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31 mars 2012

Dominique A : interview pour "Vers les lueurs"

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(Photo: Julien Mignot)

Voici une rencontre que j’attendais depuis longtemps (même si ce n’était pas ma première avec lui). Dominique A est un maître de la belle chanson française. Beaucoup de jeunes artistes se revendiquent de lui. Il le sait, mais reste humble et détaché par rapport à l’image qu’il véhicule. Fausse ou vraie, cette interview réalisée à l’occasion de la sortie de son nouvel album Vers les lueurs était un bon prétexte pour revenir sur sa réputation et sur son œuvre en général… 

Le 13 mars dernier, nous nous retrouvons en tête à tête dans un bureau de son label (Cinq7). Voici l’interview publiée dans ActuFnac daté du mois d’avril 2012 (dans les magasins FNAC à partir de lundi).

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Voici un avant goût de Vers les lueurs, le premier clip tiré de cet album : "Rendez-nous la lumière".

Un autre extrait de l'album, mais en live... "Par les lueurs".

Bonus mandorien : Avec Dominique A, on a aussi parlé littérature…

Vous n’êtes pas sans savoir que j’anime depuis 3 ans le Salon du Livre de Provins, grâce à David Sottiez et l’association Encres Vives qui me réitèrent leur confiance chaque année. Ce même David a convié l'année dernière Dominique A à chanter à Provins, ville dont il est originaire. Pour l’artiste, c’était un moment unique et troublant… qui lui a donné envie d’écrire un livre. Explications.

Vous sortez  bientôt un livre de souvenirs, principalement lié à votre enfance…  à Provins (en Seine-et-Marne).

Oui, j’ai écrit sur mon rapport à Provins. Un rapport que je qualifierais d’ambivalent. Je n’aurais pas écrit ce livre s’il n’y avait pas eu un problème.

Vous avez eu envie d’écrire ce livre, quand l’année dernière, vous êtes venue à Provins chanter à l’initiative de David Sottiez dans le cadre du festival Encre Vives.

Oui, et cette journée est devenue la dernière partie du livre. Plusieurs fois, je suis revenu à Provins parce qu’il y a quelque chose qui m’attire et en même temps qui me révulse dans la ville et ses environs. Ce que la ville dégage. Cette espèce de solitude, ce truc qui tire vers le bas. Ces vieilles pierres, cette humidité antique. En même temps, j’ai l’impression que cette ambiance correspond à mon état d’esprit vraiment.

Vous vous êtes, je crois, beaucoup interrogé...

Des interrogations sur : Dans quelle mesure un lieu vous modèle ? Quel effet miroir ou non ? Et ce jour-là, le fait de revenir là-bas pour chanter certaines chansons qui étaient en rapport avec Provins, voir la réaction des gens, je vous assure que j’appréhendais beaucoup. Je me suis aperçu que certaines idées que j’avais préconçues sur moi et sur la ville étaient faussées. Cette journée m’a permis de me rendre compte que j’étais dans l’erreur. À la fin, du livre, je suis dans les rues de la ville et je raconte ce que je ressens, ce que je vois et ce que j’en retire. C’est un portrait de la ville peu engageant et, du coup, je ne suis pas sûr que les Provinois apprécieront particulièrement. Je ne pense pas que l’office du tourisme de Provins mettra en avant ce livre. Après je serais ravi de revoir David pour en parler et participer éventuellement au Salon du Livre de l’année prochaine. Il faut voir…

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Avec Dominique A, dans les locaux de sa maison de disque, Cinq7 le 13 mars 2012.

30 mars 2012

Revolver : interview pour "Let Go"

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Le 12 mars dernier, je me suis rendu dans les locaux d’EMI, afin d’aller interviewer les 3 membres du groupe Revolver.  J’aime bien musicalement et humainement ces jeunes hommes particulièrement matures et talentueux. Voici le fruit de notre conversation pour ActuFnac (daté du mois d’avril 2012 et dans les FNAC à partir de lundi).

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Pendant l'interview...

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Après l'interview, avec la participation amicale et discrète de David Robert Jones.

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Pour finir, le premier clip de Revolver tiré de ce deuxième album, Wind Song.

29 mars 2012

Colline Hill : interview pour la sortie de "Wishes"

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Voilà une jeune femme qui aime et qui joue les rythmes universels de la Folk, la Country et le Blues. Pour être clair, la Bretonne exilée en Belgique s’adonne avec bonheur et profondeur à une folk moderne aux accents "poppy".

Son premier album de Colline Hill, Wishes, c’est « autant de souhaits qui sont égrenés avec force sur cet album. À l’écoute du premier album de Colline Hill, on s’imagine déjà roulant sur l’une de ces routes du Texas ou de la Californie, ivre de liberté et d’insoumission, en quête d’authenticité et de vibrations... la voix de Colline Hill n’est pas sans rappeler celle de l’icône de la Folk, engagée par essence, Joan Baez » dixit le dossier de presse.
Ce qui est certain, c’est que ses chansons transportent loin.

J’ai voulu rencontrer Colline Hill pour comprendre les voyages que sa voix nous impose. Lors de son dernier passage parisien, la chanteuse musicienne est passée à « l’agence ». C’était le 16 mars dernier, la veille de sa première partie au Bataclan du groupe America.

Colline Hill a une forte personnalité et n’a pas la langue de bois. Quand elle répond à mes questions, elle ne fait pas semblant… j'ai beaucoup apprécié cette rencontre vraie.

Pour commencer, voici le premier clip tiré de cet album, "Someone left before me".

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423837_2752541894377_1282537313_32107532_1081550421_n.jpgInterview:

Raconte-nous ce que tu faisais avant d’être artiste.

J’ai deux masters de droit. J’en ai un en science criminelle et carrière judiciaire et un en victimologie. Je me suis demandée ce que j’allais faire avec ces deux diplômes-là, j’ai donc fait un break. Ça me ressemblait d’une certaine manière et en même temps ce milieu-là ne me plaisait pas des masses. J’ai trouvé ma branche dans la « victimo ». Je voulais être utile et servir à quelque chose. Ça m’a bien plu, mais je ne pouvais pas faire cette activité longtemps parce que j’avais la fibre artistique qui me titillait tout le temps.

Pendant cette période-là, tu jouais parallèlement de la musique ?

J’étais pianiste classique de 8 à 15 ans et puis j’ai arrêté parce que j’ai fait aussi beaucoup de sport au niveau national. J’ai été championne de France de tennis de table (clubs laïques). Il fallait que je choisisse entre mes activités sportives, les études et la musique. J’ai donc laissé de côté la musique quelques années. A l’âge de 17 ans, lors de ma première année de fac, j’ai fréquenté un pub irlandais qui venait de s’ouvrir. Étant bretonne, la musique celte m’a toujours attiré. Et principalement les ballades irlandaises. La patronne du pub m’a entendu fredonner beaucoup de ballades et elle a fini par me dire que le vendredi il y avait des sessions ouvertes à celles et ceux qui le souhaitaient. Elle m’a dit : « Tu peux faire de grandes choses avec ta voix et avec l’univers que tu as, tu peux aller très loin ». J’ai commencé comme ça. Par un encouragement qui a changé la donne.

Ensuite, tu t’es mise à la guitare.

Oui, il y a 7 ans. Tout le monde pensait que c’était un peu tard, mais j’ai persévéré. Il n’est jamais trop tard pour apprendre. J’ai « pondu » mes chansons à la guitare et ça n’a pas trop mal réussi.

"Where you are" par Colline Hill dans l'émission "Service Compris" du 02 mars 2012 sur Télé Mons.

Quand as-tu eu le déclic pour ne te consacrer qu’à la musique?

J’ai toujours bien fait les jobs dans lesquels j’évoluais parce que j’ai un tempérament assez leader et ambitieux. Tout ce que j’entreprends, j’ai tendance à vouloir devenir « number one », alors, il y a un moment où tu es crevée et où la machine ne suit plus. On ne peut pas tout faire. J’ai donc choisi une unique activité. La musique, mais à fond.

Au grand plaisir de tes parents, je suppose.

(Sourire). Mes parents rêvaient d’autre chose pour moi. J’ai fait études de droit et je me  dirigeais vers une carrière d’avocat, tu imagines la déception. Mon père est animateur dans une chorale, il chante tout le temps, du matin au soir, mais ma mère est plus pragmatique, très droite, le prix de l’effort et du travail en toile de fond. Imprégnée de ça, il y a une espèce de culpabilisation et de culpabilité chez moi de partir dans un métier où je me ferai juste plaisir. Du coup, j’ai un petit diable qui me dit « il faut que tu y ailles » et un petit ange qui répond « ce n’est pas sérieux ».

Encore aujourd’hui, tu culpabilises?

J’essaye de tuer l’ange. Mais, c’est difficile quand on a 30 ans. On te demande : « Et maintenant, tu fais quoi ? ». Tu réponds que tu fais de la musique et on comprend que c’est le week-end en dehors de ton « vrai » boulot. C’est le lot de plein d’artistes qui ont commencé sur le tard et c’est dur. Dans mon choix, j’ai bien conscience qu’il y a une part de folie.

Tu le vis bien ?

Ce n’est pas facile tout le temps. C’est un changement de vie et de conditions financières. On sait ce que l’on perd et pas ce que l’on retrouve, mais psychologiquement, je suis beaucoup plus heureuse maintenant que lors de mes années « juriste ».

Tu as pu enregistrer ton premier album grâce à un site participatif belge, Aka Music.

831 personnes ont versé une somme suffisamment conséquente pour que je puisse faire un album dans de bonnes conditions. Il y en a qui ont mis 5, 15, 1000 ou même 3000 euros. C’est incroyable ! J’ai obtenu 50 000 euros. J’en ai utilisé 15 000 pour produire un premier EP. Et le reste pour l’album en lui-même. Outre l’argent qui était versé, j’adorais voir les commentaires sur mes chansons. C’était très élogieux et c’est encourageant pour continuer.

Version acoustique de "From now" (titre tiré de l'album Wishes) avec David Vermeulen (guitare) et Hugo Adam (cajon).

Ton album est super bien produit.

Il est produit par Stewart Bruce, l’arrangeur connu pour son travail au Real World Studio et ses collaborations avec Peter Gabriel, Kate Bush, Clarika. On a fait cet album tous les deux pendant 10 jours en Angleterre. Lui, avant d’être arrangeur, il est aussi musicien. Il a joué beaucoup d’instruments, batterie, basse, guitare électrique et moi beaucoup d’instruments acoustiques. Je suis très contente du résultat. L’album a un son terrible.

Peut-on dire que c’est un album folk ?

Oui, avec une touche pop. Mais ma voix est faite pour le folk.

 

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Tu fais demain la première partie d’América au Bataclan. Un truc de dingue !

J’adore ce que ce groupe représente. Les années 70 et ce folk mythique… les pattes d’eph, les cheveux longs, cette espèce de truc à la Woodstock. J’ai l’impression que je ne suis pas née à la bonne époque.

Tu m’as l’air en tout cas très déterminée à réussir ta vie de chanteuse.

Je ne lâcherai rien tant que je ne serai pas là où j’ai envie d’être. Je sais que je vais en prendre plein dans la figure, que je vais avoir des déceptions, que je vais déguster, mais je ne lâcherai rien.

Je te sens presque impatiente.

Je sais qu’il faut que je prenne mon « bien » en patience. Je suis aussi quelqu’un de très angoissée. On a du budget, mais pour un temps limité, donc il faut que les choses et les évènements ne tardent pas trop. On a un album et puis quoi ? Que va-t-il se passer après ? Les anxieux sont toujours dans l’anticipation. Et moi j’anticipe sur les 6 mois qui arrivent. Il faut que je sache où je vais… je préfère bosser pour moi. J’ai été efficace pour les autres alors je me dis que ce serait bien que je sois efficace pour moi.

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Pour en savoir encore un peu plus, en son et en image... Voici le reportage retraçant les étapes de réalisation de son 1er album "Wishes" (Universal/ Février 2012).

28 mars 2012

Mary* : interview découverte !

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Mary*, je l’ai découverte par le biais de Christian Garcia, le vice-président du Pic d’Or (dont j’explique ici pourquoi il m’a demandé d’être membre du jury de l’édition 2012). Mary*, c'est un peu son année. Elle est la lauréate de l’édition 2011 du Pic d'Or et des Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011. La jeune femme a du talent, c’est incontestable. Et avec sa voix, sa guitare et son sampler, un style original. Je suis assez d’accord avec sa présentation officielle : « Elle a forgé son style, animal, au corps à corps avec sa guitare, elle gratte, tape, pince, va même jusqu'à chanter dans la rosace de l'instrument, invite la beat box et s'installe alors une joute jubilatoire avec la machine. »

Je l’ai reçu dans les locaux de « l’agence », le 14 mars dernier, pour une interview… avant de la découvrir, voici son tout premier clip. Simple et beau.

Il me tarde de MARY*. Réalisation : Safia Hadjhadjeba

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Interview:

Ton premier album éponyme est spontané, urbain, habité, frais et quelques perles comme « il me tarde », « A l'encre noire », ou l'africanisant « Restes de toi » valent amplement que l'on s'y attarde. En l'écoutant attentivement, je trouve que ta plume est « trempée dans l’encre noire » comme tu le chantes, d’ailleurs.

Le disque que tu as date de 2010, mais a été enregistré en 2008. Beaucoup des chansons présentes dataient de quand j’avais 16 ans. (Rires). Il y a des textes, aujourd’hui, je n’ai plus l’aplomb de les défendre. J’ai grandi depuis… Il y en a quatre que je réenregistrerais bien pour un EP.

Tout ce qui t’est arrivée cette année est très encourageant, non ? Tes victoires au Pic d’Or 2011 et aux Talents Acoustiques de TV5 Monde 2011…

Christian Garcia, le vice-président des Pic d’Or m’a repéré pendant le concours. Ensuite, après avoir été lauréate, il s’est un peu occupé de moi. Il fait office de manager non officiel et il le fait bien.C’est lui qui m’a incité à m’inscrire aux Talents Acoustiques de TV5 Monde. Et j’ai gagné, comme par miracle.

Mary* remporte le Pic d'Or 2011. Le jury était présidé cette année par Arnold Turboust et parrainé par François Jouffa.

Mary* remporte Les Talents Acoustic 2011 / TV5Monde.

mary*,interview,pic d'or,mandorÇa doit te rassurer sur ton potentiel.

C’est arrivé au moment où j’allais lâcher l’affaire. Cerise sur la gâteau, j’ai été convié à jouer à l’Olympia le 8 mars dernier pour la 6e édition du Prix Génération Réservoir. J’ai joué juste un morceau, mais j’en ai fait un moment de kif absolu.

Que fais-tu pour te faire remarquer par les professionnels ?

C’est le problème, je suis une piètre auto manageuse. J'essaie quand même de faire beaucoup de tremplins. Je le répète, ma rencontre avec Christian Garcia a été décisive et il m’a ouvert quelques portes. Comme la tienne d’ailleurs.

Comme je suis membre du jury de la prochaine édition du Pic d’Or, c’est vrai que j’ai écouté avec une attention particulière… un peu dans l’esprit « quel genre d’artiste à gagné l’année dernière ? ». Je t’ai trouvé une originalité et un talent suffisamment conséquent pour que j'ai le désir de te rencontrer. J'ai même beaucoup apprécié, pour être franc. Parlons de la scène, à présent. Le fait de chanter seule avec une guitare et un sampler, ça facilite les choses pour trouver des endroits ou jouer?

Les programmateurs me le disent souvent. Pour les premières parties par exemple, c’est idéal. J'ai eu la chance de faire celles de Alexis HK, La Rue Ketanou, Tété, Amadou & Mariam, Les Ogres de Barback, Pauline Croze, Fred, Rose, Vincent Delerm, Camille Bazbaz, Victoria Tibblin, Camélia Jordana, Olivia Ruiz, Féfé, Brigitte... En juillet dernier, j’ai fait aussi la première partie de Christophe Maé.Honnêtement, j’ai été bluffé. Lui et ses musiciens sont hallucinants. Les 11 000 personnes étaient conquises par l’énergie que cet artiste dégage.

Intégralité du concert de Mary* le 9 juillet 2011 en première partie de Christophe Maé au parc Eana, à Gruchet-le-Valasse (76).

mary*,interview,pic d'or,mandorGrande question métaphysique. Pourquoi es-tu pieds nus sur scène ?

C’est pour gérer au mieux mon sampler, ce n’est pas du tout pour faire style, comme beaucoup pensent à cause de mes dreadlocks. Les premières scènes, j’étais en basket, mais bon… vraiment, je gère mieux mes repères sur le sampler pieds nus.

Dans tes textes, le sens a de l’importance, bien sûr, mais le son aussi. J’ai l’impression qu’il faut que ça sonne avec ta musique. Le son des mots à travers la voix viennent servir la musique, un phrasé soul, des rythmiques groovy, un chant aux accents afro hip hop, des ambiances trip hop.

J’essaie vraiment d’allier la sonorité et le texte. Cela étant, on m’a proposé de travailler avec un ou des auteurs, mais je ne me sens pas la maturité d’interpréter les chansons des autres. Je ne me prétends pas chanteuse, mais musicienne. Avec le temps, j’assumerai peut-être plus l’ensemble de ce que je forme.

Dans la chanson « L’encre noire », (écrite par l'artiste 10Vers et interprétée avec lui), on entend cette phrase :« c’est maladif d’écrire ce que l’on a du mal à dire ».

Oui, il y a effectivement une forme d'exutoire. C’est aussi l’explication de l’astérisque qui est derrière mon nom de scène, Mary*. C’est un peu la Marie funky, donc elle devient Mary*, la face cachée de la fille que je suis. Ce n’est pas la Marie de tous les jours. Je trouve génial le nota bene… mettre un mot, mais renvoyer à une autre idée.

Tu sens un vrai phénomène de schizophrénie entre Marie et Mary* ?

Face à ma feuille, j’ai un peu cette sensation. Du coup, je m’en veux de ne pouvoir cracher qu’à ma feuille ce que je ressens. Les sujets dont je parle dans mes chansons sont vraiment intimes, même s’ils sont universels. Je parle d’amour, l’enfance, la famille… rien de bien original, mais c’est son traitement et les choses dites qui sont personnels. Devant une feuille, je n’ai plus peur de dire.

Quand tu écris, faut-il que tu sois dans une énergie positive ?

Pas forcément. Ma plume va mieux pour dire ce qui ne va pas que pour dire ce qui va bien. Je trouve extrêmement difficile d’écrire sur le bonheur éclatant.

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Mary* sera sur la scène du Théâtre des Nouveautés de Tarbes le 26 mai 2012, soir de la finale du Pic d'Or 2012, pour un mini concert! Que je ne verrai pas, car elle jouera lors de la délibération du jury (pour décerner le ou la lauréate de cette année)…

26 mars 2012

Sandrine Roudeix : interview pour "Les petites mères"

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C’est un joli roman que celui de Sandrine Roudeix. La famille, les non-dits, la communication difficile, la transmission qui ne l’est pas moins… Les Petites Mères chamboulent le lecteur. M’ont chamboulé moi, en tout cas.

Après avoir chroniqué ce livre aussi noir que délicat, j’ai donc souhaité rencontrer cette auteur(e) (néanmoins photographe réputée), le 9 mars dernier, pour une mandorisation en règle dans "mon" agence.

Portrait :

D'origine espagnole par son arrière-grand-mère, Sandrine Roudeix passe son enfance à Toulouse, fait ses études à Bordeaux et sa vie professionnelle à Paris. Elle travaille d’abord dans l’édition avant de devenir journaliste, puis photographe et romancière, ses deux passions.

Après un premier roman, Attendre, où Sandrine Roudeix abordait la question de l'identité à travers les enjeux d’une naissance, elle explore dans Les Petites Mères, son dernier titre paru aux éditions Flammarion, les conséquences de la transmission mère-fille.

Voici ma chronique de Les Petites Mères paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de Mars 2012).

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sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandorInterview :

Revenons sur votre parcours, en quelques mots.

J’ai fait un bac scientifique, math-physique, plus une prépa HEC, plus une école de commerce, plus une fac de Lettres. En fait, dès le départ, je voulais travailler dans la littérature. Je suis issue d’une famille un peu populaire, un peu modeste qui disait : « Travaille ma fille, la littérature, ça ne fait pas vivre !  Le commerce, c’est bien. » Tout ce qui est associé à la culture n’était ni la culture de la maison, ni l’espoir de la maison.

Vous êtes rentrée chez Gallimard après vos études en 1996.

J’ai travaillé un an dans cette maison, je m’occupais du marketing chez Folio. J’ai fait d’ailleurs du marketing pendant 10 ans, chez Gallimard, chez 10-18 et au Seuil. Au bout de 10 ans, j’ai fini par me rendre compte que je m’étais trompée de voie. Je suis devenue journaliste pendant un an à Livres Hebdo, après j’ai fait des portraits d’écrivains et de musiciens pour le Nouvel Obs Paris. Toujours dans la culture, quoi !

Ça se tient comme parcours (que l’on peut découvrir plus en détail là !).

Je suis partie d’un entonnoir, j’ai tâtonné parce que  je n’osais pas encore m’avouer que je voulais aller vers la littérature directement.

Mais comment en êtes-vous venue à la photo ?

Au bout de six mois au Nouvel Obs Paris, je leur ai dit que je pouvais aussi leur faire des photos. Ils ont accepté. Je n’ai pas de formation photo. Je suis juste partie voyager autour du monde toute seule avec mon appareil photo, après ma cassure du monde du marketing et de l’édition.

Vous avez photographié Raymond Depardon et vous connaissez bien Jean d’Ormesson. Vous ne vous mettez pas un peu de pression dans chacun de vos domaines de prédilection ?

C’est très motivant, au contraire. Et moi, venant d’un autre milieu et d’un peu loin, cette reconnaissance est la preuve que tout est possible. En toute modestie, j’ai envie de suivre leur chemin. Pour Les petites mères, Jean d’Ormesson a été le deuxième à m’appeler, après ma mère. Il m’a dit avec sa petite voix chevrotante : « Sandrine, j’ai trouvé ça déchirant, mais déchirant ».

sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandorVotre premier roman, Attendre, vient tout juste de sortir en poche.

C’est génial. Je connais très bien les rouages d’une maison d’édition. Ça veut dire que ce livre va durer un peu plus longtemps. Attendre, c’est mon premier roman, mais Les Petites Mères, c’est encore plus mes tripes.

Dans vos deux romans, il n’y a pas de grands paysages, on est plutôt enfermé.

J’aime les espaces clos dans les romans. Dans la contrainte, je trouve qu’on est beaucoup plus créatif. La difficulté avec Les petites mères, c’est que je voulais raconter cette malédiction familiale, matriarcale, transmission mère/fille qui ne se passait pas très bien, dans une seule et même journée. Je ne voulais pas que les gens s’emmerdent parce qu’elles sont beaucoup dans les réminiscences du passé et dans les télescopages de leurs espoirs et leurs déceptions. Il fallait que ça soit tendu, j’ai donc travaillé cette tension-là en essayant, pour chacune des petites mères, d’avoir un enjeu dès le départ, une interrogation. Yann Queffelec m’avait dit un jour : « S’il n’y a pas d’énigme dans un livre, c’est du foutage de gueule pour les lecteurs ». Ça m’a marqué, moi qui ne suis intéressée que par le côté psychologique et les liens, du coup, dans mes romans immobiles, j’ai décidé d’inclure énigmes et résolutions.

Vous parlez dans vos romans de transmission, certes, mais aussi du poids de l’héritage et sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandordes répétitions de génération et génération.

Les parents et les grands-parents font ce que l’on est aujourd’hui. Si on ne comprend  pas ça, on n’a rien compris à la vie. Dans Les petites mères, j’ai voulu montrer que chaque petite mère ne fera pas pareil que sa propre mère avec sa fille. Je dresse le constat que, finalement, on ne fait jamais bien.

Il n’est pas exagéré de dire que ce que vous écrivez est très largement inspiré des évènements de votre vie personnelle.

En fait, comme pour Attendre, il y a un gros côté autobiographique, mais je suis issue d’une famille de taiseux, j’ai des bribes, mais tout n’est pas dévoilé sur mon histoire familiale. La littérature m’a permis d’inventer les fils qui relient chaque information que j’ai pu glaner petite ou plus récemment. Dans Attendre, je raconte une naissance non désirée. Je me mets tout à tour à la place de la petite fille qui attend son père qu’elle ne connait pas, de la mère qui, deux ans plus tôt, veut dire à sa fille qui est son père. Je traite la question de l’identité. Qui on est par rapport à un père et une mère qui ne nous ont pas voulu. La fin du livre se termine au moment zéro de la naissance. En vrai, je connais la conséquence, je connais le fait, mais je ne connais pas l’entourage. J’invente donc.

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Est-ce que votre mère à lu Les Petites Mères ?

Oui. Elle a été bluffée que j’écrive des choses dont elle était certaine que je ne savais pas et que la littérature m’a fait découvrir, mais sans m’en rendre compte. On sait toujours ce que l’on porte en soi.

Était-elle au courant que vous écriviez ce genre de livre ?

Oui, je ne lui ai jamais caché, mais je ne lui ai pas fait lire avant, ni l’un, ni l’autre. Toute modeste qu’elle soit, c’est une grande lectrice. Elle a tout à fait compris que mes livres étaient des objets littéraires, que c’était des livres et qu’il fallait les prendre comme tels. Du coup, elle ne se sent presque pas visée. J’ai trouvé cela très intelligent.

Parlons des hommes dans Les petites mères. Ils n’ont pas le beau rôle…

C’était le sujet puisque je voulais traiter le matriarcat. Le matriarcat = pas d’homme. Soit parce que les hommes sont absents, soit parce qu’ils sont méchants. Les petites mères ont choisi les mauvaises personnes et elles ont été très abimées. Je ne dis pas que tous les hommes sont des salauds, mais dans cette famille-là, ils l’étaient tous. La plupart des gens disent à mon éditeur et à mon attachée de presse que c’est hyper sombre et hyper noir. Je pense plutôt que mon roman est très noir, mais surtout qu’il est très proche du commun des mortels et que c’est un peu dérangeant. Si on gratte dans chaque famille, on peut trouver des accointances avec ce que je raconte dans ce roman. En fait, dans mon livre, il y a un message d’espoir : on peut croire qu’il y a une répétition et une malédiction, mais malgré tout, on peut s’en sortir et avoir une prise de conscience pour ne pas reproduire le schéma. Chacun fait comme il peu, mais chacun peu, à un moment donné, s’échapper.

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Avez-vous peur qu’on ne comprenne pas ce que vous avez voulu exprimer.sandrine roudeix,les petites mères,interview,mandor

Non. Ça ne se dit pas, mais je n’écris pas pour le lecteur, j’écris pour moi. J’écris parce que ça me semble important. J’ai voulu comprendre le processus de la transmission mère/fille. J’ai voulu tout désarticuler sur ce sujet pour essayer d’en saisir les nuances et tout mettre à plat.

Et ça va mieux aujourd’hui ?

Je comprends que vous insinuez que ce roman a remplacé un psy. Ce n’est pas tout à fait exact dans mon cas, parce que je ne peux écrire sur un sujet que lorsqu’il est réglé pour moi. C’est le seul moyen, encore une fois, d’en faire un objet littéraire.

Y a-t-il un rapport entre votre façon de photographier et votre façon d’écrire ?

Vous ne croyez pas si bien dire. Quand j’écris une scène avec plusieurs personnages, je m’amuse à les faire tous parler à tour de rôle, à la première personne du singulier. C’est vraiment comme un travail photographique. J’ai mon appareil photo. Je fais une photo d’un côté, et comme un chat, je tourne autour de mon sujet. En littérature, c’est pareil, j’essaie de me mettre dans tous les angles de vues possibles pour comprendre une psychologie et qu’il y ait à la fois de l’adhésion et du rejet.

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Portrait en ouverture d'interview : Alain Delorme

Les autres portraits : Sandrine Roudeix

Les photos à l'agence: bibi

23 mars 2012

Music is not fun : interview pour "Nuit et Jour"

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Photo © Abdelawaheb Didi / Pbox / Believe 2011

Music Is Not Fun est à l’honneur chez Mandor aujourd’hui. Le 28 février dernier, le trio lyonnais est passé à MusiqueMag pour nous interpréter 3 titres en acoustique et pour répondre à quelques questions. Afin que vous en sachiez plus sur Guillaume Herrero Chapelle, Valentin Ducommun et Julien Bloch, je vous propose ma chronique sur le disque, publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de mars 2012).

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Voici 3 titres en acoustique (2 extraits de l'album et une reprise de la Mano Negra)...

Quelques photos de la session... signé bibi.

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Après une session chez nous, généralement, je m'adonne à une interview flash. La voici. C'est en grande partie, Guillaume, le chanteur qui répond.

À la sortie de votre premier disque, British Rendez-Vous en 2009, vous disiez que vous étiez Lyonnais d’origine, mais londonien de cœur. Ce deuxième album, Nuit Et Jour, est chanté entièrement en français, donc est-ce toujours le cas ?

Le premier disque était une forme d’hommage à nos influences anglaises, avec une pointe d’humour. Sur Nuit Et Jour, le but était aussi d’être plus honnête avec nous-mêmes et de faire écouter ce que nous sommes vraiment. Là, il y a un mélange d’influences que l’on n’avait pas pu montrer dans le premier. Le but était d’avoir un texte en français et une façon de jouer avec nos influences anglo-saxonnes.

Quand on chante en Français, est-ce que ça oblige à composer différemment ?

Ça nous a juste permis d’avoir plus de liberté artistique. Avec un public français, si on écrit en anglais, on est obligé d’écrire des chansons immédiates, très simples, très « pop ». En français, on a pu faire des chansons dans lesquelles on pouvait partir dans plus de directions.

En français, doit-on faire plus attention aux textes ?

Non, même en anglais, nos chansons avaient du sens. Le sujet était différent. Le premier album parlait de l’Angleterre et un peu de tous les groupes qu’on avait aimés. Ce nouveau disque parle plus de notre expérience en tant que groupe et de notre vie sur la tournée.

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Ça parle aussi des filles, de sexe et d’amour. Malgré ces sujets qui peuvent paraître légers, j’ai décelé en vous beaucoup de mélancolie. Une mélancolie étonnante pour votre jeune âge.

Les textes parlent de la sortie de l’adolescence. Ca rend un peu mélancolique. Il y a effectivement le sexe, les frustrations, la mélancolie, l’envie et la recherche de soi. On parle aussi des montagnes russes émotionnelles que l’on a pu traverser ses deux dernières années après la sortie de notre premier disque. On joue dans des salles qui sont pleines à craquer, où c’est la folie et le lendemain, on rentre chez nous et on ne sait plus trop qui on est.

Le groupe existe depuis 2006, avez-vous la sensation que cet album-là va vous permettre d’enfin décoller ?

Ce n’est pas encore bien concret. On est très content, le clip de « Nuit et jour » passe beaucoup en télé, on a beaucoup d’articles dans la presse, mais ce qui nous permet de nous rendre compte d’un frémissement de quelque chose, c’est la tournée. Elle vient tout juste de démarrer, ça marche bien, mais c’est un peu trot tôt pour se prononcer réellement. On croise les doigts.

Sur scène, c’est quoi Music Is Not Fun ?

Il y a plus de liberté et c’est plus rock et il y a forcément plus d’énergie.

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Finissons avec le premier clip tiré de l'album, Nuit et jour(réalisé par Alex SKARBEK)

(Merci à Carine Chevanche pour l'organisation de la rencontre et pour les photos de l'interview...)

22 mars 2012

CD'aujourdhui : M Pokora pour "A la poursuite du bonheur"

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m pokora,à la poursuie du bonheur,interview,cd'aujourd'hui,mandorLundi dernier, M Pokora a sorti un 5e album qui embrasse plusieurs courants musicaux. Il s'est entouré d'une nouvelle garde rapprochée. Particulièrement éclectique, celle-ci est composée de Mathieu Mendes, Soprano, Corneille, The Bionix, Fred Château, Julien Comblat, Joe Rafaa...

Les 14 autres chansons de l'album sont beaucoup plus chantées et mélodieuses. Néanmoins, M Pokora ne laisse pas tomber ce qui reste de son genre musical. Si son répertoire n’est pas ma tasse de thé, je ne compte plus mes mandorisations avec lui. Je l’aime bien humainement.

En 2007, je lui ai écrit une lettre, ici.

J'ai aussi participé à une de ses conférences de presse en février 2008 (et je goûte pourtant peu cet exercice).

Enfin, je l’ai interviewé aussi pour son précédent album.

Le jour de la sortie de l’album, le CD’Aujourd’hui lui était consacré. Pour voir l’émission, c’est ici!

Et voici quelques photos de la session acoustique...

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Après l'interview.

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Le 6 mars 2012 dans un studio d'enregistrement de Colombes.

21 mars 2012

Garance : interview découverte !

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(Crédit : Magali Tifiou Fernandez)

Garance est une jeune chanteuse que j’ai découvert par hasard sur la page Facebook d’un de ses musiciens, qui est aussi un ami, Fred Féraud. J’ai regardé deux extraits d’un récent concert et j’ai beaucoup apprécié (et immédiatement, ce qui chez moi est rare). Fraîcheur, ironie, second degré, une voix aussi belle que la plume.


Peut-être par garancemusique


Les idées rock par garancemusique

J’ai envoyé un message à Fred en lui disant tout le bien que je pensais de la chanteuse avec laquelle il bossait. L’idée de la mandoriser n’a pas mis longtemps à germer. Aussitôt dit, aussitôt fait, la jeune femme est venue avec Fred à mon agence, le 8 mars 2012 dernier.

Je me suis amusé à compléter la biographie officielle de Garance avec des extraits de son interview :

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29154_406127603517_305792583517_4123841_4344335_n.jpgÀ l'âge de 18 ans, elle écrit, joue, chante et met en scène des pièces de théâtre, danse dans des créations.

- J’ai toujours chanté, mais ma vocation première était de faire du théâtre. À l’âge de 18 ans, quand je suis arrivée à Paris, c’était pour m’adonner à cette activité artistique. J’ai suivi les cours Florent, puis j’ai monté ma propre compagnie, j’ai joué,  mis en scène et écrit des pièces. Mes premières chansons, je les ai écrites un peu par hasard sans vraiment me dire que j’allais en faire un métier.

De ce travail se dégage peu à peu le besoin de faire passer les émotions à travers ses propres mots. C'est naturellement que la guitare s'impose pour donner vie à des mélodies toujours rythmées par la cadence du texte. En 2006, les premiers concerts ont lieu avec Brams, lui aussi auteur compositeur, et pendant 2 ans le duo baptisé « Garance et Brams » se produit dans des cafés-concerts et enregistre l'album "Repose ta veste".

- On était copains au lycée. Un Noël d’il y a 6 ans, nous nous sommes revus. Lui composait déjà et moi je chantais. On a décidé de jouer ensemble. On a fait beaucoup de concerts. Quatre par semaines dans tous les bars de Paris. On était super motivés et c’était une école de la vie formidable et formatrice. Capter un public qui ne vient pas spécialement voir un concert, ce n’est pas évident. On a fait ça pendant deux ans. Ça m’a donné envie de continuer, mais dans des salles plus importantes et surtout, d’y consacrer ma vie de manière plus professionnelle. Avec Julien, nous n’avions pas tout à fait les mêmes ambitions, donc, j’ai décidé de poursuivre seule en faisant des concerts en solo ou avec un guitariste.

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37227_413649418517_305792583517_4318163_1440471_n.jpgEn 2008 Garance débute donc une série de concerts dans sa nouvelle formule. Elle présente son guitare-voix dans les salles parisiennes et ailleurs en France.  Elle sort en 2010 un album éponyme comprenant 8 titres.

-Il n’est plus trop représentatif de ce qu’on fait aujourd’hui en concert. De plus, certains textes sont très anciens. J’ai le souhait d’en enregistrer un autre très vite. Beaucoup de nouvelles chansons sont déjà prêtes.

Aujourd’hui, c'est donc accompagnée par un guitariste, un bassiste et un batteur qu'elle revient sur la scène musicale en 2012. De l'acoustique elle passe à l'électrique et revoit son répertoire dans des nouvelles sonorités avec une formation plus rock. Elle se présente sur scène avec justesse et honnêteté, choisit de faire résonner ses mots au travers d'un son brut, sans apprêt.garance,garance bauhain,interview,mandor

- Au bout de quelques années de travail, je me suis sentie au bout de ce que je pouvais faire toute seule. Je sentais que je n’arrivais plus à avancer,  j’avais envie d’aller plus loin et de dire autre chose. En mai 2011, j’ai mis une annonce sur un forum de musique pour chercher bassiste, batteur et guitariste. J’ai ensuite fait passer des auditions. Ensuite on a fait des répétitions ensemble et ça a fonctionné immédiatement. Je joue donc aujourd’hui avec Fred Feraud à la basse, Matthias Moreno à la batterie et Thomas le Mazurier à la guitare électrique et à la clarinette.

Ses chansons parlent de certains évènements de la vie (la sienne ou pas) avec recul et un peu d’humour.

Parfois ce sont des petites histoires, parfois juste des sensations. J’aime quand les textes sont un peu abstraits. J’aime aussi raconter le ressenti des choses à un moment précis. Ce n’est pas de la chanson réaliste, car je laisse parfois les choses dans le flou. J’apprécie que les gens qui écoutent mes chansons aient plusieurs interprétations.

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Garance avec son bassiste, Fred Feraud sur le désormais fameux canapé de "mon" agence...

Merci encore à lui pour m'avoir permis de découvrir cette pépite aussi talentueuse que sympathique.

Merci à Magali Tifiou Fernandez pour les jolies photos "studio" (pas celles prises le jour de l'interview).

Je souhaite une longue route à cette jeune chanteuse qui est loin d'être une débutante et qui, je pense, à beaucoup à donner à cette chanson française d'aujourd'hui que j'aime tant.  

16 mars 2012

Rover : interview d'une future star mondiale !

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Le titre de cette chronique est un brin exagéré et provocateur, mais bon, je ne suis pas loin de le penser. Ce serait, en tout cas, assez logique étant donné le talent immense de la personne concernée…

Le 5 mars dernier, j’ai reçu le très charismatique Rover à MusiqueMag pour une session acoustique et pour une interview. J’ai eu un vrai gros coup de cœur pour son premier et magnifique album. Ses compositions et sa voix m’ont bluffé au plus haut point. Comme très rarement, en fait. J’avais écrit dans le FNAC ACTU daté du mois février 2012 un article pour le moins dithyrambique sur la sortie de son EP. À lire pour comprendre un peu mieux le personnage.

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Les deux sessions acoustiques...

 
Une belle session dans la jungle de MusiqueMag...

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rover,interview,actufnac,mandorInterview :

Vous venez de nous interpréter deux titres en acoustique. Je vous sens habité quand vous chantez…

C’est la première fois que l’on me le fait remarquer, mais personnellement, je sais que c’est indispensable pour interpréter les morceaux de Rover. Inconsciemment, je suis obligé de rentrer dans une émotion qui est la plus vraie possible. Les morceaux ont été écrits avec une émotion assez forte qui j’espère est ressentie à leur écoute. Le plus facile pour bien chanter une chanson, c’est de savoir et comprendre ce qu’on est en train de chanter, pourquoi on a écrit ces paroles et s’appuyer là-dessus. Je fais comme un acteur qui joue son texte au théâtre. Je prends donc votre réflexion comme un compliment.  J’ai une tendance à avoir une relation amoureuse avec la musique. Je la consomme et je la joue de façon passionnelle. J’essaie d’être le plus « dedans » et le plus « avec ».

Il y a des influences évidentes quand on vous entend, Bowie et les Beach Boys par exemple, et pourtant, vous avez votre propre style… c’est difficile de se détacher des gens qu’on a beaucoup écoutés ?

Oui, pour être franc, c’est difficile évidemment. Je suis absolument certain qu’il ne faut jamais renier ses influences, les disques avec lesquels on a grandi… Il faut bien assimiler ses influences, les assimiler, bien les passer dans son filtre. Il faut s’appuyer sur leur travail prémâché et parvenir à mettre ses propres émotions, sa patte, à travers les clés qu’ils nous donnent. Ce sont des alliés, pas des concurrents.  David Bowie en fait partie et c’est un nom qui revient très souvent quand on parle de ma voix. C’est très flatteur, du moins si cela fait écho à la première période de son travail, dont je grand fan. Il fait partie des 5 grands song writers de ses 50 dernières années, alors j’accepte volontiers cette remarque élogieuse.

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rover,interview,actufnac,mandorVous venez d’un groupe punk rock. J’ai remarqué que les artistes qui viennent de ce genre musical  ont besoin d’apaisement et ont tendance à avoir en solo un répertoire calme.  

C’est drôle comme réflexion. Je n’y avais jamais songé, mais c’est fort possible. Les rockeurs sont souvent des gens très doux, tout comme les balèzes, les gens très forts et très grands… en fait, s’ils font peur au premier abord, ils sont très sensibles. Un rockeur, c’est un song writer qui crie juste un peu plus fort pour qu’on l’entende. Moi, je ne fais pas une grande différence entre les catégories de chansons, entre un chanteur de folk, un rockeur ou un rappeur. Ce sont juste des habillages qu’on utilise qui diffère. Que ce soient les influences, les outils, les instruments ou les codes vestimentaires,  tout ça permet de faire passer son message. Mais au fond, peut être que vous avez raison, il y a ce sentiment de prendre une retraite après le rock…

Vous venez parler de message. Quel est le vôtre ?

Il y a une thématique qui rejoint le ressenti que j’ai au moment d’écrire des chansons. Quand je vis mon quotidien, c’est ce temps qui passe. La musique, c’est la raison n° 1 qui me donne la foi au quotidien, pour écrire une chanson, pour prendre ma guitare ou me mettre au piano… j’essaie d’avoir un peu d’emprise sur le temps qui passe, je crois que c’est ce qu’il y a de plus dur à notre époque. Tout est chronométré dans la vie, la musique me permet de me mettre dans une bulle intime ou je peux suspendre le temps. Ce n’est pas une volonté de ne pas vieillir, c’est juste ne pas en être le témoin chaque minute qui passe.

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Quand vous créez, vous êtes un solitaire ?

Plus on met d’éléments, plus ça peut devenir des pollutions potentielles. On est toujours diverti de l’essentiel quand on est plusieurs. La solitude à cela de fantastique qu’on est en relation qu’avec soi même et on apprend à se connaître, du coup, on en sort enrichi.

Quand vous êtes sur scène, vous avez des musiciens. C’est facile pour vous de donner votre musique à d’autres personnes. Les musiciens doivent s’accaparer votre musique.

Non, ce n’est pas facile. Les musiciens qui composent l’équipe qui m’accompagne sur scène sont des gens humains, brillants, fins et intelligents. Ils ont tout de suite compris l’ambiance de l’album et ils ont su se l’approprier avec respect tout en injectant leur « touch ».

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rover,interview,actufnac,mandorPour un musicien, c’est dur de jouer du Rover ?

A mon avis oui. C’est un projet tellement personnel et je suis tellement exigeant avec moi-même au moment d’écrire et d’interpréter les morceaux que je le suis forcément avec les autres. Dans mon répertoire, il  y a une zone de sensibilité très fragile. L’émotion peut très vite devenir pathétique si elle est prise à la légère. Il n’y a rien de pire que de jouer avec les émotions. Il faut qu’elles soient pures, blanches, dans le sens translucides, et sans maquillage. C’est ce que j’aime en musique, c’est ce que j’aime en peinture et chez les gens en général.

Vous venez de parler de peinture. Vous dites qu’elle vous inspire souvent.

Au-delà du support artistique, c’est une façon d’aborder son travail. Je ne suis pas un grand historien de la peinture. Je découvre des toiles, des peintres, mais ce sont les  peintres romantiques du début du 20e siècle qui me fascinent le plus. La peinture, c’est comme la musique, il y a quelque chose d’impossible à toucher idéalement. Quand on y arrive, on se rend compte qu’il faut s’y remettre le lendemain. 

Vous sentez qu’il se passe des choses autour de vous en ce moment ?

Indéniablement. Je perçois une vraie réception des gens qui ont acheté le disque et qui écoutent. C’est toujours angoissant parce que c’est une musique très personnelle. J’ai voulu un disque vrai, sans fioritures et qui ne suit pas les modes. Voir cet engouement autour de lui et de moi, ça me touche réellement.

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Pour finir voici son premier clip officiel...

15 mars 2012

Eric Antoine : interview pour son DVD "Réalité ou illusion"

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Éric Antoine, quand je le voyais faire un sketch à la télévision de manière parcellaire, très sincèrement, je n’accrochais pas des masses. Ses gesticulations, sa façon de parler, son rire forcé m’énervaient un peu. Je me disais qu’un petit peu de modération  ne lui ferait pas de mal. Et puis, quand j’ai regardé le DVD de son spectacle au Palace, Réalité ou illusion, je me suis surpris à rire un peu, puis beaucoup. Éric Antoine, pour bien apprécier son travail, il faut s’immerger dans son univers. Ce fou nous embarque vraiment dans son monde burlesco- magique.

Quand on lui parle, ce qui est frappant, c’est la douceur avec lequel il s’exprime. Son personnage est rangé dans l’armoire… j’aime bien le Éric Antoine pondéré et (très) sympathique du civil. Pour cette interview, j’ai dû l’appeler dans sa chambre d’hôtel, alors qu’il était en vacances à l’Ile Maurice.  « Cette semaine, vous êtes le seul journaliste à qui je parle, j’ai un besoin énorme de « décrocher » et de me reposer… » Voici donc le fruit de cet entretien (interrompu parfois par des gazouillis destiné à son bébé resté à proximité de lui lors de l’interview) pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012).

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La bande annonce du spectacle...


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