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15 février 2012

Antoine de Maximy: interview pour "J'irai dormir chez vous"

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Je n’ai pas pu faire autrement. Je suis fan d’Antoine de Maximy. Un livre, des DVD… il fallait que je rencontre le journaliste voyageur de la série J'irai dormir chez vous. Finalement, avec l’aide de personnes « influentes » de mon agence (merci Laurent R et Caroline D !), le rendez-vous a été fixé assez rapidement sur mon lieu de travail.  Ainsi, le 11 janvier dernier, je vois débarquer Antoine de Maximy souriant, un peu speed, mais à l’image de ce que j’imaginais de lui. Gentil, disponible, un peu foufou, une conversation qui part dans tous les sens…

Voici l’interview publiée dans Addiction, le mag daté du mois de février 2011…

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2810705828_1.jpgLe bonus des chroniques de Mandor... la suite de l'interview (non publiée)...

L’émission a débuté en 2003 au Mali. Depuis, vous avez fait des progrès en matière d’approche ?

Je sais beaucoup mieux appréhender et anticiper la personne. Je sais mieux si avec telle ou telle personne, ça va marcher…

C’est un travail de psychologue ?

Bien sûr. Beaucoup.

Et vous n’avez jamais peur pour votre sécurité ?

Le fait d’être seul, ce n’est pas un exploit du tout. Il y a plein de gens qui voyagent seuls. Bien sûr, ils ne vont pas chercher les gens comme je le fais. J’ai toujours le risque à l’esprit. Ça ne me quitte jamais. Il est évident que quand je vais dans un quartier que je ne connais pas, je suis aux aguets. Ça veut dire que je vais être réceptif au fait que, par exemple, les gens ont peur pour moi. Si on me dit de ne pas aller quelque part, j’écoute… je ne suis pas suicidaire. Le danger, c’est d’être au mauvais endroit, au mauvais moment avec les mauvaises personnes, dans un mauvais état d’esprit… le risque qu’il t’arrive quelque chose augmente beaucoup.

Il faut croire en sa bonne étoile…

Non, pas du tout. Moi, c’est juste, je prends le risque ou je ne prends pas le risque. La bonne étoile n’a rien à voir avec tout ça.

Il faut un minimum de préparation avant d’aller dans un pays. Notamment, connaître lesJ-irai-dormir-chez-vous-Antoine-de-Maximy-voyage-durant-tout-l-ete-sur-France-5_image_article_paysage_new.jpg traditions du pays et plus généralement, sa culture.

Non, je ne prépare rien. Je ne veux pas. Mais, en même temps, j’ai une certaine expérience. J’ai voyagé toute ma vie. Mais je ne fais pas d’enquête au préalable. Là, j’ai un projet d’aller à Burning Man. Ce rassemblement de 50 000 personnes dans le désert du Nevada. Je ne sais pas trop ce que c’est et ça me plait. Il y a un côté probablement rave party, un côté hippie, un côté rassemblement d’artistes. Je ne veux pas en savoir plus, je veux arriver là-bas vierge de connaissances sur le sujet. J’aime être sur le cul à découvrir des trucs fous. Je ne veux pas me mettre en situation de faire la comédie si rien ne me surprend. Je sais faire ça, mais je n’aime pas.

Dans « J’irai dormir à Bollywood », à Calcutta, vous rencontrez une famille pauvre qui dort dans la rue. Vous leur offrez du chocolat et de l’argent pour que le père aille se faire soigner. Il y a de beaux moments d’humanité dans vos films…

Je suis toujours partagé dans ce genre de séquences. Est-ce qu’il faut montrer où ne pas montrer ? Bon, je montre parce que c’est une classe de la population qui existe, mais en même temps, je sais que ce sera une bonne séquence pour mon film. C’est le côté contestable de ma démarche… dans ces cas-là, je me justifie en disant que peut-être certains m’en voudront d’exploiter la misère. Il faut préciser qu’en Inde, c’est moins choquant qu’en France.

J-irai-dormir-chez-vous-Antoine-de-Maximy-remplit-sa-valise-de-projets-pour-France-Televisions_image_article_paysage_new.jpgVotre émission désacralise le documentaire de voyage… vous n’hésitez pas à vous montrer, même ridicule…

Si tu veux que l’on te croie quand tu as réussi quelque chose, il faut que tu montres aussi quand tu as raté quelque chose. Je mets même quand je suis ridicule à partir du moment où ça apporte quelque chose au film. Soit qu’on se marre, soit que dans cette situation là, on apprend quelque chose sur la mentalité du pays. Une de mes priorités, c’est de faire un film qui est réussi et qui est bien. Ma deuxième priorité est de ne pas dépasser les bornes avec des gens trop vulnérables.

Toutes ces rencontres ont-elles changé la vision que vous aviez du monde ?

Pas uniquement grâce à cette émission. Ce que je faisais aussi avant… il est vrai que c’est la première émission que j’ai fait tout seul et c’est aussi une rencontre avec moi. Je me suis beaucoup et enfin retrouvé sur ce que j’étais. Juste avant que je commence cette émission, je faisais et organisais trop de fêtes. Je m’étais un peu perdu et là, forcément, je me suis un peu recentré.

Quand vous rentrez à Paris, vous êtes content ?

J’adore être à Paris. C’est d’une part la ville où j’ai mes références, mes contacts et c’est une des villes du monde où il se passe toujours des évènements intéressants. Je ne m’imagine pas une seconde vivre ailleurs qu’à Paris. Et même pour la retraite.

Avez-vous votre dose de voyage ?

Oui, mais j’ai tellement pris l’habitude de partir que je pense que je vais repartir dans pas longtemps. J’ai pris la décision de ne pas partir pendant un an, mais au final, comme le Burning Man c’est cet été, je risque de repartir pour ça. Pour l’instant ça ne me manque pas.

Vous venez de sortir un livre, des DVD… pour laisser une trace, je suppose. Mais, est-ce que vous regardez parfois vos propres aventures ?

Oui, ça m’arrive quand je suis invité à un festival où ils passent le film. Je veux voir comment la salle réagit et surtout, je rentre dans le film. J’ai beau tout connaître, ça me fait souvent marrer. C’est un peu schizophrène, mais je le regarde comme un spectateur lambda.

Et vous pensez quoi du personnage que vous voyez ?Antoine-de-Maximy-en-Corée-du-Sud-350x236.jpg

C’est moi. Je trouve que je suis marrant. Il faudrait que j’essaie de jouer dans des films.

Vous voulez d’ailleurs arrêter l’émission un temps pour vous consacrer à l’écriture d’un film « classique ».

Je suis en train d’écrire un film, là, en ce moment.

Vous jouerez dedans ?

C’est plus difficile. J’ai beaucoup moins d’expérience que n’importe quel comédien de mon âge… avec l’avantage que je n’ai pas les tics des mauvais comédiens de mon âge, mais que je n’ai pas non plus la compétence qu’un bon comédien de mon âge. Forcément, c’est difficile de savoir si ça peut aboutir ou pas. Je n’ai pas beaucoup démarché pour le faire. Quand j’avais 25 ans, j’avais essayé de jouer dans des films, mais aujourd’hui, je ne sais pas si je serai bon ou pas. Ça peut basculer du bon ou du mauvais côté. Il y a un réalisateur qui pense à moi. Je vais faire un casting et si c’est bon, je le ferai. Notez que ce n’est pas la priorité du moment. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de faire un film, c’est de faire mes films.

Pour finir, Antoine de Maximy a tenu à me présenter un livre qu'il a récupéré sur un marché de Calcutta... bon, comme je suis plutôt un type plutôt conciliant, je l'ai laissé faire.

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