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27 février 2012

Bertrand Guillot : interview pour "Le métro est un sport collectif"

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Troisième mandorisation pour Bertrand Guillot (voir et, les deux premières). Son nouveau livre, Le métro est un sport collectif, m’a charmé par son écriture et par l'originalité du sujet. Ce n'était pas gagné d'avance. Du coup, je l’ai chroniqué dans le Addiction, le mag (daté du mois de février 2012). Puis nous nous sommes vus le 10 février 2012 pour une séance photo dans le métro (vous noterez l’originalité saisissante de l’idée), puis pour une interview.

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bertrand guillot,le métro est un sport collectif,interview mandorInterview:

Sur le papier, des moments de vies dans le métro... bon, il y a plus sexy. Et pourtant, on se laisse happer par tes tranches de vies.

Très souvent, je notais ce qu’il m’arrivait et ce que je voyais dans le métro. La toute première fois, c’était il y a pas mal d’années. Je venais juste d’ouvrir un blog, Prix de Flore 2006. J’y avais écrit une longue nouvelle et après, je ne savais plus quoi écrire. Un jour je rentre du boulot, j’avais passé une sale journée, et dans le métro, sur le rebord de la poubelle, il y avait le journal L’Équipe qui avait été posé là. Ce devait être un type qui l’avait lu et qui avait dû se dire qu’il allait faire plaisir à quelqu’un. En rentrant, je lui ai rendu hommage sur mon blog. Du coup, j’ai écrit de temps en temps des chroniques sur le métro. Elles avaient toutes en commun d’évoquer des petits riens. Mais un petit rien dans un endroit comme le métro ou la promiscuité inégalée et où chacun est dans sa bulle, dès qu’il se passe quelque chose, ça prend des proportions énormes… et ça peut changer le cours d’une journée ou son état d’esprit.

Pour ce recueil, tu  as ressorti des anciens textes ou tout est inédit ?

Il y a une petite moitié d’histoires qui était déjà écrite et que j’ai retravaillée pour le livre. L’autre moitié est constituée de notes éparses récentes que j’ai reconstituées.

Quand tu as décidé d’écrire cet ouvrage, ton acuité, dans le métro, s’est-elle renforcée ?

Pas vraiment. Comme souvent, quand on veut trouver quelque chose, ça ne vient pas. Pendant 3 semaines, j’allais dans le métro en me demandant s’il allait se passer quelque chose que je pourrais utiliser. J’ai arrêté d’attendre les choses, et finalement, d’autres évènements sont arrivés.

Teaser "Le métro est un sport collectif".

Je me disais en te lisant que ceux qui ne te connaissent pas vont savoir qui tu es. Ce livre permet de lire en toi, si je peux dire. Tu te montres sous toutes tes facettes.

Je me suis concentré sur le lien a donner entre chaque chronique. C’est à chaque fois mon ressenti et je n’ai pas cherché à donner une image de moi particulière. Le jeu est sans filtre.

Dans ces chroniques, tu es observateur, mais aussi acteur.

C’est lié à l’écriture. Quand j’écris une histoire, si je ne suis que spectateur/narrateur, l’histoire aura moins de force que si je m’implique aussi dedans. La dynamique que je lui donne va lui apporter aussi un angle, ce n’est pas juste une description plate de quelque chose qui s’est passé. J’avais des chroniques qui manquaient de dynamisme, elles ne sont pas dans le livre. L’idée c’était que le lecteur voyage dans le métro avec moi sans s’ennuyer.

Dans deux-trois chroniques, tu parles d’ions, d’énergie, d’ondes qui pourraient presque influencer quelques situations…

Qu’est-ce qui va faire que dans un wagon, dans la même situation, d’un jour à l’autre, les gens vont être plus ou moins énervés ou plus ou moins souriants ? Je pense vraiment que c’est une question d’ondes avec lesquels on arrive. Quand j’ai pris conscience de ça, je me suis rendu compte que quand je rentrais dans le métro, j’arrivais avec mes ondes positives ou négatives.

bertrand guillot, le métro est un sport collectif, interview mandor

Bertrand Guillot aime les jeunes filles qui lisent (son livre... ou pas).

Ce que j’aime bien, c’est que tu ne te donnes pas le beau rôle. Tu es parfois couard.

Notamment à Paris, je suis persuadé qu’on aime bien se faire des nœuds au ventre pour rien. Tu peux avoir 3 personnes qui regardent la même scène en se disant qu’il faudrait qu’ils interviennent… ils ne le font pas. Quelque part, ces 3 personnes se font du mal. Toutes les fois où on n’agit pas dans une situation, alors qu’on devrait faire quelque chose, quelque part on dépense de l’énergie négative. Ce n’est pas juste une neutralité. On se laisse bouffer par plein de trucs que l’on ne dit pas.

Je suis le prototype même du mec qui s’isole dans le métro, qui ne communique pas du tout, alors que dans la vie, je suis un communicant. Du coup, tu m’as fait culpabiliser parce que j’ai l’impression que toi, tu essaies de « vivre » le métro.

Je vais te déculpabiliser. D’abord, je ne fais pas une chronique à chaque fois que je prends le métro. La plupart du temps, je suis avec un bouquin ou mon journal et il ne se passe rien. Et parfois, je suis le nez au vent, et je regarde. Ça m’amuse d’essayer d’imaginer ce que font les gens. Et j’adore choper des conversations. Même toi, si tu es isolé avec tes écouteurs et ton bouquin, s’il se passe quelque chose, tu es quand même un peu aux aguets, non.

Je t’assure que pas toujours. Bref, ce livre m’a vraiment beaucoup enthousiasmé. Je t’ai envoyé un SMS dès la fin de ma lecture. J’ai aimé ton style et la façon dont tu racontes les histoires avec humanité, poésie et humour…

Merci, ça m’a touché, j’ai gardé ton message.  J’ai écrit ce livre pour faire sourire les lecteurs, pour les détendre. Peut-être aussi pour les faire réfléchir.

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Bertrand Guillot n'aime pas les connards qui écoutent de la musique trop fort!

Tu prends du plaisir à aller dans le métro ?

Pour moi, c’est assez neutre, c’est juste mon moyen de transport. Je prends très peu le bus, je déteste le taxi. Je sais que dans le métro, je peux lire tranquillement et regarder les gens.

Pourquoi le métro est-il un sport collectif ?

J’ai cherché plein de titres et je n’en ai trouvé aucun de satisfaisant. Je pense qu’il y a une référence subliminale et inconsciente à La sociologie est un sport de combat. Mon livre n’est pas un livre de sociologie. Quoique. Quelques fragments.

(Merci à Eva Gomez, la jeune fille qui lit le livre de Bertrand Guillot sur la photo...)

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