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13 mai 2012

Isabelle Autissier : interview pour "L'amant de Patagonie"

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Isabelle Autissier, ingénieur agronome, née en 1956 à Saint-Maur, ancienne navigatrice en solitaire jusqu’en 1999, présidente actuelle du World Wild Fund (France), est également connue comme une auteure de talent. Elle a écrit, chez Grasset, une biographie de Kerguelen (2004), Salut au Grand Sud (coécrit avec Erik Orsenna, 2006), Versant Océan, avec l’alpiniste Lionel Daudet (2008), et un roman remarqué, Seule la mer s’en souviendra (2009). Je l’ai interviewé à l’occasion de la sortie de L’amant de Patagonie. En voici la substantifique moelle pour Le magazine des loisirs culturel Auchan (daté du mois de mai 2012).

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Bonus mandorien :

C’est votre 7e livre, mais votre 2e roman.

Je vais jusqu’à dire que L’amant de Patagonie est mon premier roman 100%. Seule la mer s’en souviendra était inspiré d’un fait réel, même s’il était romancé. Là, c’est vraiment de la fiction.

Écrire des livres fictionnels vous taraudait depuis longtemps ?

Je suis une grande lectrice, alors évidemment, écrire un roman est de l’ordre du fascinant. Raconter des aventures vécues n’a rien à voir avec le fait d’inventer des histoires. Avec le roman, on est face à une page blanche et un monde à inventer de A à Z. Je voulais me lancer dans cette aventure, car je me  demandais si j’en étais capable et surtout, j’aime aller voir ailleurs, sortir de ma vie et mes expériences habituelles.

Vous sentez-vous l’âme d’un écrivain ?

C’est en tout cas ma façon de m’exprimer. J’aime les mots, j’aime leur musique, j’aime ce qu’ils portent comme imaginaire. On peut abattre toutes les frontières avec eux.

La mer est présente dans votre livre, moins que dans les précédents, mais quand même… arriverez-vous à vous détacher de la navigation dans vos livres.

Ma vie tourne autour de l’océan depuis longtemps et j’ai toujours eu le sentiment depuis petite fille que ma vie allait se passer là. Ce qu’il y a de bien avec la mer, c’est que l’on peut tout faire. J’ai eu une carrière scientifique, j’ai travaillé avec les marins pêcheurs,  j’ai eu une carrière sportive, maintenant, je suis plus dans le culturel. Je crois que je n’ai pas épuisé toutes les ressources que l’océan peut m’offrir d’un point de vue intellectuel en tout cas.

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En termes d’océans et de navigation, difficile de trouver plus légitime que vous, mais en termes d’écriture, cherchez-vous une légitimité ?

Je serais contente si je gagne cette légitimité. A partir du moment où on écrit, c’est que l’on se vit un minimum comme écrivain et qu’on a envie d’être lu. Bien sûr que la reconnaissance des lecteurs et de ses pairs est importante. Par contre, je n’ai pas forcément envie d’être dans une boite avec marquée dessus « écrivain ».

Le livre fini, quand il arrive dans vos mains, ça vous fait quoi ?

Ça concrétise des mois de travail, d’élan intérieur. L’envie de trouver les bons mots, l’envie d’être comprise. Un livre, c’est un peu un bébé qui va vivre sa vie… dont j’espère qu’elle sera belle.

Vous faites des salons du livre, vous rencontrez quelques écrivains… vous aimez bien ce milieu ?

J’aime bien parler de ce que j’aime, j’aime bien partager, j’aime bien emmener les gens dans ce qui m’a fait rêver moi, dans ce qui continue à me faire rêver. Toutes ces merveilles que j’ai la chance de voir et de vivre, il n’y aucune raison que je les garde pour moi. Être dans le partage et le compte rendu, depuis que j’ai arrêté la course au large, c’est ma façon de vivre et de travailler aujourd’hui.

Faire rêver les gens convient bien à la vie que vous avez menée finalement…

C’est important, il ne faut pas que rêver. Il faut aussi après se prendre par la main et se mettre au boulot, mais tout commence par des rêves.

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