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03 juin 2012

François Bégaudeau invité de "La virgule du printemps" à Ozoir la Ferrière

Affiche Virgule de Printemps.jpg

DSC04145.JPGPour l'annonce officielle de cette manifestation, c'est là ou .

Quel con je suis ! Je sais que je vais débattre avec un écrivain de talent. Je sais que nous allons parler littérature et écriture pendant deux heures. Qu’il en sortira forcément quelque chose d’instructif. En l’occurrence, de la part de François Bégaudeau, beaucoup de brillantes considérations sur le sujet. Percutantes. Sans langue de bois.

Et je n’enregistre même pas l’entretien pour le publier ici.

Quel con, je suis !

Pour tout vous dire, il est extrêmement rare d’être face à un auteur qui exprime uniquement ce qu’il pense, au risque de bousculer l’assistance, voire le journaliste qui l’interroge.

Jubilatoire, le fait de tenter d’être à la hauteur d’un tel personnage. De ne pas y parvenir, certes, mais qui permet de sortir des chemins balisés de l’interview.

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J’ai mes automatismes. Quand par exemple je le présente avant de rentrer dans le vif du sujet. J’explique qu’il a eu la mention très bien au bac. Qu’il est écrivain, journaliste littéraire et cinématographique, chroniqueur sportif. Fan de foot. Ancien professeur (de français). Chanteur dans un groupe punk, Zabriskie Point. Qu’actuellement, il est rédacteur en chef adjoint des pages cinéma du magazine Transfuge auquel il fournit une chronique littéraire depuis 2005. Qu’il est réputé être asocial, cynique, habile écrivain maniant parfaitement l’ironie.

Cet homme de son temps, médiateur et médiatique me répond avec diplomatie qu’il ne comprend pas que, lorsqu’on l’interroge, on privilégie l’homme plutôt que l’œuvre. OK ! J’attaque l’œuvre. L’homme a sorti 7 romans et 4 essais. J’ai choisi de m’attarder sur les 3 derniers.

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Le maire d'Ozoir-la-Ferrière, Jean-François Oneto, est passé quelques minutes nous saluer... sous le regard de celui qui est à l'origine de ce café littéraire, Luc-Michel Fouassier.

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9782749530543.jpgTu seras écrivain mon fils (éditions Bréal) : pertinent, insolent, décapant, Bégaudeau livre ici avec humour une vision décalée du métier d’écrivain. Une réflexion autour des rapports parent-enfant quant à l’avenir de sa progéniture.

« Tu as vingt ans, peut-être trente, peut-être au-delà. Tu veux écrire un livre. L’apprenant, certains déploreront une nouvelle fois qu’à notre époque chacun se croie un artiste. Sans doute préféreraient-ils que, plutôt qu’à former des phrases, tu passes tes après-midi au Centre commercial Rosny 2, cédant à ce consumérisme qu’ils aiment fustiger. En tant que démagogue professionnel, je ne vois pour ma part aucun inconvénient à ton projet… ».

Il donne des conseils souvent ironiques à un jeune qui voudrait commencer dans la littérature. Non pardon, qui voudrait se faire passer pour un écrivain.

« Tu seras écrivain si tu parles comme un écrivain; si tu parles de la façon dont on estime que doit parler un écrivain ; si, répondant à une interview, tu puises dans le corpus de croyances, mythes, superstitions, qui depuis deux ou trois siècles ont érigé, sur fond de voûte céleste, une Déesse littérature. »

Il m’a expliqué ce que constitue un écrivain et il a vite conclu que pour le définir,  « on rentre dans une zone d’approximation ». Il fait la différence entre l’expression écrite et la littérature à proprement parlé (cœur du débat), lutte contre l’élitisme du monde de l’art et est gêné par le « pouvoir » d’un écrivain ou d’un chroniqueur, sorte d’homme dressé sur une tribune.

Pourquoi n’ai-je pas enregistré cet entretien.

Quel con je suis !

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Nous avons aussi évoqué, La blessure, la vraie (Verticales) et son nouveau livre, Au Début (Alma). Le public, quant à lui, s’est attardé longuement sur Entre les murs (avant d’être une palme d’or à Cannes en 2008, Entre les murs a d’abord été un roman publié en 2006, le troisième livre de François Bégaudeau. Vif, drôle et juste.)

Merci à François Bégaudeau pour sa franchise et sa gentillesse. C’était un des débats littéraires les plus intéressants que j’ai eu à animer jusqu’à aujourd’hui. Je retire toujours quelque chose d’un entretien… mais parfois un peu plus que d’habitude.

Merci à Luc-Michel Fouassier, d’abord ami et ensuite, délégué à la gestion de l'événementiel littéraire d’Ozoir-la-Ferrière, organisateur du salon du livre de cette ville et initiateur de ce café littéraire. Il me fait confiance depuis des années et ça me touche sacrément.

Merci au public présent d’avoir été attentif et « participatif » à la fois !

(Mais une vingtaine de personnes seulement pour un auteur de cette qualité, cela m’attriste toujours. J’ai animé beaucoup de rencontres avec des auteurs (sommités ou non), dans des salons du livre ou des enseignes culturels. La règle est claire et nette : si tu es une star du cinéma, de la chanson ou de la télé et que tu as commis un livre, du monde tu refuseras. Si tu es un vrai écrivain, considéré un peu comme « intello » (notez les guillemets), monde il va falloir chercher au forceps. Hier, à Ozoir, il y avait la fête du sport…)

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Quelques dédicaces et discussions avec le public.

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Après la rencontre... cool au bar.

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Commentaires

François A (faut-il préciser puisqu'il y avait 2 François dans cette histoire !)... mais non tu n'es pas con... un peu étourdi parfois et surtout un peu fatigué par une activité débordante. Tes articles, tes participations aux émissions Cd d'aujourd'hui, ta présence dans la semaine au jury du festival de Tarbes... bref... tu as été tout de même, encore une fois, excellent intervieweur. Merci à toi !
Effectivement, on aurait pu attendre encore plus de monde mais il se passe tellement de choses à Ozoir la dynamique ! Et puis, c'était w-end de fête des mères...
François Bégaudeau est vraiment un type à connaître. Franc, intéressant, dynamique, plein d'humour. Et aussi passionnant que ses livres... l'oeuvre d'abord !! François Bégaudeau reviendra à Ozoir pour le salon du livre du 24 novembre. Et ça, c'est une super bonne nouvelle ! Et je crois qu'on n'a pas fini d'entendre parler du bonhomme avec un nouveau projet de film qui se monte autour d'un de ses livres...
Vive Ozoir-la-Ferrière qui sait proposer des événements pour tous les publics !

Écrit par : Luc-Michel | 03 juin 2012

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