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15 juin 2012

Yves Bigot : interview pour "Quelque chose en nous de Michel Berger"

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Michel Berger fait partie de mon panthéon musical personnel (avec Balavoine, Goldman, Cabrel, Simon et autres Souchon). J’ai déjà évoqué ici mon rendez-vous manqué avec lui. Sur sa fiche Wikipédia, c’est une photo tirée de ce blog qui l’illustre (Balavoine itou d’ailleurs… c’est assez amusant, car je n’y suis pour rien. On m’a juste demandé l’autorisation). Bref, quand j’ai vu qu’une biographie sortait sur lui, Quelque chose en nous de Michel Berger, et qu’elle était signée par un homme dont j’ai le plus grand respect, Yves Bigot (que j’écoutais sur Europe 1 quand j’étais un chouia plus jeune), j’ai demandé à son attaché de presse de m’organiser un rendez-vous. Ce que Gilles Paris à fait avec une redoutable efficacité. La rencontre s’est tenue le 6 juin dernier dans son bureau d’RTL. Yves Bigot est l’actuel directeur des programmes et de l’antenne de cette radio dans laquelle j’ai moi-même travaillé quelques années.

(Lorsque je suis arrivé à la réception d'RTL pour notre rendez-vous, à l'antenne, j'entends les premières notes d'"Il jouait du piano debout". Splendide hasard.)

yves bigot, on a tous quelque chose de michel berger, interview, mandorNote de l’éditeur :

Le 2 août prochain, cela fera vingt ans que Michel Berger est mort. Depuis son étoile n’a fait que grandir. Compositeur, auteur, chanteur, réalisateur, producteur, directeur artistique, scénographe, pianiste, fasciné par l’Amérique de Gershwin, la soul de Ray Charles et le rock des Beatles, Michel Berger s’est employé à moderniser la musique et la chanson française à travers ses interprètes (France Gall, Françoise Hardy, Balavoine, Johnny Hallyday, Céline Dion), ses complices (Véronique Sanson, Luc Plamondon, Elton John), son opéra rock Starmania et ses tubes incontournables.

Ce livre retrace comme jamais son itinéraire singulier, inédit, ses drames familiaux, analyse ses et son influence, à travers de nombreuses interviews et conversations que l’auteur a eues avec lui, ainsi qu’avec France Gall, Véronique Sanson et Luc Plamondon, entre 1982 et la disparition soudaine de Michel Berger à Saint-Tropez le 2 août 1992. Mais pas uniquement… (Voir plus bas).

Pour la première fois, Yves Bigot consacre à Michel Berger, à son style et à ses interprètes,yves bigot,on a tous quelque chose de michel berger,interview,mandor l’attention et l’analyse biographique, thématique et artistique habituellement réservée aux rockstars qu’il a traitées avec succès dans ses deux volumes de Plus célèbres que le Christ.

L’auteur :

Directeur des programmes et de l’antenne d’RTL après avoir été celui de France 2, de France 4, de la RTBF et d’Arte Belgique Yves Bigot chronique depuis les années 1970 la vie du rock et des artistes à la télévision (« Les Enfants du rock », « Rapido », « L’autre musique », « Rive droite, rive gauche »), à la radio (Europe 1, France Inter), et dans la presse écrite (Libération, Rolling Stone, Rock & Folk).

Interview :

Si vous n’étiez pas précisément fan de Michel berger, il faut dire que vous le connaissiez. C’est même lui qui est l’initiateur de votre rencontre.

Nous sommes au Printemps 1982, je présente une émission de rock sur Europe 1. Un soir Michel Berger et France Gall, qui sont invités de l’émission précédente, celle de Christian Barbier, viennent me voir. Il est minuit 20, je commençais mon émission à minuit 30. Ils me disent qu’ils écoutent mon émission tous les soirs et qu’ils la trouvent formidable. Ils souhaitaient donc me connaître.

yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandorA ce moment-là, vous aviez déjà des préjugés sur Michel Berger ?

Je savais ce qu’ils faisaient tous les deux, mais moi j’écoutais du vrai rock. J’écoutais plus Iron Maiden et Grateful Dead que Michel Berger et France Gall. Ils ne venaient pas dans les 500 premières positions des gens que j’admirais musicalement. Mais je connaissais leurs albums et savait parfaitement que ce qu’ils faisaient n’était pas « superficiel et léger », pour paraphraser une de leur dernière chanson.  Pour moi, ce qu’ils faisaient était proche de la variété, par rapport à mes goûts de l’époque. J’ai invité Michel un soir pour son album américain Dreams in Stone, qui avait un intérêt pour moi parce qu’il jouait avec beaucoup de très bons musiciens américains et parce que le chanteur Bill Withers y chantait. Et puis une seconde fois pendant trois heures, un après-midi, pour son album Voyou. Je reprends d’ailleurs pas mal d’extraits de ce riche entretien dans le livre.

Êtes-vous devenus des amis ?

Non, je ne peux pas dire ça parce que ce n’est pas vrai. Un ami, c’est quelqu’un qu’on appelle à tout bout de champ. Je n’avais même pas le numéro de téléphone de Michel et France. Je passais à chaque fois par leur attachée de presse. A cette époque-là, quelqu’un dont on n’a pas le numéro n’est pas un ami. Pour Michel Berger, j’étais juste un complice, peut-être un allié, une connaissance, un interlocuteur, rien de plus. Avec le temps, peut-être que nous le serions devenus, je n’en sais rien.

Vous reconnaissez qu’il a apporté beaucoup à la chanson française.yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandor

C’est indéniable. Le concernant, mais aussi concernant les chansons qu’il a faites pour France Gall, qui d’ailleurs, relevaient de la pop anglaise ou américaine. Des chansons comme La fille de Shannon ou Je saurai être ton ami sont des joyaux. Quand on s’intéresse à un homme, on finit par s’intéresser à sa musique, c’est ce qui m’a permis de revisiter la vraie richesse de ce qu’il faisait.

Au départ, vous étiez contre le fait de publier une biographie sur Michel Berger…

J’étais même violemment contre. Et mon éditrice a fini par m’en persuader. Le problème, c’est qu’il y avait une deadline et avec ma vie professionnelle, elle n’a pas été facile à respecter. D’autres éditeurs m’ont aussi demandé d’autres biographies, mais j’ai refusé… Johnny Hallyday par exemple, Bashung aussi. Il y a trop de livres sur ces deux artistes, il n’y a donc aucun intérêt à ce que j’ajoute ma prose sur ces « sujets ». J’ai plutôt le fantasme de faire un film sur la vie du  père Johnny. Je pense que ce serait bien plus intéressant.

yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandorRevenons à Michel Berger. Que s’est-il passé pour que vous finissiez par accepter d’écrire sur lui ?

Mon éditrice voulait un livre sur lui pour les 20 ans de sa disparition. Comme elle l’avait fait pour Bashung, j’ai compris qu’elle allait le proposer à quelqu’un d’autre. Pour Alain, ça ne me dérangeait pas, beaucoup de gens sont légitimes pour le faire, mais pas pour Michel. On ne peut pas l’aborder sans le connaître. Il n’y a pas beaucoup de journalistes qui le connaissaient tant que ça. Vous savez, Michel, c’est un cas et un vrai sujet. Il faut savoir quels ont été son Rosebud, ses rêves, ses frustrations, ses dichotomies, ses problématiques et ses tourments. J’en ai beaucoup parlé avec lui de par nos statuts respectifs. C’était même le sujet de 90% de nos conversations privées et médiatiques. Moi, j’étais la police du rock, lui était le mec que la police du rock avait toujours rejeté. Mais j’étais un de ceux avec lesquels il avait malgré tout un pont. Et puis, je suis le témoin de cette histoire, j’en suis le contemporain et je l’ai chroniqué en temps réel  à la radio, à la télé, dans la presse. J’ai connu France Gall, Véronique Sanson et beaucoup d’autres protagonistes de sa vie tels qu’Elton John ou Johnny…

Et ensuite, qu’avez-vous fait ?

J’ai rappelé Stéphanie (son éditrice) et je lui ai dit : « Si je retrouve les journaux, les cassettes des interviews à la radio et à la télé que j’ai faite avec lui, je le fais ».  Je monte dans la chambre de bonne que j’ai à Pigalle pour entasser une partie de ce qui n’est pas au garde-meuble et là, incroyable coup de bol, la première caisse que j’ouvre contient des cassettes C90 des enregistrements de mes émissions à Europe avec Michel et des tas de documents sur lui et son entourage. Là, je me suis dit que quelqu’un m’envoyait un message. Après, j’ai négocié avec ma femme de pouvoir travailler la nuit et de planter tous nos week-ends. Je m’y suis mis début décembre 2011 et j’ai rendu le texte le 25 mars 2012.

Avez-vous lu d’autres biographies de Michel Berger.

J’ai lu celle de Grégoire Collard. Je le connais bien et il m’a raconté des choses qu’il n’a pas mises dans sa propre biographie. J’ai lu aussi celle de Jean-François Brieu et Éric Didi, qui était la première biographie sur Berger paru en 97. J’ai lu aussi les bios de Gall et Sanson. Il faut faire tout ce travail.

C’est votre première biographie, avez-vous eu peur de ne pas vous en sortir ?yves bigot quelque chose en nous de michel berger,interview,mandor

Tout à fait. Je suis très soulagé aujourd’hui, parce que j’avais peur que ce ne soit pas bien. Si ça avait été nase, je me serais détesté toute ma vie, en plus, j’aurais niqué ma réputation. On peut toujours faire mieux, mais là, je suis content de moi.

Vous avez reçu les témoignages de bon nombre de ceux qui l’ont connu…

J’ai obtenu de nouveaux témoignages apportés par ses musiciens (Janik Top, Serge Pérathoner), ses producteurs (Gilbert Coullier, Jean-Claude Camus), ses amis (Pierre Lescure, Yves Simon, Marc Kraftchik, Jean-Marie Périer, Georges Lang), Bernard de Bosson (président de sa maison de disques), Grégoire Colart (son attaché de presse pendant seize ans), Bernard Saint-Paul (son collègue de bureau, producteur de Véronique Sanson), Philippe Rault (son fixeur à Los Angeles et à New York), Lewis Furey (metteur en scène de Starmania), Vanina Michel (vedette féminine de Hair, et l’une de ses premières compagnes), Philippe Labro (pour qui il composa la musique de Rive droite, rive gauche), Gérard Manset et Françoise Hardy.

Vous dites des choses sur  Michel Berger, France Gall, Véronique Sanson et sur  le dernier amour de Michel Berger qui n’est pas France Gall. Avez-vous fait de la rétention d’information pour préserver des gens encore vivants ?

Il y a beaucoup de choses que je sais et que je n’ai pas dites pour ces raisons et j’ai écarté tout ce qui est de l’ordre des rumeurs dès lors que ça ne m’a pas été dit par un témoin direct. Chaque information a été vérifiée scrupuleusement. J’ai volontairement omis quelques propos parce qu’ils étaient inutilement blessants et ils n’ajoutaient rien à  la compréhension de l’histoire.

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Lors de l'entretien...où beaucoup de choses ont été dites en off. D'une conversation entre deux passionnés découle toutes sortes de propos, pas toujours "publiques".

Pour finir, quelques tubes incontournables de l'artiste...

La plus importante à mon avis, pour bien aborder l'homme et son oeuvre...

Pour me comprendre.

Seras-tu là?

Chanter pour ceux.

Ca balance pas mal à Paris.

Quelques mots d'amour.

Donner pour donner (duo France Gall-Elton John).

La groupie du pianiste - Voyou (live Palais des Sports 83)

Mademoiselle Chang.

Si maman si (en duo avec Coluche).

Splendide hasard (une de mes préférées...)

Les princes des villes.

Le paradis blanc.

Et pour conclure... Une minute de silence (avec Daniel Balavoine sous le regard ému et les commentaires de France Gall).

Commentaires

Très beau papier, et très belle sélection. "Seras-tu là", écrite pour Sanson qui y a répondu par "Je serai là", est pour moi l'une des plus importantes. Et l'album "D'un papillon à une étoile", magnifique du début à la fin, lui rend un sublime hommage.

Écrit par : Sophielit | 15 juin 2012

livre passionnant mais j'ai été très choqué des révélations venant de témoins cités assez valables : France et Michel étaient au plus mal au moment de la mort deMichel et plus vraiment ensemble depuis 4ans, Michel vivait parfois avec une mystérieuse allemande pour qui il écrivait un album -elle a été interdite devenir à l’enterrement - France Gall qui est fâchée avec beaucoup de monde et vit recluse maintenant, était infernale et n'avait cessé de critiquer tout ce que faisait Michel sur leur album 'Double je' lui faisant refaire toutes les chansons.

Michel était épuisé et rongé par le stress, tous ses projets et son boulot, en pleine dépression depuis 2ans, il s'est suicidé plus ou moins en faisant ce match de tennis par 40° à 18H se sachant malade avec des crises cardiaque et du cholestérol,

que France Gall a vécu 18 mois avec Jean-Marie Perrier peu de temps après la mort de Michel....

Écrit par : seb69 | 18 juin 2012

Ce qui m'étonne dans ce cas, c'est pourquoi France Gall continue de faire croire au couple parfait ?

Écrit par : leb. | 03 mars 2013

Je viens de terminer le dernier ouvrage de Yves Bigot. Ce n'est pas du Rimbaud bien sûr !
Mais il me semble que l'intérêt et la richesse de ce livre sont le partage des conditions dans lesquelles les créations musicales de Michel Berger ont émergé, l'ont inspiré. Il s'agit d'un puit d'informations sur les musiciens dont il s'est entouré et qui ont collaboré à ses oeuvres. Il me semble avoir compris que l'auteur de la biographie s'appuie précisément sur la vie, les émotions, la sensibilité, le caractère et les faiblesses de Michel Berger pour mettre en lumière ce qui émanent des superbes textes et musiques qu'il nous a offerts. Je n'ai pas le sentiment que l'ouvrage soit destiné à nous informer de la vie intime des protagonistes de son livre. Et c'est précisément ce qui m'a plu, bien qu'un peu "larguée parfois" quant aux références musicales. Je trouve qu'il s'agit d'un beau travail de recherches, de mémoire, de partage de connaissances musicales et pas des moindres. Je trouve que ce livre nous aide à comprendre les raisons que nous avons d'aimer Michel Berger et sa musique et ses morceaux choisis.
Les artistes "connus" sont des gens comme les autres ....ils vivent, ils aiment, ils pleurent, heureux, malheureux ... On les distingue seulement au fait qu'ils ont du talent ... enfin pas tous.

Écrit par : joy3 | 11 juillet 2013

je ne suis pas rimbaud non plus ! A la relecture, pardon pour mes fautes, au moins une, et ma syntaxe !

Écrit par : joy3 | 11 juillet 2013

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