Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Louis Ville : interview pour ...Cinémas... | Page d'accueil | Thierry Cadet : interview d'un multi-carte des médias. »

25 août 2012

Emmanuel Della Torre : interview pour "Lucide quidam songs"

430272_224180924339332_1005682757_n.jpg

Aujourd’hui, coup de projecteur sur l’auteur compositeur interprète Emmanuel Della Torre.

Il est venu me rendre visite à l’agence le 17 août dernier pour parler de son nouvel EP, Lucide Quidam Songs (écoutable ici, sur Noomiz).

DSC05385.JPG

Interview :

292544_233460840104210_583926727_n.jpgMoi qui connais tes deux précédents disques, je peux dire que en écoutant ton nouveau EP, on reconnait désormais une patte Della Torre.

C’est bien que l’on reconnaisse un style particulier. L’équipe est plus réduite que pour le précédent album, ballades éoliennes. J’ai continué de travailler avec Gregory Beaux (violon, mandoline, chant) et Muriel Gadault (flûte, mélodica, chant, basse, glockenspiel, percussion).

C’est quoi le moteur pour commencer une chanson ?

Sans conteste la musique. Mais, j’aime quand les textes jaillissent sans trop chercher quoi que ce soit. Je les retravaille après. Je n’écris pas souvent parce que j’attends que ça vienne.  Pendant ce temps-là, je me nourris de la vie, de lecture et de musique. Si je n’écris pas souvent des textes dans leur intégralité, je prends beaucoup de notes. Un peu comme je prends des notes musicales.

Par daniel Rouvel 3.jpg

Emmanuel Della Torre avec son "équipe", Muriel Gadault et Greg Bault (par Daniel Rouvel).

Qu’est ce qu’il faut pour bien écrire une chanson ?

Il y a un point de départ, une idée, un lieu, des personnages éventuellement et il y a un moment où il faut en sortir. Il faut à la fois être dans son histoire, mais il faut trouver des angles pour la conclure. Il m’arrive d’aller puiser dans mes notes pour trouver des idées nouvelles. J’aime bien coller une phrase qui, a priori, n’était pas dans le contexte et qui pourtant s’intercale bien.

Comme un puzzle quoi !

Oui, et si on parle de jeu, j’évoquerai le ping-pong. Le ping-pong entre les mots et la musique. Entre le sens et le son. Ce n’est pas évident.

Qui t’a marqué musicalement ?

De manière très originale, je vais citer les Beatles, y compris un type comme Harrison. Sa façon d’appréhender la guitare m’intéresse beaucoup. Si j’aime évidemment beaucoup Mc Cartney, je préfère la sensibilité de Lennon. Plus récemment, il y a des groupes comme Radiohead, Police, ou encore Jeff Buckley, Sting, Dylan, Paul Simon. En français, Lavilliers, Gainsbourg, Bashung, Sheller m’ont beaucoup inspiré.

C’est compliqué de ne pas leur piquer des idées. L’inconscient fait parfois rejaillir des emmanuel della torre, lucide quidam songs, interview, mandormusiques… inspirées.

Quand je finis une chanson, je fais le tri. Si je m’aperçois que mon travail est un peu trop du « copié collé » à cause de quelque chose qui est resté dans un coin de ma mémoire, je ne le conserve pas. À condition de m’en rendre compte.

Quels sont les thèmes de tes chansons ?

La vie, ma vie, le monde, la société. Je retranscris à ma façon des évènements qui ont pu me marquer, mais sous forme poétique et avec légèreté de manière à ne pas être trop ancré à la réalité. Je ne sais pas être trop descriptif et réaliste. J’aime bien les images et les métaphores.

Dans cet EP, tu parles plus de toi-même qu’à l’accoutumée.

Je me suis livré un peu plus, mais ça m’a permis aussi d’évoquer les autres. Il y a des choses que je n’aurai pas pu écrire il y a quelques années… par pudeur.

Tu dis qu’un artiste est  un « transformateur ».

C’est intéressant d’avoir ce recul entre ce que l’on est, son vécu, son enfance et ce qu’on transcrit, même s’il y a beaucoup de soi. Quand je suis en période d’écriture, j’ouvre les antennes. Tout peut devenir source d’inspiration et tout peut être transformé.

emmanuel della torre,lucide quidam songs,interview,mandorTe sens-tu artiste ?

Je me sens artiste depuis longtemps, mais je ne cherche pas forcément à le revendiquer. Pour moi, tout se passe à l’intérieur. Sur la scène, je suis différent de ce que je suis dans la vie. Je prends le micro et je balance tout ce que j’ai. Pas dans la vie. Mais, c’est normal.

Tu es un enfant de la balle.

J’ai un père comédien qui a fait le conservatoire de Paris et qui est un des pionniers de la décentralisation du théâtre et une mère musicienne, élève de la harpiste Lily Laskine. La scène est un terrain de jeu pour moi depuis longtemps. Je trainais dans les coulisses, mais je voyais aussi que les choses n’étaient pas simples. J’ai toujours su que le métier d’artiste était très compliqué à vivre et que l’envers du décor n’était pas toujours d’une beauté absolue.

Où en es-tu dans ta carrière ?

La pire des choses est de faire du surplace. Mon projet avance doucement, mais il avance. Je ne suis pas dupe, à un moment donné, ce sont les autres qui vous font ou vous défont. Mon plus grand regret actuellement, c’est de ne pas plus me faire entendre dans les médias et donc de toucher un éventuel public. Je sais que c’est difficile parce que nous sommes nombreux sur le marché.

DSC05382.JPG

Les commentaires sont fermés.