoir conçu de stratégie, ça ne plait pas beaucoup.

Êtes-vous satisfait de votre condition d’écrivain ? Moi, quand je vois la façon dont vous la menez, elle me parait idéale.

J’ai ramé assez longtemps, vous savez. Près de 10 ans avant d’être publié. Après j’ai publié pendant 15 ans avant de connaître la notoriété et tout d’un coup, cadeau de la vie. La première gorgée de bière fait un carton. J’ai eu grâce à ce succès des cadeaux parallèles. Cela m’a permis de rencontrer des gens que j’admirais et que je rencontre, aussi bien des sportifs que des chanteurs. C’est une chance incroyable.

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Vous avez aussi la chance d’avoir un fils qui a beaucoup de succès.

C’est plus une source de soucis pour moi. Je suis assez inquiet de tempérament. Vincent est jeune encore. Il faut que ça continue à fonctionner pour lui, d’autant plus qu’il a eu l’habitude du succès assez tôt. Je sais que, pour lui, une désaffection du public, ce serait très lourd à supporter.

Si vous voyez une critique négative sur lui, ça vous heurte.

Évidemment, ça me heurte. Bien plus que si elle est pour moi.

Vous, vous supportez bien quand il s’agit de vous?

Non, ce serait mentir que de dire que ça ne me dérange pas. Ça me fait toujours mal, même si ce n’est pas si fréquent.

Comment sont les gens avec vous dans la rue ?

J’ai une trombine un peu connue, du coup, il m’arrive souvent d’être sollicité, mais très discrètement et gentiment. Un écrivain est assez préservé des critiques quand on le rencontre dans la rue. C’est marrant, les gens qui vous tiennent la jambe, qui s’incrustent, ce sont généralement des gens qui font semblant d’être des lecteurs et qui ne le sont pas. Les vrais lecteurs n’insistent pas longtemps lourdement.

Vous écrivez un nouveau livre. De quoi s’agit-il ?

C’est un roman. J’ai du mal à écrire des romans, mais j’aime bien. Celui-ci est un peu grave et évoque sur le début de la fin de la vie.

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08 septembre 2012

Pierrot Panse : interview pour Façon de panser

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Voilà encore un artiste repéré lors de ma participation au Pic d’Or 2012 en tant que jury. Pierrot Panse et ses deux excellents musiciens ont conquis les amateurs de bonnes chansons dites « traditionnelles ». Je n’y suis pas insensible non plus. Le 31 aout dernier, j’ai demandé à ce très sympathique artiste de venir à l’agence pour que j’en sache un peu plus sur lui.

pierrot panse,façon de panser,interview,mandor,pic d'orBio (officielle) :

"...Pierrot panse, c’est la chanson à vif, celle qui raconte, sans fioritures, sans gros souliers.
En novembre 2010, il sort son 1er album, “Façon de panser”.
Des bouts de vie qui s’empilent, qui se cassent la gueule, on ramasse tout et on recommence ; ça rit, ça pleure, ça rêve, ça grince des dents… c’est bizarrement foutu un être humain !

Pierrot se cogne à la vie ! Mais si certains y laissent des plumes, lui les attrape au vol, et au détour d’un mot, d’une mélodie, remèdes à tous les maux, Pierrot panse les blessures et apaise les tourments. Ses chansons sont comme des caresses, on est là, on les écoute, on ferme les yeux et on se sent bien. Pourtant Pierrot, entier, nous livre aussi ses colères et ses déboires les plus embarrassants, le tout avec une proximité déconcertante. Des textes sincères, tantôt touchants, tantôt drôles et toujours une musique judicieusement choisie..."

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pierrot panse,façon de panser,interview,mandor,pic d'orInterview :

Pierrot Panse est composé de toi, Guillaume Ougier (guitare/chant/compo/texte), Sofia Miguélez (accordéon/chœurs) et Édouard Heilbronn (Basse). Pierrot Panse, c’est un chanteur accompagné de musiciens ou un groupe ?

Pierrot Panse laisse imaginer un nom de groupe ou un nom de chanteur. Tout le monde pense que c’est mon vrai nom. Le pseudo que j’ai choisi est un verbe. C’est un projet que j’ai commencé seul, après petit à petit, j’ai rencontré des musiciens et j’ai eu envie de partager ça avec du monde. Je me rends compte que, du coup, on est souvent considéré comme un groupe, alors que c’est mon projet. Juste, je suis entouré des deux mêmes musiciens. Ils me sont essentiels. J’aime beaucoup ce côté qu’un groupe peut avoir dans ce qu’il partage.

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C’est un album qu’il faut écouter attentivement. J’y ai trouvé quelques références, principalement, du Mano Solo.

Je ne m’en cache pas, c’est l’artiste qui m’a donné envie de chanter. On n’a pas la même voix, mais ce rapprochement que l’on fait doit avoir un rapport avec la manière dont je la pose.  L’intonation aussi est proche, ce vibrato chevrotant, je l’ai quand même pas mal atténué par rapport à mes débuts. Cela étant, je n’ai pas le sentiment de faire du Mano Solo. Je peux même te dire que je suis en train de m’en détacher et de trouver ma voix personnelle.

Tes autres influences ne sont pas françaises d’ailleurs ?

Adolescent, j’écoutais les Pink Floyd à fond. Ça se sent chez moi dans les intros de mes chansons qui sont parfois très longues. D’ailleurs, le deuxième album va sonner plus électrique dans les ambiances. Il y a un autre groupe que j’aime beaucoup, c’est Radiohead. Ils font de l’électrique intelligent, pas de l’électrique bourrin. Je pioche un peu des autres, je l’avoue, pour faire une musique à moi. Mais, tu sais, on fait tous cela, consciemment ou inconsciemment.

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Tu penses déjà au deuxième album, donc.

J’ai écrit beaucoup de chansons pendant une période, aujourd’hui j’essaie de voir ce que je peux vivre encore pour alimenter d’autres textes. Même musicalement, il faut que je raccroche mon wagon à ce que je ressens aujourd’hui.

Sur scène, tu sens aussi qu’il faut que tu évolues ?

Chanter et jouer en même temps un instrument, ce n’est pas pareil que chanter en ne faisant qu’interpréter sa chanson sans se soucier d’autres choses. Parfois, je me sens coincé derrière ça et en même temps, jouer un instrument, ça peut servir de carapace. Moi, sinon, je ne sais pas trop quoi faire de mes mains. Il n’est pas impossible que je joue de moins en moins de guitare pour n’interpréter mes chansons qu’avec mon corps. Sur scène, il faut que j’apprenne à bouger un peu plus.

Dans la vie, tu as beaucoup d’humour et tu es un peu pince-sans-rire. On le remarque peupierrot panse,façon de panser,interview,mandor,pic d'or dans tes chansons.

Il y a des touches ponctuelles, mais ce n’est effectivement pas ce qui domine. Ce que je vais te dire va te paraître paradoxal, mais j’adore faire rire les gens sur scène, entre les morceaux. En même temps dans l’art, ce n’est pas ce que je privilégie. Pour moi, un bon film n’est pas un film dans lequel je vais me marrer. Ce sont plus des choses qui me prennent aux tripes. Je ne fais pas du Oldelaf, même si j’apprécie réellement son talent. « La tristitude », je l’ai regardé et écouté 1000 fois et je trouve ça super drôle, mais, je n’envisage pas la chanson de cette manière. Même dans mes chansons plus légères, comme « Le mal de l’air » qui parle juste d’un vieux con acariâtre, il y a quand même du fond derrière. Il y a toujours des doubles sens dans mes chansons qu’on ne perçoit pas à la première écoute. Ensuite, chacun intègre une chanson avec son interprétation, c’est normal. 

Dans « Pas si loin », tu expliques que pour que la vie te soit favorable, il faut sourire à la vie.

C’est surtout pour dire que l’on provoque un peu le bonheur, je crois. En fait, je suis tout sauf fataliste. C’est là aussi que je peux me retrouver dans les chansons de Mano Solo. Il chantait parfois des chansons dures, de part la vie qu’il avait et de ce qu’il observait, mais il y avait toujours une rage de vivre, un espoir. C’était un combattant, comme il disait.

On te voit moins sur scène en ce moment… je crois savoir que c’est délibéré.

J’en ai fait beaucoup. J’ai fait la majeure partie des bistrots de Paris. C’est assez facile de trouver des dates. Mais, depuis quelque temps j’ai une ambition folle : jouer dans des lieux où les gens t’écoutent vraiment. Dans me répertoire, c’est indispensable d’écouter le texte. En ce moment, je suis donc beaucoup moins présent sur scène, mais au moins, désormais, il y a un respect et une considération dans ce que je fais.

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