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10 mars 2012

Harold Cobert : interview pour "Dieu surfe au Pays Basque"

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Deuxième mandorisation de l’écrivain Harold Cobert (la première, ici). Son nouveau livre, Dieu surfe au Pays Basque est un témoignage inédit, émouvant, parfois même drôle sur la perte d’un enfant dans le ventre de sa maman. Ici, le point de vue du papa, un peu paumé, un peu écœuré par les injustices de la vie, mais finalement découvrant une force intérieure insoupçonnée. Il devient fort pour lui, fort pour sa femme et fort pour l’enfant perdu. Harold Cobert fait d'un sujet considéré comme tabou, la fausse couche, de la très belle littérature.

Le 29 février dernier, je l’ai donc invité à m’en parler pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2012). Ensuite, vous pourrez lire la suite de notre conversation.

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Suite de la confession sur canapé:

As-tu  écrit d’une traite chaque période ?

Non, je les ai écrites en alternance. Ce livre a été conçu, de la première à la dernière phrase dans l’ordre. Comme le lecteur, j’avais moi aussi besoin de respirer un peu.

Comment as-tu affronté les évènements ?

On affronte tous les évènements avec les armes qu’on a. C'est-à-dire pas grand-chose, mais, ma femme et moi, on a réussi à dépasser ces événements parce qu’aujourd’hui, on a retrouvé quelque chose de léger. C’est important de retrouver la grâce du début. Ce qui est très dangereux quand tu passes par ce genre d’évènement, c’est que la sexualité se retrouve plombée d’un drame. Il faut retrouver une sexualité légère, indexée sur le plaisir et pas sur l’envie d’avoir un enfant. Il faut désacraliser cet « endroit », sinon c’est foutu après. Il faut renouer avec une « bêtise » très adolescente.

harold cobert,dieu surfe au pays basque,interview,magazine des espaces culturels leclerc,mandorAvec la promo de ce livre, comme nous le faisons là, tu vas te replonger dans ces évènements. Tu n’as pas peur d’ouvrir de nouveau des cicatrices ?

Non, tu sais, ça m’apparaît presque comme un cauchemar qui n’a pas existé. Je crois que l’esprit est assez bien fait. Il y a une sorte de résilience. Moi, ça m’a posé quelques soucis très personnels, mais j’ai travaillé dessus avec les professionnels qu’il faut, je suis donc très apaisé par rapport à tout ça. Ce narrateur excessif et vitupérant me semble rigolo à voir de loin. De plus, entre-temps, je suis devenu père aussi. Ça clôt tout un chapitre. C’est une autre histoire qui a commencé.

Il ya des scènes ou tu ne nous épargnes rien de l’aspect sanguinolent des choses, notamment un avant curetage. C’est à la fois pudique et impudique.

Si tu prends un sujet comme ça, soit tu le traites frontalement, soit ce n’est pas la peine d’y aller. Les hommes ne veulent pas voir certaines choses, notamment que les femmes saignent, ils ne veulent pas voir la tuyauterie interne, l’arrière-plan… quand tu es confronté à ça, il faut comprendre l’aspect biologique et animal des choses.

Ta femme, comment vit-elle ce roman ?

Elle l’a lu en 2009, quand je venais de le terminer. Elle ne l’a pas relu depuis. Elle m’a juste demandé d’enlever deux choses qui ne l’impliquaient pas elle, mais d’autres personnes. Tu sais, ma femme n’est pas très expansive. Quand elle est aux anges, elle dit « je suis contente » et quand elle est furieuse, elle dit  « je suis furieuse ». Elle, ce livre, ça ne la dérange pas. On est tous les deux d’accord que si on me demande si c’est autobiographique, je réponds oui, si on ne me demande pas, je n’en parle pas. Je ne vais pas biaiser non plus.

Elle l’a pris comme un message d’amour ?

Elle est trop pudique pour me le dire.

Tu cites Oscar Wilde qui dit : « Il ne faut pas voir des signes partout, ça rend la vie insupportable » et pourtant, tu en as vu plein.

Au-delà de ce que je raconte dans le livre. Ça va encore plus loin. Le livre sort le 8 mars, ce n’était pas du tout calculé. Le 8 mars, c’est la Saint Jean de Dieu. La boucle est bouclée.

Tu es dans quelle disposition vis-à-vis de Dieu aujourd’hui ?

J’oscille entre l’athéisme, la croyance en passant par l’agnosticisme. Je ne suis jamais fixé. Pour moi, c’est le grand mystère. Vit-on dans un monde relatif ou y a-t-il une vérité absolue ?  On le saura quand on sera mort.

Tu es fier de tes origines basques. Le pire comme le meilleur.

Les Basques sont excessifs, chauvins, ils passent leur temps à dire "font chier tous ces touristes !", mais sans les touristes, ils ne peuvent pas vivre… ce sont des têtes de cons. Mais ils ont la générosité de leur emportement. Quand ils t’aiment, tu peux compter sur eux, comme sur un roc.

Cyrano de Bergerac et d’Artagnan viennent de là.

Les personnages hâbleurs et hauts en couleur, oui, j’aime ça. J’ai été élevé dans le culte de ces personnages-là.

Tes origines t’ont-elles aidé à traverser ses épreuves.

Oui, il y a un côté rugbyman. On va passer à travers la mêlée.

Ce livre est le premier volet d’un triptyque. Ayant pour thème "les rendez-vous manqués".

Effectivement, celui-ci, sur la paternité manquée, le prochain sera sur la filiation manquée.  Comment, sur 3 générations, les pères et les fils se ratent parce qu’ils ne comprennent pas les signes que les uns envoient aux autres. Le troisième sera un volume sur l’amour manqué et plus particulièrement, l’amour que l’on rate quand on a 15 à 18 ans.

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Le 29 février 2012, à "mon" agence, après l'entretien.

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