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18 juin 2012

Céline Ollivier : interview pour "La femme à l'éventail"

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(Photo : Nicolas Berat)

Quand j’ai reçu le disque de Céline Ollivier, j’ai d’abord trouvé la pochette très belle. Un peu osée, mais pas trop. Je ne vous cache pas que je regarde aussi la provenance de l’envoi. Il y a des attachées de presse dont je sais qu’elles sont exigeantes dans leur choix personnel et qui sélectionnent les artistes qu’elles souhaitent que je rencontre (par rapport à ce qu’elles savent que je suis susceptible d’être intéressé). Ce n’est pas toujours le cas. Mais Flavie Rodriguez, oui. C’est agréable.

Dès la première écoute (c’est là le plus important),  je suis tombé sous le charme de la voix de Céline Olliver. Quelques chansons me paraissent même des évidences tubesques, comme par exemple « Le flore » et « La femme à l’éventail »… 

Vous pouvez écouter 6 extraits de l'album sur son site, celineollivier.com.

Une rencontre s’imposait donc.  Elle s’est tenue le 7 juin dernier. J'ai découvert une jeune femme sympathique dont la langue de bois n'est pas la spécialité.

Avant de lire le fruit de notre entretien, voici sa bio officielle.

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céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorInterview :

Tu es passée par le groupe Maximum Kouette

J’étais sur la tournée du 3e album, One, two, très fort ! en 2005. C’était ma première grosse expérience professionnelle. La première fois que je me retrouvais sur de grosses scènes. On était souvent en tête d’affiche ou en fin de plateau de gros festivals avec parfois plus de 8000 personnes.

Leur musique n’était pas franchement ton univers, il me semble ?

Pas vraiment. Tu sais, ils avaient besoin d’une vraie guitariste qui chante. Ils m’ont demandé si je me sentais de faire des rythmiques un peu reggae. Je n’y connaissais pas grand-chose au rock steady et au dub, mais je me suis lancée.

Tu as fait le conservatoire de musique. Ça permet de pouvoir s’adapter à tous les genres de musique, il me semble…

Oui, parce qu’au conservatoire, tu apprends à être polyvalent. Tu peux lire n’importe quelle grille, tu es armé et bien outillé.

Le chant, c’est inné chez toi ?

J’ai pris des cours de chant avec plusieurs professeurs. Il y a deux ans, j’en ai rencontré une super qui m’a remise dans ma voix, qui m’a replacé, parce que je chantais tout beaucoup trop bas.  Mes autres professeurs pensaient que j’étais alto. Erreur de diagnostic vocal, puisqu’en fait, j’ai une voix de soprano. Aujourd’hui, je chante là où je dois chanter.

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(Photo : Nicolas Berat)

Sur ton album, il y a des chansons sur lesquelles tu vas loin vocalement et d’autres où tu parles comme « Mes adieux ».

Je ne me suis pas posé la question comme ça. C’est plus le sens du texte qui donne l’interprétation, l’intention à la voix. J’aimerais aller plus loin dans la liberté, dans la manière de s’affranchir et de tout se permettre. Pour tout ça, il faut bien se connaître et grâce au cours que je continue à suivre, je suis encore en train de découvrir des choses.

Tu as travaillé et enregistré cet album avec le talentueux Martin Gamet.

Quand on s’est rencontré, tout de suite, on a parlé artistique et pas argent. Travailler avec lui était comme une évidence. C’est lui qui a composé l’équipe de musiciens qui m’accompagne. Moi, j’avais juste très envie de Benjamin Brillant qui jouait de la guitare avec moi sur scène.

Dans ce disque, la musique est parfois « chaude »…

J’aime bien dire qu’elle est un peu blues du sud, un peu fado. Il y a Sébastien Martel qui est venu rentrer des  guitares et c’était une grande leçon.

Quand tu entends ton œuvre, ta création, joué par des musiciens professionnels, ça t’émeut.

Il y a une élévation que ce que tu as créé. Je n’imaginais pas qu’on aurait pu aller jusque-là avec mes chansons. C’est magnifié sérieusement. Entre mes maquettes et l’enregistrement ainsi que les changements de tonalité avec ma prof de chant, il y a du chemin parcouru.

Ce disque a été enregistré en 3 semaines.

Oui, plus précisément, en 3 fois une semaine. Les respirations entre deux sessions sont essentielles. On est plus objectif quand on reprend. Franchement, cet enregistrement s’est déroulé de manière idyllique.

La chanson « Flore », ton premier single, évoque Jane Birkin. Je n’arrive pas à déceler si c’est un hommage ou une déception.

J’aime bien que chacun s’en fasse une libre interprétation. Je peux être piquante, douce ou pince sans rire quand je chante cette chanson sur scène… j’aime le fait qu’il y ait un vrai éventail d’interprétation. De toute manière, on est tous là à écouter les chansons avec notre parcours et notre histoire.

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(Photo : Nicolas Berat)

Il y a une chanson à part dans ce disque, « Jardin du Luxembourg ».

C’est une commande de Naïve pour Enzo Enzo. Je parle d’une femme et de sa relation avec son amant. J’ai masculinisé cette histoire d’amour, contrairement, effectivement, aux autres chansons. Souvent, c’est vrai, il est question de femmes, d’amantes.

céline ollivier,la femme à l'éventail,interview,mandorSur la pochette, tu es nue, mais pudiquement.

J’avais envie de réfléchir sur cette question : est-ce que c’est parce qu’on est nue que l’on se livre et est-ce que c’est parce qu’on est habillée, au sens esthétique du terme, que l’on se cache. Il y a quelque chose d’artistique dans la prise de vue de cette photo, dans le travail du photographe.

Textuellement, trouves-tu que tu te dénudes dans cet album ?

C’est proche de moi dans les humeurs. Douce ou piquante, c’est tout à fait ce que je suis. Des chansons d’amour, d’une certaine manière, il y en a dans le disque, mais ce qui est important, c’est comment l’auteur interprète aborde l’amour, ce qu’il vit, ce qu’il voit. Pour moi, c’est plus une histoire de ton, d’angle de vue.  Est-ce que ce serait intéressant de rentrer plus dans certains détails. Je n’en suis pas certaine.

Tu as une très belle écriture, l’utiliser autrement, ça te tente ? Genre des nouvelles ou un roman…

J’ai découvert le blog de l’écrivain Mathieu Simonet (note de l’auteur : mandorisé la même semaine) sur lequel il propose des sujets imposés. Je ne réponds pas à tous les textes, mais j’y participe souvent. C’est une merveilleuse idée ce blog, ça désacralise l’écriture. On n’est obligé de rien et ça me fait du bien. Écrire sans notes, c’est vraiment un autre exercice pour moi. La mise en musique influe beaucoup sur la tonicité des mots, le rythme, le flow. Ce sont deux exercices que j’aime beaucoup.

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Commentaires

J'ai vu Céline Ollivier hier soir à l'Européen, c'est simplement magnifique, cette fille est sublime, je lui souhiate d'aller très loin

Écrit par : LE DALL | 04 décembre 2012

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