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29 juin 2012

La Palombe : Interview pour "Les nuits d'une demoiselle"

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Vous ne connaissez pas La Palombe ? Bon, ce n’est pas tout à fait étonnant puisqu’elle ne bénéficie pas encore d’un relais médiatique très important. Cette artiste mérite pourtant qu’on s’intéresse à elle, son travail, le personnage qu’elle s’est inventée. J’ai reçu la jeune femme ce matin, à l’agence. Julia Palombe est spontanée, franche, simple et… séductrice. (Les photos dans le canapé en témoignent…)

Bio officielle :

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julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorInterview :

Au départ, tu te destinais à une longue carrière de danseuse… et tu as pris un jour la décision de chanter. Chanter est un moyen d’expression qui te correspondait mieux.

Chanter c’est drôle, jouissif et libérateur. Et je peux inclure la danse dans les spectacles dans lesquels j'interprète mes chansons. Le corps est aussi un instrument, il faut savoir le manier.

Tout de suite, tu as décidé d’amuser le public et de raconter des histoires sexuelles?

Oui, vraiment dès le départ. La première chanson que j’ai écrite et chantée lors de mon stage de chant racontait l’histoire d’une femme qui faisait l’amour avec un homme dans son appartement et qui se demandait qui était cet homme.

Si on écoute mal tes textes, on pourrait éventuellement classer le fruit de ton travail dans les chansons dites « réalistes » ?

Parce que ça me plait et parce que, dans ma jeunesse, j’ai été transportée par des chansons d’avant. Ma mère écoutait autant France Gall que Brassens et Brel… moi j’adorais aussi les écouter, mais surtout les regarder à la télé. Quand je vois Brel qui chante « Mathilde », je meurs. Comment peut-on chanter ce genre de chanson avec autant de fougue ?

Du coup, tu n’envisages ce métier qu’en donnant tout sur scène. 

Je ne peux pas l’envisager autrement. Quand je vois les chanteurs d’aujourd’hui sur scène, même quand je trouve que c’est intéressant et que le travail est poussé, je me demande souvent pourquoi ils font cette gueule,  pourquoi ils racontent leurs histoires avec si peu d’engouements, pourquoi ils n’ont aucune élégance dans leur mouvement et au final, pourquoi ça me file pas le frisson... tout ça indépendamment des goûts musicaux.

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julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorTu as été danseuse, certes, mais tu as aussi suivi des cours de comédie… ça se sent dans ton spectacle.

J’ai travaillé la comédie avec Jack Waltzer, ça m’a beaucoup apporté, mais je n’ai pas poussé l’expérience plus que ça. Quant à mon travail de danseuse, j’étais à bonne école avec des professeurs qui poussaient le côté théâtral.

Le public qui vient te voir est-il plus composé de femmes, d’hommes ou de couples ?

Ce sont souvent des couples. Ce qu’ils voient les faits marrer... ou les émeut. Pendant une heure et quart, quand tu parles d’amour et que tu pousses le bouchon, à force, ça remue. Parfois, des gens me disent à la fin de mes spectacles : « merci pour cette leçon de vie », « tous les dépressifs devraient venir », « ça devrait être remboursé par la sécurité sociale »... des trucs comme ça. Rien ne me fait plus plaisir.Je veux faire marrer parce que parfois, l’amour est dramatique. Je désamorce le plombage d’ambiance éventuel ainsi. Parfois, on entend moins le message quand on le dit de manière dramatique parce que l’on peut tomber dans un truc hyper émotionnel. Alors, quand j’aborde un sujet grave de manière comique, je peux aller hyper loin. Mon personnage La Palombe, me permet cela. Mon spectacle commence tout en retenue, on pourrait presque se dire que je vais faire un tour de chant « réaliste » et en fait, ça va crescendo.

À la fin, tu es toute nue.

Voilà. (Rires)

Le teaser de son spectacle.

"La check list".

Sur les toits de Paris, Julia Palombe chante "Les dessous élégants" accompagnée par Sergio Leonardi à la guitare, filmés par Bert Vacarisas/ Maïto Prod.

La Palombe reprend la célèbre chanson de Colette Renard "Les nuits d'une demoiselle".

À part de sexe, tu parles de quoi ?

Je parle aussi des sentiments et de différents parcours de vie de femmes. Il y a quelques chansons julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorun peu nostalgiques sur les hommes et sur comment ils étaient avant, sur leur manière de séduire une femme... Il y avait une certaine élégance qu’il y a moins aujourd’hui. En même temps, je n’aime pas dire « c’était mieux avant », ça fait un peu vieux con, je trouve. Je le dis sur scène : quand on pense à ces hommes qui escaladaient des balcons et qui écrivaient des lettres enflammées à leur bien-aimée, qui elles-mêmes, étaient parées de dentelles et de soies. Nous, en 2012, on a rendez-vous n’importe où, en string, et avec un peu de chance, on reçoit deux trois textos.

Regrettes-tu ce temps ?

Pas vraiment. Au jour le jour, je mets des bas, mon homme est élégant et gentleman et ça me convient parfaitement.

Finalement, les hommes dont tu parles dans tes chansons n’ont rien à voir avec le tien.

Ce n’est pas un spectacle autobiographique, même si on met toujours un peu de nous dans les chansons. Bon, je tiens à préciser que je n’écris pas que sur les hommes… je dis aussi beaucoup de choses sur les femmes, je dresse leur portrait et pas mal leur revers, d’ailleurs. J’adore jouer sur scène des rôles de femmes borderline.

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Ton spectacle à l’air impudique. Il ne l’est pas.

On me dit que j’ai une impudeur pudique. Je vais loin dans le caractère de mon personnage, La Palombe. Je vais loin dans la description de ses travers, mais avec pudeur. J’essaie de garder de l’élégance.

Tu parles souvent d’élégance…

J’ai un message pour toutes les femmes : l’élégance et l’humour, ce sont deux armes que je trouve efficaces. Très efficace même. Je les utilise sur scène et dans la vie. Parfois, tout le monde a envie de s’emporter, de s’énerver ou de tomber dans un truc de tristesse. C’est la facilité de prendre ce chemin-là. Rester élégant et plein d’humour en toute circonstance, ça peut sauver plein de choses.

Te caches-tu derrière le personnage de La Palombe?

Je crois que plus on se déguise, plus on se révèle. J’en suis persuadée et je le vois sur scène à chaque fois. Petit à petit, sur scène, j’ai commencé à mettre des accessoires drôles ou inquiétants, puis j’ai construit mon personnage. Je me suis rendu compte que ça révélait le personnage d’autant plus. Mon but, c’est de faire vibrer le public et aussi de faire réagir.

julia palombe,la palombe,interview,les nuits de la palombe,les nuits d'une demoiselle,mandorParle-nous de tes soirées conceptuelles « Les nuits de la Palombe ».

C’est La Palombe qui décide d’inviter ses amis et de créer autour du thème de la sensualité, de la femme, de l’homme, de l’amour et du burlesque. Ces artistes créent leur propre univers dans le mien. J’ai invité un photographe très stylé et avec beaucoup d’énergie dans les photos. J’ai aussi un partenariat un peu privilégié avec la maison Cervin. Sa directrice artistique, Isabelle Bordji, vient aussi pour faire une démonstration du bas et des porte-jarretelles. Elle explique comment ça se porte. J’ai des amies effeuilleuses qui viennent faire leur show avec plumes et strass à gogo. Enfin, il y a aussi une auteure de texte érotique. Il se peut que je donne une régularité à ce rendez-vous à Paris à la rentrée en faisant tourner mes invités.

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(Merci à Flavie Rodriguez, l'attachée de presse de La Palombe, qui a tout fait pour que je n'ai pas l'air "coincé" sur la photo.)

A lire aussi, l'interview très intéressante d'Alexis Boutévillain pour Le Tout'Infos. 

Finissons avec un mini récital dans l'écrin du showroom Le speakeasy de chez Cervin (Paris 18ème), filmé par Claude Vittiglio. Julia Palombe y interprète quelques-unes de ses chansons, entrecoupées de quelques mots directement adressés au spectateur. En accoustique, accompagnée par Sergio Leonardi.

27 juin 2012

Folks : interview pour "French songs" et "1, 2, 3"

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(Photos : Eric Vernazobres)

Le 21 juin au matin, je reçois un mail fort courtois d’un certain François Gauer. Ce jeune artiste se présente et souhaite que j’écoute ce qu’il fait. Il me joint quelques liens. J’obtempère. Je clique. J’écoute. Je fais « houlà ! ». (J’ai réellement fais « houlà » dans ma tête.) Pas de la gnognotte cette chanson française là ! (Analyse de fond).

Le disque peut être écouté sur Soundcloud en intégralité.

Et aussi sur Noomiz.

Pour vous procurer le disque.

J’apprécie la voix, la musique et les textes. Trio gagnant. J’envoie immédiatement une réponse en laissant mon numéro de téléphone. François Gauer m’appelle dans la foulée. Je lui donne rendez-vous l’après-midi même.

Battre le fer…etc.

François Gauer, en fait, il se produit sous le nom de Folks. Un pseudo qui colle à sa musique.

folks-cover.jpgPrésentation du label :

Après un EP et un premier album particulièrement convaincants et personnels, dans un registre de filiation à Elliott Smith et Nick Drake pourtant très prisé, Folks entame un virage artistique en 2012 en composant en français. Les paroles, tour à tour mordantes, poétiques ou intimes, deviennent un atout supplémentaire évident, alors que la musique reste sur les mêmes cimes d'un folk gracieux et sensible, bien mis en valeur par les arrangements.
Nous vous proposons de vous faire une idée de la personnalité de Folks à travers un double CD, réunissant le premier album 1, 2, 3, en anglais, et les nouvelles chansons réunies sur le mini-album French Songs.

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EK5C6849.jpgInterview :

Au départ Folks, c’était un groupe de rock composé de potes lycéens.

Oui, j’ai créé le groupe en 1998, l’année de ma terminale. C’était du rock influencé très Pixies, Nirvana. On jouait nos propres compositions. J’écrivais la plupart des chansons avec Rodolphe Bary. Malgré plusieurs changements de musiciens, on est resté tous les deux jusqu’en 2008. De cette collaboration, il y a eu un EP Seven Ways, dans lequel on sentait bien nos influences de l’époque, tout le rock indé des années 90. En 2008, on a décidé d’arrêter de faire de la musique ensemble.

Ensuite, tu t’es retrouvé tout seul…

Oui, mais j’ai eu de la chance. Je ne suis pas très doué dans les machines, du coup, j’ai cherché un collaborateur pour pouvoir continuer à enregistrer. Par un ami commun, à cette époque, je rencontre Nicolas Boscovic, un réalisateur qui fait de la musique assistée par ordinateur. Je lui file l’EP, puis je ne lui donne plus de nouvelles pendant 3 ans. Je le recontacte et on se voit assez vite. Ca a donné le premier album 1, 2, 3 en 2010.

1, 2, 3, était un disque entièrement chanté en anglais. Pourquoi ce revirement vers des titres interprétés en langue française ?

L’accueil de 1, 2, 3 a été bon de la part des médias, mais les ventes n’ont pas suivi. On a beau avoir eu des papiers magnifiques, ça n’a pas été incitatif à la consommation et ça n’a pas suffi pour trouver un tourneur ou un label. J’avais l’impression d’avoir fait un disque honorable, j’avoue même en avoir été content, alors, j’ai décidé de recommencer, mais en me lançant un défi. Faire un album autrement. Un album qui me permette d’avancer sans avoir besoin d’être en groupe, de répéter régulièrement avec des musiciens. J’avais besoin de me remotiver donc, je me suis lancé dans un projet qui me tenait à cœur. Et écrire en français m’empêche de trop me cacher. Avec l’anglais, on fait moins attention aux textes…

Du coup, tu as fait la même musique, influencée par celle que tu écoutais à forte dose, l’Anglo-saxonne… mais avec des textes en français.EK5C6839.jpg

J’avais l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup d’artistes qui jouaient de la musique comme j’avais l’idée d’en faire. C'est-à-dire, des chansons à la Eliott Smith, Nick Drake, toute cette folk là, mais en français. Je ne voulais pas que ça sonne comme la chanson française que j’entendais, et qui n’est pas du tout ma culture musicale.

Mais, y a-t-il des artistes français que tu aimes bien ?

Bien sûr. J’adore Souchon, mais je n’avais pas envie de sonner comme lui. Quand même, après j’ai fouiné un peu plus dans le répertoire des chanteurs d’aujourd’hui que je ne connaissais pas bien et je me suis rendu compte que je n’avais pas inventé la pluie non plus. Quand j’ai découvert Florent Marchet, par exemple, j’ai été surpris de ne pas être aux antipodes de ce qu’il faisait lui. Un album comme Rio Brasil force le respect, musicalement et textuellement. Il y a aussi Mathieu Boogaerts qui est bluffant. Quand j’écoute un album comme 2000, ça me parle vraiment. Il y a aussi Dominique A. Ce qu’il fait est assez puissant. Voilà en tout cas des artistes dont je me sens proche.

En somme, comme ceux que tu viens de citer, tu fais attention aux sens et aux sons des mots… je crois savoir que tu es fan de littérature. Ça se sent dans tes textes.

Je suis un grand amateur de littérature anglo-saxonne. Ca peut aller de Steinbeck, dont je suis fan absolu à un écrivain qui n’a pas les mêmes lettres de noblesse, Stephen King.  À côté de la musique, j’ai vraiment l’amour de la langue.


Folks - Ta mèche par Folksyou

Tes chansons sont, pour la plupart, mélancoliques.

J’ai toujours préféré les chansons tristes aux chansons « up tempo ». Même une chanson comme « Ta mèche », qui à priori semble une chanson légère, elle ne l’est pas. C’est quand même un père qui dit à son fils qu’il se trompe s’il pense que ça va marcher pour lui, qu’il ne doit pas se faire trop d’illusion sur le sujet.

Es-tu, toi-même, mélancolique dans la vie ?

Je ne crois pas en tout cas être une personne triste. Je ne suis pas Patrick Sébastien et je ne fais pas tourner les serviettes, mais je ne suis pas non plus particulièrement dépressif. Je pense même avoir un brin d’humour, si tu veux savoir.

Tu travailles avec Microcultures, une maison de production participative indépendante qui intègre un modèle de crowdfunding janvier (financement par la foule) dans sa politique de label artisanal et d'accompagnement artistique.

Oui. Et ils ont surtout des artistes anglo-saxons, je crois même être le seul à chanter en français. Dans ce label, ce sont les internautes qui participent au financement du projet. Ils achètent en fait des biens culturels. Ils préachètent le disque, ce qui permet de réunir la somme, mais ils préachètent aussi des places de concert pour venir me voir, ou un concert privé chez eux et ça peut même aller jusqu’à l’écriture d’une chanson personnalisée, ce que j’ai fait à 4 reprises. On a réuni 3500 euros. Ça nous a permis de faire les arrangements, le mastering, le pressage… bref, cette somme nous a bien aidés et je remercie ici tous mes mécènes.

Je crois savoir que tu cherches un tourneur.

Oui et toute personne susceptible de m’aider à faire avancer mon projet. J’aimerai qu’on me donne la possibilité de faire des concerts dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à enregistrer des disques.

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Pour finir, voici son passage à Taratata le 19 janvier 2012.

"To die at 27".

25 juin 2012

Tomislav : interview pour "Avant le départ"

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(Photo : Sand Mulas)

Encore un artiste que j’ai repéré lors du Pic d’Or 2012. Après les lauréats de ce tremplin musical (dans la précédente chronique), j’ai demandé à celui qui a reçu le Pic d’argent (voir sa prestation ici), Tomislav, de venir me rejoindre à « l’agence » pour mieux le connaître. C’était le 20 juin dernier.

Cet auteur-compositeur-interprète m’a intrigué, il fallait que je creuse. Je sentais en lui un truc original, très fort. Un type tourmenté qui fait mine de ne pas l’être. (Regardez la profondeur de son regard dans la photo d'ouverture). Je me suis senti touché par ce garçon. Je n’en connais pas encore les raisons précises.

tomislav,avant le départ,interview,pic d'or 2012,pic d'argentPrésentation de l’artiste :

« Tomislav, français d’origine croate, fait de la chanson Folk en « one man band ». Guitare sanglée, grosse caisse et charley aux pieds, il fait hurler son harmo, de coins de rues en plateaux depuis plus de 5 ans. Il nous fait passer d'une ambiance folk acoustique aux accents pop-bluesy, délicieusement intimiste, à des envolées rock n'roll rugueuses martelées du pied.

Les textes de son album Avant le départ sont rageurs ou tendres. Il évoque les frustrations (James Dean), les amours naissantes ou déçues (J’voulais pas / La nuit), les destinées pas forcément heureuses (Tourner les talons / Avant le départ), des instants fugaces (La fille du train). Le propos sait aussi se faire plus grave et intimiste (Je suis là / Où vont les hommes ?). Que dire de « Y’a pas mort d’homme », coécrit avec Maroine Belmatih, alors détenu, est un témoignage poignant sur la condition carcérale. Poignant. Tomislav est loin de renier ses origines croates, il rend un hommage à sa langue paternelle en reprenant le chant traditionnel Tebi Majko Misli Lete. »

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tomislav,avant le départ,interview,pic d'or 2012,pic d'argentInterview :

Quand on fouine sur les sites de partages de vidéos, je te vois chanter dans plein de contextes différents… tu me donnes l’impression d’être toujours en mouvement.

C’est une des raisons pour lesquelles je fais ce métier. J’ai envie de raconter des choses, j’aime jouer de la musique, mais surtout j’aime rencontrer des gens, des publics et des artistes différents… et voir du pays.

Personnellement, je t’ai découvert au Pic d’or 2012 à Tarbes, mais avant cela, dans un pub de la ville, pour un set acoustique. Je n’étais pas très attentif ce soir-là, mais en te regardant, je me disais que tu dégageais un truc assez fort… très charismatique. Je me suis dit que derrière ce sourire se cachaient beaucoup de choses.

Moi, je suis heureux dans ma vie, du début à aujourd’hui, après, comme plein de vies, il y a des coups à encaisser. Je suis d’origine croate et depuis tout petit, toute ma famille et moi, on a toujours eu le cul entre deux chaises, entre deux vies, deux origines…

Quand tu te rendais en Croatie, en vacances, c’était la guerre.

Oui, j’ai vécu ça. C’était saisissant et tragique. J’ai vu l’ONU partout,  les militaires croates étaient présents, les avions de chasse, les coupures d’électricité, les couvre-feux entre 20h et 7h du matin. Plus petit, en Yougoslavie, j’ai vécu les pénuries de lait. Ca posait des problèmes pour les plus petits. On ne peut pas dire que j’ai souffert, mais beaucoup d’évènements durs m’ont marqué. Indépendamment de ça et de mes origines, j’ai un côté éponge et je suis constamment dans l’empathie. Un peu comme quand tu écoutes une chanson qui te rend triste et que tu es heureux d’être triste. Ce n’est pas malsain, mais c’est une émotion qui te remplit tellement que tu trouves ça beau.

" Tourner les talons ". Images : A.Courty / T.Cadet / S.Mulas

Pourquoi être retourné en Croatie pendant les conflits ? Ce n’est pas anodin.

Parce qu’un proche de mon père était gravement malade. Il vivait ses derniers jours, donc il fallait y aller. Au départ, mon père penser s'y rendre tout seul, mais toute la famille voulait y aller avec lui. La guerre ayant commencé, ça faisait 4 ans que nous n’y étions pas allés. Etant habitués depuis tout le temps à des allers-retours là-bas, on avait tous un certain mal du pays. C’est amusant, parce que lorsque nous sommes là-bas,  nous avons le mal de la France.

As-tu eu peur là-bas ?

Franchement, j’étais trop jeune pour avoir conscience des dangers. Mes parents n’étaient pas trop rassurés parce que la ligne de front était à une quinzaine de kilomètres de là où nous étions. J’avais un cousin qui allait se battre tous les jours et qui revenait chaque soir. C’était une ambiance très particulière.

Toi,  à cette époque, tu écoutais beaucoup de musique. Tu étais déjà dans ce monde-là.

Énormément. J’écoutais comme un fou des groupes comme Les Négresses Vertes ou les Clash. Quand j’étais môme, quand j’écoutais leurs chansons, en même temps, je me faisais des vidéoclips dans ma tête.

Maintenant quetu fais ta musique, tu fais ça toi-même. Tu es maître de ton monde.

(Rires). J’ai commencé la musique en me disant que j’allais écrire aussi. J’ai créé de nombreux groupes avant de me lancer en solo, mais jamais je n’ai fait de groupe de reprises. Dieu sait que mes premières chansons n’étaient pas bonnes, mais au moins, elles étaient originales et on les jouait quand même.

C’est toujours toi qui étais la pierre angulaire de ces groupes ?

Oui, parce que j’étais guitariste-chanteur et parce que j’écrivais les morceaux.

Les Talents Acoustic 2011 avec Tomislav : "Comme une balle".

Pour en revenir à tes 5 frères et sœurs… vous avez dû baigner dans une culture musicale assez intense ?

Oui. Là d’où je viens en Croatie, il y a beaucoup de groupes polyphoniques. Ils chantent des complaintes, des ritournelles qui parlent de marins, de la Terre, de partir… c’est leur culture, plus tu vas à l’est plus les gens sont partis à l’ouest. Mon père nous faisait chanter tous les 6 quand on était môme. Dès qu’il y avait une fête familiale, tout le monde chantait. Les premiers sons de musique que j’ai entendus dans ma vie, c’était des musiques de là-bas. Tu sais, dans ses jeunes années, mon père a accompagné un chanteur croate exilé. Il a beaucoup tourné en Europe pour la communauté croate. Je me souviens aussi, que, lorsque mon père rentrait du boulot, il prenait tout le temps sa gratte.

Que pense ta famille de ton cheminement artistique ?

Ils sont vraiment derrière moi. C’est drôle parce qu’avec mes précédents projets musicaux, je n’avais jamais vraiment convaincu les membres de ma famille, alors qu’avec ce disque, si. Mon frangin est super derrière moi, il me motive comme jamais et me trouve même des concerts. Avec ma frangine, j’ai carrément co-écrit des textes… je pense qu’ils se sont reconnus dans certains textes. Dans un premier temps, ça m’a gêné et aujourd’hui je trouve ça génial parce que j’entraîne ceux que j’aime dans mon sillon.

Livesquat chez Vaea. Tomislav chante "Le temps est à la fête".

As-tu un sentiment de fierté d’avoir, de voir, enfin ton disque en « physique ». Ce doit être émouvant après tant d’années de travail ?

Ma famille, ma compagne, mes amis, Christelle, ma manageuse, ça les rassure un peu. Je sens plus de fierté de leur part que j’en ai personnellement. L’objet matériel, pour les gens qui sont de l’extérieur, concrétise le fait que je sois chanteur. Alors que pour moi, c’est concret depuis le départ. La matérialisation physique de l’objet, ce n’est qu’une étape. Alors, je suis content parce qu’en terme de parcours, c’est un jalon posé. Mais, je n’arrive pas à dire le mot « fierté ». Je n’y arrive pas.

Ce premier disque solo, justement, tu as mis plus de 5 ans à la concevoir…

C’était long et laborieux à tout mettre en place et à enregistrer. J’étais content quand il est enfin sorti.  Aujourd’hui, je suis ravi de ce disque, parce qu’il met un terme à une période de 5 ans où j’ai trimé comme un fou, ou j’ai essayé plein de choses… et en même temps, il me permet d’envisager les années qui viennent.

Comment appelles-tu ton style musical ?

Je trouve que me coller moi-même une étiquette est extrêmement compliqué. Il faut à la fois qu’elle puisse te raccrocher à autre chose et en même temps te démarquer du reste. Pour l’instant, je parle de folk blues francophone. J’ai choisi le mot « francophone » plutôt que « français » parce que je ne pense pas être dans la filiation de  la chanson française, même si j’en écoute. Dès qu’on dit « chanson française », on te rattache à une sorte de lignée dans laquelle je ne suis pas. Moi, j’écoute énormément de sons anglo-saxons, comme Springsteen, Neil Young, ou plus récemment, John Butler. Mais, je me retrouve aussi dans des groupes comme les Belges d’Été 67 ou les Québécois de Karkwa. Mais moi, vraiment, je tiens à cette riche et belle langue française, donc « francophone » est le terme approprié.

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(Photo : Sand Mulas)

Je vais revenir sur le fait que tu fais tout toi-même, que tu apparais sur scène comme un « homme orchestre ». Est-ce que jouer tous les instruments seul n’empêche pas de rentrer complètement dans ses chansons ?

C’est le point vers lequel tu te heurtes au départ. Quand j’ai commencé, il y avait un côté spectaculaire à le faire, et bêtement, je ne misais que là-dessus. Il y avait une partie de mon corps qui était mobilisé d’une certaine façon et juste l’autre partie que je pouvais donner au public. J’étais une espèce d’exécutant et j’ai mis un peu de temps pour comprendre qu’il fallait que j’interprète mes chansons, que je les vive. J’ai donc beaucoup réfléchi là-dessus en travaillant tout l’aspect technique. En faisant en sorte qu’il soit totalement intégré pour ne plus y penser. Il n’en reste pas moins que de jouer avec des musiciens, c’est tout à fait différent.

Au fond, tu préfères quoi ?

Je suis tenté de te répondre, les deux. Quand on maîtrise tout de A à Z, il y a un côté défouloir, un côté très physique et quand tu as fini tu es vidé, tu es lavé. Cela étant quand je suis juste debout devant mon micro avec des musiciens, je suis vidé aussi, mais pas de la même manière. Avec mes musiciens, on arrive à mettre plus de relief à ma musique. La Sainte Trinité du trio, je suis fan… donc, oui, au fond, je préfère cette version-là de la possibilité de présenter mes chansons au public.

Être seul sur scène, c’est aussi une raison économique.

Évidemment. Dans le cadre d’un artiste en développement comme moi, le fait d’être « solo », cela permet d’aller partout plus facilement et de pouvoir faire ton chemin. C’est beaucoup plus compliqué avec une machine un peu plus grosse.

Ce qui me fascine quand je te vois sur scène, c’est que tu parviens à créer des émotions contrastées selon les titres que tu joues. C’est le propre d’un artiste, je le sais, mais chez toi, c’est flagrant. Au Pic d’Or, par exemple, ta chanson « Je suis là » nous a tous sciés. On ne s’attendait pas à un tel choc. Cette façon de raconter la guerre sans vraiment la raconter… bravo !

Quand je crée une chanson, je commence toujours par la musique. Elle fait naître une image, un climat, une ambiance, je la tourne et je la retourne encore beaucoup et au bout d’un moment, il y a une phrase qui sort inévitablement. Pour cette chanson, ce procédé m’a amené sur une thématique épineuse. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse gaffe à ce que je raconte. Je ne voulais pas faire une chanson démago qui dise : la guerre, c’est pas bien.

Au Pic d'Or : "Je suis là".

Donc, tu as choisi de faire parler un Casque bleu qui ne peut que décrire ce qu’il voit et ressent.

J’aime bien partir d’un point de tension. C’est ce que je trouve intéressant dans toute expression artistique, que ce soit un livre, un film ou une chanson… qu’il y ait une tension au départ. Un Casque bleu, dans un conflit, il est en plein milieu de la tension et il ne prend pourtant  part à rien. Il est un soldat de la paix. Il est armé, mais ne peut rien faire alors que son âme, sa personnalité, son caractère lui dicteraient d’agir de telle ou telle autre façon. J’ai trouvé que c’était l’angle idéal de me servir à la fois de sa frustration et de son recul  pour aborder un sujet comme celui-là.

Malgré les chansons « légères » qui parlent d’amour, parfois de manières très sensuelles, souvent, tout ce que tu racontes est quand même grave. Malgré tes musiques enjouées, vraiment, on devine un homme intérieurement assez noir.

J’aime bien les contrastes, j’aime bien quand ça frotte, quand ça accroche. J’aime bien raconter des histoires pas drôles sur des musiques qui donnent la pêche.

On traîne tous des casseroles, je t’assure que les tiennent ressortent dans ton album.

C’est génial, parce que c’est ça de moins à porter. Lors d’un concert, ce que j’aime bien en tant que spectateur, c’est prendre dans la tronche des émotions très variées. J’aime me marrer, être ému aux larmes, ressentir une colère qui monte, un truc super énergique, la frustration… j’aime bien quand tout ça est distillé parce que pour moi, un concert c’est un moment de vie, et la vie, c’est tout ça mélangé. Moi, je veux provoquer ça dans mon disque ou dans mes concerts.

Dans tes textes, tu évoques les voyages. Les voyages extérieurs, les vrais, et les voyages intérieurs, ceux des méandres compliqués du cerveau. Dans tes chansons, il n’y a rien ni personne de manichéen.

À mesure que le temps passe, tout devient différentes nuances de gris. Plus rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. Tu apprends ça à mesure du temps qui passe.

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(Photo : Sand Mulas)

Artistiquement, tu te diriges dans quelle direction à présent ?

Je vais défendre cet album en tournée au maximum encore pendant 2 ans. Mais ça fait 5 ans que je suis en solo. Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de travailler avec d’autres. Parallèlement à ma carrière perso, je travaille avec une conteuse, Sandrine Mulas (également photographe et réalisatrice video), pour monter un spectacle de conte musical tiré d’un bouquin, « Les contes traditionnels de Croatie ».

N’as-tu pas peur qu’avec ce genre de projet, tu sois catalogué comme le chanteur croate qui chante en français et qui défend son pays ?

C’est un risque, mais je veux bien l’assumer parce que dans ce travail il n’y aucune revendication politique ou identitaire. Je me sens Français, et je suis Français. Mais ma culture musicale croate m’a construit artistiquement autant que les Clash ou Bruce Springsteen ou encore les Innocents. J’ai d’autres projets, mais il est trop tôt pour que je puisse encore t’en parler. Durer, c’est lancer plein de lignes et attraper plein de poissons différents.

Songes-tu déjà à ton nouvel album ?

J’y pense déjà, et mine de rien, j’y travaille déjà. Un cheminement se fait, en tout cas. Moi, je ne peux pas écrire un album en 6 mois. Il me faut du temps. Je veux arriver avec une trentaine de chansons, comme pour celui-là, et n’en garder que la substantifique moelle.

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23 juin 2012

Scotch et Sofa : interview pour "Par petits bouts"

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(Photo: Lisa Roze, Odile Subra: maquillage, Fred Barat coiffure, Olivia Bidou: stylisme.)

scotch et sofa,par petits bouts,interview,pic d'or 2012; mandor,chloé monin,romain preussÉvidemment, j’avais remarqué et bien gardé dans mon esprit ce duo magnifique qu’est Scotch et Sofa. Je n’irai pas dans la facilité en disant que j’ai été « scotché » en écoutant leur disque, Par petits bouts, pour la première fois, mais c’était pourtant la pure réalité. Difficile de ne pas tomber sous le charme de leur musique et de la voix envoutante de la chanteuse. La possibilité d’une future mandorisation était bien ancrée en moi. Puis, ma participation en tant que juré du Pic d’Or a finalement accéléré les choses. Ils se sont présentés à ce tremplin et l’ont gagné haut la main (voir leur prestation filmée, ici). Du coup, j’ai fait brièvement leur connaissance là-bas. Eux et moi étions bien occupés, donc, nous nous sommes promis de nous revoir à Paris. C’est donc avec plaisir que j’ai accueilli Scotch et Sofa sur mon sofa à « moi » (qui n’est en fait qu’un simple canapé), le 18 juin dernier.

scotch et sofa,par petits bouts,interview,pic d'or 2012; mandor,chloé monin,romain preussBiographie de Scotch et Sofa (tirée du site RFI Musique) :

Chloé Monin, alias Sofa, chanteuse, et Romain Preuss, alias Scotch, guitariste et beatboxer. Deux mordus de jazz, rencontrés au sein de Jam, l’une des écoles réputées du genre à Montpellier.

Chloé est partagée entre sa future carrière dans le corps professoral et sa volonté de se "lancer" en groupe. Romain, guitariste autodidacte, revient d’Angleterre où il s’est enivré de soul, rythm'n'blues et jazz, et a développé sa technique de "finger-picking" sur une guitare à huit cordes rarissime, si caractéristique du style bien affiché de Scotch & Sofa.

Le duo se distingue par une couleur jazz, une vraie liberté formelle et un chant pastel parfaitement maîtrisé. Publics et professionnels ne s’y trompent pas : les Musik’elles de Meaux en 2006, les Francofolies de la Rochelle en 2007 et nombre de grandes scènes et de premières parties jalonnent le parcours du groupe.

Sur disque, l’univers dépouillé de Scotch & Sofa s’étoffe un peu, mais l’essentiel est là : le très beau timbre cotonneux de Chloé, l’étonnant sens des espaces de Romain, et des textes faussement simplistes et ciselés à merveille.

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Interview :

Quand on commence à se faire connaître, la difficulté première est-elle de continuer à tenter d’acquérir un public plus nombreux ?

Romain : Nous, on a l’impression que ça va à une allure modérée et humaine. Ce qu’il se passe autour de nous est super bon signe et ça reste agréable à vivre. Là, on vient de faire le premier disque, donc inévitablement, on pense à la suite. Pour être clair, on pense déjà au deuxième album.

Cela étant, ça fait 7 ans que vous existez et ce que vous récoltez en ce moment ne vous tombe pas dessus du jour au lendemain. Il y a beaucoup de travail. Votre album est sorti il y a deux mois et tout le monde parle de vous… comment prenez-vous la chose ?

Chloé : Je prends tout comme des cadeaux. C’est super agréable, parce que, justement, rien n’est arrivé du jour au lendemain. Comme dit Romain, ça arrive lentement, mais sûrement. Que l’album plaise, que nous passions de plus en plus à la radio, que nous remportions des tremplins, on le prend comme un bonus, mais je t’assure que l’on garde les pieds bien sur terre.

Romain : Moi, la seule réflexion que je me fais, c’est que c’est bien que notre musique parvienne à des gens. C’est ce qu’il y a de plus important.

Chloé : Romain a raison. Nous on fait de la musique et des gens peuvent la découvrir. Si notre progression est douce et  lente, on sent que le bouche à oreille fonctionne. Le clip de "Ça se", avec la participation du chanteur Ours y est pour beaucoup...

Vous faites des shows cases dans pas mal d’endroits, de vrais concerts aussi… vous êtes en permanence en activité.

Chloé : Oui, il y a même des scènes qu’on n’avait pas particulièrement envie de faire qui nous ont finalement fait passer presque un meilleur moment que dans une grosse scène dont on attendait beaucoup et ou il ne s’est finalement pas passé grand-chose.

Romain : Pour ma part, j’ai plus peur sur une petite scène que sur une grosse.

Chloé : Quand on arrive sur un Zénith, on peut penser que c’est plus impressionnant, mais quand on est sur scène, nous on voit une masse, pas des individus bien déterminés. Donc, c’est moins impressionnant que de jouer devant une soixantaine de personnes dont on voit tous les regards portés vers soi. C’est plus intimidant.

Romain : Il faut dire que quand nous sommes amenés à jouer devant autant de gens, on est souvent dans une situation d’outsiders puisque , pour le moment, c’est dans le cadre de premières parties. On n’a pas la même pression que les têtes d’affiche. Les gens n’achètent pas les billets pour voir Scotch et Sofa, ils ont juste l’occasion de nous découvrir…

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En même temps, il ne faut pas décevoir les spectateurs présents.

Chloé : C’est un challenge et on se donne toujours à fond sur ces scènes-là. On prend ces moments très au sérieux. On a toujours l’intention de se mettre le public dans la poche.

Romain : Comme nous ne sommes que deux, on ne peut pas se permettre de jouer à l’économie. Faut y aller !

Vous êtes fatigués à la fin d’un concert ?

Romain : Moi, je suis très très fatigué.

Chloé : Oui, moi aussi, mais ce sont deux fatigues différentes. Romain, c’est très physique ce qu’il fait sur scène. Quand il fait du beat box, il dépense beaucoup d’énergie, au point de souffrir parfois. Moi, ça me prend peut-être moins d’énergie, mais j’ai l’impression que ça me lessive complètement. Je me sens tellement investie par ce qui est raconté que je puise dedans. A la fin d’un concert, j’ai envie d’aller me coucher.  C’est d’ailleurs ce que je fais tout le temps.

En concert, êtes-vous très réceptif aux réactions et attitudes du public ?

Romain : Chloé est beaucoup plus une éponge que moi.

Chloé : Comme je leur raconte une histoire, je suis sensible à comment ils vont la recueillir. Par contre, je ne vais être sensible qu’en positif. Je refuse de me laisser envahir par le négatif quand je suis sur scène.

Extrait du concert du duo Scotch & Sofa dans un appart privé du quartier Gambetta à Montpellier à l'occasion de la sortie de leur album "Par petits bouts". Organisé et filmé par l'association Gumguts.

J’ai une image de vous deux comme des personnes assez secrètes et peu démonstratives quand le concert est terminé.

Chloé : Après le concert, je vais plus vers les gens que Romain.

Romain : Sans aucun dédain, c’est vrai que j’ai tendance à ne pas aller vers les gens. C’est plus de la timidité.

Chloé : Quand je suis sur scène, je suis dans une bulle, alors, c’est vrai que quand c’est fini, crever la bulle, c’est parfois un peu violent. Je prends les concerts un peu comme une mission. J’ai la mission que cette musique se diffuse, du coup, quand on finit le concert, je me dis, « ça ne s’arrête pas là ! ». J’aime beaucoup aller voir les gens, avoir leur retour. Je constate à quel point les gens sont contents d’échanger avec nous, pas uniquement musicalement, mais aussi humainement.

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Tout à l’heure, Chloé, tu me parlais de l’investissement que tu mettais en interprétant les textes… ils sont tous signés Céline Righi. C’est facile de rentrer dans l’univers des mots de quelqu’un d’autre ?

Chloé : Au début, la question ne se posait pas parce que ni Romain, ni moi n’écrivions. On est parti à la recherche d’un auteur. On a rencontré aucune autre personne avec qui ça a fonctionné aussi bien qu’avec Céline. Elle est très talentueuse et a su parfaitement comprendre où nous voulions aller. Après, pour notre indépendance, il serait bien que nous jouions sur nos propres textes. C’est quelque chose qui est en train de se mettre en place doucement.

Romain : Je précise que c’est loin d’être du dépit que de travailler avec Céline.

Chloé : Cette rencontre est même presque magique, parce qu’effectivement les gens me disent souvent qu’ils sont persuadés que c’est moi qui ai écrit les paroles.

Il y a des textes qui datent de quelques années. Certains de 6 ans. Il faut pouvoir continuer à les assumer, non ?

Chloé : Le comble, c’est que je pense que je ne les ai jamais autant assumés qu’aujourd’hui.

Avez-vous une forme de lassitude de chanter ces mêmes chansons sur scène ?

Chloé : Non parce qu’elles évoluent perpétuellement. Elles prennent des formes différentes. Pas uniquement au niveau des arrangements, mais aussi de l’instrumentation. « La trouille » et « Ca ce », c’était vraiment deux chansons différentes il y a quelques années. À chaque fois, j’ai l’impression que c’est une nouvelle histoire que l’on raconte.

Romain : Ça me plait encore beaucoup de jouer ces chansons. Je ne sens jamais un poids à interpréter tel ou tel titre. On est même très enthousiaste.

Votre style, c’est de la chanson française, jazz, lounge… etc. Indéterminé finalement ?

Romain : Je n’ai aucun problème à dire que c’est de la chanson française. Mais, elle n’est pas traditionnelle.

Oui, ça tient de votre parcours... Vous vous êtes rencontrés à Montpellier dans une école de jazz. Et le jazz, on en entend un peu par exemple.

Chloé : Ma formation musicale de base est le classique. J’ai commencé à l’âge de 6 ans, j’ai bifurqué vers le jazz bien plus tard. C’était juste un prétexte, pour lâcher le classique, pour lâcher la partition et être un peu plus libre. Après, je n’aurai pas la prétention de dire que j’ai une formation jazz.

Romain : Même en écoutant objectivement nos chansons, je ne trouve pas trop d’ancrage du jazz.

Chloé : Moi, parfois, les gens me disent par exemple qu’on entend un peu ça dans mon grain de voix.

Romain : Personnellement, musicalement et en terme d’écriture de chanson, j’aurais plus tendance à aller du côté de la pop.

Chloé : Je suis d’accord avec Romain. J’ai envie qu’on avance et qu’on ne fasse pas la même chose qu’il y a 6 ans. Je lui fais entièrement confiance pour savoir quel chemin prendre pour nous permettre de nous renouveler et évoluer. 

Chloé, ta voix dans un répertoire plus rapide, plus pop… tu t’en sens capable ?

Chloé : Je me pose la question. Mais justement, j’aime ce genre de gageure. Je pense que ça ne sera pas évident pour moi, mais que ça peut le faire.

Sur le titre Visite des Recoins, Oxmo Puccino signe un excellent featuring, sensuel et lent. Mazette Puccino !

Romain : Nous l’avons sollicité il y a longtemps pour avoir son accord de principe, et ça s’est fait assez naturellement. 3 ans plus tard, on lui demande si ça tient toujours et il confirme très gentiment. Le résultat est excellent.

Vous êtes un peu des enfants du chantier des Francos, non ?

Chloé : Oui, ils nous encouragent depuis nos débuts et nous suivent, nous encouragent, nous accompagnent comme des parrains… comme notre album vient de sortir, ils nous ont proposé de faire la première partie de Laurent Voulzy, le dernier jour des Francofolies de La Rochelle 2012.

J’ai l’impression que depuis que ce disque existe, beaucoup de monde souhaite vous prendre sous leurs ailes.

Romain : C’est une question de moment. On est déjà un vieux jeune groupe. On n’est pas en « feu vert » depuis le début. Il y a eu des creux et des bosses. Je suppose qu’il y a des moments ou le propos, l’âge qu’on a et ce que l’on raconte sont un peu alignés. Du coup, ça crée cette dynamique un peu homogène autour.

Chloé : Peut-être aussi que ce que l’on joue correspond à ce que les gens ont envie d’entendre en ce moment. J’ai cette croyance-là.

Je sais qu’en ce moment, vous ne seriez pas contre le fait de trouver un label.

Chloé : Oui, nous allons faire en sorte d’avoir de nouvelles chansons qui pourraient éventuellement être diffusées en radio. Comme nous sommes indépendants, si un label souhaite investir sur nous dans quelques mois, effectivement, ce serait vraiment bien.

C’est quoi pour vous un artiste ? Quelqu’un qui fait rêver ? Quelqu’un qui doit faire réfléchir ?

Romain : Pour moi, déjà, c’est quelqu’un qui est habité. Quelqu’un qui est complètement habité par son propos, quel que soit le mode d’expression.

Chloé : Pour moi, c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire, quelque chose à partager et qui le fera par conviction.

Mais est-ce que vous sentez l’utilité qu’a un artiste pour le public?

Chloé : J’ai toujours peur d’entamer un discours pompeux, mais je trouve que l’on donne un bout de rêve aux gens. Ceux qui ont passé toute leur semaine à trimer au travail et qui vont au concert le samedi soir pour un instant d’évasion, je trouve ça magique. Quand ils viennent nous voir en disant qu’ils ont tout oublié de ce qu’il se passe de négatif dans leur vie, qu’ils étaient juste avec nous, à ce que nous racontions, qu’ils étaient pris par l’émotion et qu’ils nous remercient… je me dis que, vraiment, je ne fais pas ce métier pour rien.

Je me pose toujours cette question… c’est dur parfois d’appartenir à un duo ?

Chloé : (En riant) Ah ! Ce n’est pas simple tous les jours. Mais Romain est une des personnes qui m’a fait le plus fait avancer.

Romain : Je trouve ça bien qu’on ne regarde pas toujours dans la même direction, qu’on ne soit pas toujours d’accord, qu’on n’entende pas toujours la même chose. On essaie de se respecter et de s’entendre. 

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20 juin 2012

Chloé Laum : Interview pour "40 degrés nord"

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Lors du Pic d’Or 2012, j’ai profité de ma condition de membre du jury  pour repérer les artistes qui m’intéressaient (en vue d’éventuelles mandorisations). Et j’en ai trouvé. Plus que je ne l’espérais (je vous ai dit que c’était un sacré bon cru ?).

Après Pierre Donoré, voici Chloé Laum (avant de retrouver Scotch et Sofa, Pic d’or 2012 et Tomislav, Pic d’argent 2012, déjà enregistrés). Elle est venue à l'agence le 14 juin dernier.

D’autres les succèderont…

En « enquêtant » sur Chloé Laum (et surtout sur son disque), je suis tombé sur un article d’un de mes éminents confrères spécialisé dans la chanson française, Michel Kemper, qui dit tout (et mieux que je ne l’aurais fait). Cet article, les vidéos et mon interview vous inciteront, je l’espère vivement, à vous pencher sur l’œuvre de cette jeune femme aussi dynamique que pétrie de talent.

chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandor« Que doit-on le plus louer en ce disque ? L’élégant digipack ou la superbe (le mot ne suffit pas pour qualifier un tel objet) version livre-disque collector, l’étonnante qualité du son… Ou simplement ce qu’est et ce que chante cette parfaite inconnue qu’est Chloé Laum, chanteuse dont c’est le premier album et dont on ne sait rien. Si ce n’est sa passion du son, des notes et de la langue française, ses artistes tutélaires que sont Brel, Ferré, Reggiani, Angélique Ionatos, Bach, Keith Jarret et quelques autres. Dont on trouve les soupçons, les traces, en cet assez remarquable opus. Il y a dans cet album « l’ambition, le goût des autres, des détours, des chemins de traverse et des musiques d’ailleurs ; le désir de rendre hommage à cette Méditerranée qu’elle admire, à son humanité et son universalité. » C’est une heureuse, une chaleureuse surprise que cette Chloé Laum, une voix fiévreuse et chaude, un sens de la perfection poussé très loin. Et, effectivement, un art assez indéfinissable qui emprunte à diverses rives de part et d’autre du 40°N et fait singulière collection d’émotions, en les partageant, en les offrant à qui sait écouter. Émotions, oui, tant c’est le moteur de cette dame, le justificatif, la raison sociale de ce disque pas tout à fait comme les autres. Chapeau ! »

Michel Kemper.

Teaser de l'album 40 degrés nord.

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chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandorInterview :

Tu arrives et tu proposes directement un disque sublime dans un packaging qui l’est tout autant… c’est un livre-disque en fait.

C’est quand même un projet un peu fou de faire de la musique. Quitte à entreprendre les choses, autant y aller à fond, en essayant de se dire que ça va déboucher sur quelque chose. Je me suis demandé comment faire pour se différencier. Envoyer un boitier cristal à tout le monde… j’étais à peu près sûre que ça ne servait à rien. J’ai fait un disque dans lequel je suis allé jusqu’au bout artistiquement de ce que j’étais capable de faire à ce moment-là. J’ai conçu un objet qui donne envie aux gens d’acheter, d’aller dans la découverte de ce que je peux proposer. Il se trouve que j’ai un frère qui est éditeur de livre depuis une dizaine d’années. Un puriste amoureux de l’objet livre, qui en édite, principalement de sciences humaines, des livres assez pointus. Je lui ai demandé de mutualiser nos forces et il a été d’accord pour fabriquer l’objet.

C’est une grande force d’être bien entouré…

Oui, être entouré de gens qui ont du talent, qui bougent et qui ont des projets et une sacrée chance et un gros atout.

Si on ne te connaissait pas, tu n’es pas pour autant une débutante. Tu as même une formation musicale conséquente.

De 5 ans à 15 ans, j’étais au conservatoire, donc la musique n’est pas totalement étrangère à ma formation. Par contre, après, je n’ai pas fait d’étude musicale, je suis partie dans un développement assez classique de mon milieu social d’intellectuels de gauche. J’ai fait des études littéraires, ensuite science-po.

"A mes Aînés" (issu de l'album 40°N) - Version Live - La Dame de Canton à Paris - Mars 2012. Réalisation: Eyes Wild Shot. Chloé Laum, Clarisse Catarino (Accordéon), Martial Bort (Guitare éléctrique), Julien coulon (Guitare), Benoît Laur (Batterie), et Xavier Nikci (Basse).

J’ai senti dans tes textes que tu es quelqu’un de lettré. De par ton écriture et de certaineschloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandor références que tu cites.

S’il y a bien un privilège que j’ai eu pendant mon enfance, au-delà de l’argent, c’est bien d’avoir pu accéder à la culture au sens large. C’est une espèce d’ouverture sur le monde et un questionnement permanent. Mes frères, mes sœurs et moi, on a grandi dans cet univers-là.

Il était donc pour toi hors de question d’écrire de simples « chansonnettes ».

Je me disais qu’en tant qu’interprète, je ne pouvais faire autrement que de dire des choses.

Dans « Mes aînés », tu cites Aragon et Neruda… Comme tu y vas ! Tu ne fais pas tout pour acquérir un large public !

Le public qui achète de la musique au sens large, il s’est considérablement réduit. Les gens qui seraient intéressés par mon projet sont plus dans la catégorie de ceux qui achètent de la musique, qui ne se demandent pas s’ils téléchargent ou pas et qui ne rechignent pas à aller aux concerts. Ce sont des gens qui comprennent que c’est comme ça qu’on sauvera la création musicale.

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Dans 40 degrés Nord, tu nous emmènes, je te cite, « dans des Terres où hommes et femmes, depuis que le monde est monde, ont trouvé en musique la manière de rendre les émotions éternelles ». Si j’en juge la musique, ce sont des Terres d’Europe du sud, non ?

Oui, je me suis inspirée de la musique qui va du Portugal jusqu'au Balkan et au Caucase presque. On retrouve des influences du fado portugais, du flamenco ou de la musique orientale…

Tu as voyagé dans ces pays-là ?

Oui, et ce sont des musiques que j’ai écoutées depuis toute petite. Les harmonies sont très particulières et on sent tout de suite qu’on est dans un mélange entre quelque chose qui est très nostalgique et en même temps quelque chose de très passionné, dure et pleine d’énergie ! La difficulté pour moi a été de faire sonner des mots français sur cette musique spécifique. C’était même un petit défi.

"BORDERLINE". Captation à la Dame de Canton en juillet 2011. Avec Julien Coulon à la guitare, Clarisse Catarino à l'accordéon, Xavier Nikci à la contrebasse et Benoît Laur aux percussions... Let's swing...

Tu as fait attention au sens et au son. (En exagérant) Une double difficulté qui fait de toi une guerrière de la chanson française, en somme !

(Rires) Oh, ça me plait bien ça ! Bon, je suis consciente qu’il y a des imperfections dans le disque, mais je pense qu’en un an, j’ai muri, notamment dans la partie « chanteuse » et comportement scénique. Je sais que j’ai encore plein de choses à apprendre et je suis vraiment dans une dynamique de progression.

Il y a un charme suranné dans ton écriture… c’est rare.

Ma chanson préférée de tous les temps, c’est « La mémoire et la mer » de Léo Ferré. Elle a côté éternel, intemporel. J’adorais la manière dont ces artistes-là faisaient passer les émotions à travers leurs mots et aussi à travers la façon dont ils les dictaient. Ferré, Brel, Ferrat, Reggiani, quand je les écoute, ça me fait un effet différent que quand j’écoute les artistes contemporains de ces 30 dernières années. Il y a eu un moment de grâce dans la chanson française de ces chanteurs-là. Ce sont un peu mes maîtres. Ils m’ont beaucoup influencé. Dans mon écriture, il y a donc une forme de nostalgie, mais qui vient aussi de ce que je suis intrinsèquement.

La chanson préférée de Chloé Laum. "La mémoire et la mer" de Léo Ferré.

chloé laum,40 degrés nord,interview,pic d'or 2012,mandorTu emploies les mots « désenchantés », « désabusés » dans « A mes aînés ». Tu as l’impression de l’être ?

J’ai le sentiment d’avoir des opinions, d’être engagée, d’avoir des choses à dire, mais ce qui me désespère, c’est de n’avoir aucune solution à proposer. C’est ce qui fait que je ne m’engagerai jamais politiquement. J’ai un état d’esprit de gauche, mais parfois, je vais voter en me disant que je n’y crois pas une seconde. C’est une forme de désenchantement parce qu’on fait le constat que l’on n’est pas axé sur l’humain, mais pour autant, personne n’a de solution à proposer. Personne.

Mais, au fond, faut-il proposer des solutions dans les chansons ?

Pas du tout, d’ailleurs, je n’en propose pas. Mais, justement, mon côté désabusé vient de là. C’est paradoxale, je sais, mais du coup, je ne fais que décrire.  Il y a des gens qui tentent d’agir, qui sont dans l’humanitaire, qui s’engagent physiquement… et moi je chante.

C’est très important, l’acte de divertir les gens, de tenter juste d’éveiller les consciences par les mots et la musique.

Oui, tu as raison. C’est un autre rôle social.

Tu es devenue entrepreneuse pour sortir ce disque. Tu as un peu tout largué pour ce projet.

J’ai même mis des sous. J’essaye de partir dans plein de ramifications différentes pour essayer,  à terme, de vivre de la musique d’une façon ou d’une autre. Le propos n’est pas de « devenir une star », mais je veux juste pouvoir vivre de la musique.

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Il y a des formules, comme dans « Madame conscience » : « A trop voir le monde tel qu’il est, il faut s’attendre à tomber sur soi ». J’adore.

S’il y a une chose dont je suis fière et que je ne m’attendais pas à concrétiser, c’est l’acte d’écrire. J’adore ça. J’y prends un plaisir fou. Tu as vu, j’ai écrit sur mon expérience au Pic d’Or par exemple. J’aime bien raconter des histoires. Peut-être que dans 10 ans, je ferai ton métier, qui sait ?

Pour booster un peu ta carrière, tu cherches quoi exactement à l’heure actuelle ?

Je cherche des partenaires qui puissent me permettre de faire une résidence quelque part. En échange d’ateliers, d’un concert en fin de résidence… ce n’est pas évident à trouver et pourtant, je cherche.

Tu es en train de travailler sur le deuxième album, en ce moment !

Oui. Et il sera un peu plus rock un peu déjanté. Là aussi, au  lieu de tout faire moi-même, j’aimerais bien trouver un partenaire de production ou un label.

Il faut pour cela que les gens sachent que tu existes.

Le problème majeur est précisément celui-là.

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Pour finir, le teaser LIVE 2012 Chloé Laum
Avec Chloé Laum, Clarisse Catarino, Julien Coulon, Martial Bort, Xavier Nikci et Benoît Laur. Avec la voix et les mots de Gilles Deleuze...
Musique & Production: Chloé Laum Studio
Images: AdDiKtiV Films

18 juin 2012

Céline Ollivier : interview pour "La femme à l'éventail"

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(Photo : Nicolas Berat)

Quand j’ai reçu le disque de Céline Ollivier, j’ai d’abord trouvé la pochette très belle. Un peu osée, mais pas trop. Je ne vous cache pas que je regarde aussi la provenance de l’envoi. Il y a des attachées de presse dont je sais qu’elles sont exigeantes dans leur choix personnel et qui sélectionnent les artistes qu’elles souhaitent que je rencontre (par rapport à ce qu’elles savent que je suis susceptible d’être intéressé). Ce n’est pas toujours le cas. Mais Flavie Rodriguez, oui. C’est agréable.

Dès la première écoute (c’est là le plus important),  je suis tombé sous le charme de la voix de Céline Olliver. Quelques chansons me paraissent même des évidences tubesques, comme par exemple « Le flore » et « La femme à l’éventail »… 

Vous pouvez écouter 6 extraits de l'album sur son site, celineollivier.com.

Une rencontre s’imposait donc.  Elle s’est tenue le 7 juin dernier. J'ai découvert une jeune femme sympathique dont la langue de bois n'est pas la spécialité.

Avant de lire le fruit de notre entretien, voici sa bio officielle.

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céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorInterview :

Tu es passée par le groupe Maximum Kouette

J’étais sur la tournée du 3e album, One, two, très fort ! en 2005. C’était ma première grosse expérience professionnelle. La première fois que je me retrouvais sur de grosses scènes. On était souvent en tête d’affiche ou en fin de plateau de gros festivals avec parfois plus de 8000 personnes.

Leur musique n’était pas franchement ton univers, il me semble ?

Pas vraiment. Tu sais, ils avaient besoin d’une vraie guitariste qui chante. Ils m’ont demandé si je me sentais de faire des rythmiques un peu reggae. Je n’y connaissais pas grand-chose au rock steady et au dub, mais je me suis lancée.

Tu as fait le conservatoire de musique. Ça permet de pouvoir s’adapter à tous les genres de musique, il me semble…

Oui, parce qu’au conservatoire, tu apprends à être polyvalent. Tu peux lire n’importe quelle grille, tu es armé et bien outillé.

Le chant, c’est inné chez toi ?

J’ai pris des cours de chant avec plusieurs professeurs. Il y a deux ans, j’en ai rencontré une super qui m’a remise dans ma voix, qui m’a replacé, parce que je chantais tout beaucoup trop bas.  Mes autres professeurs pensaient que j’étais alto. Erreur de diagnostic vocal, puisqu’en fait, j’ai une voix de soprano. Aujourd’hui, je chante là où je dois chanter.

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(Photo : Nicolas Berat)

Sur ton album, il y a des chansons sur lesquelles tu vas loin vocalement et d’autres où tu parles comme « Mes adieux ».

Je ne me suis pas posé la question comme ça. C’est plus le sens du texte qui donne l’interprétation, l’intention à la voix. J’aimerais aller plus loin dans la liberté, dans la manière de s’affranchir et de tout se permettre. Pour tout ça, il faut bien se connaître et grâce au cours que je continue à suivre, je suis encore en train de découvrir des choses.

Tu as travaillé et enregistré cet album avec le talentueux Martin Gamet.

Quand on s’est rencontré, tout de suite, on a parlé artistique et pas argent. Travailler avec lui était comme une évidence. C’est lui qui a composé l’équipe de musiciens qui m’accompagne. Moi, j’avais juste très envie de Benjamin Brillant qui jouait de la guitare avec moi sur scène.

Dans ce disque, la musique est parfois « chaude »…

J’aime bien dire qu’elle est un peu blues du sud, un peu fado. Il y a Sébastien Martel qui est venu rentrer des  guitares et c’était une grande leçon.

Quand tu entends ton œuvre, ta création, joué par des musiciens professionnels, ça t’émeut.

Il y a une élévation que ce que tu as créé. Je n’imaginais pas qu’on aurait pu aller jusque-là avec mes chansons. C’est magnifié sérieusement. Entre mes maquettes et l’enregistrement ainsi que les changements de tonalité avec ma prof de chant, il y a du chemin parcouru.

Ce disque a été enregistré en 3 semaines.

Oui, plus précisément, en 3 fois une semaine. Les respirations entre deux sessions sont essentielles. On est plus objectif quand on reprend. Franchement, cet enregistrement s’est déroulé de manière idyllique.

La chanson « Flore », ton premier single, évoque Jane Birkin. Je n’arrive pas à déceler si c’est un hommage ou une déception.

J’aime bien que chacun s’en fasse une libre interprétation. Je peux être piquante, douce ou pince sans rire quand je chante cette chanson sur scène… j’aime le fait qu’il y ait un vrai éventail d’interprétation. De toute manière, on est tous là à écouter les chansons avec notre parcours et notre histoire.

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(Photo : Nicolas Berat)

Il y a une chanson à part dans ce disque, « Jardin du Luxembourg ».

C’est une commande de Naïve pour Enzo Enzo. Je parle d’une femme et de sa relation avec son amant. J’ai masculinisé cette histoire d’amour, contrairement, effectivement, aux autres chansons. Souvent, c’est vrai, il est question de femmes, d’amantes.

céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorSur la pochette, tu es nue, mais pudiquement.

J’avais envie de réfléchir sur cette question : est-ce que c’est parce qu’on est nue que l’on se livre et est-ce que c’est parce qu’on est habillée, au sens esthétique du terme, que l’on se cache. Il y a quelque chose d’artistique dans la prise de vue de cette photo, dans le travail du photographe.

Textuellement, trouves-tu que tu te dénudes dans cet album ?

C’est proche de moi dans les humeurs. Douce ou piquante, c’est tout à fait ce que je suis. Des chansons d’amour, d’une certaine manière, il y en a dans le disque, mais ce qui est important, c’est comment l’auteur interprète aborde l’amour, ce qu’il vit, ce qu’il voit. Pour moi, c’est plus une histoire de ton, d’angle de vue.  Est-ce que ce serait intéressant de rentrer plus dans certains détails. Je n’en suis pas certaine.

Tu as une très belle écriture, l’utiliser autrement, ça te tente ? Genre des nouvelles ou un roman…

J’ai découvert le blog de l’écrivain Mathieu Simonet (note de l’auteur : mandorisé la même semaine) sur lequel il propose des sujets imposés. Je ne réponds pas à tous les textes, mais j’y participe souvent. C’est une merveilleuse idée ce blog, ça désacralise l’écriture. On n’est obligé de rien et ça me fait du bien. Écrire sans notes, c’est vraiment un autre exercice pour moi. La mise en musique influe beaucoup sur la tonicité des mots, le rythme, le flow. Ce sont deux exercices que j’aime beaucoup.

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16 juin 2012

CD'Aujourd'hui : Natasha St-Pier pour "Bonne nouvelle"

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cd'aujourd'hui,natasha st-pier,bonne nouvelle,interview,mandorNatasha St Pier est une belle voix de la chanson francophone. Plus de 2 millions d’albums vendus en France et plus de 10 ans de carrière. Elle revient avec un nouvel album intitulé Bonne nouvelle… Sa rencontre avec Siméo, le réalisateur de cet album, en est à l’origine. Natasha St-Pier propose de nouvelles chansons qui mettent en évidence un renouveau de voix, de vie, une femme heureuse qui, à l'heure de ses 30 ans, partage ce qu'elle est aujourd'hui.

Pour CD'Aujourd'hui, j'ai rencontré Natasha St-Pier à la Galerie W, rue Lepic, le 20 mars dernier. J'ai été sidéré par son professionnalisme pour répondre aux questions. Je précise que, pour cette émission, les artistes doivent construire des phrases qui permettent aux téléspectateurs de comprendre la question du journaliste (que l'on n’entend pas lors de la diffusion de l'émission). Beaucoup y parviennent, pas forcément la première fois... là, la chanteuse m'a scotché. Une jolie machine bien rodée et souriante. Je lui ai dit. Elle m’a répondu qu’elle parvenait facilement à se plier à ce qu’on lui demande de faire « depuis le temps que je réponds à des interviews, tout me paraît naturel »

Une extra-terrestre. J'ai peur.

Pour voir l'émission, c'est là !

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 Son clip...

15 juin 2012

Yves Bigot : interview pour "Quelque chose en nous de Michel Berger"

yves bigot, on a tous quelque chose de michel berger, interview, mandor

Michel Berger fait partie de mon panthéon musical personnel (avec Balavoine, Goldman, Cabrel, Simon et autres Souchon). J’ai déjà évoqué ici mon rendez-vous manqué avec lui. Sur sa fiche Wikipédia, c’est une photo tirée de ce blog qui l’illustre (Balavoine itou d’ailleurs… c’est assez amusant, car je n’y suis pour rien. On m’a juste demandé l’autorisation). Bref, quand j’ai vu qu’une biographie sortait sur lui, Quelque chose en nous de Michel Berger, et qu’elle était signée par un homme dont j’ai le plus grand respect, Yves Bigot (que j’écoutais sur Europe 1 quand j’étais un chouia plus jeune), j’ai demandé à son attaché de presse de m’organiser un rendez-vous. Ce que Gilles Paris à fait avec une redoutable efficacité. La rencontre s’est tenue le 6 juin dernier dans son bureau d’RTL. Yves Bigot est l’actuel directeur des programmes et de l’antenne de cette radio dans laquelle j’ai moi-même travaillé quelques années.

(Lorsque je suis arrivé à la réception d'RTL pour notre rendez-vous, à l'antenne, j'entends les premières notes d'"Il jouait du piano debout". Splendide hasard.)

yves bigot, on a tous quelque chose de michel berger, interview, mandorNote de l’éditeur :

Le 2 août prochain, cela fera vingt ans que Michel Berger est mort. Depuis son étoile n’a fait que grandir. Compositeur, auteur, chanteur, réalisateur, producteur, directeur artistique, scénographe, pianiste, fasciné par l’Amérique de Gershwin, la soul de Ray Charles et le rock des Beatles, Michel Berger s’est employé à moderniser la musique et la chanson française à travers ses interprètes (France Gall, Françoise Hardy, Balavoine, Johnny Hallyday, Céline Dion), ses complices (Véronique Sanson, Luc Plamondon, Elton John), son opéra rock Starmania et ses tubes incontournables.

Ce livre retrace comme jamais son itinéraire singulier, inédit, ses drames familiaux, analyse ses et son influence, à travers de nombreuses interviews et conversations que l’auteur a eues avec lui, ainsi qu’avec France Gall, Véronique Sanson et Luc Plamondon, entre 1982 et la disparition soudaine de Michel Berger à Saint-Tropez le 2 août 1992. Mais pas uniquement… (Voir plus bas).

Pour la première fois, Yves Bigot consacre à Michel Berger, à son style et à ses interprètes,yves bigot,on a tous quelque chose de michel berger,interview,mandor l’attention et l’analyse biographique, thématique et artistique habituellement réservée aux rockstars qu’il a traitées avec succès dans ses deux volumes de Plus célèbres que le Christ.

L’auteur :

Directeur des programmes et de l’antenne d’RTL après avoir été celui de France 2, de France 4, de la RTBF et d’Arte Belgique Yves Bigot chronique depuis les années 1970 la vie du rock et des artistes à la télévision (« Les Enfants du rock », « Rapido », « L’autre musique », « Rive droite, rive gauche »), à la radio (Europe 1, France Inter), et dans la presse écrite (Libération, Rolling Stone, Rock & Folk).

Interview :

Si vous n’étiez pas précisément fan de Michel berger, il faut dire que vous le connaissiez. C’est même lui qui est l’initiateur de votre rencontre.

Nous sommes au Printemps 1982, je présente une émission de rock sur Europe 1. Un soir Michel Berger et France Gall, qui sont invités de l’émission précédente, celle de Christian Barbier, viennent me voir. Il est minuit 20, je commençais mon émission à minuit 30. Ils me disent qu’ils écoutent mon émission tous les soirs et qu’ils la trouvent formidable. Ils souhaitaient donc me connaître.

yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandorA ce moment-là, vous aviez déjà des préjugés sur Michel Berger ?

Je savais ce qu’ils faisaient tous les deux, mais moi j’écoutais du vrai rock. J’écoutais plus Iron Maiden et Grateful Dead que Michel Berger et France Gall. Ils ne venaient pas dans les 500 premières positions des gens que j’admirais musicalement. Mais je connaissais leurs albums et savait parfaitement que ce qu’ils faisaient n’était pas « superficiel et léger », pour paraphraser une de leur dernière chanson.  Pour moi, ce qu’ils faisaient était proche de la variété, par rapport à mes goûts de l’époque. J’ai invité Michel un soir pour son album américain Dreams in Stone, qui avait un intérêt pour moi parce qu’il jouait avec beaucoup de très bons musiciens américains et parce que le chanteur Bill Withers y chantait. Et puis une seconde fois pendant trois heures, un après-midi, pour son album Voyou. Je reprends d’ailleurs pas mal d’extraits de ce riche entretien dans le livre.

Êtes-vous devenus des amis ?

Non, je ne peux pas dire ça parce que ce n’est pas vrai. Un ami, c’est quelqu’un qu’on appelle à tout bout de champ. Je n’avais même pas le numéro de téléphone de Michel et France. Je passais à chaque fois par leur attachée de presse. A cette époque-là, quelqu’un dont on n’a pas le numéro n’est pas un ami. Pour Michel Berger, j’étais juste un complice, peut-être un allié, une connaissance, un interlocuteur, rien de plus. Avec le temps, peut-être que nous le serions devenus, je n’en sais rien.

Vous reconnaissez qu’il a apporté beaucoup à la chanson française.yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandor

C’est indéniable. Le concernant, mais aussi concernant les chansons qu’il a faites pour France Gall, qui d’ailleurs, relevaient de la pop anglaise ou américaine. Des chansons comme La fille de Shannon ou Je saurai être ton ami sont des joyaux. Quand on s’intéresse à un homme, on finit par s’intéresser à sa musique, c’est ce qui m’a permis de revisiter la vraie richesse de ce qu’il faisait.

Au départ, vous étiez contre le fait de publier une biographie sur Michel Berger…

J’étais même violemment contre. Et mon éditrice a fini par m’en persuader. Le problème, c’est qu’il y avait une deadline et avec ma vie professionnelle, elle n’a pas été facile à respecter. D’autres éditeurs m’ont aussi demandé d’autres biographies, mais j’ai refusé… Johnny Hallyday par exemple, Bashung aussi. Il y a trop de livres sur ces deux artistes, il n’y a donc aucun intérêt à ce que j’ajoute ma prose sur ces « sujets ». J’ai plutôt le fantasme de faire un film sur la vie du  père Johnny. Je pense que ce serait bien plus intéressant.

yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandorRevenons à Michel Berger. Que s’est-il passé pour que vous finissiez par accepter d’écrire sur lui ?

Mon éditrice voulait un livre sur lui pour les 20 ans de sa disparition. Comme elle l’avait fait pour Bashung, j’ai compris qu’elle allait le proposer à quelqu’un d’autre. Pour Alain, ça ne me dérangeait pas, beaucoup de gens sont légitimes pour le faire, mais pas pour Michel. On ne peut pas l’aborder sans le connaître. Il n’y a pas beaucoup de journalistes qui le connaissaient tant que ça. Vous savez, Michel, c’est un cas et un vrai sujet. Il faut savoir quels ont été son Rosebud, ses rêves, ses frustrations, ses dichotomies, ses problématiques et ses tourments. J’en ai beaucoup parlé avec lui de par nos statuts respectifs. C’était même le sujet de 90% de nos conversations privées et médiatiques. Moi, j’étais la police du rock, lui était le mec que la police du rock avait toujours rejeté. Mais j’étais un de ceux avec lesquels il avait malgré tout un pont. Et puis, je suis le témoin de cette histoire, j’en suis le contemporain et je l’ai chroniqué en temps réel  à la radio, à la télé, dans la presse. J’ai connu France Gall, Véronique Sanson et beaucoup d’autres protagonistes de sa vie tels qu’Elton John ou Johnny…

Et ensuite, qu’avez-vous fait ?

J’ai rappelé Stéphanie (son éditrice) et je lui ai dit : « Si je retrouve les journaux, les cassettes des interviews à la radio et à la télé que j’ai faite avec lui, je le fais ».  Je monte dans la chambre de bonne que j’ai à Pigalle pour entasser une partie de ce qui n’est pas au garde-meuble et là, incroyable coup de bol, la première caisse que j’ouvre contient des cassettes C90 des enregistrements de mes émissions à Europe avec Michel et des tas de documents sur lui et son entourage. Là, je me suis dit que quelqu’un m’envoyait un message. Après, j’ai négocié avec ma femme de pouvoir travailler la nuit et de planter tous nos week-ends. Je m’y suis mis début décembre 2011 et j’ai rendu le texte le 25 mars 2012.

Avez-vous lu d’autres biographies de Michel Berger.

J’ai lu celle de Grégoire Collard. Je le connais bien et il m’a raconté des choses qu’il n’a pas mises dans sa propre biographie. J’ai lu aussi celle de Jean-François Brieu et Éric Didi, qui était la première biographie sur Berger paru en 97. J’ai lu aussi les bios de Gall et Sanson. Il faut faire tout ce travail.

C’est votre première biographie, avez-vous eu peur de ne pas vous en sortir ?yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandor

Tout à fait. Je suis très soulagé aujourd’hui, parce que j’avais peur que ce ne soit pas bien. Si ça avait été nase, je me serais détesté toute ma vie, en plus, j’aurais niqué ma réputation. On peut toujours faire mieux, mais là, je suis content de moi.

Vous avez reçu les témoignages de bon nombre de ceux qui l’ont connu…

J’ai obtenu de nouveaux témoignages apportés par ses musiciens (Janik Top, Serge Pérathoner), ses producteurs (Gilbert Coullier, Jean-Claude Camus), ses amis (Pierre Lescure, Yves Simon, Marc Kraftchik, Jean-Marie Périer, Georges Lang), Bernard de Bosson (président de sa maison de disques), Grégoire Colart (son attaché de presse pendant seize ans), Bernard Saint-Paul (son collègue de bureau, producteur de Véronique Sanson), Philippe Rault (son fixeur à Los Angeles et à New York), Lewis Furey (metteur en scène de Starmania), Vanina Michel (vedette féminine de Hair, et l’une de ses premières compagnes), Philippe Labro (pour qui il composa la musique de Rive droite, rive gauche), Gérard Manset et Françoise Hardy.

Vous dites des choses sur  Michel Berger, France Gall, Véronique Sanson et sur  le dernier amour de Michel Berger qui n’est pas France Gall. Avez-vous fait de la rétention d’information pour préserver des gens encore vivants ?

Il y a beaucoup de choses que je sais et que je n’ai pas dites pour ces raisons et j’ai écarté tout ce qui est de l’ordre des rumeurs dès lors que ça ne m’a pas été dit par un témoin direct. Chaque information a été vérifiée scrupuleusement. J’ai volontairement omis quelques propos parce qu’ils étaient inutilement blessants et ils n’ajoutaient rien à  la compréhension de l’histoire.

yves bigot,on a tous quelque chose de michel berger,interview,mandor

Lors de l'entretien...où beaucoup de choses ont été dites en off. D'une conversation entre deux passionnés découle toutes sortes de propos, pas toujours "publiques".

Pour finir, quelques tubes incontournables de l'artiste...

La plus importante à mon avis, pour bien aborder l'homme et son oeuvre...

Pour me comprendre.

Seras-tu là?

Chanter pour ceux.

Ca balance pas mal à Paris.

Quelques mots d'amour.

Donner pour donner (duo France Gall-Elton John).

La groupie du pianiste - Voyou (live Palais des Sports 83)

Mademoiselle Chang.

Si maman si (en duo avec Coluche).

Splendide hasard (une de mes préférées...)

Les princes des villes.

Le paradis blanc.

Et pour conclure... Une minute de silence (avec Daniel Balavoine sous le regard ému et les commentaires de France Gall).

14 juin 2012

Sophie Adriansen et Mathieu Simonet pour "Trois années avec la SLA" et "La maternité"

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Sophie Adriansen a sorti un livre évoquant les derniers jours de son oncle, Mathieu Simonet ceux de sa mère. Deux livres forts et pas vraiment conventionnels. Ils seront tous les deux, ce soir au Comptoir des mots, 239 rue des Pyrénées, 75020 Paris. Avant cette rencontre, je me suis proposé de les recevoir à « l’agence » afin de converser et de « confronter » leur œuvre commune. Ainsi fut fait le 8 juin dernier.

Présentation des deux ouvrages :

458509_364539506920645_1087641657_o.jpgSophie Adriansen pour son livre, Trois années avec la SLA (de la force de l’esprit même quand le corps abandonne) (Les éditions de l’officine).

Présentation de l’éditeur : En juillet 2008, Jean-Paul Rouet, jeune retraité de 60 ans, apprend du médecin qu’il est venu consulter pour ses récentes difficultés à marcher qu’il est atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), une maladie orpheline qui touche une personne sur 25 000.

On lui annonce que tous ses muscles, un à un, perdront leurs capacités. Face à ce pronostic sombre auquel rien ne l’avait préparé, Jean-Paul décide de tout tenter. Entouré d’amis médecins, il essaie différentes thérapies, jusqu’à une greffe de ses propres cellules souches. Il cherche tous les moyens pour continuer à vivre et, plus encore, pour comprendre sa maladie et mieux la vivre, jusqu’à en acquérir une très grande connaissance.

Dans Trois années avec la SLA, il narre son parcours, cherche à remonter aux origines de sa maladie, avec l’appui de contributions de ses proches, dépeint l’enfermement progressif dans son corps devenu prison et, avec beaucoup de pudeur, exprime la souffrance psychologique liée à la dépendance. Il pointe également du doigt l’inertie de la recherche en France quant à la SLA. Il démontre enfin la capacité de l’esprit à ne pas se laisser submerger par le corps, même malade, délivrant ainsi un formidable message d’espoir.

L’auteur : Sophie Adriansen, écrivain a recueilli le témoignage de son oncle. Elle a publié Je vous emmène au bout de la ligne (Ed. Max Milo 2012), Santé ! (Six façons de la dire, Ed. du Moteur 2011) ainsi que des nouvelles (revues Dissonances, Pr’Ose et Bordel). Elle tient depuis 2009 le blog littéraire Sophielit. Sophie Adriansen a déjà été mandorisée et aussi .

Mathieu Simonet pour La maternité (Seuil).

380297_10150768373077669_1288444361_n.jpg4e de couverture : "Que je meure dans quinze jours ou dans six mois, ça vous fera autant de peine. À moins de tous vous trucider, je ne vois pas comment vous empêcher d'être tristes." L'auteur raconte l’agonie de sa mère, à un stade très avancé d’un cancer généralisé. Il dialogue régulièrement avec elle. Elle analyse l’approche de sa mort en toute conscience. D’autre part, comme pour construire un bouclier autour de lui, autour de sa propre souffrance de fils voyant la dégradation de sa mère, qui doit être hospitalisée dans un établissement de soins palliatifs, l’auteur questionne différentes personnes - infirmière, prêtre, spécialiste de la morgue, médecin, personnel accompagnant, autres malades en stade terminal - sur la mort. Qu’en ressort-il ? Non pas un simple témoignage, mais une sorte de combat avec les mots dits et les mots écrits autour d’une mort annoncée.

L’auteur :

Mathieu Simonet est avocat à Paris. Né en 1972, il publie là son deuxième livre, après Les Carnets Blancs.

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DSC04186.JPGL’interview triangulaire :

Comment aborde-t-on un livre au sujet si délicat et à priori pas vraiment « grand public » ?

Mathieu : Pour moi, c’est un sujet facile. En tout cas, je ne l’ai pas pris comme un sujet difficile. J’ai même trouvé ça ludique. J’ai l’impression d’être un faussaire quand on me dit que ça a dû être très dur et très douloureux. Le deuil est douloureux, mais écrire un livre, ce n’est pas douloureux. Pour moi, l’écriture est un acte qui est parallèle à la vraie vie et qui n’a rien à voir avec la vraie vie, presque.

Quand tu dis que ta façon d’écrire est ludique, ça m’a effectivement sauté aux yeux.

M : Ma façon d’écrire est assez éclatée. C’est un hasard que dans le livre de Sophie, on retrouve aussi cette écriture qui est non linéaire, ces matériaux divers, le fait de faire intervenir plusieurs personnes.

Sophie : Je ne sais pas s’il y avait une volonté aussi marquée dans mon livre que dans le tien de faire ce « collage ». J’ai moins décidé que toi. Je considère que je n’ai pas eu le choix. J’ai proposé à mon oncle mes services pour l’aider à écrire s’il en avait besoin. Quand il me l’a demandé, il n’était pas question de dire non.  Je ne me suis pas demandé si ça allait être difficile. En l’occurrence, ça l’a été.

Il n’en reste pas moins qu’il y a des similitudes dans la manière de mener vos livres 458509_364539506920645_1087641657_o.jpgrespectifs.

S : C’était une volonté de mon oncle. Il voulait donner presque une dimension « enquête ». Il voulait retrouver dans son passé des signes qui, à postériori, pouvaient être considérés comme des signes avant-coureurs. Pour cela, il accordait presque plus d’importance au regard de gens un peu plus lointains, comme des anciens collègues d’il y a 25 ans que des très proches. Il m’a donc demandé d’enquêter de cette façon-là, sachant qu’il ne voulait pas voir les réponses au fil de l’eau. Il les a découverts une fois que je les ai intégrés dans le texte.

On comprend que ce livre a été pour toi éprouvant à écrire.

S : Oui, parce qu’il y avait en plus une notion d’urgence. Quand il a décidé du titre, en juillet de l’année dernière, le fait d’annoncer les 3 années, c’était aussi annoncer la fin de sa vie. Il y avait un côté « c’est mon dernier projet ». Le facteur temps met une sacrée pression supplémentaire. Ça a été compliqué pour moi, mais l’écriture a été bénéfique pour lui. Dans ton livre, Mathieu, j’ai relevé tout ce qui concernait la bibliothérapie parce que je suis convaincue que l’état de mon oncle ne s’est pas dégradé pendant le temps où nous étions vraiment dans l’écriture.

Peut-on aller jusqu’à dire qu’il s’est imposé de rester en vie jusqu’à la fin de la conception de cet ouvrage ?

S : Oui, parce qu’intellectuellement c’était une source d’excitation incroyable. Ça l’occupait en pensée 24h sur 24.

Parfois Sophie, il y a de grands moments littéraires et parfois, ce sont  des descriptions très cliniques. Notamment, quand tu évoques la maladie en terme médical et scientifique.

S: Oui, je vais même plus loin. C’est parfois imbuvable pour qui n’est pas concerné. De la part de mon oncle, je pense que c’est de la déformation professionnelle, le fait d’être au plus près de la vérité. C’était aussi un moyen de se légitimer par rapport au corps médical qu’il critique. Un moyen de dire « j’en sais au moins autant que vous », en théorie avec, en plus, mes ressentis.

Puisque tu es une littéraire, tu n’as pas eu envie de lui demander de faire plus « littéraire », justement ?

S : Je ne lui ai pas parlé du terme « littéraire », mais de plus « grand public ». Dans l’idéal, j’aurais aimé que tous les malades souffrants de maladies dégénérescentes puissent se retrouver dans ce livre. Lui, à l’inverse, il craignait qu’en allant vers le grand public, on aille vers du pathos et il ne voulait surtout pas que l’on tombe dans cet écueil-là.

425610_10150581312117669_1739719728_n.jpgMathieu, qu’as-tu pensé du livre de Sophie ?

M : Je trouve que le personnage de l’oncle est très intéressant. On a le sentiment que c’est un homme qui veut tout maîtriser. Je trouve ça très émouvant. Ceux qui sont gênés par les passages « techniques » peuvent sans problème les sauter sans remettre en question la compréhension globale du livre. Je trouve que c’est même un acte littéraire d’avoir ce personnage qui va imposer  presque sa science parce qu’il aime tout maîtriser… parce que c’est  finalement lui qui maîtrise mieux que nous, les lecteurs, il a le dernier mot. Il a la maîtrise absolue. Il a aussi un côté presque enfantin et donc très émouvant dans cette recherche absolue de comprendre la maladie mieux que les autres pour pouvoir être sauvé. On a envie d’y croire avec lui et malheureusement… Un des passages qui m’a le plus touché, que j’ai retrouvé dans la maladie de ma mère, c’est le fait qu’à un moment donné, il y a un problème de compréhension avec l’équipe médicale. Il y a des situations kafkaïennes dans ce livre. Par définition, dans la maladie, il y a toujours des grippages qui sont dérisoires et qui ont des conséquences énormes.

Sophie, toi, qu’as-tu pensé du livre de Mathieu ?

(Elle se tourne vers lui).

S : J’ai trouvé que ta mère, d’emblée, est un personnage. Je trouve même fascinant comment ta maman tient à être un personnage. Elle est une très grande héroïne romanesque avec cette volonté de conserver sa dignité jusqu’au bout. Tu exprimes bien le fait que tu l’as respecté jusqu’au bout. C’est rare. Je pense à tout un tas de situations intimes où tu as décidé que ce n’était pas à toi de l’aider. Je trouve ça très courageux d’être allé dans le sens de cette dignité-là.Sinon, je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de réflexions sur la littérature.

Effectivement dans Les carnets blancs comme dans La maternité, Mathieu, tu évoques l’acte d’écrire.

M : Parce que justement, quand j’écris, je n’ai pas l’impression d’être dans la vraie vie. Je suis dans ce monde parallèle qu’est l’écriture. Il se trouve qu’à chaque fois, je fais un collage. J’ai toujours l’histoire principale. En l’occurrence dans La maternité,  j’ai écrit les 15 derniers jours de ma mère, en parallèle, j’ai fait plein d’interviews et encore en parallèle, j’ai un autre carnet dans lequel j’écris des petites phrases sur ce que je pense par rapport à l’écriture. Après, je mets tous ces matériaux côte à côte, je fais des découpages, ensuite, je passe un temps fou à assembler les paragraphes pour que cela sonne bien, pour qu’il y ait un bon rythme, une énergie et que ce soit un peu drôle. 95% de mon travail est un travail de collage.

Est-ce que la vie n’a d’intérêt pour toi que si tu peux la raconter après Mathieu ?

M : Oui. C’est pour ça que je ne suis jamais triste quand il se passe quelque chose de douloureux parce que je me dis toujours, je vais pouvoir en faire un livre. Si je ne pouvais pas écrire ce qu’il se passe, que ce soit triste ou amusant, je pense que je n’aurais pas beaucoup de goût à la vie. Pas au point de me suicider, mais vraiment, la seule chose qui m’intéresse dans la vie, c’est l’écriture.

S: Tu connais cette phrase de Philip Roth qui dit que si tu écris sur la famille, ta famille est foutue. Y crois-tu ?

Mathieu : Non, je crois juste que ça bouscule la famille. C’est un peu comme un enterrement, ça bouscule la famille, mais il se passe des choses. Les gens vont se mettre à se parler, à s’engueuler, mais ça va faire bouger les choses. Au final, ça va ressouder une famille. Recréer des liens. Moi, avec La maternité, je me fais engueuler par certains, féliciter par d’autres.

Moi, je trouve que tu n’épargnes pas ton frère, par exemple. Il n’est pas vexé de ce que tu écris sur lui ?

M : J’ai été très gêné par rapport à mon frère et j’ai hésité à lui faire lire avant publication. Finalement, je lui ai fait lire. Il m’a demandé de changer deux choses, ce que j’ai fait. Sur le premier livre, Les carnets blancs, il n’a pas voulu le lire avant publication de peur de devenir un censeur. Pour La maternité, il a vu qu’il n’a pas été mis en valeur, mais parce qu’il a beaucoup aimé le livre, il a accepté. Mais, toi, Sophie, tu penses que ta famille a peur de ce que tu écris ?

S : Je n’ai pas réfléchi à la question. Moi, je me pose la question de la limite de l’écriture par rapport à la famille. L’histoire de l’écriture de ce livre est devenue très importante pour moi. Toute ma famille n’a pas été favorable au projet du livre. Certains membres voient des choses dans tous mes écrits qui n’ont rien à voir avec eux, alors si j’aborde une vraie autofiction, je me demande comment ils vont réagir.

Mathieu, aimes-tu le terme autofiction ?

M : Non, car je le trouve compliqué. Il y a plein de gens qui ne savent pas ce qu’est une autofiction. Me concernant, je parle d’autofiction collective,  j’ai l’impression que c’est techniquement moins exact, mais que c’est plus parlant. Je recherche toujours dans mon écriture la plus grande simplicité. J’essaie de faire en sorte que tout le monde comprenne tout, si bien que mon compagnon me dit que j’écris comme un élève de quatrième. Je suis toujours dans la recherche de l’extrême simplicité. Quand j’ai la casquette « avocat »,  c’est mon intellect qui fonctionne, j’essaie d’être intelligent et de ne pas être dans le sensible et quand j’écris, j’essaie de ne pas être intelligent et être uniquement dans le sensible.

Sophie, toi qui es critique littéraire, trouves-tu que Mathieu écrit comme un élève de quatrième ?

S : Je ne suis pas sûr qu’un collégien de quatrième, même s’il est capable de faire des phrases aussi courtes, soit capable d’y mettre autant de sens que d’images. Son livre est un objet littéraire. À partir du moment où il y a une recherche de forme, même si tout le matériau est personnel, est-ce qu’on n’est pas dans de la littérature ?

Mathieu, ça te va si je dis que tu es un écrivain conceptuel ?

M : Oui et même, je le revendique parce que, ce qui m’intéresse dans l’écriture, c’est d’abord le concept. C’est partir d’un dispositif ludique, d’une expérience, ensuite, cette expérience peut ne rien donner et de temps en temps, elle peut aboutir à un livre. Mon point de départ est toujours un dispositif, mon point d’arrivée est toujours un collage. Entre les deux, il y a toujours de l’écriture et des rencontres.

Sophie, selon toi, est-ce que la littérature doit obligatoirement « bousculer » ?580008_10150859894543097_1133553371_n.jpg

S : Les livres, pour qu’ils restent en mémoire, il faut qu’ils bousculent d’une certaine façon, qu’ils agrandissent la vision du monde, qu’ils changent quelque chose.

Tu es d’accord avec Sophie ?

M : Moi, je trouve que ce qui compte, ce n’est pas tant de bousculer, mais c’est de donner envie de faire quelque chose. Ce qui me touche le plus, quand j’écris, c’est quand des gens me disent que ça leur a donné envie d’écrire, ou de parler à leur mère… bon, c’est vrai, quelque part, ça revient à bousculer. Par exemple, ce qui m’a touché dans le livre de Sophie, c’est qu’à un moment donné, elle aussi à mis en place un dispositif, sauf qu’il n’a pas été intellectuel au début. L’histoire, s’est imposée comme ça, mais au final, sa relation avec son oncle a fait qu’un dispositif s’est mis en place et c’est un dispositif vital, un dispositif essentiel qui nécessairement à impliqué toute la famille. Le livre de Sophie est aussi un livre concept, dans lequel, à l’intérieur, il y a beaucoup de choses qui m’ont plu.

Toi, Sophie, tu ne l’as pas envisagé comme un livre concept, j’imagine…

S : Pas du tout. J’ai même eu l’impression d’être en mode défensif. J’étais embarquée dans un truc terrible et j’ai fait en sorte d’organiser ça le mieux possible. Je n’ai même pas l’impression d’avoir décidé de grand-chose. J’ai juste essayé de modeler quelque chose avec tout ce qui m’arrivait de plein de côtés.

M : C’est assez sidérant qu’au moment où le livre est terminé, ton oncle décède. Après, sans doute que quand les gens sont en fin de vie, ils tiennent et lâchent quand ils ont fini quelque chose. Finalement, ton oncle a dominé ce livre jusqu’au bout.

S : Oui et je suis rentré dans son jeu en veillant à faire en sorte que ce soit le livre tel qu’il l’a décidé.

M : En même temps, il n’aurait pas pu faire ce livre sans toi.

Sophie, je t’ai déjà interviewé deux fois, là, pour ce livre, je te sens plus « mal à l’aise »… comme si tu parlais d’un livre qui ne t’appartenait pas, comme si tu ne te sentais pas légitime, est-ce que je me trompe.

(Long silence.)

S : Les choses sont encore fraîches, elles ne sont pas encore digérées globalement… et aussi, je me sens un peu seule à porter tout ça. En même temps, il faut que je défende ce livre, sinon, personne ne le défendra.

Mathieu, tu écris sur quoi en ce moment ?

Mon prochain livre sort en septembre et raconte l’histoire d’un garçon qui a disparu en Amazonie. Là, je vais commencer un nouveau livre sur les problèmes psychiatriques de mon père.

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Toi, ce qui t’intéresse par-dessus tout, c’est que les histoires circulent.

M : Oui, et que cela crée des liens entre les gens sans hiérarchie. Pour mes 40 ans, des amis, dont Sophie, m’ont offert un livre collectif, un livre secret, qui m’a beaucoup touché. Dedans, une des personnes qui a participé a écrit que ce qui était important pour moi, ce n’était pas d’écrire bien, mais d’écrire ensemble. C’est tellement vrai.

Et toi, Sophie, tu écris pourquoi ?

S : Moi, je pense que c’est un peu plus égoïste. Je n’ai pas encore trouvé les contours de la réponse à cette question, mais je pense que c’est pour moi d’abord, pour savoir qui je suis. Je sais que je m’exprime mieux en écrivant que dans la vie en général. C’est donc un  moyen de dire qui je suis, d’une autre façon. Pour revenir à Mathieu, je l’ai entendu dire dans une émission d’Arthur Dreyfus, « Chantons sous la nuit » sur France Inter, qu’il écrit, non pas pour se livrer lui, mais pour que le lecteur se regarde lui. C’est exactement ça. Mathieu fait des choses inspirantes et je trouve que ça va dans un sens très différent de la production littéraire du moment.

M : J’ai une dernière question a poser à Sophie. Tu as fini ce livre, mais je t’ai entendu dire en off tout à l’heure que de tout ça, tu allais en faire un livre.

S : oui, Trois années avec la SLA est la partie hors de l’eau de l’iceberg. Le deuxième livre est déjà très largement avancé. C’est une sorte de journal avec la volonté de faire revivre mon oncle. Dans SLA, c’est très figé, très maîtrisé, très lisse, alors qu’il y a eu de la colère et des coups de sang par exemple.

M : C’est le making of du livre ?

S: Oui, il y a un peu de ça, mais qui se mêle aussi avec les concours de circonstances qui font résonner plein de choses. Un livre, un film, une pièce de théâtre peuvent venir nourrir tout ça. Au début, l’idée, était d’aller jusqu’à la naissance du livre, aujourd’hui, je me rends compte qu’il faut que j’aille encore plus loin. Le début de sa vie et la promo.

M : Là, on est typiquement dans un dispositif et je trouve ça très intéressant.

La boucle est bouclée…

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11 juin 2012

Pic d'or 2012 : Bilan (2) Les coulisses

pic d'or 2012,coulissesIl m’a fallu trois semaines pour faire le bilan de ces trois jours passés à Tarbes en tant que jury du Pic d’Or 2012. J’aurais écrit le lendemain de mon retour, ça aurait dégouliné de bons sentiments. Je n’aime pas lire ça, chez les autres. J’ai donc choisi de prendre un peu de recul pour tempérer mes ardeurs (sans h, hein, je précise !).

Je vous propose donc quelques photos de ce week-end musical (et gastronomique) agrémentées de commentaires mandoriens égotiques (mais un peu explicatifs tout de même).

Cette chronique est dédiée à celles et ceux qui en ont été les protagonistes. (Oui, je dédie une chronique... le comble de la prétention !)

Première constatation une fois sur place : ça roule à Tarbes !

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A peine arrivé dans cette jolie ville de 112 000 habitants, capitale de la Bigorre, située dans le département des Hautes-Pyrénées, Arnold Turboust et moi nous installons dans nos chambres d'hôtel respectives. Une heure plus tard, Christian Garcia nous propose d'aller boire un coup sur une terrasse, puis d'aller boire un coup au Celtic Pub. (Bref, on a compris qu'on allait beaucoup boire de coups...). Coïncidence (ou pas), Tomislav, l'un des concurrents du Pic d'Or 2012 s'y produit. Mais Arnold et moi décidons de ne pas être trop attentif pour ne pas nous laisser influencer. Je dis ça, mais, personnellement, j'ai remarqué que l'homme avait du peps et du talent. Parce que c'est une évidence.

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Avec Arnold Turboust, mon président. Enfin, celui du jury, dont j'ai fait la connaissance quelques heures plutôt. Nous avons voyagé ensemble dans l'avion Paris/Lourdes-Tarbes. Très rapidement, nous nous sommes trouvés sur la même longueur d'onde. Un type bien. Nous trinquons au Pic d'Or!

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Bon, on n'est pas là pour (boire) rigoler. Voici quelques artistes sur scène lors du premier jour de sélection le vendredi 25 mai. Scotch & Sofa.

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Govrache.

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Alexandra Storti.

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Robin Boucheteil.

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Chloé Laum et ses musiciens.

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Les Meuf'in.

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Patchamama (version duo).

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Jann.

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Quelques photos dans les coulisses...

Rodrigue et ses "Rodriguettes".

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La pétulante Claire Danlalune est à l'eau. Un esprit vif dans un corps sain.

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La tarbaise, Alexandra Storti. Dernière répétition avant de se présenter aux jurés.

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Tomislav et Scotch (sans sofa). J'ai noté que les concurrents s'entendaient à merveille. Pas qu'une vue de l'esprit. Réalité pure et simple.

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Étienne Champollion (le pianiste) et Émilie Marsh (la chanteuse). L'humour fait la force.

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Rodrigue et Govrache se signent leur disque respectif. Avant qu'ils ne sachent que nous les avons tous les deux primés.

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Dans les loges, les Patchamama rencontrent la Rodrigue's connection. Deux mondes musicaux.

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Le vendredi soir, le jury annonce le nom des finalistes...

- Emilie Marsh
 
- Manon
 
- Chloé Laum
 
- Alexandra Storti
 
- Rodrigue
 
- Tomislav
 
- Govrache
 
- Scotch et Sofa
 
- Claire Danlalune
 
- Patchamama
 

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Le samedi 26 mai, nous avons un peu plus de temps, puisque la finale se déroule le soir. Les membres du jury ont la journée pour découvrir un peu la région. Corinne Labat décide donc de nous accompagner, près du Lac de Payolle, précisément à Campan-Payolle, au pied de la forêt. Pour s'y rendre, nous passons par le joli village de Saint-Martin. Corinne me dit que c'est précisément là que Paulo Coehlo possède sa maison française. Devinez ce que j'ai demandé. Juste faire un détour pour voir la dite maison. Un moulin en fait. On s'arrête, on prend une photo. Ça ne sert à rien...
(C'est ça qui est bien).
Normal quoi !

Sinon, à l'auberge des 3 Pics, le jury se sustente local...

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Une auberge charmante. Des petites salles décorées avec des outils et objets d'autrefois, une vieille cheminée… tout est authentiquement pyrénéen, les plats sont préparés à l'ancienne et servis avec générosité. Les grillades de viande ou poisson sont cuites sur les braises de hêtre de Payolle. Oui, j’ai pris des notes. Nous avons testé la garbure de Germaine, la vraie, comme la faisait son arrière grand-mère : des légumes cuits dans un bouillon mijoté avec os de jambon, confit de canard et hachis de vieux lard, ail, persil et marjolaine… je ne vous parle pas du reste. C’est honteux comment j’ai brisé mon année de régime. Pas bien, mais bien bon. Sur la photo, donc, de gauche à droite, Eric Lagarrigue, Thierry Cadet, Corinne Labat, un goinfre et Alain Navarro. Manque à l’appel, Arnold Turboust, retenu à Tarbes pour la bonne cause (voir ci-dessous), Pierre Domengès et Stéphane Rigot (occupés professionnellement).

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À l’issue de ce léger repas (hum !), trois activités s’imposaient à nous : une promenade dans la montagne, une bonne sieste réparatrice ou rejoindre Arnold Turboust. En effet, pour la deuxième année consécutive, il anime un atelier d’écriture au lycée Marie Curie de Tarbes. Thierry Cadet et moi sommes très motivés pour aller voir le fruit du travail d’Arnold. Corinne Labat nous y emmène donc.

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Arnold et trois de ses élèves d'un jour.

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Nous écoutons les trois titres composés dans la journée.

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 Avant la finale... la dream team de Manon.

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Rodrigue.

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Daisy Berthenet du groupe Patchamama.

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Petite conversation avec Chloé Monin (de Scotch et Sofa)...

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La finale.

Emilie Marsh.

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Pierrot Panse.

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 Sofía Miguélez (qui joue avec Pierrot Panse).

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Alexandra Storti.

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Manon.

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Laetikèt.

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Donoré.

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Tomislav.

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Claire Danlalune.

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Rodrigue.

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La Clouée.

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Chloé Monin (Scotch et Sofa).

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Chloé Laum et Clarisse Catarino.

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Chloé Laum et Martial Bort.

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Clarisse Catarino.

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Govrache.

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Delphine Duhamelle (L'ombre de l'Elfine).

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Daisy Berthenet du groupe Patchamama.

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Patchamama.

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Mary*, la gagnante du Pic d'Or 2011. Venue jouer pendant que les jurés délibèrent...

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Le Théâtre des Nouveautés.

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Présentation du jury, de gauche à droite :

Alain Navarro : Il y a quinze ans, il crée l’association "Arpèges et Trémolos" dont il devient président, avant d’en être le Directeur au bout de dix ans d’existence. L’association assure l’organisation et la programmation du festival "Pause Guitare", lequel lors de sa dixième édition prend ses quartiers à Albi et devient un évènement incontournable de la chanson francophone et ce grâce, il faut aussi le souligner, au dévouement de 430 bénévoles.

Pierre Domengès : Directeur artistique de "la Gespe" à Tarbes.

Eric Lagarrigue : Responsable du secteur des musiques actuelles au sein du service de l’action culturelle du Conseil général des Hautes-Pyrénées.

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Les mêmes, mais en noir et blanc.

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Les autres membres du jury, de droite à gauche, cette fois-ci :

Thierry Cadet (qu'est mon nouvel ami ami à moi que j'ai) : Il a débuté en 1998 sur M6 Music, avant de se tourner vers la presse écrite. Il est par rédacteur pour de nombreux supports (Pure Charts, Platine magazine, Serge...), biographe (Vanessa Paradis "Divine Idole"), chroniqueur sur Sud Radio et Radio Lora, animateur sur Télé Melody, et initiateur du collectif Les Marguerites contre Alzheimer (à la base du CD "J'y étais pas" et d'un concert annuel), du Prix Georges Moustaki (qui récompense chaque année l'album indépendant), et du portail horscene.com (l’information musicale autrement, décalée et inédite, servie dans un emballage original). Notamment.

François Alquier : Lui, je ne l'aime pas. Je n'ai rien à dire sur cet imposteur.

pic d'or 2012,coulissesLe président du jury, Arnold Turboust (certes, il tourne la tête, mais c'est bien lui!) : Difficile de retracer la carrière de cet artiste incontournable de la scène musicale française tant elle est riche en créations et collaborations diverses. Le grand public le découvre en 1986 avec le tube "Adélaïde" qu'il interprète avec Zabou (plusieurs semaines dans le Top 50). Pourtant dès 1980, il a participé au premier album de ‘Marquis de Sade’ avant de rencontrer en 1981 Etienne Daho dont il a fait les musiques et les arrangements de plusieurs de ses tubes. Citons au passage les noms de Sylvie Vartan, Brigitte Fontaine, Jacno avec lesquels il a travaillé (arrangements, productions) et n’oublions pas de signaler qu’il a parallèlement mené une carrière solo ; à ce sujet son dernier album Démodé est dans les bacs depuis novembre 2010.

L'homme "trouble", au fond, est l'hôte du Théâtre des Nouveautés, Stéphane Rigot : Directeur de la structure "Tarbes en Scènes", pôle culturel de la Ville de Tarbes, regroupant trois salles de spectacles (le Théâtre des Nouveautés, salle à l'italienne, le PARI, fabrique artistique et résidences d'artistes, la Gespe).

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Jury en place...

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Pendant les délibérations. Nous avons tous défendu nos choix/opinions/préférences avec conviction, mais avec diplomatie et respect. L'élégance de chacun m'a touché (je suis un petit être sensible).

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Quand l'évidence n'était pas une évidence, vote à mains levées...

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En attendant les résultats...

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Enfin, la remise des Prix !

Gérard Trémège, le maire de Tarbes, félicite Christian Garcia (je l'appelle "le grand manitou") et Corinne Labat, la présidence du Pic d'Or.

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Le président du jury, Arnold Turboust. Respect à ce monsieur pour sa classe toute dandyesque et sa générosité. J'ai beaucoup apprécié ces trois jours ensemble. Beaucoup.

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L'animateur de Pic FM qui présentait la soirée, avec Arnold et monsieur le maire...

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Tout le monde il écoute Arnold.

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J'ai l'honneur de remettre le prix du texte.

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Et le Prix du texte est attribué à... tintintin...

Govrache !

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Bravo l'artiste !

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Merci cher public ! (Non parce qu'en plus, Govrache a reçu le prix du public.)

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Emilie Marsh a reçu le prix de la musique.

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Rodrigue a remporté le prix de l'interprétation.

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Christian Garcia a reçu le prix de l'organisation sans failles et le prix du professionnalisme de chez professionnalisme.

(Tu as été grand Christian, selon l'avis de tous.)

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Tomislav est le Pic d'Argent 2012. (Il nous a ému presque aux larmes avec sa chanson "Je suis là".)

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Pour décerner le Pic d'Or 2012, nous n'avons pas hésité plus de 10 secondes. A l'unanimité. Félicitations à Scotch et Sofa !

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Tous les artistes primés (sauf le type à droite qui, décidément, s'incruste partout pour être sur la photo... pathétique!).

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Tous ensemble, tous ensemble, tous ensemble !

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La photo qu'il fallait prendre. Mary*, Pic d'or 2011 et Chloé Monin (Scotch et Sofa sans Scotch), Pic d'or 2012. Voyez le concept? pic d'or 2012,coulisses

Je rêve où quoi? Jusqu'au bout, le mec, il frime. Tsss...

(Sans blague, merci à toutes les deux! Vous êtes deux chics/brillantes/fort talentueuses filles !)

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Bon, j'ai (comme de bien entendu) quelques chaleureux remerciements à faire.

D'abord, à toute l'équipe organisatrice du Pic d'Or 2012. Corinne et Christian, bien sûr, mais aussi tous les bénévoles que j'ai rencontrés. Tous ceux qui nous ont transportés à droite à gauche avec sourire et bienveillance.

Merci aussi aux artistes et à leur entourage (attachés de presse, managers…) pour leur gentillesse et leur compréhension. (Je ne parle pas de leur talent, je n’aime pas être redondant). Je dois dire à ceux qu’il a fallu écarter que ce fut pour moi (je ne dois pas être le seul, mais je ne parle jamais pour les autres) un véritable crève-cœur. Je ne peux m’empêcher de penser aux artistes qui venaient de loin, par leurs propres moyens, et qui repartent sans rien. C’est la règle du jeu, m’a-t-on-dit. Il faut l’accepter. Les artistes l’ont accepté.

Merci à mes collègues du jury. Je ne m’étends pas, mais j’ai fait de vraies rencontres. Des que j’aimerais bien poursuivre au-delà du Pic d’Or. Stop ! Le pathos ne passera pas par Mandor.

Merci enfin aux photographes à qui j’ai piqué allégrement de nombreux clichés.

Pour les photos de la finale : Nöt Pixbynot.

Pour celles des demi-finales et de l’atelier d’écriture : Eric Stéphan (Kersidal Pix).

Et enfin pour celles des coulisses : Florence Cortes.