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27 juin 2012

Folks : interview pour "French songs" et "1, 2, 3"

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(Photos : Eric Vernazobres)

Le 21 juin au matin, je reçois un mail fort courtois d’un certain François Gauer. Ce jeune artiste se présente et souhaite que j’écoute ce qu’il fait. Il me joint quelques liens. J’obtempère. Je clique. J’écoute. Je fais « houlà ! ». (J’ai réellement fais « houlà » dans ma tête.) Pas de la gnognotte cette chanson française là ! (Analyse de fond).

Le disque peut être écouté sur Soundcloud en intégralité.

Et aussi sur Noomiz.

Pour vous procurer le disque.

J’apprécie la voix, la musique et les textes. Trio gagnant. J’envoie immédiatement une réponse en laissant mon numéro de téléphone. François Gauer m’appelle dans la foulée. Je lui donne rendez-vous l’après-midi même.

Battre le fer…etc.

François Gauer, en fait, il se produit sous le nom de Folks. Un pseudo qui colle à sa musique.

folks-cover.jpgPrésentation du label :

Après un EP et un premier album particulièrement convaincants et personnels, dans un registre de filiation à Elliott Smith et Nick Drake pourtant très prisé, Folks entame un virage artistique en 2012 en composant en français. Les paroles, tour à tour mordantes, poétiques ou intimes, deviennent un atout supplémentaire évident, alors que la musique reste sur les mêmes cimes d'un folk gracieux et sensible, bien mis en valeur par les arrangements.
Nous vous proposons de vous faire une idée de la personnalité de Folks à travers un double CD, réunissant le premier album 1, 2, 3, en anglais, et les nouvelles chansons réunies sur le mini-album French Songs.

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EK5C6849.jpgInterview :

Au départ Folks, c’était un groupe de rock composé de potes lycéens.

Oui, j’ai créé le groupe en 1998, l’année de ma terminale. C’était du rock influencé très Pixies, Nirvana. On jouait nos propres compositions. J’écrivais la plupart des chansons avec Rodolphe Bary. Malgré plusieurs changements de musiciens, on est resté tous les deux jusqu’en 2008. De cette collaboration, il y a eu un EP Seven Ways, dans lequel on sentait bien nos influences de l’époque, tout le rock indé des années 90. En 2008, on a décidé d’arrêter de faire de la musique ensemble.

Ensuite, tu t’es retrouvé tout seul…

Oui, mais j’ai eu de la chance. Je ne suis pas très doué dans les machines, du coup, j’ai cherché un collaborateur pour pouvoir continuer à enregistrer. Par un ami commun, à cette époque, je rencontre Nicolas Boscovic, un réalisateur qui fait de la musique assistée par ordinateur. Je lui file l’EP, puis je ne lui donne plus de nouvelles pendant 3 ans. Je le recontacte et on se voit assez vite. Ca a donné le premier album 1, 2, 3 en 2010.

1, 2, 3, était un disque entièrement chanté en anglais. Pourquoi ce revirement vers des titres interprétés en langue française ?

L’accueil de 1, 2, 3 a été bon de la part des médias, mais les ventes n’ont pas suivi. On a beau avoir eu des papiers magnifiques, ça n’a pas été incitatif à la consommation et ça n’a pas suffi pour trouver un tourneur ou un label. J’avais l’impression d’avoir fait un disque honorable, j’avoue même en avoir été content, alors, j’ai décidé de recommencer, mais en me lançant un défi. Faire un album autrement. Un album qui me permette d’avancer sans avoir besoin d’être en groupe, de répéter régulièrement avec des musiciens. J’avais besoin de me remotiver donc, je me suis lancé dans un projet qui me tenait à cœur. Et écrire en français m’empêche de trop me cacher. Avec l’anglais, on fait moins attention aux textes…

Du coup, tu as fait la même musique, influencée par celle que tu écoutais à forte dose, l’Anglo-saxonne… mais avec des textes en français.EK5C6839.jpg

J’avais l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup d’artistes qui jouaient de la musique comme j’avais l’idée d’en faire. C'est-à-dire, des chansons à la Eliott Smith, Nick Drake, toute cette folk là, mais en français. Je ne voulais pas que ça sonne comme la chanson française que j’entendais, et qui n’est pas du tout ma culture musicale.

Mais, y a-t-il des artistes français que tu aimes bien ?

Bien sûr. J’adore Souchon, mais je n’avais pas envie de sonner comme lui. Quand même, après j’ai fouiné un peu plus dans le répertoire des chanteurs d’aujourd’hui que je ne connaissais pas bien et je me suis rendu compte que je n’avais pas inventé la pluie non plus. Quand j’ai découvert Florent Marchet, par exemple, j’ai été surpris de ne pas être aux antipodes de ce qu’il faisait lui. Un album comme Rio Brasil force le respect, musicalement et textuellement. Il y a aussi Mathieu Boogaerts qui est bluffant. Quand j’écoute un album comme 2000, ça me parle vraiment. Il y a aussi Dominique A. Ce qu’il fait est assez puissant. Voilà en tout cas des artistes dont je me sens proche.

En somme, comme ceux que tu viens de citer, tu fais attention aux sens et aux sons des mots… je crois savoir que tu es fan de littérature. Ça se sent dans tes textes.

Je suis un grand amateur de littérature anglo-saxonne. Ca peut aller de Steinbeck, dont je suis fan absolu à un écrivain qui n’a pas les mêmes lettres de noblesse, Stephen King.  À côté de la musique, j’ai vraiment l’amour de la langue.


Folks - Ta mèche par Folksyou

Tes chansons sont, pour la plupart, mélancoliques.

J’ai toujours préféré les chansons tristes aux chansons « up tempo ». Même une chanson comme « Ta mèche », qui à priori semble une chanson légère, elle ne l’est pas. C’est quand même un père qui dit à son fils qu’il se trompe s’il pense que ça va marcher pour lui, qu’il ne doit pas se faire trop d’illusion sur le sujet.

Es-tu, toi-même, mélancolique dans la vie ?

Je ne crois pas en tout cas être une personne triste. Je ne suis pas Patrick Sébastien et je ne fais pas tourner les serviettes, mais je ne suis pas non plus particulièrement dépressif. Je pense même avoir un brin d’humour, si tu veux savoir.

Tu travailles avec Microcultures, une maison de production participative indépendante qui intègre un modèle de crowdfunding janvier (financement par la foule) dans sa politique de label artisanal et d'accompagnement artistique.

Oui. Et ils ont surtout des artistes anglo-saxons, je crois même être le seul à chanter en français. Dans ce label, ce sont les internautes qui participent au financement du projet. Ils achètent en fait des biens culturels. Ils préachètent le disque, ce qui permet de réunir la somme, mais ils préachètent aussi des places de concert pour venir me voir, ou un concert privé chez eux et ça peut même aller jusqu’à l’écriture d’une chanson personnalisée, ce que j’ai fait à 4 reprises. On a réuni 3500 euros. Ça nous a permis de faire les arrangements, le mastering, le pressage… bref, cette somme nous a bien aidés et je remercie ici tous mes mécènes.

Je crois savoir que tu cherches un tourneur.

Oui et toute personne susceptible de m’aider à faire avancer mon projet. J’aimerai qu’on me donne la possibilité de faire des concerts dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à enregistrer des disques.

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Pour finir, voici son passage à Taratata le 19 janvier 2012.

"To die at 27".

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