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28 novembre 2011

Damien Jourdan: interview pour Orchidées

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Le 7 novembre dernier est sorti le très beau disque de Damien Jourdan, Orchidées (sélection FIP, tout de même...). Un album d’amour. « L'amour et ses angoisses, l'amour comme un risque obligé, cet amour-là, Damien Jourdan en a fait son allié, son confident » nous explique le dossier de presse. Avant d'aller plus loin, voici ma chronique sur l'album, publié dans le Addiction, le mag daté du mois de décembre-janvier 2012.

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(Ici, son MySpace).

Voici le premier clip, "Cette page" (titre assez évocateur de l'ensemble de cet album).

Le 2 novembre, j'ai retrouvé Damien Jourdan au Corso de la Place Frantz Liszt. Pour un café et quelques questions…

DSC01984.JPGInterview :

C’est un disque à l’ambiance douce, mélancolique alors que tu étais batteur dans un groupe de rock. Je remarque ça souvent… dès qu’un membre d’un groupe rock décide de faire un bout de chemin en solo, il délivre une musique plutôt calme.

Je n’étais pas dans le hard non plus. J’ai joué du rock, mais aussi beaucoup de jazz. Ce que j’aime beaucoup, c’est le silence. La batterie, c’est l’instrument qui laisse le plus de silence.  Ce sont des percussions et entre chaque coup, il  y a du silence.

Tes textes sont un peu tristes. Il y a une chanson qui s’intitule « Automne » et je trouve que ça résume bien l’ambiance générale de ton disque.

L’idée dominante, c’est la teinte du disque. Un peu gris, mais en même temps, ce n’est pas du noir et blanc. Si tu regardes de près la pochette, il y a aussi un peu de rose. En tout cas, ce disque n’est pas monochromique. Dans chacune de mes chansons, il y a toujours un passage où il y a une espèce d’espoir, ou plutôt, quelque chose d’un peu lumineux si l’on veut bien faire attention. Nicolas Repac, qui a réalisé le disque, m’a aidé à faire ce travail. Je m’étais enfermé dans un monde musical très très sombre dans lequel  je m’auto satisfaisait. Il m’a permis un peu plus de légèreté.

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Tu n’as pas la même façon d’écrire d’un texte à l’autre. C’est rare de changer son style comme on change de chanson. Je ne comprends pas toujours tout d’ailleurs…

C’est bien.  Ce sont des images et chacun prend ce qu’il ressent. J’aime bien l’idée d’alimenter l’imaginaire de ceux qui m'écoutent. Sur de grandes chansons d’artistes que j’aime bien, j’ai fait plein de contre-sens. J’aime bien l’écriture de Bertrand Cantat, par exemple, et souvent, je me suis trompé sur le sens de certains titres de Noir Désir. Ça ne me dérange pas. L’important, c’est ce que ça provoque. Moi, j’aime beaucoup le son et la musique des mots. Nicolas me reprochait d’écrire plus des poèmes que des chansons. Il m’a fait comprendre que ce n’est pas le même travail.

Tu sais que c’est compliqué pour un jeune artiste de se faire connaître aujourd’hui…

Oui, je le sais parfaitement. Ça fait 5 ans qu’avec Vincent Charmont (contrebassiste), on tourne dans les bars sans que pas grand-chose ne se passe. C’est difficile de jouer devant des gens qui mangent, il faut réussir à capter l’attention, alors que dans mon répertoire, il faut écouter les textes. On a fait tout ce travail patiemment, maintenant je rencontre un peu plus la presse et nous faisons des concerts dans des salles plus appropriées.

Ca te turlupine depuis combien de temps d’être chanteur ?

J’ai toujours été fasciné par ça. Chanter, je trouve que c’est très beau. Quand j’étais batteur, j’ai essayé plein de fois d’être choriste. Le groupe dans lequel je jouais c’est arrêté parce qu’il y avait trop de conflits liés à cela. Dans un groupe, il n’y a qu’un chanteur, où alors, il faut faire les Beach boys… (rires)

Qu’est-ce que l’on ressent sur scène ?

Déjà, on reçoit énormément, mais c’est comme quand on reçoit un bon shoot. On se sent vrai, car il est difficile de tricher sur scène. On est fier de présenter notre travail, bref, on se sent vivant !

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C’est quoi ta culture musicale ? Je ne parle pas de tes influences, mais de ce que tu écoutais quand tu étais plus jeune.

J’ai commencé à écouter de la new wage, puis de la cold wave, du punk et tout ça… ensuite, j’ai écouté beaucoup de jazz et de free jazz et aussi de la chanson française. Et je suis fan de Noir Désir. Chez moi, fan implique que j’ai un mélange d’adulation sans borne et de rejet. Je les ai vu en 1987 au Grand Rex et là, j’ai prix une claque. J’ai compris que l’on pouvait faire du rock avec des paroles sensées et une énergie incroyable.

Pourquoi parles-tu d’amour de manière aussi … triste ?

Souvent, les chansons sont tirées de ses propres expériences et pour moi, ce n’est jamais simple.

Tu ne fais pas de concessions dans ta musique…

C’est l’avantage d’être indépendant, tu n’as aucune pression. Je fais ce que je veux, je suis complètement libre. Je voulais faire quelque chose dont je sois fier et content. J’ai réussi. Ma démarche de réalisation avec Nicolas Repac, c’était  de rendre ma musique populaire, pas dans le sens « variété », mais dans le sens qui peux toucher n’importe qui.

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24 novembre 2011

Ycare: session acoustique et interview pour Lumière Noire

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Ycare est éliminé de la Nouvelle Star en quart de finale en 2008. Ce Franco-Libanais publie son premier album Au bord du Monde l'année suivante. Lumière Noire est son second opus. Une œuvre intime, truffée de faux semblants et de double sens à l’écriture douce et insolente et à la pop imparable. Toujours sur le fil, entre gravité et légèreté, Ycare poursuit son vol sans aucune fausse note. Le 17 octobre 2011, le chanteur est venu dans les locaux de MusiqueMag pour interpréter en guitare-voix deux de ses morceaux en acoustique : le single "S.E.EX" et "La Vie". À l’issue de ses deux titres, je l’ai soumis à une interview express. Pour ne rien vous cacher, lui était grippé et moi, peu inspiré ce jour-là. C’est rare, mais ça m’arrive.

Premier titre, "S.E.EX".

 Et le second, ma chanson préférée de l'album, "Une vie", ici dans une version plus... lente.

Trois clichés de la session...

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Interview express:

« Une vie » est une chanson sur le temps qui passe.

Ça me terrifie. L’idée juste de voir mon corps ne plus être celui d’un jeune homme. La chanson, je l’ai écrite parce que j’étais au téléphone avec mon père. Il a 65 ans et il continue d’entreprendre comme s’il en avait 20. Je lui ai demandé après quoi il courrait à cet âge-là. A 28 ans, j’ai du mal à saisir, à imaginer, à projeter. Le texte de cette chanson s’est imposé à moi de manière fulgurante. Il fallait que ça sorte.

Vous avez peur de la mort ?

Je me pose surtout la question : comment je vais vivre ? Est-ce que je vais vivre dans l’inquiétude en essayant d’être prudent sur tout et en se privant de tout… et ça ne m’empêchera pas de crever au bout du compte. Ou alors, est-ce que je brûle ma vie par les deux bouts et je meurs un peu plus tôt, mais je vis fort. Je ne sais pas. Ce dont je suis certain, c’est que je vais lever un peu le pied, j’ai trop vécu fort, là, récemment.

J’ai l’image de vous comme quelqu’un de complètement barré et de noir intérieurement. Fausse image ?

C’est la première image qu’on a vu de moi à l’époque de Nouvelle Star. C’était un jeune homme qui avait peur, qui ne savait pas du tout où il allait, où il mettait les pieds et qui n’avait peut-être rien à faire là. Je n’étais pas destiné à chanter, je n’ai d’ailleurs jamais appris. Je me suis retrouvé dans ce contexte hallucinant à chanter les chansons des autres sous la lumière, devant un monde incalculable. La folie que l’on décelait chez moi, c’était une forme de timidité. Aujourd’hui, j’apprends à me poser et à m’exprimer correctement.

Vous êtes rassuré aujourd’hui ?

Non, mais je suis surtout un peu plus lucide sur ce métier. Demain, je le serai encore plus. Je continue à apprendre tous les jours.

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(Je sais... je suis parfois pathétique.)

22 novembre 2011

Pic d'Or 2012

 

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181671_133210876747930_100001770550476_224176_580796_n.jpgIl n’est pas exclu que vous entendiez parler du Festival Pic d’Or de temps en temps sur ce blog. Ce Festival « Paroles et Musiques », est un concours destiné à faire connaître au public les auteurs, compositeurs, interprètes de textes et musiques inédits, de tous styles et exclusivement d’expression française.

Les inscriptions pour les présélections aux auditions du 25 mai 2012 ont débuté le 1er novembre dernier et se termineront le 31 mars 2012.

Il existe un site offciel qui vous expliquera tous sur ses tenants et ses aboutissants de ce festival.

L'édition 2012 aura lieu les 25 et 26 mai au Théâtre de Nouveautés à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

J’y serai car, suite à mon coup de gueule à propos du Prix Constantin 2011, j’ai été contacté par Christian Garcia, l’un des organisateurs du Pic d’Or, afin de devenir membre du jury de leur concours.

J’ai hésité, puis finalement accepté. Après tout, si on critique d’un côté, il faut s’impliquer dans un autre.

Montrer l’exemple est un brin présomptueux, je vous l’accorde, mais enfin, au moins appliquer les conseils que l’on donne aux autres. Et puis, depuis toutes ces années passées à défendre la scène française, je vous avoue que l’éventualité de trouver la ou les nouvelles perles m’enthousiaste au plus haut point.

Voici donc les membres du jury dans sa totalité.

Aujourd’hui, je suis fier de participer à cette aventure et je remercie le Pic d’Or pour sa confiance. Je tâcherai d’être à la hauteur.


Théâtre des nouveautés à Tarbes : Stéphane RIGOT... par viaprod

20 novembre 2011

Bertrand Soulier n'est pas Benjamin Biolay!

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Moi aussi, je le fais.

Je me foutrais des baffes quand je cède à cette facilité journalistique.

Quand je m’adonne aux fameuses comparaisons.

Vous savez les : « ce jeune artiste est le nouveau Brel/Goldman/Ferré… » (rayez les mentions inutiles).

Comparaison n’est pas raison.

Je le sais bien.

Mais, comme tous les plumitifs musicaux, je n’y peux rien, je compare. Moyen idéal pour faire comprendre aux lecteurs vers quel univers le nouvel artiste les emmènera.

Récemment, Bertrand Soulier a sorti un deuxième album, Single. (C’est drôle, je sais.)

J’en suis fou. Je ne l'écoute pas en boucle, mais pas loin.

Rien à jeter! Que du bon. Toutes ces chansons de A à Z (de « Patiner » à « Les îles éparses ») sont des bijoux. Je tiens Bertrand Soulier comme l’un des plus grands artistes de notre génération. Et j’en ai marre de lire dans les nombreux articles qu’il est un sous Biolay.

Pas dans le mien. Publié dans Addiction, le mag dans le numéro daté du mois d’octobre 2011.

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Qu’ajouter à ce que j’ai écrit ?

Il y a deux semaines, j’ai quand même décidé de rencontrer le chanteur (que j’avais déjà interviewé pour son premier disque, Discorama). Nous nous sommes donné rendez-vous au Corso de la Place Liszt. Je lui ai fait parler de ses chansons… et puis, en écoutant l’interview, je me suis dit que parler des chansons, de ses chansons, enlevaient de la magie à leur écoute. Et puis naturellement, la conversation s’est portée sur cette technique journalistique qui est celle de comparer les uns aux autres trop sytématiquement… (des baffes, je vous dis!)

DSC01912.JPGComment prends-tu la comparaison systématique avec Benjamin Biolay ?

Les gens vont toujours chercher l’influence la plus proche. « Patiner », par exemple, tu me parles de John Barry, je suis hyper content. Mais, bon, là, je mange beaucoup avec Biolay. C’est curieux, car je pense que dans ce deuxième album, il y a plus de Marvin Gaye que de Benjamin Biolay. Moi, j’aime beaucoup ce que fait Biolay, je connais quelques chansons à lui, mais je n’ai jamais écouté un album à lui en entier. Je ne suis pas du tout imprégné de son univers. Ca me fait marrer quand on me dit que je suis un néo Biolay ou un sous Biolay. Tu vois, dans la vie, je n’écoute pas Biolay comme j’écoute Dylan.

Dans ton premier album, tu étais pénard parce que tu as dit que c’était un best of imaginaire. Tes influences étaient assumées. On t’a laissé tranquille avec les comparaisons.

J’aurais d’ailleurs pu faire un Discorama 2. Là, l’idée était que j’avais une collection de chansons liées à ce que je vivais dans ma vie récente. Des évènements pas toujours gais. J’avais donc besoin de les sortir. J’ai réalisé l’album avec Jean-Louis Piérot. Au passage, je ne sais même pas si, lui, il connait l’œuvre de Benjamin Biolay.

À la limite, s’il fallait choisir des Français, je te placerais plus à côté de Souchon et de Sheller. Tu as le même âge que Biolay, une voix qui n’est pas aux antipodes, c’est aussi peut-être pour cela que la comparaison est facile.

C’est l’artiste de la décennie en France, il a une carrière absolument flamboyante, alors, je ne vais quand même pas coller un procès à ceux qui nous comparent ! (Rires)

C’est peut-être dommage pour toi qu’il existe.

Je vais te raconter la vérité. J’avais fait des démos au début des années 2000 et quand il a sorti son premier album, Rose Kennedy, j’ai entendu « Les cerfs-volants »  à la radio et je me souviens parfaitement m'être dit « merde ! ». Depuis, il a toujours un coup d’avance sur moi! Je trouve qu’on ne parle pas du tout des mêmes choses. Il y a un vrai truc qui est différent entre lui et moi, c’est qu’il y a une vraie urgence dans l’écriture de Biolay. C’est un mec, il lui arrive un truc, il prend un piano et il l’écrit. Moi, pas du tout. Mes textes sont plus réfléchis. Je ne suis pas en train de dire, que c’est mieux, hein, que l’on soit bien clair ! C’est juste différent. Moi, il me faut du temps pour assimiler les choses.

Télérama et Télé 7 jours, deux journaux télé pas franchement destinés au même public te comparent à lui quand même.

Télé 7 jours, c’est carrément entre Biolay et Bashung. J’adore Alain Bashung, mais quel rapport ai-je avec lui ? Sheller, je peux comprendre, mon titre« Vologne », il y a un piano voix. Souchon, c’était à la limite valable pour certaines chansons de l'album Discorama.

C’est lassant/rageant de devoir se justifier sur ses comparaisons ?

A toute chose malheur est bon. Je préfère que l’on me compare à Benjamin Biolay qu’à toutes sortes de gens. Avec le temps, peut-être qu’un jour, un autre artiste aura la malchance de s’entendre dire : « vous êtes le nouveau Bertrand Soulier ».

Toi, tu es moins premier degré que Biolay.

Dans mes chansons tristes, il y a quand même de l’optimisme. Je suis sûr que l’on va s’en sortir un jour. Je ne sais pas comment, mais on va s’en sortir.

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18 novembre 2011

Yves Jamait: session acoustique et interview pour Saison 4

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A l'occasion de la sortie de son quatrième album, Saison 4, le 4 octobre dernier, Yves Jamait est venu à MusiqueMag pour en interpréter un extrait, « Même sans toi » et répondre à quelques questions...

Avant (et histoire d'en savoir un peu plus), je vous propose une chronique de ce disque que j'ai écrit pour Le magazine des espaces culturels Leclerc (daté du mois d'octobre 2011) .

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Avant l'interview, Yves Jamait a interprété "Même sans toi". J'adore ces moments privilégiés. Je suis la carrière de cet artiste depuis le début et je l'ai vu sur scène de nombreuses fois. Donc, le voir chanter juste pour moi (façon de parler)... il y a un côté jubilatoire.

Deux photos de la session acoustique...

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Interview:

10 ans de carrière, déjà. Tu en retiens quoi ?

D'abord, le mot « carrière » fait tellement Star Ac… je parlerais plutôt de « parcours ». La date anniversaire correspond à la sortie du premier album. Si je prends le moment où j’ai vraiment commencé, ça fait 13 ans. Je n’ai pas vu le temps passer. Je n’en retiens que des instants fabuleux, inimaginables, inespérés même.

Réalises-tu ce qui t’arrive depuis 10 ans?

Je prends des moments pour réaliser. Je suis devenu à  40 ans celui que je voulais être tout môme. Il est curieux de réaliser que tu as finalement réalisé ton homme. Je peux te dire que c’était mal barré.

Pour fêter l’évènement, tu joues dans ta région… à Dijon dans les petites et les grandes salles. 10 salles en tout.

De toute façon, si je faisais ça à Paris, ce serait noyé dans une espèce de magma de soirées culturelles. J’ai préféré Dijon parce que c’est ma ville, j’ai commencé là-bas. Tous les concerts sont pleins, le Zénith comme les petites salles.

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Dans tes spectacles, il y a toujours une notion de partage. Il y a toujours d’autres artistes invités. Tu profites du succès que tu as pour donner un focus à ceux qui en ont besoin ?

Je vais être plus concis, je profite, c’est tout.  J’ai toujours adoré la chanson, aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir chanter avec des gens comme Anne Sylvestre, Allain Leprest, Agnès Bihl et bien d’autres artistes que j’aime, qui me reconnaissent à travers mon travail et dont je reconnais aussi le leur. Pour moi, c’est un réel plaisir avant toute chose. Je ne me dis pas: « il faut promouvoir la belle chanson française ». On fait des spectacles de 5 heures ou les gens en redemandent tout le temps. Ce sont souvent des artistes que l’on ne voit pas beaucoup parce que, je ne sais pas, ça ne doit pas faire « mode », ils ne doivent pas être assez branchouilles.

Ton répertoire n’a jamais été guilleret, ce 4e album l’est encore moins…

Moi, je ne le trouve pas plus sombre. C’est juste le temps qui passe et ça ne me rassure pas. J’ai 50 ans cette année. À l’âge de 6 ans, j’ai découvert l’existence de la mort… mon angoisse par rapport à elle ne m’a jamais vraiment quitté. J’ai plutôt un regard lucide sur la vie, ce qui ne m’empêche pas de me marrer et d’en profiter. Même en concert, je fais marrer le public entre les chansons. Tu sais, quand tu vas à un enterrement, les gens au moment de l’enterrement sont dans une tristesse profonde, une demi-heure après, ils sortent et rigolent, pensent à autre chose, refont la vie, parce que sinon c’est intenable. La chanson humoristique, c’est le plus difficile à faire. Moi, je ne sais pas faire, je n’en ai pas le goût. Dans la vie, je ne vois jamais les choses vraiment positivement. J’estime que derrière chaque chose, il y a toujours de la saleté.

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Par contre, il n’est pas faux de dire que cet album est plus rock.

J’ai demandé à mon guitariste de colorer un peu plus mon album, de lui donner plus de rythme. Mais, je ne suis pas parti dans l’idée de passer officiellement à un autre cap. L’album s’est fait en une semaine parce tout fonctionnait bien entre les musiciens et moi et parce que l’énergie était bonne. Je ne conceptualise rien, moi, il faut laisser ça aux philosophes.

Tu parles des relations hommes femmes qui ne durent pas toujours.

Il y a combien de divorcés en France ? Je ne dois pas être le seul. L’amour ne rime jamais avec toujours chez moi et dans mon entourage.

Parlons d’Allain Leprest, qui est parti récemment. C’était un pote à toi et tu as souvent chanté avec lui. Je trouve que vos univers sont proches… tu regrettes l’absence dans les médias de celui qui était certainement le meilleur d’entre vous ?

Est-ce qu’il aurait eu envie d’avoir une réputation à côté des gens de la télé-réalité ? Bon, paradoxalement, on souffre de la non reconnaissance des médias. Cela dit, ils sont devenus des portes-plateaux… ce n’est pas insultant, j’étais cuisinier avant. Les médias sont devenus difficiles à choper aujourd’hui. Rien ne fonctionne sans une attachée de presse. J’accepte le circuit, mais j’y vais d’un pied léger. Allain, il lui restait une rancœur là-dessus, mais il savait qu’il était entouré et que beaucoup d’entre nous le vénéraient. Allain Leprest et son fils spirituel, Loïc Lantoine, je leur reconnais une écriture qui fait l’effet d’un Céline en littérature.

Je te mets exactement au même niveau que les deux que tu viens de citer.

Rien ne peut mieux me faire plaisir… merci !

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Après l'interview...

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Un peu de déconne...

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17 novembre 2011

Dick Rivers: interviews pour Mister D

dick rivers,interview,mister d,cd'aujourd'hui,addiction,le mag

dick rivers,interview,mister d,cd'aujourd'hui,addiction,le magDick Rivers est (avec Eddy Mitchell et Johnny Hallyday) un de ceux qui a introduit le rock’n’roll en France. Parmi les trois, il est certainement celui qui a gardé le plus l’esprit rock jusqu’au bout de ses santiags et de la banane. Le chanteur niçois vient de sortir un nouveau disque, parallèlement, une biographie est publiée aux Editions Florent Massot, ainsi qu’une compilation DVD de clips et autres scopitones aux Editions Montparnasse.

Professionnellement, on ne peut pas dire que je sois passé à côté de son anniversaire, puisque je l’ai rencontré à deux occasions en moins d’un mois.

Commençons par la première. C’était le 9 septembre sur la terrasse du Terrass Hôtel pour Addiction, le mag (daté du mois de novembre 2011). Une longue interview d’une heure, dont voici la substantifique moelle.

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Quelques photos prises lors de l'entretien...

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Avant de passer au second rendez-vous, voici le teaser de Mister D.


Quelques jours plus tard, le 2 octobre dernier, je me rends cette fois-ci au domicile parisien de Dick Rivers pour tourner l’émission CD’Aujourd’hui.

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Pour CD'Aujourd'hui, les questions ne sont pas posées de la même façon. Généralement, mes entretiens avec les artistes durent une vingtaine de minutes. On en garde juste une. Exercice de style, donc, que d'orienter une interview pour trouver 3 angles courts, efficaces et parlants. L'ami Dick a bien joué le jeu. Merci à lui.

Pour voir l'émission, cliquez là!

Voici quelques photos de la session acoustique... avec la participation du légendaire Oli Le Baron.

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Photo souvenir...

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16 novembre 2011

Michaël Grégorio: interview pour "Michaël Grégorio pirate les chanteurs"

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Un peu d’humour aujourd’hui. Enfin, un peu d’imitation… avec Michaël Grégorio qui m’a accordé une interview à l’occasion de la sortie de son DVD Michaël Grégorio pirate les chanteurs. La voici, publiée cette semaine dans Addiction, le mag (daté du mois de novembre 2011).

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15 novembre 2011

Christophe Willem: interview pour Prismophonic

Je ne compte plus mes rencontres avec Christophe Willem (voir, et ). Le 14 octobre dernier, je suis allé chez Sony pour écouter en exclu lulu son nouveau disque, Prismophonic, un peu dans l’urgence. Tellement dans l’urgence, qu’à la fin de l’écoute, le chanteur est rentré dans la pièce afin que je l’interviewe. Écoute, puis direct, l’interview… pas eu le temps d’ingurgiter l’album, pas eu le temps de préparer convenablement l’interview, mais, au final, tout s’est bien passé. L’artiste est bavard. C’est plaisant. Et il est sympathique. C’est plaisant aussi.

J’émets cependant un bémol sur le fait que l’interview soit réalisée en présence de sa manageuse américaine. Comme si elle surveillait. L’impression d’être avec une star américaine dont l’entourage surveille les éventuels débordements du journaliste. Un peu de simplicité, que diable ! Nous sommes en France et Christophe Willem est français. Je dis ça, je dis rien.

Voilà l’article publié dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc daté du mois de novembre 2011.

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Après l'interview... le 14 octobre 2011 chez Sony Music.

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Finissons avec le premier clip tiré de Prismophonic.

10 novembre 2011

Frank Michael: interviews pour "Romantique"

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0825646640522.jpgAllez-y, vous pouvez rire ! Mandor, il parle de Frank Michael aujourd’hui sur son blog.

Non, parce que j’ai l’habitude, vous savez, d’entendre des railleries quand ce nom est évoqué dans une conversation. « Le chanteur pour vieux » « des bluettes »,  « des chansons à l’eau de rose »…

Euh… dites-moi… êtes-vous une femme cinquantenaire/sexagénaire ou plus ?

Non, alors quoi ?

Ne faut-il pas qu’il y ait un artiste qui enchante cette catégorie-là de personne ?

De tout temps, les critiques acerbes et définitifs sur un genre musical ou sur un type d’artiste m’ont toujours beaucoup énervé/exaspéré.

Les ayatollahs du bon goût, je les méprise totalement.

Frank Michael, je n’aime pas sa production discographique, mais peu importe, il ne s’adresse pas à quelqu’un comme moi, de ma génération, de ma culture, de mon âge. Je suis de la génération Balavoine, Goldman, Cabrel, Souchon, Sheller, Simon, Jonasz  ça ne m’empêche pas d’apprécier, d’écouter, en tout cas de respecter beaucoup d’autres artistes et de ne pas me complaire dans mes propres goûts.

Je suis ouvert.  Ce n’est pas le cas de tout le monde.

f.jpgSi Frank Michael fait rêver un certain public, moi j’applaudis des deux mains. Pour CD’Aujourd’hui, j’ai pu juger par moi-même ce qu’il se passe lors d’un concert de cet artiste. Je suis allé à Dole le 8 octobre dernier pour l’interviewer et assister à son spectacle. Près de 2000 personnes. La folie. Les femmes, limite en transe, qui crient, pleurent, reprennent en chœur l’intégralité de ses chansons, lui offrent des cadeaux par centaines, bref, lui témoignent leur amour indéfectible.

Moi, je regardais ça fortement impressionné. J’ai pourtant vu bon nombre de concerts dans ma vie…

Certaines admiratrices n'hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour venir témoigner à leur idole un soutien inconditionnel. Elles succombent à ses mélodies d'amour et à sa simplicité.

Car il faut le savoir, Frank Michael est un homme profondément simple et particulièrement gentil. Un peu timide, même. Dans les coulisses de La Commanderie, je garde l’image d’un homme prévenant, se souciant toutes les 10 minutes de vous, vous posant des questions sur votre vie perso… et surtout ne parlant jamais de lui. C'est rare. Très.

En interview, on sent qu’il n’aime pas parler de lui. Il est un peu maladroit, mais simple, tellement simple qu’il en est touchant.

(Et, soit-dit en passant, l'album Romantique, cette semaine est à la 6e place du top IFOP, la meilleure entrée au Top de sa carrière.)

Pour voir le CD’Aujourd’hui (diffusé le 3 novembre dernier) qui lui est consacré, cliquez ici!

Et dans  Le magazine des loisirs culturels des magasins Auchan qui vient de sortir (daté du mois de novembre 2011), je lui ai consacré une double page.

Je n’achèterai jamais ses disques, ne l’écouterai même jamais sans raison professionnelle, mais je le respecterai toujours, c’est une certitude. L'humilité non feinte et l'amour vrai d'un artiste pour son public sont devenus rares dans ce métier.

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09 novembre 2011

Merwan Rim: session acoustique de "Vous" et interview

 

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On a connu Merwan Rim en 2001 grâce au spectacle musical Les Dix Commandements dans lequel il interprétait le rôle de Ramsès pendant près de 3 ans. En 2004, il intègre la troupe du spectacle musical Spartacus le Gladiateur d'Élie Chouraqui et Maxime Le Forestier. Quelques mois plus tard, il est choisi pour interpréter le Duc de Beaufort dans la comédie musicale Le Roi Soleil. En 2009, il est comédien et doublure de Florent Mothe dans Mozart, l'opéra rock. Vous l’avez compris, le chanteur a fais ses premières armes sur scène dans les principales comédies musicales françaises.

Le 20 octobre dernier, Merwan Rim est passé nous voir à MusiqueMag (à la fin de sa toute première journée de promo qui s'était tenue chez Universal) pour nous offrir une version acoustique de son premier single solo, « Vous », et répondre à quelques questions sur sa carrière et sur son premier album solo qui sortira en janvier 2012.

Voici la session acoustique...

Et deux photos.

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merwan rim,interview,session acoustique,vous,musiquemagInterview:

Vous êtes un des rares interprètes à avoir joué dans quasiment toutes les comédies musicales françaises à succès.

Oui, je crois même être le seul. En même temps, je vais là où j’ai envie d’aller. J’avais vécu des choses tellement fortes que c’était une envie supplémentaire de continuer dans ce domaine. Ça a duré 10 ans de ma vie. J’ai calculé, cette période représente 1800 représentations. À chaque fois devant 5000 personnes… ça doit faire près de 6 millions de spectateurs en 10 ans.

Et maintenant, vous êtes seul… ça vous fait bizarre ?

Je commence peu à peu à m’habituer. Mais, bon, quand je fais un plateau ou une télé et que je suis sur scène à chanter ma propre chanson, j’ai parfois tendance à regarder à droite et à gauche pour voir où sont les autres chanteurs. J’ai l’impression de repartir à zéro en étant seul… c’est à la fois stressant, mais en même temps, c’est ce que j’ai toujours attendu.

Les comédies musicales, c’est une sacrée école de la chanson !

Oui, il n'y a pas mieux. C'est un accélérateur de savoir-faire... Avant ça, je chantais dans des bars et si j’avais 20 personnes, c’était une grande soirée. Du jour au lendemain, à 23 ans, je me suis mis à jouer devant un public considérable 7 jours par semaine. À un moment, j’avoue avoir été un peu déstabilisé.

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La chanson « Vous » à une histoire...

Elle est née sur la tournée du Roi Soleil, en 2006. On était avec Emmanuelle Moire, Christophe Maé, deux-trois autres amis quand une danseuse et comédienne du spectacle nous explique timidement qu’elle écrit des chansons. En lisant l’une d’elles, « Vous », je lui dis que j’adore. On a donc décidé de la faire sur place avec ma guitare. En 15 minutes, la chanson était là. Le 2 mai 2001, le titre est sorti et il y a eu un effet boule de neige, un engouement immédiat du public pour cette chanson. Ça a pris des proportions inimaginables. Je suis heureux parce que pour moi, c’est une manière de m’affirmer aussi comme compositeur.

Votre album sera à dominante pop.

Moi, je suis client de la pop anglo-saxonne. C’est donc ce que j’ai envie de proposer. Il y aura autant de chansons rythmées que de ballades. Toutes les chansons de l’album sont presque bouclées. Le 21 novembre, il y a un EP 4 titres qui sort et l’album, quant à lui, verra le jour début janvier 2012. Je suis avant tout compositeur, mais sur le disque, j’ai écrit quelques textes. Soit seul ou avec Patrice Guirao, Lionel Florence, Skye et même Miossec. J’ai hâte que le public fasse connaissance de mon répertoire personnel.

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