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27 février 2012

Bertrand Guillot : interview pour "Le métro est un sport collectif"

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Troisième mandorisation pour Bertrand Guillot (voir et, les deux premières). Son nouveau livre, Le métro est un sport collectif, m’a charmé par son écriture et par l'originalité du sujet. Ce n'était pas gagné d'avance. Du coup, je l’ai chroniqué dans le Addiction, le mag (daté du mois de février 2012). Puis nous nous sommes vus le 10 février 2012 pour une séance photo dans le métro (vous noterez l’originalité saisissante de l’idée), puis pour une interview.

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bertrand guillot,le métro est un sport collectif,interview mandorInterview:

Sur le papier, des moments de vies dans le métro... bon, il y a plus sexy. Et pourtant, on se laisse happer par tes tranches de vies.

Très souvent, je notais ce qu’il m’arrivait et ce que je voyais dans le métro. La toute première fois, c’était il y a pas mal d’années. Je venais juste d’ouvrir un blog, Prix de Flore 2006. J’y avais écrit une longue nouvelle et après, je ne savais plus quoi écrire. Un jour je rentre du boulot, j’avais passé une sale journée, et dans le métro, sur le rebord de la poubelle, il y avait le journal L’Équipe qui avait été posé là. Ce devait être un type qui l’avait lu et qui avait dû se dire qu’il allait faire plaisir à quelqu’un. En rentrant, je lui ai rendu hommage sur mon blog. Du coup, j’ai écrit de temps en temps des chroniques sur le métro. Elles avaient toutes en commun d’évoquer des petits riens. Mais un petit rien dans un endroit comme le métro ou la promiscuité inégalée et où chacun est dans sa bulle, dès qu’il se passe quelque chose, ça prend des proportions énormes… et ça peut changer le cours d’une journée ou son état d’esprit.

Pour ce recueil, tu  as ressorti des anciens textes ou tout est inédit ?

Il y a une petite moitié d’histoires qui était déjà écrite et que j’ai retravaillée pour le livre. L’autre moitié est constituée de notes éparses récentes que j’ai reconstituées.

Quand tu as décidé d’écrire cet ouvrage, ton acuité, dans le métro, s’est-elle renforcée ?

Pas vraiment. Comme souvent, quand on veut trouver quelque chose, ça ne vient pas. Pendant 3 semaines, j’allais dans le métro en me demandant s’il allait se passer quelque chose que je pourrais utiliser. J’ai arrêté d’attendre les choses, et finalement, d’autres évènements sont arrivés.

Teaser "Le métro est un sport collectif".

Je me disais en te lisant que ceux qui ne te connaissent pas vont savoir qui tu es. Ce livre permet de lire en toi, si je peux dire. Tu te montres sous toutes tes facettes.

Je me suis concentré sur le lien a donner entre chaque chronique. C’est à chaque fois mon ressenti et je n’ai pas cherché à donner une image de moi particulière. Le jeu est sans filtre.

Dans ces chroniques, tu es observateur, mais aussi acteur.

C’est lié à l’écriture. Quand j’écris une histoire, si je ne suis que spectateur/narrateur, l’histoire aura moins de force que si je m’implique aussi dedans. La dynamique que je lui donne va lui apporter aussi un angle, ce n’est pas juste une description plate de quelque chose qui s’est passé. J’avais des chroniques qui manquaient de dynamisme, elles ne sont pas dans le livre. L’idée c’était que le lecteur voyage dans le métro avec moi sans s’ennuyer.

Dans deux-trois chroniques, tu parles d’ions, d’énergie, d’ondes qui pourraient presque influencer quelques situations…

Qu’est-ce qui va faire que dans un wagon, dans la même situation, d’un jour à l’autre, les gens vont être plus ou moins énervés ou plus ou moins souriants ? Je pense vraiment que c’est une question d’ondes avec lesquels on arrive. Quand j’ai pris conscience de ça, je me suis rendu compte que quand je rentrais dans le métro, j’arrivais avec mes ondes positives ou négatives.

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Bertrand Guillot aime les jeunes filles qui lisent (son livre... ou pas).

Ce que j’aime bien, c’est que tu ne te donnes pas le beau rôle. Tu es parfois couard.

Notamment à Paris, je suis persuadé qu’on aime bien se faire des nœuds au ventre pour rien. Tu peux avoir 3 personnes qui regardent la même scène en se disant qu’il faudrait qu’ils interviennent… ils ne le font pas. Quelque part, ces 3 personnes se font du mal. Toutes les fois où on n’agit pas dans une situation, alors qu’on devrait faire quelque chose, quelque part on dépense de l’énergie négative. Ce n’est pas juste une neutralité. On se laisse bouffer par plein de trucs que l’on ne dit pas.

Je suis le prototype même du mec qui s’isole dans le métro, qui ne communique pas du tout, alors que dans la vie, je suis un communicant. Du coup, tu m’as fait culpabiliser parce que j’ai l’impression que toi, tu essaies de « vivre » le métro.

Je vais te déculpabiliser. D’abord, je ne fais pas une chronique à chaque fois que je prends le métro. La plupart du temps, je suis avec un bouquin ou mon journal et il ne se passe rien. Et parfois, je suis le nez au vent, et je regarde. Ça m’amuse d’essayer d’imaginer ce que font les gens. Et j’adore choper des conversations. Même toi, si tu es isolé avec tes écouteurs et ton bouquin, s’il se passe quelque chose, tu es quand même un peu aux aguets, non.

Je t’assure que pas toujours. Bref, ce livre m’a vraiment beaucoup enthousiasmé. Je t’ai envoyé un SMS dès la fin de ma lecture. J’ai aimé ton style et la façon dont tu racontes les histoires avec humanité, poésie et humour…

Merci, ça m’a touché, j’ai gardé ton message.  J’ai écrit ce livre pour faire sourire les lecteurs, pour les détendre. Peut-être aussi pour les faire réfléchir.

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Bertrand Guillot n'aime pas les connards qui écoutent de la musique trop fort!

Tu prends du plaisir à aller dans le métro ?

Pour moi, c’est assez neutre, c’est juste mon moyen de transport. Je prends très peu le bus, je déteste le taxi. Je sais que dans le métro, je peux lire tranquillement et regarder les gens.

Pourquoi le métro est-il un sport collectif ?

J’ai cherché plein de titres et je n’en ai trouvé aucun de satisfaisant. Je pense qu’il y a une référence subliminale et inconsciente à La sociologie est un sport de combat. Mon livre n’est pas un livre de sociologie. Quoique. Quelques fragments.

(Merci à Eva Gomez, la jeune fille qui lit le livre de Bertrand Guillot sur la photo...)

26 février 2012

Claire Lise : interview pour La chambre Rouge

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La chambre rouge, le magnifique et charnel album pop de Claire Lise est sorti le 13 février dernier. Pour le présenter, la chanteuse sera en concert au Zèbre de Belleville, ce mercredi, le 29 février (avec Jason Edwards en ouverture).

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ce disque d’une artiste dont je connaissais l’existence, mais qui ne m’avait pas encore captivée. C’est chose faite. Je l’ai dit dans Addiction, le mag (daté du mois de février).

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Copyright westergren.jpgInterview:

Tes premiers albums étaient beaucoup plus... comment dire? Chansons françaises « traditionnelles »…

Disons que c’était la mouvance accordéon, contrebasse, piano de l’époque… j’écoutais des groupes comme les Têtes Raides, La Tordue, Les Hurlements de Léo…. En 12 ans on évolue et j’ai voulu visiter d’autres contrées musicales.

Dans ce 3e album, là on arrive dans de la chanson electro, pop, rock…

J’avais vraiment envie de donner une autre énergie à mon projet, d’aller plus loin. Du coup, j’ai changé l’équipe musicale. Il fallait que je sois honnête avec moi-même et que j’aille là où je savais que j’allais me sentir bien et à ma place. Un artiste qui n’évolue pas, c’est triste pour lui.

Tu n’as pas peur de décevoir tes anciens aficionados ?

Quand on fait des choix radicaux, il y a toujours des gens qui ne sont pas d’accord et qui vous le font savoir. De manière générale, dans la vie, quand on change, les gens qui nous entourent ont parfois du mal à l’accepter parce que peut-être, eux-mêmes, ont du mal à changer. 


Claire lise - La chambre rouge - Partie 1 par LaChambreRouge

claire lise,la chambre rouge,interview,zèbre de belleville,mandorTu as fait beaucoup de concert en 10 ans. C’est la meilleure école de la vie d’un artiste ?

Si je me penche sur mes premiers concerts, je vois évidemment une nette évolution. A tous les niveaux et notamment au niveau de la voix.Quand j’ai commencé à chanter, j’avais tendance à faire du mauvais Piaf, je roulais les R et tout…  tout ça a évolué avec la scène, avec le travail sur la voix. Plus on joue, plus on acquiert une espèce d’aisance sur scène et donc de plaisir.

Tu seras mercredi (29 février) au Zèbre de Belleville. C’est une date importante pour toi… pour présenter ce nouvel album.

J’attends beaucoup de moi pour ce concert. Je travaille intensément pour arriver sereine et ne pas me mettre trop de pressions. Lors de ma résidence de préparation, j’ai voulu tout écrire et avoir un fil conducteur tout au long du concert… ce qui le rendait presque théâtral, à la limite du cabaret. Du coup ça m’enfermait trop. J’ai donc de nouveau tous désossé. Je pense enfin avoir trouvé le bon dosage, l’équilibre idéal entre la fantaisie, l’improvisation et une direction précise.

Dans La chambre rouge, il y a des chansons sensuelles, voire sexuelles. L’ambiance est très charnelle.

Le fait d’écrire sur la sexualité, c’est quelque chose que je fais depuis toujours et qui m’a toujours intéressé. C’est un thème qui me parle et que j’ai perpétuellement envie de développer.

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Il me semble que tu es à cheval sur les mots, que tu fais attention à la beauté de tes textes…

Comme j’écris depuis longtemps, mon style évolue, et je pense que tout cela devient assez naturel finalement. C’est à la fois instinctif, travaillé et réajusté. J’écris beaucoup dans le mouvement. En marchant, dans le train, dans le métro, en vélo... c’est vraiment le mouvement qui me donne le texte. Quand je rentre chez moi, je me mets au piano et à la guitare et je commence à « construire » le fruit de mes réflexions. Une fois que j’ai ma base, le squelette, à partir de là, je développe.

Tu évoques aussi la mort, la solitude, le désarroi, la drogue… ce n’est pas toujours gai. Tout cela en filigrane parce que tes textes ne sont pas frontaux. Il faut parfois deviner.

C’est un peu l’idée de mon travail d’écriture. Je veux arriver à traiter des sujets, sans que le sujet soit trop surligné. Je fais en sorte qu’on découvre les choses au fur et à mesure des écoutes.

J’imagine que ces textes datent d’il y a quelques années… sa propre vie évolue, du coup, il ya un décalage entre ce que l’on vit et les chansons que l’on doit défendre.

Pas tellement finalement. Ces chansons ont trois-quatre ans et je suis très contente de les défendre. Elles ne sont pas encore obsolètes (rires).

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Avec Claire Lise, le 18 janvier 2012, après l'entretien (dans les locaux de mon agence).

Pour clore cette chronique, je vous propose d'écouter celle de Didier Varrod sur France Inter, Encore un matin. Commentaires avisés et de nombreux extraits de l'album.

Encore un matin 15.02.2012 - Claire Lise by encoreunmatin

Crédits photos:

Photo de scène de Claire Lise : Caradec / F 451 prod

Photos en studio et cover : Carl Westergren

Photo de Claire Lise et Mandor : Flavie Rodriguez

25 février 2012

Jenifer : interview pour The voice

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Ce soir sur TF1 débute une émission musicale très attendue.

The Voice.

Le principe est simple : Des coachs, dans leurs grands fauteuils rouges imposants, qui ferment les yeux, subjugués par la force d'une voix (ou pas). Les chanteurs Garou, Louis Bertignac, Florent Pagny et Jenifer qui piaffent d'impatience à l'écoute d'un titre (ou pas), puis ne résistant plus à l'envie d'appuyer sur le buzzer (ou pas), avant de se retourner vers l'artiste qu'ils découvrent, enfin, de visu.

jenifer,the voice,appelle moi jen,interview,mandorL’occasion était donc belle de rencontrer Jenifer, ce que j'ai fait pour MusiqueMag.

Et aussi parce qu’elle est de retour dans les bacs depuis le 30 janvier avec une réédition de son dernier album Appelle-moi Jen (je l’avais déjà mandorisé à cette occasion en décembre 2010). Aux titres déjà connus se grefferont 5 remixes de son nouveau single "L’amour fou" et un deuxième volume incluant le CD "best-of live" reprenant quelques-uns des titres joués lors de sa dernière tournée. Dans cette interview filmée, nous évoquons ce disque, mais aussi l’émission de ce soir.

Et un peu plus...

Jenifer était en confiance. Nous nous entendons plutôt bien. A chaque fois, elle me rappelle que je ressemble de manière « troublante » à un de ses amis proches… je pense que c'est la raison pour laquelle elle baisse un peu la garde.

Si je suis loin d'être le public visé par la chanteuse, je respecte son professionnalisme et son travail. Elle mène bien sa barque, avec classe et gentillesse.

(Petite précision : l'interview a duré une demie heure… les questions que vous allez lire dans cette vidéo qui dure 8 minutes ne sont pas posées exactement de la même façon lors de l’entretien. Disons, que dans la réalité, il faut louvoyer pour obtenir certaine réponse. C'est une conversation…)

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Le 9 février 2012 dans un hotel parisien, après l'entretien.

Dominique Eddé : grand entretien pour Kamal Jann

dominique-edde.jpgObtenir un entretien avec Dominique Eddé a été compliqué à organiser. Elle donne des interviews avec parcimonie. J'ai tant aimé son Kamal Jann que je n'ai pas lâché le morceau. Et voilà... une heure d'entretien avec/chez elle le 18 janvier dernier. Je peux affirmer qu’il s’agit-là d’une de mes plus belles rencontres littéraires de ces deux dernières années. Ce livre a été un vrai électrochoc pour moi. Merci donc à Dominique Eddé de la confiance qu’elle m’a accordée.

Une partie du fruit de cet entretien à été publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois de février 2012).

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Voici la suite de cet entretien en exclusivité pour  Les chroniques de Mandor .

401174_10150503778184958_169071404957_8824627_972394037_n.jpgÇa fait 40 ans que vous suivez le fonctionnement des pays arabes, est-ce que l’on suit tout de même facilement ce qu’il s’y passe ?

Facilement, non. Tenir tous les fils, prendre en compte toutes les contradictions, demande d’autant plus d’effort que la spirale de la manipulation est sans fin dans cette partie du monde.

Parce que tout est compliqué, n’avez-vous pas eu peur de perdre quelques lecteurs en route ?

Je  ne crois pas qu’on rende service au lecteur en l’ayant à l’esprit quand on écrit un roman. Ce qui me paraît essentiel, c’est d’être au plus près des personnages, de se concentrer sur ce dont ils ont besoin pour vivre. Ce qui me souciait c’était de trouver une forme compatible avec la décomposition du monde auquel j’avais à faire. On respecte mieux le lecteur en allant jusqu’au bout de ce travail d’écriture, qu’en cherchant à le séduire.

Un de vos personnages, Anton, tape sur Google pour en savoir plus sur sa famille qu’il ne connait pas. Il tombe sur la situation dans cette partie-là du monde. « Il ne veut pas lire, il veut savoir. Tout savoir en même temps. Le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine. Il cherche à fuir par tous les moyens. À fuir la géographie, le tourisme, les guerres, les noms des villes, des villages, l’histoire, l’économie. Tout est trop long, trop compliqué. » Ce passage rassure le lecteur… parce que personnellement, je n’ai pas tout assimilé.

Je comprends ce que vous dites. J’ai eu la tentation de supprimer ou de raccourcir ce passage et c’est mon éditrice, à qui je dois beaucoup, Claire Delannoy, qui m’a dit à peu près la même chose que vous. « Ce passage donne aux lecteurs un peu de la familiarité dont il a besoin dans un univers qui lui est étranger ». Je l’ai écoutée.

Vous avez dit: « C’est peu dire que j’ai été troublée d’en découvrir, après coup, le caractère prémonitoire. »

Je me demande si « le caractère prémonitoire » de ce roman ne tient pas essentiellement au fait que j’ai choisi de m’attaquer au noyau de la décomposition plutôt que d’improviser des issues et des remèdes artificiels. Dès la première page, je me suis mise en état de sentir et d’imaginer, en dehors de toute quête d’idéal. Les Jann et leur monde sont à bout de force, piégés par leur passé. Ils ne peuvent plus continuer à faire « comme avant ».  De telle sorte qu’on assiste, séquence après séquence, à la fin inéluctable d’un cycle tout en sachant que la pieuvre politique - régionale et internationale - reste à l’œuvre. Quand on voit ce qui se passe en Syrie aujourd’hui - l’horreur endurée par le peuple, d’un côté, l’impotence des puissances à la stopper de l’autre, on retrouve en effet la figure - omniprésente dans Kamal Jann - des alliances et mésalliances morbides qui entretiennent le marécage de la réalité. Dans ce contexte la crise de Kamal anticipe, au plan individuel, la crise collective qui n’allait pas tarder à se manifester. À ceci près que son cri, son  «ça suffit, c’est fini tout ça » s’adresse autant à lui-même qu’aux autres.  La scène se passe en octobre 2010, le mois où je termine le livre, quelques semaines avant que les tunisiens demandent au pouvoir de dégager. Il est vrai que j’ai été troublée de voir à quel point la vision de Kamal Jann a rencontré l’histoire.

Ce livre colle de très près à l’actualité de la situation en Syrie. Vous continuez au jour le jour à suivre les événements de près ?

Forcément. Avec une admiration sans bornes pour le courage des insurgés et une peine immense. Et toujours ce sentiment d’impuissance assorti d’une grande inquiétude pour l’avenir.

Ce thriller politique ne nous épargne rien des guerres intestines, des trahisons et des violences du genre. C’est inimaginable pour un Occidental de regarder cette mise en scène d’un monde rongé, déformé par des décennies d’abus, de répression, d’impunité. Le terme de thriller vous convient-il ?

Le livre vit sa vie. Je ne l’ai pas écrit comme un thriller, mais je suis frappée du fait que le mot revient dans les comptes-rendus. Ce qui fait un bon livre – thriller ou pas – c’est son écriture, son rythme, son architecture. J’ai envie de croire qu’en lisant ce roman comme un thriller le lecteur me signifie que j’ai tenu le bon rythme. D’autres critiques font référence à Dostoievski ou à la tragédie grecque, d’autres à l’écriture cinématographique. Dans l’ensemble, les lecteurs arabes rient davantage que les français. La part comique du livre  relève probablement d’une forme d’humour plus familière à ceux qui vivent la dérision comme un état quasi permanent. En rire, ne leur fait pas peur. Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée que ce roman est une construction à multiples entrées, à multiples étages.

À un moment, il y a un dialogue :

-Mourad Jann est lié à une branche dure des Frères musulmans.

-Les Frères musulmans ne sont pas des terroristes.

-N’en faisons pas une question de vocabulaire.

L’importance du vocabulaire est primordiale quand on évoque le monde arabe?

L’importance du vocabulaire s’applique à toutes les situations. Disons que, dans ce domaine, le monde arabe a fait l’expérience et les frais d’un degré de confusion maximal. Dès que l’on dit, par exemple, les musulmans, les chrétiens, les islamistes, les arabes, les palestiniens, les israéliens, on est déjà à côté de la plaque. Chacune des catégories que je viens de citer est faite de un + un + un… Le luxe d’un roman, c’est entrer dans les vies une par une. Alors bien sûr, il y a des archétypes. Mourad Jann est un archetype d’islamiste prêt à tuer et à se tuer. Mais l’accès à cette part commune passe par le récit de la singularité.

Vous vous mettez dans la tête de Mourad qui doit se faire sauter dans quelques jours. C’est la première fois que je lis une explication de ce qu’il se passe dans la tête d’un kamikaze.

Mourad est privé de vie. Il est dans une solitude sans pitié et sans complaisance. Il n’essaye pas de connaître l’autre ou plutôt il n’en a pas les moyens. Il fait peur parce qu’il n’a pas peur. Il est froid, rempli de courage et de haine. Son frère Kamal en parle bien quand il dit : « on l’a laissé seul avec Dieu ».

Vous êtes une intellectuelle engagée, quand on écrit un livre comme celui-ci, on n’a pas envie de donner son opinion ?

Comme je viens de vous le dire au sujet de Mourad, ce qui m’intéresse c’est d’essayer de comprendre comment ça marche, comment ça ne marche pas. L’opinion n’est pas la meilleure amie de la pensée.

Est-ce que l’on peut considérer que ce livre est la synthèse de toutes ses années à étudier ce monde arabe.

Le mot de synthèse est très approprié. Kamal Jann est sans doute le plus ambitieux de mes romans,  le plus chargé. Il ne traite pas seulement avec beaucoup de personnages et de lieux mais aussi avec plusieurs temps. Des temps courts, rapides, minutés d’un côté et un temps long, très ancien de l’autre, qui est  celui de cette région, de la Syrie en  particulier, et qui résiste à la vitesse. Il y a plusieurs folies chez les Jann et chacune de ces folies a quelque chose à voir avec le heurt et le déréglement de ces deux temps. Travailler à relier les folies individuelles et la folie du monde, m’a demandé en effet un gros effort de synthèse.

Vous faites dire à un personnage : « Tu connais un spécialiste du monde arabe qui ne rêve pas d’être né dans un monde sans Arabes ? » Et vous ?

Je crois que bien des arabes vous diraient, comme moi, que durant ces cinquante dernières années le monde arabe leur a beaucoup coûté. Mais dans cette phrase le « spécialiste » est plus visé que « le monde arabe ».

Ce livre est un peu le livre de votre vie. Est-ce que cela pose un problème pour la suite ?3851305694.jpg

Ayant eu à traiter, dans ce roman, avec un monde sans pitié, j’ai gagné en liberté parce que je n’ai pas reculé. Alors pour la suite, le mieux que je puisse faire, quels que soient le sujet ou la forme, c’est de continuer à ne pas reculer. Autrement dit : me laisser surprendre. Et si tout va bien, surprendre en retour.

Vous dites beaucoup de choses dans ce livre… n’avez-vous pas peur des conséquences pour vous ?

Ce qui me terrifie, jour après jour, c’est ce que vivent les syriens qui sont sous les bombes et sous la torture.

Récemment, vous avez fait la Une du Monde des livres. Il y a deux pages sur votre ouvrage. Vous êtes flattée ?

Flattée ? Non.  Très agréablement surprise.

24 février 2012

Blankass: interview pour Les chevals

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blankass,les chevals,interview,musiquemag,mandorLes Blankass reviennent avec un album dans lequel ilsont exploré de nouvelles voies, de nouveaux sons, une nouvelle façon d'écrire. Six années après leur précédent opus en studio, et un congé sabbatique de deux ans pour cause de projets solos, les frères Ledoux et leurs acolytes se rappellent à notre bon souvenir. Et moi, ça me fait plaisir. Ils ravivent l’histoire d’un groupe qui a écumé toutes les scènes de France, qui a une poignée de tubes éminents, qui détient à son actif deux nominations aux Victoires de la Musique, et quelques ouvertures prestigieuses de soirées au bénéfice de U2 ou The Clash.

Les dix chansons de ce nouvel effort de Blankass sont la conséquence d’un travail de plus d’un an en studio, et, en cerise sur le gâteau, du mixage new-yorkais de Mark Plati (qu’on a pu apprécier aux côtés de Gaëtan Roussel, ou Rita Mitsouko). Les Blankass sont venus répondre à mes questions et enregistrer un titre en acoustique à MusiqueMag.

 
Les clichés de l'interview.

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Quelques photos de la session...

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Un peu de pub !

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23 février 2012

CD'Aujourd'hui: Juliette Gréco pour "Ca se traverse et c'est beau".

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0060252785940_600.jpg-Ça t’intéresse d’interviewer Juliette Gréco ?

-Euh… j’hésite à rencontrer une légende (ai-je répondu malicieusement).

Ainsi, quelques jours après, le 8 février dernier, je me suis retrouvé au Théâtre du Châtelet avec un caméraman pour CD’Aujourd’hui. Nous avons été conviés à 19h pour préparer l’enregistrement du titre que nous allions diffuser dans l’émission. C’est après son concert (majestueux) que je l’ai interviewé. Dans sa loge. Quelques minutes (courtes, mais intenses). J’ai l’habitude de rencontrer des artistes (mon travail quotidien), mais un mythe, ce n’est quand même pas tous les jours… dans ces moments-là,  je ne boude pas mon plaisir.

Il s'agissait de parler de son nouvel album, Ça se traverse et c’est beau… Ce disque est  avantmythe.jpg tout un hommage à la ville à laquelle Gréco appartient, comme Paris appartient à sa légende. Plus précisément, les textes ont pour thèmes, les ponts de Paris. Marie Nimier, Amélie Nothomb (que j’ai rencontré devant sa loge, ce soir-là), François Morel et Antoine Sahler, Philippe Sollers, Gérard Duguet-Grasser ou encore Jean-Claude Carrière figurent entre autres parmi les auteurs des chansons de cet album. Melody Gardot, Marc Lavoine et Féfé rejoignent Juliette Gréco pour 3 très beaux duos, et Guillaume Gallienne y interprète un texte poignant, véritable déclaration d’amour à la chanteuse.

Pour voir l’émission, c’est là !

 

21 février 2012

Carole Zalberg: interview pour A défaut d'Amérique

carole zalberg,a défaut d'amérique,interview,addiction,mandorJe n’avais jamais lu un livre de Carole Zalberg avant A défaut d’Amérique. Pour différentes raisons personnelles, j’ai été happé par ce roman… et du coup, je me suis promis de faire le maximum pour le faire connaître au plus grand nombre. Elle n'a pas forcément besoin de mon aide, mais bon... un + un + un = une visibilité conséquente. Ainsi, j’ai écrit un article dans un de mes journaux et je l’ai rencontré le 10 janvier dernier pour une interview destinée à un autre…

Avant tout, voici sa présentation « officielle » :

Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris. Romancière, elle est notamment l’auteur de Mort et vie de Lili Riviera (2005) et Chez eux (2004), publiés aux éditions Phébus, et de La Mère horizontale (2008) et Et qu’on m’emporte (2009), parus chez Albin Michel. Elle a obtenu le Grand Prix SGDL du Livre Jeunesse pour Le Jour où Lania est partie (Nathan Poche, 2008). Animatrice d’ateliers d’écriture en milieu scolaire et de rencontres littéraires, Carole Zalberg travaille également à des projets en lien avec le cinéma ou le théâtre : A défaut d’Amérique (Actes Sud, 2012) est actuellement en cours d’adaptation pour le cinéma.

L'interview publiée dans Addiction, le mag, daté du mois de février 2012.

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carole zalberg,a défaut d'amérique,interview,addiction,mandorUn peu plus, pour les "chroniques de Mandor"...

Êtes-vous allée là où vous ne pensiez pas forcément aller ?

Quand je commence un roman, j’ai beaucoup d’images dans la tête. C’est comme si j’avais devant les yeux une sorte de fresque un peu suspendue. Les points essentiels sont là. Je les connais et je sais que je vais les aborder à un moment ou à un autre. Il m’arrive par contre d’être surprise par une direction que je prends, mais qui s’impose d’elle-même. Quand on est confronté à cette liberté et cette autonomie que prend le récit, on peut se dire qu’à priori, le roman existe. C’est encourageant.

Retravaillez-vous vos textes souvent ?

Je les retravaille beaucoup, mais au fur et à mesure. Je considère que ma séance de travail est terminée quand j’ai pesé chaque mot, chaque virgule, ce qui représente beaucoup de trituration et maturation. Je retravaille assez peu à la fin. Quand j’ai l’ensemble du texte, c’est plus des réglages afin que rien ne soit flottant.

Un auteur sait-il être objectif sur la qualité de son texte ?

La seule chose que l’on peut évaluer, c’est ce qu’on a fait par rapport à ce que l’on voulait faire au départ. On se demande aussi quelle sensation on va avoir en se relisant… Ce qui fait que je me dis que c’est plus ou moins réussi, c’est le fait d’être surprise en relisant.

Ce roman a-t-il des résonances personnelles ?

Après La mère horizontale et Et qu'on m'emporte, c’est le troisième roman d’une trilogie sur 3 générations de mères et de filles. Plus j’ai avancé dans cette lignée, plus je me suis rapprochée de mes propres origines familiales. Ma famille du côté paternel et maternel est de la même origine juive polonaise. Il y a beaucoup de similitudes dans les parcours : ma famille a éclaté aux quatre coins de la planète et elle a cette conscience permanente de la précarité de l’existence, du fait qu’on sait que l’on peut avoir à tout quitter et que tout peut basculer du jour au lendemain. Ce sont des choses que je porte en moi et qui sont présentes dans beaucoup de mes romans. Adèle est assez proche de ma propre grand-mère, je lui ai emprunté beaucoup de traits de caractère. J’avais en tête son image, son attitude dans la vie. Le côté frondeur que rien n’abat. C’est elle, oui.

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(Merci à Jean-Paul Dayan pour la photo d'ouverture.)

Et n'oubliez pas, ce soir...

 

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Pour en savoir plus sur cet évènement...

Edit: Quelques photos de la soirée...

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Merci à Kevin Juliat pour les photos... et pour sa présence avec Stéphanie Hochet (qui a participé activement à cette rencontre en posant tout plein de questions passionnantes)...

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20 février 2012

Pony Pony Run Run : interview pour leur deuxième album

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Pour le magazine Addiction, le mag daté du mois de février  2012, j’ai interviewé l’un des membres des Pony Pony Run Run à l'occasion de la sortie de leur deuxième album.

 

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PONY PONY RUN RUN - JUST A SONG par 3emebureau

19 février 2012

Encore & Encore: interview d'un duo en devenir

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428314_323144297721973_178002278902843_823304_776292392_n.jpgIl y a Benoit Clerc au chant et à la guitare et Frédéric Féraud à la contrebasse et au chant. Tous deux sont des ex membres de deux groupes de rock : Corvette (voir là) et Astoria (jetez un coup d’œil ici). Ils sortent un projet commun que j’apprécie vraiment beaucoup. Encore & Encore.

(Leurs pages à découvrir : Noomiz, Facebook.)

Voici leur présentation officielle :

Encore & Encore est un duo qui puise ses influences dans la chanson française populaire.
Grands admirateurs de Brassens ou Renaud, les deux compères revendiquent cependant leur appartenance à cette nouvelle scène qui, les deux pieds sur terre, dresse un portrait réaliste de notre époque. Le duo a toujours un souvenir de voyage ou une envie d’évasion à nous conter, tantôt puisée dans son histoire propre, tantôt dans un imaginaire 228370_203430559693348_178002278902843_476161_7251523_n.jpgdébordant, mais sans cesse nourri par notre temps et notre société. Encore & Encore s’enrichissent également de la culture folk anglo-saxonne tant pour sa mélancolie (Bob Dylan, Cat Stevens) que pour son sens des mélodies et des rythmiques imparables (KT Tunstall).
Encore & Encore sortent leur premier EP 4 titres, "Tarmac à huit heures", réalisé, enregistré, mixé et masterisé à la maison, dans leur studio près de Paris.
En janvier 2011, Encore & Encore sont finalistes du Concours Andrée Chédid du poème chanté et participent à l’ouverture du Printemps des Poètes 2011.

Le 10 février dernier, les Encore & Encore sont venus me voir à l’agence dans laquelle j’officie…

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Interview :

Vous vous êtes rencontrés en 2004, à la création de Corvette, groupe Seine-et-Marnais de rock…

Frédéric : Après Corvette est devenu Astoria et ensuite, Astoria a splitté. Avec Benoît, on a décidé de se lancer dans un duo de chansons Françaises.

Et comment passe-t-on du rock à la chanson française plus, disons... « traditionnelle » ?

Benoît : On a indéniablement une culture rock, mais on a toujours beaucoup apprécié la chanson également. Par exemple, il y a un groupe seine-et-marnais qu’on suivait beaucoup et qu’on écoutait ensemble, c’était les Detchko. On écoutait aussi Renaud.

Frédéric : Pour résumer et être tout à fait clair, tous les deux, même si on aime le rock, on a une culture chanson française assez prononcée. Quand Astoria s’est arrêté, Benoît a voulu se lancer dans quelque chose de plus intimiste, de plus acoustique.

Benoît : Et puis, on avait compris que c’était la fin d’une époque. Franchement, on a beaucoup galéré et au bout d’un moment, on a senti que l’on avait fait un peu le tour. Lors de la dernière année d’Astoria, en parallèle, on commençait à jouer tous les deux. Fred, ça faisait un moment qu’il voulait se mettre à la contrebasse et moi, je souhaitais chanter plus simplement, juste en guitare-voix… de manière épurée. Ce projet Encore & Encore nous permet de revenir aux fondamentaux. La chanson… sans les artifices et l’artillerie lourde comme la batterie et les gros amplis…

Frédéric : Nature, quoi ! On a choisi la configuration la plus simple possible. Notre EP est à l’image de ce que l’on veut pour ce projet. L’efficacité dans la simplicité.

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La question qui tue : Encore & Encore, c’est un hommage à Cabrel ?

Benoît : Francis Cabrel fait partie des artistes que Frédéric et moi écoutons depuis longtemps… on s’amusait même parfois à faire des reprises de « Questions d’équilibre » par exemple. Nous cherchions un nom de groupe qui sonnait vraiment duo avec deux mots identiques. Cela symbolisait le fait que le contrebassiste n’était pas plus important que le chanteur et vice versa. On a trouvé qu’Encore & Encore, c’était idéal. De plus Francis Cabrel, c’est un artiste que tout le monde connait, qui est peu médiatisé et, dès qu’il sort un disque, fait un carton. Le rêve…


Encore & Encore - Celui Qui Danse à la campagne... par EncoreetEncore (par -4°)!

en.JPGPour vivre heureux, vivons cachés… vous appréciez ce côté-là ?

Benoît : Bon, il ne faut pas aller plus vite que la musique. Pour l’instant, on en est à tenter de se faire connaître. (Rires). Mais il est vrai que Francis Cabrel a la carrière et la vie idéale. Dans l’absolu, on rêverait d’un parcours similaire. Être loin du mouvement de la capitale, faire ses albums à la maison avec ses copains, puis partir en tournée, le tout avec un succès permanent.

Quand vous vous êtes décidés à créer ce duo, il a fallu faire les chansons…

Benoît : J’avais écrit déjà une quinzaine de chansons, mais elles partaient un peu dans tous les sens parce que nos influences sont aussi folk et rock… c’est là que Frédéric est vite intervenu parce qu’il est très bon en arrangements. Nous sommes parfaitement complémentaires. Il est beaucoup plus carré que moi dans les directions, du coup on a bossé pendant plus de 7 mois et on a fini par trouver une cohérence que l’on a jugé intéressante. Moi, je viens avec la chanson et Fred en trouve la couleur…

Frédéric : J’aime la façon d’écrire de Benoît, dans le fond comme dans la forme. Il a une vraie réflexion sur les mots. Je veux être à sa hauteur. Disons que nous nous galvanisons mutuellement.

Benoît, écrit-on de la même façon quand on fait du rock ou de la chanson ?

Benoît : À mes yeux, c’est pareil. Où que je chante, j’ai créé mon univers dans ce que je raconte. Avant, avec Astoria et Corvette, notre rock n’était pas non plus du Trust. Nous étions plus dans l’esprit de ce que fait -M- quand il fait du rock.

Frédéric : On pourrait très bien chanter les chansons que l’on faisait pour Astoria dans notre duo. Ça ne choquerait pas, il faudrait juste réarranger les chansons.

Vous faites de la scène pour vous faire connaître ?

Benoît : Quand on fait de la chanson, on remarque qu’il y a plus d’organismes qui aident que quand on fait du rock. C’est plus facile de faire écouter le fruit de notre travail. Il y a beaucoup de tremplins "chanson française" dans pas mal de villes. Sinon, on joue régulièrement dans des bars.

Frédéric : on a une formule facilement programmable, si je puis dire. Cela étant, rien n’est tout à fait simple, quand même.

Benoît : On a tous les deux quitté nos jobs respectifs, il faut désormais que l’on arrive à vivre de notre art. En ce moment, on travaille sur un album complet et on espère le sortir cette année.


Encore & Encore - Le Dimanche à Béthune par EncoreetEncore

Vous cherchez un label ?

Benoît : Oui, mais les recherches sont assez ciblées. On recherche des labels comme Atmosphériques ou Tôt Ou Tard. Ceux qui défendent la chanson que l’on aime.

Je trouve que votre projet va au-delà de la chanson française. Quand je vois votre duo sur scène, il est clair que ce n’est pas si simple que ça. On est capté immédiatement.

Frédéric : Parce qu’on a également un côté pop, folk et même un peu rock finalement, même si dans l’EP, on ne le remarque pas forcément. Tous ces genres musicaux font partie de notre culture, c’est donc sous-jacent.

Benoît : Et le fait que nous ayons beaucoup de concerts au compteur avec un groupe de rock, pendant 7 ans, même avec notre nouveau répertoire, ça se ressent. Nous ne sommes que deux, mais nous ne sommes pas cachés, timides, introvertis. On arrive à communiquer avec les gens et transmettre notre musique instantanément…

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18 février 2012

CD'Aujourd'hui: Art Mengo et Lara Guirao pour "Ce petit chemin"

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3521383420423.jpgArt Mengo est certainement une des voix les plus émouvantes de la chanson française… il vient tout juste de sortit un coffret de deux albums comprenant un premier opus en duo avec Lara Guirao. Au fil des concerts et voyages partagés à évoquer la musique des mots, l’idée d’un album commun s’est imposée. Un petit pas de côté sur leur parcours respectif.  Le mélange des deux voix fonctionne parfaitement. Ce petit chemin est le rendez-vous de 13 chansons françaises interprétées en duo, dont 11 inédites et deux reprises de Mireille. Le deuxième album est un live en trio qui reprend ses plus belles chansons comme « Les parfums de sa vie », « Parler d’amour » ou « La mer n’existe pas ».

Pour CD’Aujourd’hui, j’ai rencontré Art Mengo et Lara Guirao à Europe 1 le 7 février dernier. (Merci à Thierry Lecamp de nous avoir prêté son studio).

Pour voir l’émission, c’est ici !

Deux photos du tournage...

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Jeu : devinez dans quelle radio nous nous trouvons. Des indices se sont subrepticement glissés dans la photo.

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Et dans notre série, rions un peu... archives!

C'était il y a 24 ans... le 28 décembre 1988 dans les locaux de RTL!

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