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29 mars 2012

Colline Hill : interview pour la sortie de "Wishes"

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Voilà une jeune femme qui aime et qui joue les rythmes universels de la Folk, la Country et le Blues. Pour être clair, la Bretonne exilée en Belgique s’adonne avec bonheur et profondeur à une folk moderne aux accents "poppy".

Son premier album de Colline Hill, Wishes, c’est « autant de souhaits qui sont égrenés avec force sur cet album. À l’écoute du premier album de Colline Hill, on s’imagine déjà roulant sur l’une de ces routes du Texas ou de la Californie, ivre de liberté et d’insoumission, en quête d’authenticité et de vibrations... la voix de Colline Hill n’est pas sans rappeler celle de l’icône de la Folk, engagée par essence, Joan Baez » dixit le dossier de presse.
Ce qui est certain, c’est que ses chansons transportent loin.

J’ai voulu rencontrer Colline Hill pour comprendre les voyages que sa voix nous impose. Lors de son dernier passage parisien, la chanteuse musicienne est passée à « l’agence ». C’était le 16 mars dernier, la veille de sa première partie au Bataclan du groupe America.

Colline Hill a une forte personnalité et n’a pas la langue de bois. Quand elle répond à mes questions, elle ne fait pas semblant… j'ai beaucoup apprécié cette rencontre vraie.

Pour commencer, voici le premier clip tiré de cet album, "Someone left before me".

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423837_2752541894377_1282537313_32107532_1081550421_n.jpgInterview:

Raconte-nous ce que tu faisais avant d’être artiste.

J’ai deux masters de droit. J’en ai un en science criminelle et carrière judiciaire et un en victimologie. Je me suis demandée ce que j’allais faire avec ces deux diplômes-là, j’ai donc fait un break. Ça me ressemblait d’une certaine manière et en même temps ce milieu-là ne me plaisait pas des masses. J’ai trouvé ma branche dans la « victimo ». Je voulais être utile et servir à quelque chose. Ça m’a bien plu, mais je ne pouvais pas faire cette activité longtemps parce que j’avais la fibre artistique qui me titillait tout le temps.

Pendant cette période-là, tu jouais parallèlement de la musique ?

J’étais pianiste classique de 8 à 15 ans et puis j’ai arrêté parce que j’ai fait aussi beaucoup de sport au niveau national. J’ai été championne de France de tennis de table (clubs laïques). Il fallait que je choisisse entre mes activités sportives, les études et la musique. J’ai donc laissé de côté la musique quelques années. A l’âge de 17 ans, lors de ma première année de fac, j’ai fréquenté un pub irlandais qui venait de s’ouvrir. Étant bretonne, la musique celte m’a toujours attiré. Et principalement les ballades irlandaises. La patronne du pub m’a entendu fredonner beaucoup de ballades et elle a fini par me dire que le vendredi il y avait des sessions ouvertes à celles et ceux qui le souhaitaient. Elle m’a dit : « Tu peux faire de grandes choses avec ta voix et avec l’univers que tu as, tu peux aller très loin ». J’ai commencé comme ça. Par un encouragement qui a changé la donne.

Ensuite, tu t’es mise à la guitare.

Oui, il y a 7 ans. Tout le monde pensait que c’était un peu tard, mais j’ai persévéré. Il n’est jamais trop tard pour apprendre. J’ai « pondu » mes chansons à la guitare et ça n’a pas trop mal réussi.

"Where you are" par Colline Hill dans l'émission "Service Compris" du 02 mars 2012 sur Télé Mons.

Quand as-tu eu le déclic pour ne te consacrer qu’à la musique?

J’ai toujours bien fait les jobs dans lesquels j’évoluais parce que j’ai un tempérament assez leader et ambitieux. Tout ce que j’entreprends, j’ai tendance à vouloir devenir « number one », alors, il y a un moment où tu es crevée et où la machine ne suit plus. On ne peut pas tout faire. J’ai donc choisi une unique activité. La musique, mais à fond.

Au grand plaisir de tes parents, je suppose.

(Sourire). Mes parents rêvaient d’autre chose pour moi. J’ai fait études de droit et je me  dirigeais vers une carrière d’avocat, tu imagines la déception. Mon père est animateur dans une chorale, il chante tout le temps, du matin au soir, mais ma mère est plus pragmatique, très droite, le prix de l’effort et du travail en toile de fond. Imprégnée de ça, il y a une espèce de culpabilisation et de culpabilité chez moi de partir dans un métier où je me ferai juste plaisir. Du coup, j’ai un petit diable qui me dit « il faut que tu y ailles » et un petit ange qui répond « ce n’est pas sérieux ».

Encore aujourd’hui, tu culpabilises?

J’essaye de tuer l’ange. Mais, c’est difficile quand on a 30 ans. On te demande : « Et maintenant, tu fais quoi ? ». Tu réponds que tu fais de la musique et on comprend que c’est le week-end en dehors de ton « vrai » boulot. C’est le lot de plein d’artistes qui ont commencé sur le tard et c’est dur. Dans mon choix, j’ai bien conscience qu’il y a une part de folie.

Tu le vis bien ?

Ce n’est pas facile tout le temps. C’est un changement de vie et de conditions financières. On sait ce que l’on perd et pas ce que l’on retrouve, mais psychologiquement, je suis beaucoup plus heureuse maintenant que lors de mes années « juriste ».

Tu as pu enregistrer ton premier album grâce à un site participatif belge, Aka Music.

831 personnes ont versé une somme suffisamment conséquente pour que je puisse faire un album dans de bonnes conditions. Il y en a qui ont mis 5, 15, 1000 ou même 3000 euros. C’est incroyable ! J’ai obtenu 50 000 euros. J’en ai utilisé 15 000 pour produire un premier EP. Et le reste pour l’album en lui-même. Outre l’argent qui était versé, j’adorais voir les commentaires sur mes chansons. C’était très élogieux et c’est encourageant pour continuer.

Version acoustique de "From now" (titre tiré de l'album Wishes) avec David Vermeulen (guitare) et Hugo Adam (cajon).

Ton album est super bien produit.

Il est produit par Stewart Bruce, l’arrangeur connu pour son travail au Real World Studio et ses collaborations avec Peter Gabriel, Kate Bush, Clarika. On a fait cet album tous les deux pendant 10 jours en Angleterre. Lui, avant d’être arrangeur, il est aussi musicien. Il a joué beaucoup d’instruments, batterie, basse, guitare électrique et moi beaucoup d’instruments acoustiques. Je suis très contente du résultat. L’album a un son terrible.

Peut-on dire que c’est un album folk ?

Oui, avec une touche pop. Mais ma voix est faite pour le folk.

 

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Tu fais demain la première partie d’América au Bataclan. Un truc de dingue !

J’adore ce que ce groupe représente. Les années 70 et ce folk mythique… les pattes d’eph, les cheveux longs, cette espèce de truc à la Woodstock. J’ai l’impression que je ne suis pas née à la bonne époque.

Tu m’as l’air en tout cas très déterminée à réussir ta vie de chanteuse.

Je ne lâcherai rien tant que je ne serai pas là où j’ai envie d’être. Je sais que je vais en prendre plein dans la figure, que je vais avoir des déceptions, que je vais déguster, mais je ne lâcherai rien.

Je te sens presque impatiente.

Je sais qu’il faut que je prenne mon « bien » en patience. Je suis aussi quelqu’un de très angoissée. On a du budget, mais pour un temps limité, donc il faut que les choses et les évènements ne tardent pas trop. On a un album et puis quoi ? Que va-t-il se passer après ? Les anxieux sont toujours dans l’anticipation. Et moi j’anticipe sur les 6 mois qui arrivent. Il faut que je sache où je vais… je préfère bosser pour moi. J’ai été efficace pour les autres alors je me dis que ce serait bien que je sois efficace pour moi.

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Pour en savoir encore un peu plus, en son et en image... Voici le reportage retraçant les étapes de réalisation de son 1er album "Wishes" (Universal/ Février 2012).

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