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18 septembre 2012

CD'Aujourd'hui : Alexis HK pour "Le dernier présent"

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(Photo: Frank Loriou)

alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorDans son 4e album, Le dernier présent, Alexis HK a pris un certain recul et s'avère un observateur hors pair du monde qui l’entoure. Il a gardé le meilleur de ses précédents disques : son sens de la formule, la fluidité de son écriture et ses rythmiques entêtantes. Certes, il n’a pas perdu son sens de l’humour, mais la mélancolie a pris le pas sur sa bonne humeur. Alexis le grand raconte sa génération et ses désillusions, sans hésiter à user d’une ironie corrosive qu’il fait alterner avec une  tendresse réjouissante. C'est à mon avis le disque le plus important de la scène française de cette année et tout porte à croire qu'il le restera longtemps. Important. Peut-être deviendra-t-il même un classique de la chanson Française... qui sait?

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alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorLe 6 juillet dernier, pour l’émission CD’Aujourd’hui, avec David Vallet (virtuose de la caméra), nous sommes allés chez Alexis HK à l’occasion de cette sortie. À la campagne (des environs de Nantes), l’homme et sa compagne Liz Cherhal nous ont reçus chez eux de manière princière. Merci à eux deux.

Pour voir l’émission, cliquez ici!

Comme de bien entendu, j’en ai profité pour interviewer en version longue le chanteur pour Les Chroniques de Mandor (voir la première mandorisation pour l'album précédent). Elle est agrémentée de photos prises pendant l'interview (merci à Sorya Lum!).

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Interview:

Tu dis que tu as fait des petites révolutions dans cet album. Notamment, tu es plus à découvert. Est-ce l’album dans lequel tu te dévoiles le plus ?

J’ai voulu parler de choses plus intimes, plus immédiates. En vieillissant, ou plutôt en murissant, on a envie d’aborder les sujets de manière un peu plus frontale. Le centre de gravité de cet album, c’est l’urgence d’être heureux avec les gens qu’on aime et l’urgence de sortir à tout prix de la dépression. Je peux parler quand même de choses un peu plus graves, mais avec un relativisme omniprésent pour dire que tant qu’on ne perd pas nos proches, rien n’est vraiment grave. C’est un disque qui, sur fond de gravité, finalement cherche de la légèreté. C’est un disque d’intimité dans lequel il y avait l’envie de se livrer pleinement.

Dans la chanson, « Le dernier présent », tu dis qu’au lieu d’avoir peur de l’apocalypse, il faut vivre l’instant présent, profiter du bonheur.

J’ai l’impression que par le surplus d’informations et le surplus de nouvelles qui nous sont livrées jour après jour avec une saturation conséquente, on a du mal à se recentrer pour comprendre ce qui est important. Alors, oui, l’état du monde est important, mais son propre état et l’état des gens qui nous entourent font partie des priorités pour chacun de nous. Moi, je me rends compte dans ma propre vie que je côtoie des personnes extraordinaires qui sont toutes dans une certaine conscience de l’angoisse qu’on pourrait avoir à exister, mais qui s’aiment, qui se comprennent. La difficulté de l’époque actuelle est de se recentrer et de se demander ce qui est bien pour soi, respirer 5 minutes, faire un peu le vide. Cela permet d’aborder le reste de manière plus simple et moins saturée.

On est moins dans la blague avec cet album. Tu es peut-être un peu plus sage, un peu plus profond.

J’ai voulu passer à côté de l’anecdote. J’ai voulu qu’au cœur de chaque chanson, il y ait une idée forte qui peut-être plus ou moins drôles, mais qui ne sera pas anecdotique. alexis hk,le dernier présent,cd'aujourd'hui,interview,mandorTon style est un mélange de langue moderne et un peu plus « désuet ».

J’aime beaucoup l’idée d’utiliser plusieurs époques de langage dans un même texte. Je trouve que ça donne un résultat plus coloré et j’aime beaucoup les anachronismes. Les mots peu usités redonnent un sens à ce que l’on veut dire avec plus de relief. Ce mélange un peu rétro futuriste d’éléments de langage, c’est le moindre des amusements pour quelqu’un qui s’amuse à écrire à un moment donné.

Tu es le ménestrel des temps nouveaux… as-tu l’impression d’être né à la bonne époque pour faire ce métier ?

Je ne sais pas s’il y a une bonne époque pour être ménestrel. Mon principe de base, c’est d’écrire une chanson avec une guitare et après, de savoir où on peut aller à partir de ce postulat. Ça a toujours existé et ça existera toujours. À l’époque des ménestrels, il fallait passer devant un grand ménestrier qui vous accordait le droit de chanter où non. Si ça se trouve, à une autre époque, on m’aurait interdit de chanter. Je suis donc né à la bonne époque pour être un ménestrel libre.

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« Ignobles nobles » est co interprété par Renan Luce, Benoît Dorémus, tes deux complices de la tournée « Seuls à trois ».

Pour moi, il était évidemment qu’après cette tournée, Benoît et Renan allaient figurer sur mon nouvel album. Ce sont deux amis, deux personnages, deux chanteurs qui sont devenus essentiels à mon bon développement artistique. Nos voix et nos humours s’accordent à merveille. C’était une évidence qu’il fallait qu’ils interprètent cette chanson avec moi.

Tu mets longtemps à écrire une chanson ou il n’y a pas de règle ?

Il n’y a pas de règle dans la conception d’une chanson, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de la création de musique et de toutes formes d’arts. Il y a des choses qui nous tiennent à cœur, mais qui sont laborieuses et qui mettent du temps à être formulé et il y a la vie, l’instant, une idée toute simple qui apparaît et en dix minutes, ça peut créer une chanson. Mélanger des chansons laborieuses et des chansons évidentes, ça crée un ensemble et ça nous montre à quel point la vie est différente. On ne sait jamais de quoi un album sera fait. On pourra prédire, prévoir et définir plein de choses, mais à l’arrivée, le disque que l’on fera finira toujours par étonner… y compris son auteur, parce que c’est quelque chose de vivant, de mouvant et de pas forcément prévisible.

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(Photo : Frank Loriou)

Est-ce que ton indépendance dans le milieu de la chanson française te met un peu à part des autres qui font le même métier que toi ?

Luce et Dorémus sont des frères d’armes pour moi. Des gens avec lesquels je partage le même idéal de liberté à travers la chanson. Je sépare de moins en moins ma vie réelle de ma vie artistique. Les chansons sont pour moi le moyen  à la fois d’aller vers le monde, vers le public, vers des personnes de ce métier. Plus j’avance et plus je fusionne ma vie d’homme et ma vie de chanteur. Là où je me sens à part, c’est que j’ai l’impression que la vie m’appelle toujours à faire ça et que ça ne répond pas à des logiques commerciales ou mercantiles, mais plus à une logique de ma propre existence. J’ai commencé à chanter mes premières chansons de Jacques Brel à 14 ans, je savais qui j’aimais comme chanteur, j’avais envie de faire ce métier, je savais que ça me prendrait du temps et finalement, ça s’est fait sur tout le chemin d’une vie. C’est un parcours vrai. C’est important de ne pas être dans l’imposture.

Habiter loin de Paris, d’être au calme, au « vert », ça change l’inspiration ?

Le fait d’habiter à la campagne, ça donne une solution de repli. Il y a un moment où tu rentres dans ta maison, il y a du silence, on peut se poser, on peut se reposer et on a cette espèce d’aération mentale et physique qui permet de réfléchir et de sortir de la saturation. On se sent très privilégié parce qu’on a l’impression que c’est un moment où on peut se ressourcer. Cette petite isolation s’inscrit dans la liberté que je revendique. Ça permet de se retrouver avec soi-même et d’avoir d’autres choses à dire.

Pour finir cette chronique, voici quelques photos prises par bibi pendant la session acoustique...

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