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09 février 2012

Zebda: interview pour la sortie de l'album Second Tour

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Le 20 janvier dernier, dans un bureau de chez Universal,  j’ai interviewé Magyd Cherfi pour la sortie du nouveau Zebda, Second Tour. (Je l’avais déjà mandorisé en mars 2007 pour la sortie du deuxième album de sa courte carrière solo…).

Voilà le fruit de notre conversation pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, daté du mois de février 2012, suivi d'une partie un peu plus personnelle concernant Magyd Cherfi, non publiée. 

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La même interview recyclée pour MusiqueMag... (synergie d'entreprise, quand je te tiens!)

 

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Voici à présent le bonus des chroniques de Mandor. En exclu, Magyd Cherfi revient avec sincérité sur la séparation de Zebda…  j’ai axé la conversation dans ce sens.

Pendant ces 8 ans d’absence avec Zebda, tout le monde était quand même bien occupé. Mouss et Akim ont sorti deux albums, vous aussi !

Mais ce n’était pas une vraie séparation. Je sais que les gens ont pensé que nous nous étions fâchés. C’est juste moi qui avais pété les plombs. L’usure de milliers de concerts, l’usure du collectif.

C’est vous qui étiez à l’origine de l’arrêt ?

Je voulais écrire des pièces de théâtre, des bouquins, je voulais écrire pour d’autres. Puisque toute ma vie n’avait été que du collectif, sportif, associatif, politique, j’ai ressenti le besoin irrépressible de créer seul. Ca a été dur parce que les autres membres du groupe n’avaient pas particulièrement d’aspirations individuelles.

Vous avez eu peur de leur annoncer votre décrochage d’avec Zebda ?

Oui. J’ai eu l’impression de les trahir. On est une famille, on a une histoire à porter. Tu ne peux pas,  pour des délires individuels, dire que tu veux faire un break. C’est ce que j’ai fait. Ca a impliqué tout le monde… je m’en veux encore aujourd’hui.

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(photo: Bernard BENAND)

Quand vous avez sorti vos albums solos, ils ont réagi comment ?

Je les ai cachés au maximum et je ne voulais pas leur avis. Je suis parti du groupe mécontent et j’ai vécu une espèce de plongée dans les abymes. J’avais l’impression que mes disques passaient dans le vide, qu’ils passaient inaperçus, je jouais dans des salles vides. Le premier album n’a rien construit, le deuxième non plus. J’avais la sensation d’un truc étrange ressemblant à une chute infinie. Magyd Cherfi n’a pas attiré grand monde, ma destinée est donc dans Zebda. C’est peut-être mieux ainsi d’ailleurs.

C’est frustrant de n’être considéré que dans le collectif ?

Oui. Franchement, l’ego en prend un coup. Seules, mes chansons sont moins pétillantes.

Politiquement, vous vous situez à gauche, mais pas tous au même niveau.

Certains naviguent ou ont navigué avec l’extrême gauche, certains, comme moi, avec le PS. Il y a dans le groupe les radicaux et les modérés. Akim et Mouss  sont plus radicaux que moi.  Leurs parents étaient communistes, les miens absolument pas politisés. J’ai un peu honte de l’avouer, mais j’ai une mécanique sociale démocrate.

Le titre de l’album, Second Tour,  est sacrément lié à l’actualité !

On est ravi que cet album sorte dans un moment de forte actualité. C’est l’occasion pour nous de dire notre parole. Mais en même temps, on ne peut pas dire que nous ayons organisé la sortie du disque précisément pour 2012. Ca fait 4 ans que l’on a décidé de partir sur cet album. Ce sont 40 textes, 50 musiques, donc nous n’avions aucune idée de quand on allait se dépatouiller de tout ça. Disons que ça s’est bien goupillé.

zebda,second tour,magyd cherfi,interview,leclerc,musiquemagPar rapport à il y a 8 ans, la situation de la France a évolué…

Il y a une amertume qui va prendre de plus en plus de place dans ce que nous racontons. Une désillusion, parce qu’il y a une trentaine d’années, on a pensé que le parti socialiste était la voix/voie divine pour un certain nombre de choses auxquelles nous croyions. Aujourd’hui, on entend parler du droit de vote des immigrés, et puis plus du tout parce que les élections présidentielles arrivent. Arrêtez de vous foutre de notre gueule ! Je me demande jusqu’à quel point il faut divorcer avec la gauche, alors que nous sommes porteurs des valeurs de gauche. On se retrouve philosophiquement dans un no man’s land  avec des idées théoriques et des applications nauséabondes. Avec l’émergence de Motivés, on avait proposé une espèce de troisième voie improbable. Elle était peut-être un peu trop porteuse d’utopie. On ne fait pas les choses qu’avec de l’utopie. Il faut du fric, de l’organisation, des élus volontaires et une dynamique de démocratie. Nous, on promettait la mixité sociale. Evidemment, on a explosé en vol ! Nous, on est allé au bout de la démarche, mais on a fini par s’écraser contre le mur.

Tout ceci a donc été inutile ?

Nous, Zebda, à l’intérieur de Motivés, on est peut-être allé trop loin dans l’élaboration du programme. Le mec qui écoute un disque, pendant 3 minutes, il est dans un idéal imaginaire, un champ de possible infini et sans danger parce que c’est juste une chanson. Dans la politique, si tu t’amuses à ouvrir des champs infinis, tu te fais fracasser.

Pour terminer… c’est quoi Zebda exactement ?

Zebda, c’est une musique populaire, accessible et immédiate à l’oreille avec des textes plus profonds qu’il n’y paraît. Il y a des aigreurs, des colères qui sont cachés quand on gratte un peu les textes. Le tout sur des rythmes qui permettent la digestion de tout ça.

Commentaires

j'aime bien, moi, les albums solo de Magyd...

Écrit par : Largentula | 10 février 2012

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