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05 juin 2012

Caryl Ferey : Interview pour "Mapuche" (prix Landerneau Polar 2012)

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Comme je m’occupe en grande partie des pages littéraires du magazine des espaces culturels Leclerc, j’ai rencontré les deux autres Prix Landerneau 2012. Celui du roman, Maylis de Kerangal (mandorisation ici) et celui de la découverte, Antoine Lorain (mandorisation là). Il ne me restait plus que le dernier Prix Landerneau en date, celui du polar. Il a été décerné à l’excellent Caryl Ferey pour Mapuche.

Je l’ai rencontré au bar du Train Bleu (Gare de Lyon). 30 minutes d’entretien, montre en main. Voici le fruit de cette conversation pour le magazine (et un peu plus encore pour ce blog).

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Le petit plus de Mandor :

Pourquoi y a-t-il toujours une ethnie mise en avant dans chacun de vos polars ? Dans celui-ci, c'est le peuple Mapuche.

J’ai fait le tout du monde à 20 ans. En Nouvelle-Zélande, j’ai été fasciné par les Mahorais, en Afrique du Sud, à travers Mandela, les zulu m’ont intéressé. Ces peuples dits « premiers » m’intéressent. Nous, on a un regard ethnocentrique sur le monde. Eux, ils pensent juste de manière différente, ça ne veut pas dire qu’ils sont mieux ou moins bien que nous. Si on les comprend, on devient moins bête nous même. On élargit notre champ de réflexion.

Quelle image aviez-vous de l’Argentine avant d’y aller ?

Pendant 20 ans, j’ai eu une image déplorable de l’Argentine à cause de la coupe du monde 78. Un copain m’avait parlé de ce qu’il se passait là-bas… la répression, la dictature, l’horreur que subissait le peuple argentin. Ça m’a horrifié. Quand il y a eu la crise de 2001-2002, j’ai regardé comment ils ont réagi et je me suis dit qu’il se passait beaucoup de bonnes choses là-bas. En allant sur place, je me suis rendu compte que c’était un pays génial.

Vous y êtes allé la première fois en 2008.

Oui, j’y suis allé en repérage, sans aucun contact et en essayant de suivre le tourisme. J’y suis retourné en 2010, deux mois en immersion totale à travers le pays, c’était fantastique.

Ce livre est attendu par les gens que vous avez rencontrés là-bas. Notamment par les mères de la place de mai (devenues grand-mères).

Une m’a dit : « Que tu en vendes 10 ou que tu en vendes 10 millions, on s’en moque. Ce qu’il faut c’est que tu parles de ça, que tu fasses un travail de mémoire. »

DSC04033.JPGVous acceptez que l’on dise de vous que vous êtes un écrivain engagé ?

Je suis de gauche, mais je fuis l’idéologie. Le terme « engagé » renvoie à l’idéologie des années 60 ou 70. Je suis de la génération de la crise, j’étais ado dans les années 80, je n’ai pas fait mai 68, le « Grand Soir », je n’y crois pas. Par contre, je suis engagé dans la vie, à fond. Je ne suis pas mou. Mon tempérament est plutôt énergique. Quand je fais une chose, j’essaie de le faire à fond.

Vous êtes fous de musique. Vous écrivez en musique ?

Oui. Je n’écoute que du rock… du rock où tout le monde meurt à la fin.

Vous avez une sacrée bonne réputation dans le monde du polar. On dit de vous que vous êtes le James Ellroy français.

Il y a quelque chose qui m’agace un peu. Plein de fois j’ai entendu avec Zulu. « C’est vraiment bien pour un polar français… parce que le polar français, c’est nul ! ». Je demande à ces gens, souvent, s’ils en lisent. Ils répondent : « ben, non, c’est nul ! ».  Je leur parle donc de certains de mes confrères, comme Antoine Chainas. Ça vaut très largement les Américains. Il y a une toute nouvelle génération des 35-45 ans qui sont très très talentueux, je vous assure.

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Caryl Ferey et Mandor, au Train Bleu de la Gare de Lyon, le 15 mai 2012.

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