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17 avril 2012

Stéphane Mondino : interview pour la sortie de "1975"

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Beaucoup d’entre vous n'ont jamais entendu parlé de Stéphane Mondino. Je ne le comprends pas tant cet auteur-compositeur-interprète est pétri de talent. Personnellement, je l’ai connu et apprécié en 2004 avec son album Saint Lazare. Depuis, je suis sa carrière qu’il mène en pointillé. Je le considère comme un des meilleurs chanteurs français et par la même occasion, un des meilleurs mélodistes de la chanson pop française. Stéphane Mondino a sorti un nouveau disque hier, il serait bon de ne pas passer à côté.

Grâce à son attachée de presse, Flavie Rodriguez, le 30 mars dernier, Stéphane Mondino est passé à « l’agence » pour répondre à quelques questions sur cet album (et un peu plus).

stéphane mondino,1975,interview,daniel balavoine,mandorExtraits du dossier de presse :

1975, nouvel album à l’image de l’artiste, simple, musical et sans concession. Réalisé en « autoproduction volontaire » par Michel Françoise (Francis Cabrel, Souad Massi…), 1975 saura en séduire plus d’un, pour peu que la curiosité ait encore sa place dans le dictionnaire.

AvantStéphane Mondino fait un premier album St Lazare  (Cargo/Sony), on le voit un peu, on l’entend aussi. De la scène, des premières parties, quelques radios. Et déjà un autre album pointe son nez  Roll Over : « Entrez, pressez-vous, venez voir » mais Stéphane n’est décidément pas à l’aise dans l’ambiance du showbiz. Il reprend sa liberté et ses notes et s’en va faire Les Vents Tourneront ailleurs. Autoprod’ et plans galères, Stéphane a tout traversé… 1975 est là, avec un son, une envie et cette dose de dédain que le rock sait donner. Rock, chanson, pop, folk… c’est du Stéphane Mondino et ça fait du bien.

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Interview :

C’est le deuxième album que tu enregistres avec la collaboration de Michel Françoise. Là, il a l’a réalisé et produit complètement dans « Le sous-marin », son home studio, à Nérac…

Pour mon album Roll Over, il l’avait réalisé, Francis Cabrel l’avait produit. Dans 1975, ce qui est particulier, c’est qu’il a été joué à trois. Michel Françoise a fait des guitares, son fils Tom des batteries et moi des guitares et des claviers.

Est-ce plus confortable de travailler ainsi ?

Oui, c’est bien. Trois, c’est très peu. On n’a pas beaucoup d’instruments additionnels. C’est très roots et très joué. Il n’y a pas de boucles, pas de synthés ou juste une nappe…

Avec Michel Françoise, vous êtes partis dans l’idée de ne faire ensemble que deux chansons, et puis finalement, vous avez fait l’album dans son entier.

On avait vraiment accroché humainement quand on a travaillé sur Roll Over. Il m’a rappelé en me disant qu’il aimerait retravailler avec moi. Il m’a dit de venir le voir à Nérac et on a commencé a bosser sur deux titres pour que je les présente éventuellement à des labels. Je suis arrivé avec 5 titres et, de fil en aiguille, on a travaillé tellement vite et bien, qu’on s’est retrouvé avec assez de chansons pour un album entier.

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Stéphane Mondino entre Michel Françoise (à gauche) et Tom Françoise en avril 2011.

(Photo : Patrick Batard)

Tout à l’heure en « off », je te sentais gêné quand on a évoqué la notion « d’artiste ». Tu ne te sens pas artiste ?

C’est comme si nous, chanteurs, on planait au-dessus d’un monde. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire en fait. Je considère que la chanson, c’est plus un artisanat.

Artisanat/artiste, on n’est pas loin.

C’est vrai. Il n’y a pas d’emphase à ce statut-là.

 

stéphane mondino,1975,interview,daniel balavoine,mandorDans cet album, tu as écrit toutes tes chansons sauf quatre. On a pourtant l’impressionnant que tu en es l’auteur.

Pascal Lanier, il me connait pas mal puisque cela fait quelques années que l’on travaille ensemble. Alain Charbonnier, on se connait depuis 20 ans. Éric Ginhac, par contre j’ai fait sa connaissance récemment. Je dis très vite aux auteurs avec lesquels je travaille quand un mot ou un sentiment ne me correspond pas. Je propose d’autres choses dans lesquelles je me reconnais un peu plus, c’est cela qui doit donner cette sensation d’unité. Par contre, s’ils ont un argumentaire fort pour me faire comprendre pourquoi ils ont choisi tel ou tel mot, je vais me l’approprier et l’assumer. Assumer, c’est le mot principal dans ce métier.

Tu aimes bien quand on ne comprend pas forcément du premier coup les textes ?

J’aime bien que le public fasse un pas. Tout le monde comprend quelque chose dans une chanson, par rapport à sa propre vie et ses influences. Il y a des mots, des associations de mots, des images qui rappellent un moment de nos vies. Ce n’est donc pas la peine de surligner.

Tu n’es pas spécialement un chanteur engagé, et pourtant, il y a une chanson qui s’appelle « Les fantômes » dans laquelle tu évoques l’arrivée au pouvoir du FN ou plus généralement de l’extrémisme.

C’est vrai que je ne fais pas de chansons engagées. C’est difficile pour moi de me servir de la chanson comme tribune. Je n’aime pas les donneurs de leçons dans la chanson. Pour « Les fantômes », je voulais quelque chose de baroque, mais finalement, elle est très premier degré et très sombre. C’est un peu l’exception qui confirme la règle dans mon répertoire.

Je te trouve moins nostalgique que dans tes précédents albums.

Ah bon ! Tu trouves ? C’est la première fois que l’on me dit ça. J’ai une certaine nostalgie, une certaine mélancolie du moment qui vient de passer, du temps qui file, du toboggan sur lequel on est. La chanson qui ouvre l’album, « La vie est là », parle de ça. Le fait de s’arrêter et de ne plus être dans le côté négatif. Pour la première fois, j’ai écrit une chanson pleine de vie sur ce sujet. Même si un jour on doit dire adieu à la vie, prenons le temps de vivre le moment présent.

Tes chansons ne sont pas gaies, il faut bien le dire…

On passe beaucoup dans les mariages (rires). Non, mais ce n’est pas non plus ultra noir.

Disons que je ne lis pas en toi une joie de vivre intense. Mais, ce sont ces chansons-là qui marchent le mieux. Francis Cabrel et Michel Jonasz, ce ne sont pas non plus les rois de la rigolade !

Il y a effectivement un paquet d’artistes qui ne sont pas spécialement joyeux. La culture de la chanson française est sur le mode mineur. On peut vite  partir vers la ligne à ne pas franchir : le pathos à mort.

Nous avons un point commun, nous sommes tous les deux fans de Balavoine. Et nous l’avons rencontré et posé avec lui, la même année. Commente-nous les deux photos où tu es avec lui en 1984.

J’avais 9 ans. Il y avait un jeu de Patrick Sabatier sur RTL qui s’appelait « Une soirée pas comme les autres ». Ma maman à joué et elle a gagné. On a passé la soirée du 30 septembre 1984 ensemble. C’était un rêve, j’étais avec mon idole absolue.

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Stéphane Mondino et Daniel Balavoine le 30 septembre 1984...

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C’est quelqu’un qui t’a influencé dans ta façon de chanter…

J’ai perdu le tic. Quand j’étais ado, j’avais le tic. Je l’avais beaucoup chanté. Il avait un truc de fin de phrase difficile à raconter, mais que j’avais chopé. Quand j’ai commencé à travailler avec des professionnels, ils me disaient d’arrêter cette très mauvaise imitation. L’album Les vents tourneront est dédié à Daniel Balavoine. Pendant longtemps, je n’ai pas parlé de lui. En France, il y a un truc bizarre avec la variété. On a facilement tendance à dire « variétoche » avec tout ce qu’il y a de péjoratif derrière. Balavoine, ça le tuait d’être considéré ainsi et pas comme un chanteur de rock. On sait qu’il ne faisait pas du rock, mais une belle variété très musclée. Et toi, tu l’as rencontré comment ?

(Je lui raconte, en détail, mais tel n’est pas le sujet du jour).

Revenons à nos moutons, tu fais de la variété toi aussi ?

Oui, tout à fait. Je l’assume aujourd’hui. Mais, c’est quand même drôle, il y a certaines chansons en français, on les mettrait en anglais, ça deviendrait de la pop ou du rock. Coldplay, par exemple, on ne dit pas que c’est de la variétoche.

Tu es toujours dans le doute. Pourquoi ?

Oui, c’est chiant pour les gens autour. Je n’arrête pas de dire : « C’est merdique! Ce concert est tellement nul, j’arrête ! Je vais vivre dans le Vaucluse en survêtement dans une maison et je n’en sors plus ! » Bon, en ce moment, je me dis que mon album est pas mal… le fait d’avoir Michel Françoise qui me produise, d’avoir quelqu’un qui me fasse confiance, ça me rassure. Que Cabrel aussi aime mon travail, qu’il produise un de mes albums, oui, ça aussi ça me donne confiance. Les jours sans, je me dis que tout ce beau monde va finir par se rendre compte que je suis un imposteur.

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Francis Cabrel et Stéphane Mondino en octobre 2004.

Je n’ai pas compris qu’après ton premier album Saint-Lazare, tu n’aies pas explosé. C’est un mystère pour moi.

Il y a une part de responsabilité de plein de gens, dont je fais partie. Il y a un moment où on rentre dans le métier, on est produit, on est mal entouré, bref, je ne veux pas revenir vers cette période-là, assez décevante finalement.

Tu n’étais pas très souple, je crois savoir…

Je ne supportais pas la superficialité du métier. J’envoyais tout péter. Je me demandais de quoi on me parlait parfois. Des problèmes qui n’en étaient pas. C’est idiot de ne pas avoir joué le jeu. À partir du moment où on rentre dans un truc qui s’appelle le show-biz, il ne faut pas se plaindre de manquer de liberté. On est dans un système où le but, c’est de vendre des disques. Il fallait que je m’adapte aux lois de cette industrie.

Et aujourd’hui, tout va bien ?

Je suis heureux de la sortie de cet album. Les choses doivent être comme elles doivent être. Si ce disque permet de faire avancer les choses, tant mieux.

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Commentaires

Je ne sonnaissais pas Stéphane Mondino et je dois dire que c'est une belle découverte. J'aime beaucoup ce qu'il fait !

Écrit par : Benjamin B. | 18 avril 2012

j'adore l'univers de Stéphane MONDINO et j'adore "1975"!

Écrit par : Sam | 20 avril 2012

allez stéo je suis de tout coeur avec toi tu sais que j'aime ce que fais et en plus je viens d'apprendre que tu adorais balavoine et moi c'est mon idole alors je te souhaite de réussir avec ce super album "1975"
a plus dom "le pote de max"

Écrit par : lechene | 14 mai 2012

Au hasard de mes promenades musicales via le net, j'ai entendu cette voix, surprenante, troublante même, ces aigus qui nous rappellent ceux de Balavoine.
Et puis on creuse, on fouille, on découvre, on approfondit et on se laisse emporter par la profondeur de cette voix, de ces textes.
Et la magie opère, une grande bouffée d'oxygène, ouffff, il existe encore des anges!
A noter qu'il n'y a pas un album meilleur qu'un autre, on aime ou on aime pas! Personnellement, il est à classer dans la cour des grands, de ceux qui laisseront de belles traces...indélébiles!

Écrit par : lynette | 24 mai 2012

J'espère que ça sera l'année Mondino, c'est tellement mérité, 1975 est un tellement bel album ! Des mélodies et des textes superbes, rien que du beau. J'attends toujours le moment ou je l'entendrai à la radio, ça changerait de tout ce déjà vu qu'on nous passe... Que les gens découvrent l'univers Stéphane Mondino, c'est tout ce que je leur souhaite :)

Écrit par : marie | 25 octobre 2012

C'est l'année Mondino! Stéphane recevra le Grand Prix de l' UNAC (Sacem) de l' autoproduction pour l album "1975" le 18 mars 2013....CLAP CLAP CLAP!!!

Écrit par : sam | 12 février 2013

Ouiii ! Enfin son talent récompensé, c'est tellement mérité ! ça fait du bien, j'espère que d'autres auront la chance de le découvrir grâce à ça ! BRAVO !

Écrit par : Marie | 13 février 2013

Coucou Stephane
Je ne sais pas si tu liras un jr ce message mais sache que ce prix de l' unac est amplement mérité !! Pour ns les fans de la 1ère heure à franconville enfin une reconnaissance...tu n'as jamais baissé les bras c'est ta voie ..c'est ta voix... tu as tellement de talent ça inquiète quelquepart qd on on sait ce qu'on écoute chaque jr malgré ns ... ne lache rien tu racontes des situations tellement justes avec tes mots qui nous font vibrer !! ( tout à fait entre ns 2 si tu pouvais essayer d'être un peu plus gai mais je n 'ai pas le droit de dire ça car c'est toi.......)
merci pour ce que tu nous apporte musicalement , emotionnellement sentimentalement ...
ON T AIME POINT BARRE
plein de bisous

Écrit par : MAMAN DE JULIEN MINEL | 19 mars 2013

Coucou Stephane
Je ne sais pas si tu liras un jr ce message mais sache que ce prix de l' unac est amplement mérité !! Pour ns les fans de la 1ère heure à franconville enfin une reconnaissance...tu n'as jamais baissé les bras c'est ta voie ..c'est ta voix... tu as tellement de talent ça inquiète quelquepart qd on on sait ce qu'on écoute chaque jr malgré ns ... ne lache rien tu racontes des situations tellement justes avec tes mots qui nous font vibrer !! ( tout à fait entre ns 2 si tu pouvais essayer d'être un peu plus gai mais je n 'ai pas le droit de dire ça car c'est toi.......)
merci pour ce que tu nous apporte musicalement , emotionnellement sentimentalement ...
ON T AIME POINT BARRE
plein de bisous

Écrit par : MAMAN DE JULIEN MINEL | 19 mars 2013

Salut Stephane.
Il y a 19 ans tu donnais un concert à Franconville, et j'étais la!!!!
Je suis ton parcourt sur le net régulièrement et suis content de voir que tu t'épanouis sans cet art musical que tu sublime à ta manière.
Je te souhaite le meilleur, car tu le mérite et j'espère que ton public te portera le plus haut possible.

Ps: j'étais......... ton batteur!!!!!!

Seb..

Écrit par : Seb | 27 mai 2013

Stéphane Mondino a reçu en 2013 le grand prix de l'UNAC et de la SACEM du meilleur album autoproduit pour son album 1975. Un beau prix pour un magnifique album.
Venez redécouvrir Stéphane Mondino, en concert aux Déchargeurs tous les mardis à 21h30 du 10 septembre au 17 décembre 2013 :)

http://www.fnactickets.com/place-spectacle/manifestation/Variete-et-chanson-francaises-STEPHANE-MONDINO-DCSTE.htm

Musicalement votre,
Joséphine

Écrit par : josephine vian | 05 septembre 2013

Stéphane Mondino mérite amplement -à mon avis- qu'on s'attarde sur ce qu'il fait, sur ce qu'il est. Il a beaucoup de talents, de facettes... et travailler avec lui est un régal.
On a fait "1975" dans la bonne humeur et avec simplicité.
C'est un album qui aura du mal à vieillir et qui reste pour moi, un des plus chouettes projets que j'ai réalisé.
Forza Stéo !!!...
bizzz
Michel Françoise

Écrit par : Michel Françoise | 25 février 2014

Les commentaires sont fermés.